Partie 2: Lutte des Crasses
Publié : jeu. sept. 11, 2014 9:45 pm
Le groupe, très impressionné par la statue géante du Dieu civique d'Orgeval est un peu dépité en pénétrant dans l'enceinte du temple. Il n'échappe pas au Nain que les murailles, en particulier, ne sont pas de la première fraicheur et qu'elles ont connu des jours meilleurs. Le temple est creusé dans la paroi du Mont Jovien, colline qui surplombe Orgeval et dans laquelle ont été également creusées les cellules destinées aux prêtres et à l'accueil des pèlerins. Echelles et échaffaudages permettent d'y accéder. Au pied de la paroi, deux passages protégés par des grilles encadrent le Portique du temple. Alors qu'il est relativement tôt le matin, l'enceinte est déserte, même si, ça et là, quelques prêtres et quelques gardes s'affairent à leurs postes et dans les jardins. Le tout est construit dans la fameuse pierre blanche chaulée qui fait la réputation du lieu.
C'est Orfeo Fulmino, Flamine Convexe de Jupiter qui accueille le groupe. Averti par les hommes de la garde, il s'attendait à l'arrivée des aventuriers. Le Baron de Meel, forçant sur la sagesse réputée des prêtres du temple salue le vieil homme. Tous s'intéressent de très près aux vêtements de celui qui est à la tête du culte de Jupiter dans les Essarts et au delà. Déception, de nouveau: le grand patron de Jupiter est vêtu d'une simple toge pourpre, un bonnet à rabat de même couleur et un anneau d'électrum rappelant sa charge.
Le groupe laisse parler le baron et le chevalier. Après avoir décrit les événements de la veille, ces derniers demandent au Flamine Convexe s'il peut mettre à leur service un chevaucheur pour porter la nouvelle à Skaldorf du décès de dame Sebald. Le prêtre explique qu'il peut envoyer un aigle apprivoisé et propose de s'occuper du corps de la regrettée et noble dame en le confiant au soin des embaumeurs du culte. Les deux nobles acceptent tandis que Sara raconte au Borgne qu'elle pressent que les prêtres veulent sûrement toucher leur part du butin. Le Nain, dans un geste théâtral, dévoila le cadavre (qui dégageait une odeur putride) de l'homme-dragon attaché à la croupe de son cheval. Le Flamine Convexe fut surpris et avoua qu'il pensait que de telles créatures appartenaient à la légende. Il se déclara prêt à racheter le cadavre pour mieux l'étudier. Le Nain et Cylenzara dirent qu'ils réfléchiraient.
Ensuite, le baron de Meel demande au prêtre s'il serait possible, éventuellement contre paiement de sa poche, que les prêtres de Jupiter soignent les blessés du groupe (lesquels sont nombreux en raison de l'absence de repos, le Nain et le Moine étant particulièrement mal en point). Le Flamine Convexe accepte et propose que ceux qui le désirent aillent se décrasser aux bains et y reçoivent les soins. Il désigne un passage grillagé qui s'enfonce dans la paroi rocheuse. Orfeo retient cependant le baron de Meel et le chevalier de Belgothen ainsi que Kartrine. Seule Sara resta sur l'esplanade, le Borgne lui interdisant de descendre aux bains avec les hommes.
Tandis que le Nain, Cas, l'Etranger, le Borgne et Cylenzara dirigent leur pas dans l'antique boyau qui descend aux sources thermales, les nobles traversent le temple derrière le Flamine Convexe. Le temple abrite en son sein les statues de procession du Dieu à la Foudre. Les murs sont décorés d'une fresque montrant à droite le bon gouvernement Olympien: Jupiter y apparaît, le doigt levé vers le ciel, au centre entouré des Dieux qui s'échelonnent autour de Lui. Sur le mur qui fait face, le même motif est repris pour représenter le Dieu entouré des notables pansus qui, autrefois, fondèrent Orgeval. Au fond du temple, l'iconostase est couvert de panneaux rappelant les exploits du Dieu. Le Flamine Convexe se fait ouvrir par le flamine mineur indistinct numéro 1 une porte dans l'iconostase et accueille ses visiteurs dans la Scella. Cette pièce étroite comprend un reliquaire dans lequel se trouve une reproduction d'un mètre de la grande statue du temple. Le Dieu tient un foudre en or massif et resplendissant qui attire le regard des trois invités.
