Compilation d'historiques de vos personnages.

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
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kaar
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Compilation d'historiques de vos personnages.

Message par kaar »

Oui oui après quelques pages de débat autour du pour et du contre de la rédaction d'un background pour vos personnages il est temps d'exposer ici bas ce dont il est sujet :)
Tout commentaire est évidemment le bienvenu.

Je vais donc commencer puisque c'est mon idée :P sachant que j'en ai d'autres en stock mais je laisserais vivre un peu ce sujet avant de continuer à l’inonder de mes créations ;)

A l'origine j'ai rédigé le texte ci-dessous pour le mmo Age Of Conan, c'était une période de disette en terme de rp sur table mais le rp virtuel sur ce jeu était quasi quotidien.
Je compte réutiliser ce perso pour un éventuel retour en Hyborie mais autour d'une table cette fois ;)
La conception de ce texte (et des autres pour ce perso) à été faite dans le même esprit que ce qu'Howard avait fait pour Conan.
Une suite de textes narrant la vie de mon barbare sans ordre aucun ordre chronologique.
Comme si mon incarnation fantaisiste parlait de ses exploits passés à une table de taverne.
Kaar le Roi.

Ce soir il serait dans l'arène.


Déjà trois semaines qu'il était captif dans ce pays perdu.


Retenu dans une geôle aux murs épais, couverts de mousse et sans fenêtre, le guerrier rongeait son frein en attendant l'heure de sa mort.


La Loi locale en avait décidé ainsi, Kaar trouverait la mort dans une suite de combats sanglants.
Ou alors ce serait la gloire et les richesses qui seraient déposées à ses pieds.


En effet, le vainqueur du tournoi de l'arène avait le privilège de pouvoir défier le Roi et ainsi prendre sa place en cas de victoire.
Mais personne n'était dupe et on savait bien que le Roi n'était qu'un pantin et que cette mascarade, orchestrée par Ceux qui commandaient vraiment, ne servait qu'à changer de monarque lorsque celui ci devenait trop vieux ou trop gênant.


L'heure avait sonné, Kaar fut jeté dans le cercle et sans attendre son premier adversaire se rua sur lui.
Une femme à la peau brune et couverte de cicatrices, vêtue d'un simple pagne mais armée de deux longs poignards aux lames dégoûtantes de poison.
Le barbare, dans un réflexe mécanique, évita les coups portés par la furie et porta un violent coup de poing derrière la nuque de la mégère à demi nue.Elle roula sur le sol et il plongea sur elle, la ruant de coups de poings au visage, au bout de quelques secondes les os commencèrent à craquer et c'est une bouillie sanglante que Kaar laissa allongée par terre.


Se relevant il attendait désormais son nouvel adversaire non sans avoir oublié de récupérer les dagues sur le cadavre de son ancienne propriétaire.


Et ainsi les combats s'enchaînaient, guerriers, mages, ours et autres animaux étaient venus combattre dans le Cercle sanglants et tous étais tombés sous les ruades du colosse.


Enfin le dernier combat arriva.


Kaar était épuisé, son corps maculé de sang le faisait atrocement souffrir mais il savait qu'il touchait au but.
Alors la bête entra. Une créature venue des profondeurs du Monde, une abomination mi-homme/mygale.
Le guerrier, vidé de ses forces, campa sur sa position attendant l'attaque.
Et elle survint en un éclair, la bête vomit un filet gluant sur Kaar qui se retrouvait du coup immobilisé, incapable d'utiliser la légendaire vélocité de son peuple.
Et le démon attaqua.
Rapide comme l'éclair le monstre fondit sur le barbare, son visage pourtant humain dévoilait une rangée de crocs acérés et meurtriers.
Cependant Kaar n'avait pas prévu de mourir aujourd'hui, pas maintenant, il avait un Roi à tuer et un royaume à piller de ses richesses.
Il puisa dans ses dernières ressources pour arracher le piège poisseux qui l'entravait et le lança au visage du monstre. Déstabilisée la bête mit quelques secondes à réagir ce qui laissa le temps à Kaar de bondir pour lui enfoncer sa lame dans le cœur.
La Chose rugie puis s'écroula. Mais dans son dernier souffle elle lança une attaque et déchira le flanc du guerrier manquant de lui arracher les entrailles.
Kaar hurla de douleur, il savait qu'il ne pourrait pas combattre une fois de plus, tout était perdu.


