Mahar a écrit : ↑ven. juin 12, 2026 9:06 am
Je partage avec Harfang l'attrait pour des personnages qui ne soient pas forcément équilibrés, cela peut faire effectivement des groupes aux interactions sympas.
Cela dit il doit quand même y avoir une équité (sinon égalité) entre les joueurs à la table, sinon on gâche le plaisir de certains voire de toute la table, comme cela a déjà été dit plus haut.
Pour ma part, dans une campagne COF j'avais introduit un système de compensation via les points de chance : la jauge de points de chance était ainsi inversement proportionnelle à la valeur des caracs tirées au départ, ce qui fait que l'anti-héros avec des tirages pourris pouvait se sortir de plein de situations grâce à sa bonne étoile, tandis que les bien-nés avec des caracs de grobills étaient dépourvus de cette possibilité.
Cela apportait du fun et rétablissait une forme de justice entre les joueurs, malgré des caracs très différentes. Je suis encore très fier de cette trouvaille.
Pour moi ça s'appelle de l'équilibrage, ni plus ni moins. Dans donj' aussi, 5E inclus, les persos ne sont pas du tout les mêmes, quand bien même ils partageraient le même ensemble de carac réparti différemment : ils n'ont pas les mêmes PV, pas la même CA, pas les mêmes capacités. Certains sont même chanceux, faute d'être autre chose, et ont ainsi des points de chance.
Moi, ce qui m'intéresse dans un jeu, ce n'est pas de rétablir les inégalités réelles "parce que les gens ne sont pas égaux c'est bien connu", personnellement, c'est de jouer avec des copines et des copains. Et quand je joue avec des copines et des copains, ce que j'aime, c'est que chacun s'amuse et chacun soit à l'aise, que je profite un peu de chacun, que chacun puisse exprimer son content. Pour ça, j'ai besoin que chaque personnage ait une importance dans le récit, si pas égale, au moins équilibrée, parce que sinon ça veut dire que je vais beaucoup entendre Jim et pas du tout Marie, dont le perso de fourchette n'a servi que lors du pique-nique et encore, pas à Jim, qui a mangé avec les doigts.
Notons qu'avoir une importance à peu près égale dans le récit, ça peut se réaliser de bien des manières. Par exemple, tous les mêmes caracs. Par exemple, des caracs différentes, mais on compense ailleurs. L'exemple des points de chance me paraît rigoureusement se situer dans cette deuxième option et je ne lui trouve aucune vertu particulière, ni aucun défaut particulier, par rapport à la première.
Pour le dire autrement, l'équilibrage, ce n'est pas l'égalité, ça peut prendre bien des formes, et si je conçois qu'on puisse s'amuser à jouer un mendiant crasseux pendant que Jim incarne son habituel Melnibonéen, je considère que ça doit être là une décision des joueurs, pas du jeu. Le jeu, son boulot, c'est de faciliter les choses, de faciliter la réussite de la partie, et pour cela de ne proposer que des rôles intéressants, vers lesquels l'attention se tournera naturellement, même si les joueurs sont un groupe d'ados mal dégrossis ; pas de rétablir autour d'une table les inégalités réelles dans la vraie vie.
Dans un jeu comme donj', où les combats occuperont nécessairement une certaine place, ça veut dire qu'on va s'assurer que tous les personnages y auront quelque chose à faire, par exemple. Le mendiant gagnera une attaque sournoise. Et ainsi, bien qu'évidemment Jim sera le plus costaud, nous nous intéresserons périodiquement à lui.