Après avoir fait les commentaires d'usage sur la statue qui constitue le saint des saints du temple. Le Flamine Convexe mentionne que le Foudre brandi par le Dieu est en or grâce à la générosité des fidèles. Il n'entre pas dans les détails, cependant il évoque le fait que la statue soit sortie à l'occasion des processions pendant les fêtes données à Orgeval en l'honneur de Jupiter. Un silence s'installe. Orfeo finit par avouer qu'il a une chose importante à demander aux personnages. Il se tourne prioritairement vers l'honorable chevalier de Belgothen en lui demandant s'il accepte de commander la défense du temple. Il craint, en effet, que ceux qui ont attaqué au Rollenberg ne descendent dans la vallée pour s'en prendre au temple et à ses trésors. Il dit ne pas en avoir parlé avant, devant les Flamines, lorsque les personnages ont évoqué les conditions de la mort de Dame Sebald pour ne pas effrayer les Flamines. Il rappelle que les défenses du temple sont très faibles. Les gardes sont de simples miliciens, courageux et dévoués, certes mais sans expérience du combat de masse. Il va demander des renforts à Percemaille et ailleurs, mais il est peu probable qu'ils arrivent avant quelques jours, ce qui laisse le temple sans défense. Le chevalier de Belgothen bredouille quelque chose au sujet d'une quête qui lui interdit de tirer l'épée mais il accepte de commander les défenses du temple, le temps que les renforts arrivent. Soulagé, le Flamine Convexe remercie avec chaleur. C'est à ce moment qu'un flamine mineur vient frapper à la porte pour prévenir de l'imminence de la cérémonie de mi-journée. Il invite les visiteurs à le suivre sur l'esplanade du temple où se rassemblent fidèles et pèlerins et où six prédicateurs installent leurs chaires et s'échauffent la voix.
Pendant ce temps là, les sans-classe, les sans-grades, ceux qui ne sont jamais initiés aux mystères des puissants, expérimentent les joies saines d'un bon bain curatif. Seuls le Moine et Cas ne parviennent pas à trouver la sérénité que procure une détente bien méritée. En effet, lorsque des flamines mineurs encapuchonnés leur remirent les pagnes de lin destinés à couvrir leur nudité, l'un des hôtes leur fit un signe bizarre. Joignant les mains au dessus de sa poitrine, les pouces croisés, il agita les doigts comme s'il imitait un battement d'ailes. Le temps que les deux compagnons comprennent ce symbole et s'interrogent sur sa signification, l'homme avait disparu dans l'arrière-salle. Cas et le Moine rejoignirent le groupe des baigneurs dans la salle chaude, puis ils allèrent dans la salle froide avant de finir dans la piscine tiède, légèrement boueuse, formée par une source volcanique souterraine. Des prêtres soignèrent les blessés qui purent récupérer pendant la courte pause. Le Borgne exigea de la nourriture et un jeune flamine vint leur apporter du pain, du raisin, des chaussons à la viande et de fumants raviolis couverts d'aneth.