On le conduisit malgré tout à l'aire de combat finale où l'attendait le Roi sur son trône, un homme au visage fin, le regard froid et intelligent.
Mais Kaar ne vit rien de la lourde armure du souverain, ni de sa longue claymore brillante.
Il n'avait d'yeux que pour l'apparition presque divine qui siégeait à coté du Roi : La Reine.
Sa beauté effaçait toutes les richesses du royaume et Kaar sentait ses forces revenir à lui rien qu'à l'idée que ce joyaux serait à lui une fois le Roi mort.


Le combat aurait donc lieu dans la salle du trône.


Les deux combattants se faisaient face sur un pont de marbre au dessus d'un puit sans fond.
Bien sûr le combat serait inégal, Kaar était équipé d'une simple armure de cuir et d'une courte épée alors que le Roi portait son armure gravée de runes ainsi que sa resplendissante claymore.
Kaar était usé, l'autre était neuf.
Néanmoins le combat s'engagea, le Roi avançait lentement cherchant une faille dans la posture défensive du gladiateur ramassé sur lui même.
Et sans crier gare, le sauvage bondit.
Une détente phénoménale le propulsa aux pieds du trône, un lourd siège couvert de pierres et de feuilles d'or. Et dans un ultime et extrême effort, Kaar souleva le fauteuil et le projeta sur le Monarque ébahi, stupéfait par tant de rapidité...la violence du choc contre l'armure lourde du Seigneur poussa le Roi par dessus le modeste parapet et le fit basculer dans le gouffre dans un silence de mort.
Le combat avait duré moins d'une minute.
La foule des nobles venus assister au combat était médusée...


Et alors, quelqu'un cria « Le Roi est mort, Vive le Roi ! ».


Le foule scanda son nom et déjà on lui mettait la couronne royale sur le front,


Kaar abasourdi comprenait qu'il était vainqueur
Désormais s'offraient à lui richesses et merveilles mais son regard se posa sur le plus précieux des butins, la jeune Souveraine était désormais sienne.


Ce soir il serait dans la Reine.
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Virgile
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Re: Compilation d'historiques de vos personnages.

Message par Virgile »

Un personnage pré tiré que j'ai conçu pour Retrofutur (les autres persos sont Connor le frère et Henry le mari). Je ne vise pas la qualité littéraire, juste l'efficacité en jeu...

CHELSEA EVANS

Tu es une jolie femme brune, approchant la trentaine. Tu vis actuellement dans un appartement confortable de Res-London-13 avec ton mari Henry et ton fils Paul.

