Il n'y a plus de garde-chasse, plus du moins dans le sens que le nom nous évoque (tout comme il n'y a plus de garde champêtre, de cantonnier).
Il y a 20 ans, l'office nationale de la chasse a fait sa mue, passant d'un organe mixte (bâtard ?) à la fois juge et partie (mi-fonctionnaire, mi intérêt privé des chasseurs) à un véritable office étatique : les chasseurs ont été mis dehors, les garde-chasse fonctionnaires se sont mis 100% au service de la loi. Aujourd'hui, l'ONC (devenu office national de la chasse et de la faune sauvage entretemps) n'existe plus, il a été l'un des ferments de l'office français de la biodiversité.
Résultat, les gardes-chasses sont devenus la police de l'environnement et interviennent dans le domaine régalien. Économie des deniers publics et pressions des chasseurs, leur nombre s'est aussi fortement réduit malgré l'adjonction des anciens garde-pêche (de l'ancien office national de la pêche, devenu entretemps office national de l'eau et des milieux aquatiques) et d'autres supplétifs des brigades vertes, police de l'environnement, etc.
Ils sont donc pas assez nombreux pour buter des sangliers, et ont autres choses que ça à foutre (lutte contre la
contrebande d'espèces protégées, très lucratif ; lutte contre les pollutions, prévention contre les pandémies d'origine animale comme la grippe aviaire ; etc.).
Les chasseurs aisés se paient des garde-chasse privés pour empêcher le braconnage sur leur terre, l'intrusion de randonneurs et d'écolo. Sinon, les chasseurs eux-même font se devoir de surveillance de leur propriété privé/territoire de chasse communal (et parfois se font justice eux-même face à des bracos récalcitrants...).
Les lieutenants de louveteries sont des privés/chasseurs spécialisés qui disposent de meutes et savent mener les chiens. On fait appel à eux pour les battues "de loisir" de la chasse ordinaire et les battues administratives pour zigouiller une population problématique ou un animal dangereux. Certains sont spécialisés dans la "vènerie sous terre" (chasse dans les terriers avec des chiens, c'est assez brutal...), la
traque au sang, beaucoup plus honorable (retrouver pour l'achever une bête blessée qui a échappé aux chasseurs, pour éviter qu'elle n'agonise, que des chtites n'enfants ne tombent sur son cadavre dans le jardin).