Alors qu'ils s'empiffraient, les mercenaires eurent une franche conversation. Echauffés et rendus volubiles par le vin, ils commencèrent à se moquer du chevalier et du baron qui ne se lavaient jamais et qui devaient puer à des centaines de mètres à la ronde. Le Nain fit remarquer que le Baron avait promis de le soigner mais qu'il s'était arrangé pour que d'autres fassent le boulot. Le Borgne répondit qu'avec ces nobles, il en était toujours ainsi, ce sont d'autres qui font parce que c'est quand même une sale race de fainéants, tous ces nobles. Il mima les manières des nobles de Schielde et leur incapacité à manger avec les doigts comme tout le monde. Le Nain et Cylenzara rirent de bon coeur. Le Nain commenta également le fait que, jusqu'à présent, le baron s'était engagé à les rendre riches s'ils l'accompagnaient mais que la seule chose qu'il avait payé c'était des nuits dans des auberges minables et un tour dans la piscaille. Lorsque la conversation fut troublée par l'apparition des plats, Le Borgne entreprit le flamine novice chargé de servir les baigneurs. Il commença par lui demander s'il comptait étudier toute sa vie ou faire quelque chose d'utile et de viril comme aller voir les filles, par exemple. Le novice lui répondit qu'ayant déjà accompli son ambition de servir le culte de Jupiter, il n'avait pas besoin de plus. Le Borgne se moqua de lui, prenant tout le monde à témoin de l'impuissance supposée du jeune prêtre. Celui-ci demeura stoïque. L'Etranger le prit alors à l'écart et demanda au jeune homme de lui parler de sa Foi et du temple. Il attira habilement le flamine novice, qui disait s'appeler Benjamin, sur le terrain des trésors que gardait le temple. Il parla de la statue du Dieu conservée dans la Scella du temple en disant qu'elle était très ancienne et qu'elle accomplissait des miracles. L'Etranger voulant des preuves, Benjamin raconta qu'il y a vingt-cinq ans, lorsque le Maître des Ombres envahit les Essarts, le Flamine Convexe Artabano le Pieux, s'offrit en sacrifice et obtint l'intervention directe du Dieu en priant devant la statue. Jupiter fit alors pleuvoir la foudre sur les ennemis qui rebroussèrent chemin. D'après Benjamin, les gens avaient retenu que c'était l'intervention du général elfe Melynd qui avait sauvé la partie, mais qu'en fait, ils se trompaient. Le triomphe final du bien contre le mal était le résultat de l'intervention de Jupiter et du sacrifice d'Artabano le Pieux et pas celle d'un quelconque général Elfe. L'Etranger proposa à Benjamin de lui montrer cette si puissante relique, ce à quoi Benjamin répondit qu'elle n'était montrée que lors des processions et que personne n'y avait accès. L'Etranger fut déçu, insista mais le flamine mineur ne changea pas d'avis.
Pendant ce temps là, Le Borgne, Le Nain et Cylenzara continuaient à pointer les défauts des membres nobles du groupe qui les prenaient de haut ("ne te vexe pas, hein, le Nain" précisa Le Borgne). Le Moine s'enivrait et rêvait qu'à la place des trois pièces, il avait le droit de plonger dans un bassin de bière, un autre de vin et un troisième de liqueur. Quant à Cas, intrigué par le signe que lui avait fait le prêtre indistinct numéro 2, il sortit assez tôt du bain, se rhabilla et se posta sur l'esplanade pour observer les allées et venues.
La foule était déjà dense devant le temple. Sur les degrés du péristyle, des prédicateurs prononçaient d'incendiaires discours sur les méfaits de l'excès, sur le caractère sacré de la loi et sur la punition qui ne manquerait pas de s'abattre sur ceux qui la transgressaient. Des flamine quêteurs circulaient parmi les fidèles, secouant des sébiles où tintaient du billon de cuivre et des deniers d'argent. Cas ne fut guère surpris de voir Sara circuler, elle aussi, faisant la poche des passants. Il repéra également deux hommes costauds habillés en paysans qui se tenaient un peu à l'écart et semblaient également observer la scène. Dans la cohue qui conclut le prêche, Cas tenta de percuter l'un des deux guetteurs, mais l'homme n'eut aucune réaction et parvint à se dissimuler dans la foule qui repassait par l'entrée et se dirigeait vers le pont qui séparait le quartier du temple du reste de la ville. Cas ne tarda pas à perdre de vue ses deux cibles parmi les adorateurs qui chantaient des oraisons.
Lorsque l'esplanade retrouva son calme et que tous ceux qui étaient aux bains parurent, propres et détendus, à la surface, le baron prit à l'écart le Nain et Cylenzara. Il leur raconta ce que le Flamine Convexe avait obtenu du chevalier qu'il conduise la défense du temple. Le Baron avoua qu'il n'avait aucune envie de se battre sans issue de secours. Il chargea le Nain de trouver un passage secret. D'instinct, le Nain se dirigea du côté du bain, se disant que le réseau des sources souterraines fournirait probablement un bon terrain d'enquête géologique. Accompagné de son fidèle compagnon, il entreprit de sonder discrètement les murs. Pendant ce temps, le chevalier de Belgothen tentait d'évaluer la valeur combattive de ses troupes et la capacité du temple à être défendu. Le Borgne, s'apercevant que Sara ne se trouvait plus sur l'esplanade commença à demander à ses compagnons et aux prêtres s'ils avaient vu la jeune adolescente. Cas demanda alors au Flamine Convexe s'il connaissait le signe qu'on lui avait fait. Il mima avec précision le geste des deux mains au dessus de la poitrine, les pouces croisés et les doigts s'agitant pour imiter un battement d'ailes. "Le culte de la Wyve ... de la Wyve ... de la Wyverne" répondit, manifestement effrayé, le Flamine Convexe.