Tu résides à Londres depuis ta naissance. Tu y grandis au sein d'une famille administrée sans histoire : un père, Robert Miller, agent gardien pour l'Urbanisme, une mère au foyer et Connor, ton turbulent grand frère.
Pendant que tu suis ton cursus scolaire avec détermination, il préfère s’encanailler dans les bas-fonds. Plus d'une fois tu as entendu tes parents se plaindre de lui...Ton père décide une bonne fois pour toute de le remettre dans le droit chemin. Il utilise les maigres appuis dont il dispose dans les Agences pour qu'il intègre l'Agence de la Paix, comme soldat.
De ton côté, tu réussis le Concours, sans être dans la tête du classement. Tu commences alors ton travail au sein de l'Agence de l'Urbanisme, en tant qu'agent secrétaire de gestion périphérique. Ton sérieux et ton professionnalisme te permettent de grimper les échelons et tu assistes désormais Alfred Wright, le responsable local du bureau des franchises, dans la commission de l'Amélioration de l'Espace Intérieur. Vous gérez par exemple les franchises de vente de meubles. Ce poste te permet de nombreuses réductions sur le mobilier et de disposer d'un vaste appartement pourvu de tout le confort nécessaire à une famille des années 50.
Au travail, tu fais la connaissance de Robert Wesson, qui dirige un bureau de gestion de biens patrimoniaux. Cet homme a le bras long et il est capable de démêler de nombreux problèmes liés aux Agences, en commanditant directement et indirectement une opération.
Tu côtoies aussi Oliver Gatekeeper, un expert pour traquer et débusquer les individus qui doivent rendre des comptes aux Agences...
Il y a six ans, tu te lies peu à peu avec Henry, un homme gentil, attentionné et très cultivé. Il s'occupe d'une franchise de vente d'antiquités. Il se met à te faire la cour et tu succombes à son charme discret. Il émane de lui un curieux sentiment de mystère...Très vite, tu tombes enceinte et ton cher petit Paul entre dans ta vie.
Vous vous installez ensemble pour fonder votre famille. Tu sais que Henry rend quelques services à la Cosa Nostra en échange de la tranquillité, mais quel franchisé ne le fait pas ?
Ta vie semble alors se dérouler comme une douce et calme mélodie.
Hélas, il y a deux ans, ton frère perd la raison lors d'une opération militaire : il descend ses camarades d'escadron et s'enfuit. Tu ne comprends pas son geste, cette violence. Et au fond de toi, même si tu le voyais rarement, tu n'arrives pas à te convaincre qu'il ait pu réellement faire cela.
Aussitôt, une enquête est ouverte sur toi et ta famille. A travers vous, on essaye d'atteindre et de localiser ton frère. Vous subissez d'énormes pressions, en particulier d'un Agent Enquêteur de la Réhabilitation Individuelle, Dylan Dier. Il interroge vos voisins, vos collègues, vos proches. Tu es épiée, interrogée, questionnée. Mais tu tiens bon. Il finit par vous laisser en paix...du moins en apparence. Tu es persuadée que la surveillance persiste, qu'ils sont toujours après vous !
Henry reste marqué par cette période, il est devenu beaucoup plus nerveux. D'après lui, ses amis mafieux ont aidé à calmer le jeu avec les Agences...
Bien plus tard, ton frère t'a fait parvenir un message laconique, une demande de pardon et un numéro de téléphone pour le contacter en cas de besoin. Tu ne te voyais pas le dénoncer aux Agences, après tout, c'est ton frère...Tu as caché soigneusement le papier, au cas où.
Et malheureusement, aujourd'hui,ce moment est arrivé.

Après ton travail, tu es passée au Centre d'Education pour récupérer Paul, comme d'habitude. Mais il n'y était plus. L'agent de Surveillance t'a expliqué que deux agents de l'Hygiène Mentale étaient venus le chercher plus tôt dans l'après midi. Ils ont présenté à son Agent Enseignant des documents en bonne et due forme et l'ont emmené. D'après eux, vous alliez bientôt recevoir de plus amples informations. Tu t'es précipitée à la franchise de ton mari qui a pâli et fermé aussitôt sa boutique. Ensemble vous êtes retourné au Centre d'Education pour en apprendre plus mais sans grand succès. Vous avez tenté de tambouriner aux portes du bureau de l'Hygiène Mentale le plus proche, mais on vous a répondu de repasser demain, que ce n'était pas l'heure des visites...
De retour à ton appartement, ton mari a essayé de contacter quelques connaissances pour avoir de l'aide et en savoir plus.
Tu as paniqué et tu as décidé d'appeler le numéro que ton frère t'avait laissé. En larmes, tu as expliqué ta situation avant de te rendre compte que ce n'était pas lui...L'interlocuteur t'a rassuré et t'a promis de le prévenir immédiatement.
Paul est un gentil gamin, plutôt introverti, calme, sans histoire. Il n'a rien à voir avec l'Hygiène Mentale, ça doit être une erreur, ou pire une manœuvre pour déstabiliser ta famille. Une chose est sûre, tu ne laisseras plus les Agences détruire ta vie ou celle des autres !
C'est le soir, tu es dans ton appartement. Tu es assise à la table de salle à manger, ton mari fait les cent pas, vous cherchez ce que vous pouvez faire, le ton monte...
Quelqu'un frappe à la porte.
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Léonard
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Re: Compilation d'historiques de vos personnages.

