[CR] [Ars Magica] Croisade des albigeois 1209

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Jezabel Louve
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[CR] [Ars Magica] Croisade des albigeois 1209

Message par Jezabel Louve »

Nous faisons une campagne d’Ars Magica, et je poste ici les CR de deux solos qu’on a faits. Originellement, je les avais faits pour les autres joueurs de la campagne, afin de les tenir au courant.
D’où le style « CR-prise de notes» du CR sur Beziers.
Et un style « histoire racontée aux enfants » pour Carcassonne.

Ce sont deux parties qui se passent lors de la Croisade des Albigeois, en 1209. Et plus précisément les sièges de Béziers (appelé « Grand mazel » ou grande boucherie) et Carcassonne, en été 1209.

Voici quelques explications sur les pj, pnj et événements :

- Ambroise de Marsans : ma pj. Noble Gasconne, Mage Jerbiton, Troubadour de renom et fine lame, dans les 25 ans. Elle prend fait et cause pour les cathares (aussi appelés « bons chrétiens »), bravant l’interdit de la maison Jerbiton d’intervenir dans ce conflit, sous une identité d’homme : Atrémi de Mazerolles (un jeune gascon).
Les noms cités dans le CR de Carcassonne (Aimeric, Azalaïs, Enriko, Baudouin, Rosa Atalenta et Astrolabe) sont les enfants d’Ambroise.

- Lobo, comte de Gascogne : père d’Ambroise. Il a toujours voulu avoir un fils, mais n’eut que des filles. Ambroise, la dernière née, le déçut grandement de ne pas être un garçon… Lorsqu’Ambroise rentre d’un long voyage sous les traits d’un homme, Lobo sombre dans la folie et le bonheur. Il est croyant cathare (sans être « parfait »).

- Albéric de Moissac : chevalier hospitalier, originaire de Moissac (près de Toulouse) ; à la demande de son père, il a quitté sa commanderie des Hospitaliers de St Jean de Jerusalem et combat anonyme (sans armoiries et visage masqué) du coté des cathares. Depuis plusieurs années Ambroise en est amoureuse (et réciproquement), mais ni l’un ni l’autre n’ont jamais brisé les vœux de l’Ordre.

- Cadwallon de Gwinhed (Maison Flambeau) et Ancelin (Maison Verditus): autres pjs

- Pnjs du coté des croisés : Arnaud Amaury (Légat du Pape, grand Maitre des Cisterciens) et Simon de Monfort (noble sans fortune d’Ile de France, ayant participé déjà à la croisade précédente et à la prise de Constantinople)

- Pnjs du cotés cathare : Raimon VI de Toulouse (il se croise en 1209, afin que ses terres ne soient pas touchées).
Raimon Rogièr Trencavel, vicomte, est le jeune souverain (24 ans, ami d’enfance d’Ambroise, neveu et ancien écuyer de Raimon VI) de Béziers et Carcassonne ; c’est un homme cultivé, artistique, tolérant envers les autres religions… Peire II d'Aragon (Suzerain de Trencavel, il tient Montpellier notamment, et interviendra dans la croisade plus tard)

Pages wikipedia pour les deux événements :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_B%C3%A9ziers
http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Carcassonne

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BEZIERS


contexte :

nous nous remplions à Beziers, ville fortifiée, jugée imprenable. Lobo comte de Gascogne (pere d'Ambroise) est chargé par roger-Raimond Trencavel de defendre la ville et tenir jusqu'au retour du vicomte RR trencavel (qui est parti à Carcassonne).

nous avons pour toute garnison 4 000 hommes de Beziers, et les 100 chevaliers gascons (et leurs 1000 gens d'armes) sous la bannière de Lobo; tous volontaires.