C'est Orfeo Fulmino, Flamine Convexe de Jupiter qui accueille le groupe. Averti par les hommes de la garde, il s'attendait à l'arrivée des aventuriers. Le Baron de Meel, forçant sur la sagesse réputée des prêtres du temple salue le vieil homme. Tous s'intéressent de très près aux vêtements de celui qui est à la tête du culte de Jupiter dans les Essarts et au delà. Déception, de nouveau: le grand patron de Jupiter est vêtu d'une simple toge pourpre, un bonnet à rabat de même couleur et un anneau d'électrum rappelant sa charge.
Le groupe laisse parler le baron et le chevalier. Après avoir décrit les événements de la veille, ces derniers demandent au Flamine Convexe s'il peut mettre à leur service un chevaucheur pour porter la nouvelle à Skaldorf du décès de dame Sebald. Le prêtre explique qu'il peut envoyer un aigle apprivoisé et propose de s'occuper du corps de la regrettée et noble dame en le confiant au soin des embaumeurs du culte. Les deux nobles acceptent tandis que Sara raconte au Borgne qu'elle pressent que les prêtres veulent sûrement toucher leur part du butin. Le Nain, dans un geste théâtral, dévoila le cadavre (qui dégageait une odeur putride) de l'homme-dragon attaché à la croupe de son cheval. Le Flamine Convexe fut surpris et avoua qu'il pensait que de telles créatures appartenaient à la légende. Il se déclara prêt à racheter le cadavre pour mieux l'étudier. Le Nain et Cylenzara dirent qu'ils réfléchiraient.
Ensuite, le baron de Meel demande au prêtre s'il serait possible, éventuellement contre paiement de sa poche, que les prêtres de Jupiter soignent les blessés du groupe (lesquels sont nombreux en raison de l'absence de repos, le Nain et le Moine étant particulièrement mal en point). Le Flamine Convexe accepte et propose que ceux qui le désirent aillent se décrasser aux bains et y reçoivent les soins. Il désigne un passage grillagé qui s'enfonce dans la paroi rocheuse. Orfeo retient cependant le baron de Meel et le chevalier de Belgothen ainsi que Kartrine. Seule Sara resta sur l'esplanade, le Borgne lui interdisant de descendre aux bains avec les hommes.
Tandis que le Nain, Cas, l'Etranger, le Borgne et Cylenzara dirigent leur pas dans l'antique boyau qui descend aux sources thermales, les nobles traversent le temple derrière le Flamine Convexe. Le temple abrite en son sein les statues de procession du Dieu à la Foudre. Les murs sont décorés d'une fresque montrant à droite le bon gouvernement Olympien: Jupiter y apparaît, le doigt levé vers le ciel, au centre entouré des Dieux qui s'échelonnent autour de Lui. Sur le mur qui fait face, le même motif est repris pour représenter le Dieu entouré des notables pansus qui, autrefois, fondèrent Orgeval. Au fond du temple, l'iconostase est couvert de panneaux rappelant les exploits du Dieu. Le Flamine Convexe se fait ouvrir par le flamine mineur indistinct numéro 1 une porte dans l'iconostase et accueille ses visiteurs dans la Scella. Cette pièce étroite comprend un reliquaire dans lequel se trouve une reproduction d'un mètre de la grande statue du temple. Le Dieu tient un foudre en or massif et resplendissant qui attire le regard des trois invités.