Message par Léonard »

L'un des personnages que j'ai préféré jouer était un prétirés de la campagne Solipcity. Comme ces prétirés étaient livrés sans background, j'ai pu écrire le mieux, et imaginer une personnalité originale.

Il s'agissait d'un sans abri new-yorkais, que j'ai un peu joué façon clodo mystique. Etant donné le côté surréaliste de la campagne, ça m'a permis de partir dans des considérations métaphysiques sans rapport avec l'intrigue, mais pas mal pour l'ambiance.

Dans Solipcity,
Spoiler:
tous les PJ se réveillent un matin, et se retrouvent seuls dans New York.
Pour mon clodo, cela n'était qu'un enchaînement logique du fait que depuis des années, plus personne ne le voyait, lui, quand il errait dans Tompkins Square Park.
Pendant un moment, il est resté accroché à la théorie que les autres PJ et lui étaient morts. Et comme je connaissais vaguement l'explication derrière le phénomène, ça m'a permis de jouer sans rien révéler aux autres joueurs.
Bon, et puis un petit extrait de background, parce que je l'aime bien, celui-là :
Spoiler:
Difficile de savoir quand tout a merdé. Quand il a commencé à prendre des amphétamines ? Quand il a commencé à en vendre ? Quand il a été arrêté et envoyé en prison ? Quand il en est sorti ? Quand il a été passé à tabac pour quelques dollars ? Quand il a laissé pour mort l’agresseur suivant ? Quand il a rencontré le crack et est devenu un homme différent ? Quand il n’a plus eu les moyens de s’en payer, et n’a plus été personne ? Comment savoir, tout cela est si loin. Disparu dans un épais brouillard.
Il n’est plus Ethan, maintenant. Il est juste assis sur le banc.
Dime Legends et Pack Horse Library, mes jeux sur lulu.com...

...et sur itch.io

Pack Horse Library : des femmes, des livres et des chevaux dans l'Amérique des années 1930 - Un jeu de rôle clé en main.

Moi, c'est @Léonard, pas @leonard.
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K's Choice
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Re: Compilation d'historiques de vos personnages.

Message par K's Choice »

Voilà mon obole - un BG un peu décalé par rapport à ce que je fais (ou pas) d'ordinaire. Ecrit pour un perso D&D sorcier dans un monde un peu "med-fan post-apo", genre Forgotten Realms après le Spellplague. Le perso est tout entier inspiré par une illustration. Plusieurs éléments sont fournis par le MJ.

Les sections en italique sont une sorte de "voix intérieure", qu'il entend et est le seul (?) à entendre. Les sections en gras sont des descriptions extérieures (3e personne objective). Les sections en police normale sont ses propres pensées.

Enjoy.

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Erre...

Qu'importe la route, qu'importent le lieu et la manière ? Il y a toujours, au bout, un crépuscule et une leçon, une aube et un nouveau désir... Créer, et voir s'épanouir... et mourir, aussi ? Va, continue à marcher, oublie, retrouve, enfoui dans les abysses de ta mémoire endormie, des images qui t'appartiennent sans être tiennes...

Et si j'avais, autrefois, pris ce chemin-ci plutôt que celui-là ? Simplement tourner à droite, suivre une autre étoile, oublier une quête... insensée, peut-être ? Résister, au moins une fois, à cette trace éthérée et fugace qui me fait encore et toujours croire que, là-bas, plus loin, elle existe...

Au pied de la bâtisse il travaille, attentif aux gestes qu'il fait, suivant des yeux le ciseau qui vibre sous les coups répétés et précis du marteau. Petit à petit, sous ses yeux, les angles deviennent courbes, les creux deviennent ombres, et les formes se dessinent... Une naissance, une vie figée qui surgit de la pierre pour en rejoindre d'autres déjà achevées. Tableau immobile qui esaie de reproduire ce qui erre à la limite entre la raison et l'imaginaire... dans ses yeux ambre passe une lueur de lassitude - ce n'est pas encore cette fois. Il n'a obtenu que la récompense de son labeur, pas celle de sa patience et de sa quête... Il essuie la sueur de son front, et continue à ciseler les détails de sa créature de pierre.