l'armée croisée installe le siege : 30 000 hommes. 3 bannières principales, sous l'egide du legat du pape (Arnaud Amory, grand maitre des cisterciens)
- hervé iv comte de nevers
- eudes iii duc de bourgogne
- simon de montfort (ile de france, ancien croisé de constantinople)

un chevalier aux armes moirées et Artemi de Mazerolles, reconnu comme fils de Lobo, sont les bras droits du comte de Gascogne.
Lobo met en place un stratagème : au crepuscule, faire une sortie et attaquer les assiégeants; seuls les volontaires sont pris pour cette bravoure. il y en aura 500. l’élite des chevaliers gascons et occitans présents à Beziers.

au crépuscule, nous sortons. nos chevaux foncent à toute allure sur les tentes des croisés. notre but : décapiter le commandement; priver cette armées de leurs meneurs.

Lobo, mon Père, fonce et blesse grièvement le comte de Nevers; puis le duc de bourgogne. puis il se tourne vers la tente du legat. homme de l’Église ou pas, peu importe en cet instant.

mais de sa tente sort Simon de Montfort et s'interpose : dans ses mains, il tient Joyeuse, la lame sainte de Roy.

Albéric s'interpose entre lui et Pere. je m'interpose à mon tour, entre cette lame de Roy, et Alberic. la lame s'abat. au dernier instant, Pere s'interpose, et la lame de roy s'abat sur lui. il est à terre, à mes pieds, grièvement blessé.

Simon de Montfort lève de nouveau la lame. je sens un pommeau s'abattre sur ma nuque, je chancele. l'epée du Roy s"abat sur Alberic qui vient de me sauver la vie...
il est à terre, le sang coule... je lis dans les yeux du Légat et de Simon de Montfort la possibilité pour moi de me retirer. je hisse le corps de Père sur sa monture et l'y attache. puis je monte sur mon palefroi, tenant Alberic.

nous continuons le plan de mon Père : nous fuyons. à travers un terrain piégé. des fossés ont été creusé sur toute la plaine et dissimulés. mais nous connaissons le chemin sauf, le sentier fleuri.... derrière, j'entends les hurlements des poursuivants, embrochés vifs dur les piques et les lances....
mais ces cris m'importent peu...
je dois sauver Alberic...

les cris  que le vent me rapporte me laissent penser que nous avons voué à la mort un tiers des troupes croisée... soit 10 000 hommes... un contre vingt...

nous nous réfugions au château de Beziers... je puise dans ma mémoire pour retrouver les gestes qui soignent les blessures de guerre... mon apprentissage à l'Hospice de Cesarée...
Je sais que la vie d'Alberic est sauvée...

Père est mort. je hisse son corps sur le trône du vicomte de Béziers. Je sais que Trencavel n'en prendra point ombrage...

dehors, j'entends les hurlements de la bataille... les croisés sont dans les rues... le château brûle...

carnage...

de rage, je renie ma vassalité au Roy Philippe de France : je décroche son écu et le brise, laissant les débris aux pieds de Père...

Alberic est inconscient. je le porte. nous fuyons, par les cachots...

le chateau brule...


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Jezabel Louve
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Re: [CR] [Ars Magica] Croisade des albigeois 1209

Message par Jezabel Louve »

CARCASSONNE




« Maman, raconte une histoire … », Azalaïs grimpe sur mes genoux et tire la langue à ses frères.
« Carcassonne… les chansons d’Artémi de Mazerolles.» lui chuchote Aimeric.
« Oui, Carcassonne ! » répètent en cœur Azalaïs et Enriko.

Carcassonne… Août 1209… Je sens, comme à chaque fois que je m’en remémore, la chaleur du soleil, étouffante, les clameurs de nos chevaliers, leurs chants en l’honneur du martyr de notre peuple…

