Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Ciné, télé, zik et bla bla persos (trolls, floodeurs et baskets interdits)
Avatar de l’utilisateur
Hermi
Pape
Messages : 654
Inscription : dim. oct. 31, 2010 10:27 am

Re: Invasion

Message par Hermi »

sherinford a écrit : lun. juin 15, 2026 8:27 am Dernière lecture:

Image

"Invasion", de Luke Rhinehart.

Ça fait plus de deux ans que j'ai lu “l’homme dé” de cet auteur, un livre qui m’avait marqué par son côté facétieux et iconoclaste. Et voilà que je tombe sur cet autre roman dont le quatrième de couverture m’accroche immédiatement. Le pitch? Des extraterrestres ayant la forme de boules de poils étranges apparaissent sur notre planète… Ca m’évoque immédiatement les épisodes de Star Trek avec les “tribbles”, également des boules de poils toutes mignonnes, avec un pouvoir de nuisance pourtant bien réel. Le roman de Luke Rhinehart est néanmoins d’une autre veine.

Billy Morton est un simple pêcheur qui vit avec sa femme et ses deux enfants du côté de Long Island. Un beau jour, ses ouvriers trouvent dans leur filet un poisson poilu de la taille et de la forme d’une balle de basket qu’ils rejettent à la mer, mais la créature saute illico sur le pont du bateau, et Billy est prévenu. Il ramène la créature chez lui, ce qui inquiète légèrement son épouse et ravit ses deux enfants qui jouent avec elle.

D’autres créatures du même genre apparaissent çà et là, ce qui finit par inquiéter les autorités, et Billy Morton va se retrouver bien malgré lui au centre d’une guerre qui oppose les autorités américaines et les “PP” (pour poissons poilus). Il apparaît clairement que ceux-ci sont supérieurement intelligents, qu’ils sont là surtout pour s’amuser, et qu’ils ont peu d’attrait pour les choses que les humains considèrent comme sérieuses, comme l’argent ou la sécurité nationale…

Vous l’aurez compris, ce roman est une charge pas très subtile contre toutes les absurdités du système mis en place par les humains en général et par les Etats unis d’Amérique en particulier. Il est sans doute un peu long pour son propos, mais reste largement recommandable malgré tout.
Moi ça me fait penser à Martiens go home ! de Frederick Brown publié dans les années 50. Là aussi, l'auteur, sur un ton humoristique, se sert d'une prétendue invasion des martiens pour critiquer certains aspects des États-Unis.
 
Avatar de l’utilisateur
sherinford
Dieu de sa console
Messages : 8476
Inscription : jeu. oct. 07, 2004 8:36 am
Localisation : Un petit chateau en Belgique

Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par sherinford »

le Zakhan Noir a écrit : ven. juin 19, 2026 4:50 pm moi juste en lisant ton pitch, ça me fait penser à la chanson de Michel Fugain  "il rentrait chez lui, là haut, dans le brouillaaaaaard, elle descendaiiiit dans le midi, le midiii!" 

C'est pas faux... Comme je suis sur de la littérature blanche ces derniers temps, et qu'en plus j'essaie de visiter plus d'auteurs belges, j'hésite toujours à poster mes comptes rendus ici... Mais bon, c'est la force de l'habitude.
"Si tu souffres à propos de quelque chose d'extérieur, ce n'est pas cette chose qui te trouble, mais ton jugement sur elle ; il dépend de toi de le faire disparaître." - Marc-Aurèle
Avatar de l’utilisateur
Erwan G
Envoyé de la Source
Messages : 18871
Inscription : lun. oct. 25, 2004 6:51 pm
Localisation : Grenoble

Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Erwan G »

Image

Nuits Appalaches
Chris Offut

Tucker, c’est un américain. Un dur. Un qui vient des Appalaches, qui a menti sur son âge pour pouvoir partir faire la guerre de Corée. Alors, quand il rentre chez lui et que, après avoir décidé de passer un certain temps à camper dans la nature sauvage, il tombe sur un vieil homme libidineux qui tente de violer sa nièce de presque 15 ans, il s’interpose et sauve la jeune fille. Et la séduit en même temps.