Après avoir fait les commentaires d'usage sur la statue qui constitue le saint des saints du temple. Le Flamine Convexe mentionne que le Foudre brandi par le Dieu est en or grâce à la générosité des fidèles. Il n'entre pas dans les détails, cependant il évoque le fait que la statue soit sortie à l'occasion des processions pendant les fêtes données à Orgeval en l'honneur de Jupiter. Un silence s'installe. Orfeo finit par avouer qu'il a une chose importante à demander aux personnages. Il se tourne prioritairement vers l'honorable chevalier de Belgothen en lui demandant s'il accepte de commander la défense du temple. Il craint, en effet, que ceux qui ont attaqué au Rollenberg ne descendent dans la vallée pour s'en prendre au temple et à ses trésors. Il dit ne pas en avoir parlé avant, devant les Flamines, lorsque les personnages ont évoqué les conditions de la mort de Dame Sebald pour ne pas effrayer les Flamines. Il rappelle que les défenses du temple sont très faibles. Les gardes sont de simples miliciens, courageux et dévoués, certes mais sans expérience du combat de masse. Il va demander des renforts à Percemaille et ailleurs, mais il est peu probable qu'ils arrivent avant quelques jours, ce qui laisse le temple sans défense. Le chevalier de Belgothen bredouille quelque chose au sujet d'une quête qui lui interdit de tirer l'épée mais il accepte de commander les défenses du temple, le temps que les renforts arrivent. Soulagé, le Flamine Convexe remercie avec chaleur. C'est à ce moment qu'un flamine mineur vient frapper à la porte pour prévenir de l'imminence de la cérémonie de mi-journée. Il invite les visiteurs à le suivre sur l'esplanade du temple où se rassemblent fidèles et pèlerins et où six prédicateurs installent leurs chaires et s'échauffent la voix.
Pendant ce temps là, les sans-classe, les sans-grades, ceux qui ne sont jamais initiés aux mystères des puissants, expérimentent les joies saines d'un bon bain curatif. Seuls le Moine et Cas ne parviennent pas à trouver la sérénité que procure une détente bien méritée. En effet, lorsque des flamines mineurs encapuchonnés leur remirent les pagnes de lin destinés à couvrir leur nudité, l'un des hôtes leur fit un signe bizarre. Joignant les mains au dessus de sa poitrine, les pouces croisés, il agita les doigts comme s'il imitait un battement d'ailes. Le temps que les deux compagnons comprennent ce symbole et s'interrogent sur sa signification, l'homme avait disparu dans l'arrière-salle. Cas et le Moine rejoignirent le groupe des baigneurs dans la salle chaude, puis ils allèrent dans la salle froide avant de finir dans la piscine tiède, légèrement boueuse, formée par une source volcanique souterraine. Des prêtres soignèrent les blessés qui purent récupérer pendant la courte pause. Le Borgne exigea de la nourriture et un jeune flamine vint leur apporter du pain, du raisin, des chaussons à la viande et de fumants raviolis couverts d'aneth.
Alors qu'ils s'empiffraient, les mercenaires eurent une franche conversation. Echauffés et rendus volubiles par le vin, ils commencèrent à se moquer du chevalier et du baron qui ne se lavaient jamais et qui devaient puer à des centaines de mètres à la ronde. Le Nain fit remarquer que le Baron avait promis de le soigner mais qu'il s'était arrangé pour que d'autres fassent le boulot. Le Borgne répondit qu'avec ces nobles, il en était toujours ainsi, ce sont d'autres qui font parce que c'est quand même une sale race de fainéants, tous ces nobles. Il mima les manières des nobles de Schielde et leur incapacité à manger avec les doigts comme tout le monde. Le Nain et Cylenzara rirent de bon coeur. Le Nain commenta également le fait que, jusqu'à présent, le baron s'était engagé à les rendre riches s'ils l'accompagnaient mais que la seule chose qu'il avait payé c'était des nuits dans des auberges minables et un tour dans la piscaille. Lorsque la conversation fut troublée par l'apparition des plats, Le Borgne entreprit le flamine novice chargé de servir les baigneurs. Il commença par lui demander s'il comptait étudier toute sa vie ou faire quelque chose d'utile et de viril comme aller voir les filles, par exemple. Le novice lui répondit qu'ayant déjà accompli son ambition de servir le culte de Jupiter, il n'avait pas besoin de plus. Le Borgne se moqua de lui, prenant tout le monde à témoin de l'impuissance supposée du jeune prêtre. Celui-ci demeura stoïque. L'Etranger le prit alors à l'écart et demanda au jeune homme de lui parler de sa Foi et du temple. Il attira habilement le flamine novice, qui disait s'appeler Benjamin, sur le terrain des trésors que gardait le temple. Il parla de la statue du Dieu conservée dans la Scella du temple en disant qu'elle était très ancienne et qu'elle accomplissait des miracles. L'Etranger voulant des preuves, Benjamin raconta qu'il y a vingt-cinq ans, lorsque le Maître des Ombres envahit les Essarts, le Flamine Convexe Artabano le Pieux, s'offrit en sacrifice et obtint l'intervention directe du Dieu en priant devant la statue. Jupiter fit alors pleuvoir la foudre sur les ennemis qui rebroussèrent chemin. D'après Benjamin, les gens avaient retenu que c'était l'intervention du général elfe Melynd qui avait sauvé la partie, mais qu'en fait, ils se trompaient. Le triomphe final du bien contre le mal était le résultat de l'intervention de Jupiter et du sacrifice d'Artabano le Pieux et pas celle d'un quelconque général Elfe. L'Etranger proposa à Benjamin de lui montrer cette si puissante relique, ce à quoi Benjamin répondit qu'elle n'était montrée que lors des processions et que personne n'y avait accès. L'Etranger fut déçu, insista mais le flamine mineur ne changea pas d'avis.