N'oublie pas. Surtout, n'oublie jamais. Tu es la mémoire, le dépositaire des années de braises et des années de cendres. Sauvé de la destruction et de l'oubli, un trésor sans prix - le savoir, cette drogue, cette pierre philosophale. Inscrit dans la plus fragile et la plus immortelle des stèles, l'esprit. De l'homme ? Qu'importe... N'oublie jamais. Tout est en toi, il te suffit de le retrouver.

Je me demande où me mènent mes pas. Autrefois, c'était simple, terne et sans éclat, une vie commencée dans la quiétude et qui ne promettait rien d'autre que ce qu'elle pouvait offrir... Pourquoi ai-je levé les yeux ? Pour voir l'infini ? Une seule lumière dans la nuit et tout change... Ensuite, bien sûr, il faut partir - après tout, une étoile mène toujours quelque part... Partir, encore... cette étoile a laissé des traces sur le monde - peut-être y a-t-elle vécu, autrefois ?

Noire, la nuit se déchire de rais de feu. Hurlements, cris, bruits sourds répétés qui claquent comme des coups de fouets dans la terreur... Cent torches qui sont autant de flammes funéraires. Cent bras levés pour tuer, cent lames qui boivent le sang. Et une course éperdue, dans le noir, dans la nuit, pour fuir la lumière et oublier... non, pas oublier. Simplement avoir un peu de temps. Ceux qui veulent étouffer les cris des enfants nouveaux-nés doivent faire vite. Eux aussi ont peur... mais de quoi ?
Alors, il court. Il trébuche, tombe, se redresse. Court encore, mais, si petit, que peut-il ?
Rien. Devant lui, surgi du néant, la forme sombre et menaçante d'un cheval énorme. C'est la fin. Déjà, le cavalier s'avance.

Pratique, essaie, teste tes limites. Essaie encore. Fais ce que tu dois, fais ce que tu veux et qui te semble bon. Utilise la puissance de ton esprit et la puissance du monde, même si tu ne les comprends pas vraiment. Cherche à comprendre, mais ne crains pas ce flot invisible qui coule de tes mains et qui change le monde. Regarde le monde avec attention, et puis, fais ce qui est bien. Change le monde. Le pouvoir est changement.

Chacune de mes oeuvres est l'accomplissement inachevé de ma quête. Une image trop fugitive pour que je puisse la capturer, une impression trop brève pour que ma main, encore, puisse la reproduire... si tant est que ce soit possible... Je ne cherche pas la perfection, mais simplement à retrouver mon étoile. Alors, je vais, je découvre, et j'essaie de montrer aux autres ce qu'est le monde loin de chez eux, en modelant la matière inerte... en lui donnant une âme qui est l'image des choses vivantes vu là-bas. L'âme du monde... Comprennent-ils ? Voient-ils le monde, ou seulement de la pierre ? Et surtout, surtout, comment peuvent-ils me croire ?

Une forêt dense, sombre, éclairée seulement le jour lorsque le soleil est pratiquement au zénith et la nuit par les vers luisants et les lucioles. Au milieu des buissons et des taillis, entre les grands arbres pluri-centenaires, quelques pans de murs se dressent encore, témoins silencieux de bâtiments anciens ravagés par le temps et l'oubli.
L'oubli ? Et pourtant, d'un soupirail, un rai de lumière, à peine perceptible, indique que l'endroit n'est pas complètement désert.
Dans une salle aux murs dont le mortier s'effrite, à la lueur d'une lampe à huile qui jette un éclat vacillant sur des étagères de pierre ébréchées, un jeune homme est penché sur un livre vieilli, corné, aux pages noircies miraculeusement épargnées par les ans. Il semble lire avec attention, et des plis de concentration marquent son front alors qu'il tente de déchiffrer les symboles complexes qui ornent les pages de ce tome.
Puis il relève la tête, le livre encore ouvert entre ses genoux, et effectue quelques gestes complexes de ses mains. Son visage porte encore les traces des restes de l'enfance, mais le corps mince, les joues presque creusées révèlent l'adulte en devenir.
Et quelques étincelles viennent se rejoindre pour former une lumière tremblotante qui grandit, sphère jaune orangée, pour faire fuir les ombres de la pièce alors que les yeux du garçon, un instant ambre fulgurant, reprennent une intensité plus neutre. Il rit, un peu nerveusement.
Puis s'interrompt. La lumière disparaît. Il tend l'oreille, et éteint la lampe à huile. Un instant, c'est le silence, seulement perturbé par les mille bruits d'une forêt nocturne. Et un raclement sinistre d'os sur la pierre.
Quelques bruits de pas presque indiscernables, des chausses souples sur des pavés usés - Le jeune homme s'en va comme il était venu, pour échapper aux spectres qui hantent encore les lieux.