« Lorsqu’Artemi arriva en vue de Carcassonne, l’armée des Croisés avaient encerclé la ville. Il s’arrêta à l’orée du bois et réfléchit à sa stratégie pour pénétrer dans cette seconde Alésia. »
« Il attendit la nuit, et se déguisa en croisé… »
« …et il galopa aussi vite que le vent à travers les lignes ennemies… »
« … et sauta par-dessus les piques et les palissages, avec un bond gigantesque… »
« …et tua tous ses poursuivants d’un seul coup d’épée… »
« Oui, Artémi sauta, mais fut désarçonné. Et n’eut d’autre choix que d’attaquer ses poursuivants. Il en tua une bonne douzaine, et les autres se retranchèrent. Lorsqu’il remonta en selle et repartit vers les murailles de Carcassonne, en chantant la gloire de la Gascogne immortelle,  les arbalétriers tirèrent. Mais les traits mortels devinrent roses purpurines, et ne le blessèrent point… »

Certains traits devinrent des roses… Mais d’autres transpercèrent la cotte de mailles et se figèrent dans ma chaire… Je hurlais à tue-tete nos hymnes gascons, bravant les croisés, et sentais le sang moite sur la chemise… Lorsque je franchis les portes de Carcassonne, sous les hurlements des cavaliers qui me poursuivaient, fléchés, comme des lapereaux égarés, par les défenseurs de la ville, la seule chose que je vis, ce furent les dalles de pierre et les pieds du sergent venu m’accueillir : je m’écroulai de ma monture, perdant connaissance et sang…

Je repris connaissance dans un lit. Tout mon corps me faisait souffrir. Je surpris l’inquiétude dans les yeux de Raimon Rogièr, réveillé pour accueillir ‘le gascon fou et héroïque qui avait franchi le camp des croisés et tué une cinquantaine de routiers du nord’. Mais l’inquiétude fut vite dissipée. De même que les ombres quant à mon identité… Quelques éclaireurs des deux cotés des remparts ont perçu la magie à l’œuvre : l’on ne couvre pas de roses le sol sous les remparts d’une cité assiégée.


Douce étreinte de deux amis d’enfance… Je sus en cet instant que c’est non pas moi qui apportais mon aide à cette cité assiégée, mais lui qui m’offrait les forces. Les forces pour combattre pour le pays de notre langue, pour nos valeurs de chevalerie et d’honneur, pour la Fin’Amor et la charité chrétienne, pour la bravoure, pretz et paratge… Oui, c’est en cet instant que je sus que tant que je serais debout, je combattrai, par le glaive et le verbe, pour le pays Occitan, pour notre idéal…


« Le lendemain, nous vîmes une armée approcher : le Roi Peire II d’Aragon, suzerain des Trencavels et parent par alliance. Nous tentons de coordonner une sortie commune, afin de fondre en cisaille sur les croisés agglutinés sous les murailles, mais notre missive resta sans réponse… »
« Pourquoi, maman ? »
« La politique, mes cœurs, est complexe. Elle ne dépend pas uniquement du cœur des hommes, ni des alliances et serments de vassalités. Mais aussi craintes… Je ne sais pourquoi Peire avait agit ainsi… Sans doute craignait-il le courroux de Rome. Ou ne désistait-il point s’engager en croisade sur deux fronts à la fois... Ou voulait-il simplement épargner les vies des gens… Le cœur des souverains demeure souvent opaque… »
« Il a négocié ? »
« Oui, il vint dans la journée en personne, présenter les conditions de la reddition de Carcassonne. Et vous savez ce que Raimon Rogièr lui répondit ? »
« J’offre une ville, un toit, un abri, du pain et mon épée à tous les proscrits qui erreront bientôt dans la province sans ville, ni asile, ni pain

Je regarde mes enfants, avec à la fois de l’admiration et de la crainte. Les yeux des ainés brillent, Rosa Atalenta serre sa poupée de chiffons qu’elle appelle ‘Raimon Rosier’, et Astrolab dort paisiblement dans mes bras… Ils connaissent cette histoire par cœur. Oui, ce n’est plus une histoire, mais une de nos légendes, de celles qui font partie de nous à jamais… Tout comme Béziers… Légendes de nos héros et de nos martyrs...