Pendant ce temps là, Le Borgne, Le Nain et Cylenzara continuaient à pointer les défauts des membres nobles du groupe qui les prenaient de haut ("ne te vexe pas, hein, le Nain" précisa Le Borgne). Le Moine s'enivrait et rêvait qu'à la place des trois pièces, il avait le droit de plonger dans un bassin de bière, un autre de vin et un troisième de liqueur. Quant à Cas, intrigué par le signe que lui avait fait le prêtre indistinct numéro 2, il sortit assez tôt du bain, se rhabilla et se posta sur l'esplanade pour observer les allées et venues.
La foule était déjà dense devant le temple. Sur les degrés du péristyle, des prédicateurs prononçaient d'incendiaires discours sur les méfaits de l'excès, sur le caractère sacré de la loi et sur la punition qui ne manquerait pas de s'abattre sur ceux qui la transgressaient. Des flamine quêteurs circulaient parmi les fidèles, secouant des sébiles où tintaient du billon de cuivre et des deniers d'argent. Cas ne fut guère surpris de voir Sara circuler, elle aussi, faisant la poche des passants. Il repéra également deux hommes costauds habillés en paysans qui se tenaient un peu à l'écart et semblaient également observer la scène. Dans la cohue qui conclut le prêche, Cas tenta de percuter l'un des deux guetteurs, mais l'homme n'eut aucune réaction et parvint à se dissimuler dans la foule qui repassait par l'entrée et se dirigeait vers le pont qui séparait le quartier du temple du reste de la ville. Cas ne tarda pas à perdre de vue ses deux cibles parmi les adorateurs qui chantaient des oraisons.
Lorsque l'esplanade retrouva son calme et que tous ceux qui étaient aux bains parurent, propres et détendus, à la surface, le baron prit à l'écart le Nain et Cylenzara. Il leur raconta ce que le Flamine Convexe avait obtenu du chevalier qu'il conduise la défense du temple. Le Baron avoua qu'il n'avait aucune envie de se battre sans issue de secours. Il chargea le Nain de trouver un passage secret. D'instinct, le Nain se dirigea du côté du bain, se disant que le réseau des sources souterraines fournirait probablement un bon terrain d'enquête géologique. Accompagné de son fidèle compagnon, il entreprit de sonder discrètement les murs. Pendant ce temps, le chevalier de Belgothen tentait d'évaluer la valeur combattive de ses troupes et la capacité du temple à être défendu. Le Borgne, s'apercevant que Sara ne se trouvait plus sur l'esplanade commença à demander à ses compagnons et aux prêtres s'ils avaient vu la jeune adolescente. Cas demanda alors au Flamine Convexe s'il connaissait le signe qu'on lui avait fait. Il mima avec précision le geste des deux mains au dessus de la poitrine, les pouces croisés et les doigts s'agitant pour imiter un battement d'ailes. "Le culte de la Wyve ... de la Wyve ... de la Wyverne" répondit, manifestement effrayé, le Flamine Convexe.