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"Le rivage des femmes", de Pamela Sargent.
Dans un lointain futur, suite à une catastrophe causée par les guerres et l’agressivité des hommes, les survivants ont mis au point une politique de ségrégation pour assurer la survie de l’humanité: les femmes vivent dans des villes entourées par de hauts murs infranchissables et disposent encore d’une technologie assez avancée. Elles ont endoctriné les hommes qui vénèrent “la Dame” dans des sanctuaires, vivent en petites tribus nomades et continuent à s’entretuer allègrement à coup de lance, d’arc et de dague. Dans les sanctuaires où il se rendent, les hommes sont parfois “appelés” par la Dame et se rendent dans les cités, où leur sperme est prélevé pour inséminer les femmes. Quand l’enfant à naître est un garçon, sa mémoire est effacée à l’âge de 5 ans, et il est remis à son père, ou si celui-ci est mort entretemps, à un autre homme. Lorsqu’une tribu devient trop grande, ou qu’elle se met à se sédentariser, les femmes envoient des avions militarisés pour les détruire ou les disperser. Ils encourent la colère de la Dame…
Cela fait plusieurs centaines d’années que ce système a été mis en place quand Yvara et Birana, deux femmes, sont exilées de leur cité. L’idée du Conseil de la cité est qu’elles mourront probablement très rapidement, soit parce qu’elles seront tuées par une tribu, soit parce qu’elles mourront de faim, étant incapables de se débrouiller à l’extérieur. Yvara va effectivement rapidement mourir, mais Birana va survivre et rencontrer Arvil, un jeune homme dont la tribu vient d’être exterminée par la colère de la Dame. Ensemble, ils vont s’éloigner des cités pour tenter de trouver d’autres exilées qui auraient survécu à leur exclusion des cités. Cette quête va les mener très loin, et en chemin, ils vont développer l’un pour l’autre un attachement qui avait disparu depuis des centaines d’années.
Il y a à boire et à manger dans ce roman. D’un côté, il y a des éléments de fiction qui m’ont paru quelque peu tirés par les cheveux: par exemple, pourquoi exiler des femmes qui connaissent les secrets des villes sans leur effacer la mémoire, alors que cette précaution est disponible et utilisée sur les jeunes garçons? Ça n'a pas beaucoup de sens, dans une société dont une partie de la résilience dépend du secret. Mais à côté de cela, il y a beaucoup de finesse et d’intelligence dans la façon dont l’histoire se développe et dans les choix posés par les personnages. Au final, ça reste une bonne lecture, mais pas incontournable non plus.