Comme il est en couple, qu’il est chez lui, dans la brousse américaine des Appalaches, et qu’il a gardé la voiture de l’oncle de sa femme, il décide de devenir contrebandier d’alcool. Mais voilà, la chance n’est pas au rendez-vous. Oh, pas sur ce que fait Tucke, hein ? C’est un dur, un appalachien avant même d’être un américain, ça donne idée de la perfection qu’il peut être. Non, la malchance, c’est dans la naissance de ses enfants qu’elle réside. Après une ainée plutôt réussie, il enchaine sur trois enfants difformes. Mais, Tucker, c’est toujours un dur, certes. Il n’en a pas moins un cœur et il ne veut pas que ses enfants soient placés. Alors, quand le représentant de l’Etat vient rendre visite à sa famille alors qu’il est en tournée, il finit par le retrouver sur un parking et lui fait la peau. Au couteau. Parce qu’il est comme ça, Tucker. Son boss lui propose alors un deal : tomber pour contrebande d’alcool, contre un échange de maison, le paiement d’un « salaire » à son épouse le temps de sa détention et une somme rondelette à la sortie. Ca évitera à Tucker tout risque d’être poursuivi pour le meurtre qu’il a commis. Alors, Tucker, la mort dans l’âme, il accepte. Mais la courte peine qu’il doit subir s’allonge, nécessairement, parce que le boss de Tucker a ses ennemis et que Tucker, c’est le genre de gars à tuer un homme avec une carte de crédit (si les cartes de crédit existaient à cette époque et en prison). Il est petit, ne maitrise pas les arts martiaux, mais à coté de Tucker, Steven Seagal, c’est un peu comme un chanteur de country obèse et en tongs.

Ouais, bon, c’est aussi une réalité.

Bref, j’ai lu Nuits Appalaches et, au final, je ne sais pas trop quoi en penser. Ca se lit vite, c’est plutôt bien écrit. Les thèmes abordés ne sont pas inintéressants. Malgré tout, les personnages sont assez inintéressants et les ficelles scénaristiques sont de la taille et de la longueur des filins qui servent à suspendre les ponts. Ouais, Tucker, il est tellement fort qu’il ne craint rien ni personne et qu’il réussit tout ce qu’il tente. Alors, certes, il perd un peu, mais gagne beaucoup en contrepartie.

Bref, pas mémorable, mais honnête. Surtout après avoir passé des semaines et des semaines à finir des livres de plus de 1.000 pages, lire ce livre (200 pages) en trois jours, c’est agréable. On est moins dépaysé que chez les nordiques, même si les stéréotypes (l’homme le plus fort et le plus malin du monde, le méchant qui est méchant plus par bêtise qu’autre chose) sont conservés.

Donc, un livre à lire si vous avez un trajet à faire et que vous l’avez sous la main dans la gare ou que vous voulez quelque chose de facile à lire et de viril. Bref, je ne le recommanderai pas, sans pour autant le jeter au feu. A noter qu’il a gagné un prix littéraire (surprise) et que c’est étonnant qu’aucun film n’en ait été tiré.
Va prophétiser ailleurs, c'est interdit dans le centre ville !
Avatar de l’utilisateur
Erwan G
Envoyé de la Source
Messages : 18871
Inscription : lun. oct. 25, 2004 6:51 pm
Localisation : Grenoble

Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Erwan G »

Image

LA MORT DU ROI TSONGOR
Laurent Gaudé

Continuant dans mon envie de lire des livres sans y passer trois ans, je me suis décidé à lire ce court livre (185 pages, de mémoire). En l’ouvrant, j’étais persuadé d’avoir fait un mauvais choix. D’abord, c’est écrit par un prix Goncourt, ce qui n’est jamais rassurant. Ensuite, c’est un livre qui est sensé se passer en Afrique mais écrit par un européen. Mince, moi qui espérais justement un livre africain en le prenant. Raté. Je me suis donc légitimement demandé comme ce livre a atterri dans ma bibliothèque.

Tsongor est le roi qui a conquis le monde. Parti d’un tout petit royaume, raillé par son père sur son lit de mort, Tsongor a décidé de construire le plus grand empire du monde. Il a alors mené des décennies de guerre pour soumettre tous les peuples autour de lui, ne s’arrêtant qu’après avoir atteint les limites du continent.

Alors, il a tenté de devenir un roi bâtisseur. Et ce roi est devenu père de quatre enfants, dont une fille qui est promise au roi d’un royaume voisin, riche et prospère, qui rejoindrait ainsi le royaume de Tsongor. Mais, la veille du mariage, arrive sur les collines qui entourent la ville, des troupes menées par un fils adoptif de Tsongor qui, avant de quitter la capitale pour gagner du prestige et de la gloire, a échangé avec la fille de Tsongor, une promesse de mariage.

Alors, à qui Tsongor doit-il marier sa fille ? Au prétendant à qui il l’a promise ou celui à qui elle s’est elle-même promise. Alors que la guerre frappe de nouveau à la porte du Royaume, Tsongor décide, finalement, de ne pas choisir, en mourant et en demandant aux deux prétendants de renoncer à la princesse. En même temps, il demande à son fils le plus jeune de parcourir le Royaume pour lui faire construire 7 tombeaux, avant de décider du tombeau où il sera enterré. En attendant, le Roi Tsongor est mort, mais il reste en lien avec le monde des vivants, à constater les conséquences de ses choix. Ou de ses non-choix.