Je revois encore la grande salle décorée d’oripeaux en honneur du Roy d’Aragon, la table dressée pour le festin… Raimon Rogièr m’offrant le trône de son domaine et de sa cité fière… Ce trône où s’asseyait Agnès de Montpellier, la mère de son héritier, et qu’il m’offre en cet instant et pour l’éternité de nos souvenirs… Et nos bannières jumelées,  de pourpre, azur et or de Gascogne, et la pourpre et l’argent des Trencavel…


« En effet, Raimon Rogièr refusa la reddition sans conditions ; il souhaita être le seul à endosser le poids des pêchers de son peuple, il exigea la vie sauve de tout habitant de Carcassonne, quelle que soit sa lignée, sa religion… Tous devaient être épargné, sans exception aucune… »
« Et Artémi partit au camp des croisés pour les pourparlers… »

Oui, je partis, en compagnie de Peire, dont Raimon Rogièr brisa solennellement et avec moi comme témoin, la suzeraineté. Ce roi qui nous avait abandonné ne pouvait être notre roi. Peire souhaita étendre sa protection sur ma personne, mais je refusai d’arborer son blason aux cotés du mien : mon honneur de jeune comte de Gascogne et mon dévouement pour les nôtres ne me permettaient point d’arborer le blason d’un roi qui nous avait abandonné…
Ma fierté faillit être cause de ma perte…


« En fin des pourparlers, où les conditions de Trencavel furent rejetées et par le légat et par Simon de Monfort, ce dernier brisa les règles de chevalerie et mit Artémi aux arrêts. Le gascon ne dut sa libération, ou dois-je dire la fuite, qu’à une aide discrète d’un Mage Flambeau de la suite de Peire… »

Je crus reconnaitre Seigneur Cadwallon, mais le Mage s’envola tel un phénix ou une étoile filante, remontant le firmament dans la nuit. Je ne gardai que son présent, un destrier andalou, qui me ramenait à Carcassonne… j'appris plus tard qu'il s'agissait du Seigneur Lionel, Primus de la Maison Flambeau...

« Ce n’est qu’un vavasseur ! » clama son verdict Baudouin, et tous applaudirent quand Aimeric entama cette ritournelle que j’avais jadis composée à chaud, alors que les routiers m’enfermaient dans une cage sur un chariot.

Il a un chien galeux,
Notre bon Roy de France,
Qui s’en alla en guerre
Dans la douce Provence.

Sous les murs de Béziers,
Il attrapa la rage,
Et d’un grand coup de pied
Reçut du Roy ses gages.

Le Roy reprit son jouet
A ce corniaud infâme ;
Et le Légat du Pape
Pria pour son peu d’âme…

Il est vrai que le Roy Philippe désapprouva formellement le "Grand Mazel" et reprit la lame Joyeuse à son vassal. Le Pape Innocent III désapprouva également… Le souvenir du charnier de Béziers était trop présent dans les esprits des deux camps. Dorénavant, la population devait être épargnée. Du moins celle de Carcassonne…

« Artémi fit part de son audience avec le Légat au vicomte. Raimon Rogièr fut attristé par tant de sécheresse de cœur de l’homme de Dieu… Plus tard dans la journée, nous vimes une troupe se diriger vers le faubourg du Castellar. Nous décidâmes d’une sortie, pour défendre le bourg précieux : nos réserves en eau en dépendaient… »

Je ne pus me résoudre à priver la ville de ses défenseurs : nous n’avions que cinq cent chevaliers et deux mille piétons. Aussi ne pris-je que deux cents chevaliers et cinquante arbalétriers, tous volontaires. Nous profitâmes de cette sortie dans la nuit pour faire quitter la ville à Dame Agnès et le jeune Raimon, qui partirent pour Foix, ainsi qu’aux Mages bons chrétiens de l’alliance devenue orpheline par un édit de la Maison Jerbiton…