Ne laisse pas les autres, les hommes, abuser ta conscience : la bonne volonté ne suffit pas pour reconstruire un monde. L'Arcane, pilier du monde - héritage de l'ancien monde tant recherché avec avidité par certains. Sois prudent. Ne te laisse pas abuser par des paroles mielleuses. Ils te cherchent, ceux qui dévorent le savoir pour le couvrir d'une chape d'obscurité impénétrable...

Je n'aime pas ça. Déjà, j'ai dû fuir plusieurs fois, mais ils sont toujours sur ma piste. Je suis las de courir - peut-être est-il temps que je cherche à comprendre pourquoi on me traque... mais qui pourrait me renseigner ?
Une chose est sûre : je ne peux me fixer. Un jour, immanquablement, ils arriveront et, si je ne suis pas prêt, ils me trouveront et ils tueront comme ils ont déjà tué. Mieux vaut se dérober tant que je n'ai pas compris... et tant que je ne peux résister.

Dans la cour, sous le regard critique d'une jeune fille, un homme barbu vêtu seulement de braies de toile rude assène coup après coup de sa large épée sur un jeune homme qui fait de son mieux pour se défendre, qui, de temps en temps, profitant d'un répit, tente de porter lui-même une attaque rapidement enrayée.
Sa défense devient de plus en plus hâtive, jusqu'à ce qu'un coup plus appuyé ne le déséquilibre et qu'il tombe à la renverse. Avant qu'il ait pu réagir, son adversaire vient poser la pointe de son arme sur son torse.
Le jeune homme soupire, prononce quelques mots, ce qui a pour effet de faire rire la jeune fille et sourire l'homme barbu qui l'aide à se relever. Une claque amicale sur l'épaule, un grimacement lorsque ladite épaule s'avère douloureuse, et les protagonistes rentrent à l'abri des murs.

Suis ton instinct. S'il te dit d'aider, aide. S'il te dit de tuer, tue. Ton instinct sait des choses que ta raison ignore. Ne combat pas ce que tu es réellement. Sers-t'en pour faire ce que tu veux faire.

Ce que je veux faire... Qu'est-ce que je veux faire, finalement ? Pas simplement vivre et oublier, non... Comprendre, apprendre, et laisser mon empreinte sur ce monde. Etre à la hauteur de mon étoile.

La nuit est venue, et le jeune homme aux yeux ambre, allongé sur le dos sur les rochers plats, regarde le ciel noir piqueté de points lumineux, parcouru de filets de brume...
La lune est gibbeuse, ce soir. Les étoiles sont des feux indistincts derrière un voile de mystère.

Erre... encore. Tes yeux d'or éclairent le monde.

Je cherche mon étoile...

L'aube point. Il regarde la ligne rouge franchir la cime des montagnes.

En toi, la lumière croît aussi.

Je crois que je vais repartir. Je n'ai plus rien à apprendre ici, plus rien à montrer.

Le village s'éveille, indifférent au jeune homme qui, le sac sur l'épaule, perché sur le mur, regarde au loin.

N'oublie pas. Ils te cherchent.

Je n'aimerais pas qu'ils viennent ici...

Il saute du muret, reprend un bâton, regarde une fois en arrière...

Trouve ta force.

Un jour, je reviendrai partout où je suis allé.

Et, se détournant, il reprend sa route.
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