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On l'appelait Robin des Bois" ("The Death of Robin Hood" en VO). Après plusieurs critiques littéralement dithyrambiques au sujet du film (Ecran Large,
Roger Ebert, ...), et de très mauvais retours en ligne des premiers spectateurs ("trop long", "trop contemplatif", "seules les 30 premières minutes valent quelque chose", ...), il me tardait de le voir pour me faire ma propre idée, et, dans ces cas là, pour laisser sa chance au film de le voir sur grand écran (sans prendre le risque d'appuyer sur 'pause' dans mon salon au bout d'une heure et de ne jamais y retourner). Je suis plutôt content de l'avoir vu ainsi. Il se révèle sur la durée. Il aurait pu être un excellent film - mais souffre de trop de défauts pour prétendre à ce titre - et se trouve in fine être juste un film
solide. Mais c'est déjà pas si mal. Et ce film ne plaira absolument pas à tout le monde, et je comprends évidemment pourquoi.
Le pitch ? Robin des Bois est las, fatigué, et il n'est pas à la hauteur de sa légende, qu'il s'est construite lui même mais que d'autres aussi ont construit pour lui. N'étant qu'un vil hors la loi, tueur, voleur, massacreur, il est honni et même pourchassé par les nombreuses familles qu'il a laissé en deuil au fil des décennies. Cherchant à trouver le repos, et si possible
une belle mort, il va finir par découvrir que c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens.
Le film a en effet de nombreux défauts. Il n'a pas assez de choses à raconter, et c'est son plus gros défaut. Il est filmé de manière vraiment brouillonne, caméra digitale en main probablement, offrant trop souvent des plans improbables et inutiles (caméra sur la poitrine de Hugh Jackman et gros plan sur sa barbe grisonnante). Les 30 minutes du début, nettement plus "musclées" que le reste du film, sont une purge, et c'est la partie du film que j'ai le moins aimée (contrairement à beaucoup d'autres spectateurs) : ces combats sont brouillons, avec des changements de plans incessants, trop de gros plans, un manque de crédibilité sur le déroulé stratégique des-dits combat (Robin est censé être un combattant expérimenté, roublard, efficace : ça ne se ressent pas du tout pendant les deux phases des combats en question ... ni en voyant le résultat, d'ailleurs). Toute la filmographie / étalonnage des couleurs est atroce à mes yeux, c'est terne, c'est plat, c'est fade, que des couleurs très pâles (comme beaucoup de films de ces dernières décennies). Des personnages secondaires franchement mal exploités, comme certains seconds couteaux, et surtout, comme Jodie Comer, tant l'actrice que son personnage (même si elle a au final un rôle clé).
Et pourtant, j'ai trouvé au bout du compte, malgré un ventre mou en milieu de film, j'ai trouvé un charme indéniable à cette proposition. Ce léger côté crépusculaire. Cette idée que les héros ne sont pas toujours à la hauteur de leur légende. Les quelques - même si prévisibles, et assez vite expédiés - dilemmes moraux posés aux personnages, qui sont plutôt intéressants et bienvenus (*). Le passage de témoins entre générations. Savoir quand raccrocher sa besace. Et si Jodie Comer est sous-exploitée, Hugh Jackman mange l'écran par sa présence : le rôle a été taillé pour lui.
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La lame du couteau coupe le pain comme elle coupe les chairs ... tout est une question d'équilibre" - cette citation tirée du film ne vous dira rien de plus sur ce dernier, mais elle en résume un peu sa teneur : un difficile équilibre entre la vie et la mort, la fureur et la rédemption.
* : certains dilemmes/twists/intrigues secondaires pourraient d'ailleurs être facilement réutilisés sur un scénario de JDR