« Artémi et les siens parvinrent à Castellar peu avant l’aube et tendirent un piège. Le nombre total des routiers du nord avoisinait les cinq mille hommes : nous étions donc dans un combat équitable : à un contre vingt. Cinq cent hommes s’engouffrèrent dans le bourg, et furent massacrés par nos arbalétriers, et achevés par les cavaliers. Les survivants fuirent et un nouvel assaut des croisés déferla sur le bourg. Mais nous avions divisé nos forces et cent de nos cavaliers sortirent et contournèrent le bourg : nous priment à revers les routiers… »

C’est alors que les flèches des réservistes croisés obscurcirent le ciel palissant… Et je vis le Mage. Vêtu de la pourpre de Rome. Maison Guernicus… Il commandait ces routiers, sans se mêler à la bataille…
Il fut le premier à faire appel à l’Art.
Il fut le premier à me défier en duel singulier à mort, brisant les préceptes du Code d’Hermès…
Il chargea, tenant fermement sa lance et son bouclier.
Je reçus le choc en pleine épaule : la lance se brisa et se figea en moi, comme un clou démesuré… Mais j’ai pu le frapper. Une fois. Une seule. Avec Heredor. La lame de fer froid eut raison de son armure enchantée et mordit profondément la chaire.
Le Mage tomba, désarçonné.
Il implora pitié.
Il m’offrit une rançon et sa parole de quitter cette terre. Je lui offris une monture…


« Lorsqu’Atrémi rentra à Carcassonne, avec quelques dizaines de chevaliers, le vicomte l’accueillit avec une surprise : il avait mené un assaut sur le camps des croisés le matin même, et avait fait prisonnier en la personne de … »
« Simon de Monfort ! »
« Exact. »
« Et vous l’avez laissé repartir ?... »
« Oui. Il nous laissé la rançon la plus précieuse dont il pouvait faire preuve : sa parole… Nous l’avions laissé partir à l’aube. Nous lui avions offert sept jours de siège, son honneur de chevalier et de bras armé de l’Eglise… Nous le regardions partir, heureux. Nous étions victorieux… »

Pendant sept jours, je vous ai chanté… Raimon Rogièr… Nous avons chanté… Dans cette salle où les trônes nous étaient devenus superflus, car chaque habitant de la ville nous tressait des couronnes de fleurs et de paille… Sur les remparts, nos refrains étaient repris par les gardes et les enfants… En ville, où à défaut d’eau le vin coulait, et les festins servis jusqu’à l’épuisement des vivres et des convives… Nous chantions votre martyr, Raimon Rogièr Trencavel… Nous vous chantions, vous, âme incarnée du pays de notre langue…

« A la septième aube, nous ouvrîmes les portes et il partit… »

Je vous regarde partir… Et le soir, les habitants quittent la ville, en processions solennelles. Chacun porte une bougie dans les mains. Les flammes sont vacillantes, comme nos vies, comme votre vie que vous nous avez offerte… Nul homme n’est rudoyé : Simon de Monfort donne rarement sa parole, mais lorsqu’il s’engage, il est un homme honorable. Je le vois encore passer sa propre lame à travers le corps d’un de ses routiers qui avait osé malmener un hérétique vêtu de noir…
Nombreux se dirigent vers le toulousain…
Plus loin sur la route, Raimon VI accueille les épargnés… « Allez à Tolosa », leur dit-il. Il me serre dans ses bras comme un père… je me battrai, me dit-il, mon neveu m’a ouvert les yeux et son sacrifice me fait honte de moi-même… Il me fait les mêmes aveux que quelques jours de cela le Roy Peire d’Aragon…
Je sais que nous nous battrons. L’Albigeois se relèvera de ses cendres. Le Pays Occitan marchera sous la même bannière…

Je partis pour Toulouse.  Trois mois plus tard, le 10 novembre 1209, Je revis Raimon Rogièr en rêve.
Nous apprîmes sa mort quelques jours plus tard. Son corps fut exposé en la chapelle de Carcassonne. Simon de Monfort accepta que les gens du pays viennent pleurer et l’honorer…
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