Ce livre, prix Goncourt des lycéens (à croire que ce prix a plus de bon sens que le prix originel) m’a surpris très positivement. N’en attendant rien, je ne risquais pas d’être déçu, mais je ne m’attendais pas non plus à être autant emporté dans cette fable qui mène l’imaginaire à de réelles questions de transmission, de l’image du père, du prix que l’on est prêt à payer pour être celui que l’on prétend être. Bien écrit, rapide et facile à lire, beau comme un conte philosophique, la Mort du roi Tsongor est une vraie réussite, un beau livre, emprunt tout à la fois d’émotions, de réflexion et de poésie.

Je le conseille bien plus volontiers que le précédent, que ce soit pour le plaisir de la lecture en elle-même ou pour répondre à un besoin ou à une envie de lire un livre court, accessible et efficace, bien loin des nuits Appalaches…
Va prophétiser ailleurs, c'est interdit dans le centre ville !
Avatar de l’utilisateur
Inigin
Dieu des hakamas perdus
Messages : 14023
Inscription : dim. août 02, 2009 7:27 am
Localisation : à droite de Saint-Ex

Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Inigin »

Erwan G a écrit : ven. juin 19, 2026 6:02 pm Image

Nuits Appalaches
Chris Offut

Tucker, c’est un américain. Un dur. Un qui vient des Appalaches, qui a menti sur son âge pour pouvoir partir faire la guerre de Corée. Alors, quand il rentre chez lui et que, après avoir décidé de passer un certain temps à camper dans la nature sauvage, il tombe sur un vieil homme libidineux qui tente de violer sa nièce de presque 15 ans, il s’interpose et sauve la jeune fille. Et la séduit en même temps.

Comme il est en couple, qu’il est chez lui, dans la brousse américaine des Appalaches, et qu’il a gardé la voiture de l’oncle de sa femme, il décide de devenir contrebandier d’alcool. Mais voilà, la chance n’est pas au rendez-vous. Oh, pas sur ce que fait Tucke, hein ? C’est un dur, un appalachien avant même d’être un américain, ça donne idée de la perfection qu’il peut être. Non, la malchance, c’est dans la naissance de ses enfants qu’elle réside. Après une ainée plutôt réussie, il enchaine sur trois enfants difformes. Mais, Tucker, c’est toujours un dur, certes. Il n’en a pas moins un cœur et il ne veut pas que ses enfants soient placés. Alors, quand le représentant de l’Etat vient rendre visite à sa famille alors qu’il est en tournée, il finit par le retrouver sur un parking et lui fait la peau. Au couteau. Parce qu’il est comme ça, Tucker. Son boss lui propose alors un deal : tomber pour contrebande d’alcool, contre un échange de maison, le paiement d’un « salaire » à son épouse le temps de sa détention et une somme rondelette à la sortie. Ca évitera à Tucker tout risque d’être poursuivi pour le meurtre qu’il a commis. Alors, Tucker, la mort dans l’âme, il accepte. Mais la courte peine qu’il doit subir s’allonge, nécessairement, parce que le boss de Tucker a ses ennemis et que Tucker, c’est le genre de gars à tuer un homme avec une carte de crédit (si les cartes de crédit existaient à cette époque et en prison). Il est petit, ne maitrise pas les arts martiaux, mais à coté de Tucker, Steven Seagal, c’est un peu comme un chanteur de country obèse et en tongs.

Ouais, bon, c’est aussi une réalité.

Bref, j’ai lu Nuits Appalaches et, au final, je ne sais pas trop quoi en penser. Ca se lit vite, c’est plutôt bien écrit. Les thèmes abordés ne sont pas inintéressants. Malgré tout, les personnages sont assez inintéressants et les ficelles scénaristiques sont de la taille et de la longueur des filins qui servent à suspendre les ponts. Ouais, Tucker, il est tellement fort qu’il ne craint rien ni personne et qu’il réussit tout ce qu’il tente. Alors, certes, il perd un peu, mais gagne beaucoup en contrepartie.

Bref, pas mémorable, mais honnête. Surtout après avoir passé des semaines et des semaines à finir des livres de plus de 1.000 pages, lire ce livre (200 pages) en trois jours, c’est agréable. On est moins dépaysé que chez les nordiques, même si les stéréotypes (l’homme le plus fort et le plus malin du monde, le méchant qui est méchant plus par bêtise qu’autre chose) sont conservés.

Donc, un livre à lire si vous avez un trajet à faire et que vous l’avez sous la main dans la gare ou que vous voulez quelque chose de facile à lire et de viril. Bref, je ne le recommanderai pas, sans pour autant le jeter au feu. A noter qu’il a gagné un prix littéraire (surprise) et que c’est étonnant qu’aucun film n’en ait été tiré.

J'ai lu Kentucky Straight du même, et sans vraiment aimer je me dis que ça résume des tranches de vie crédibles. Du coup j'ai Sortis des bois à lire.
Barde biclassé secrétaire de la Voix de Rokugan

ImageImageImageImageImageImage
Répondre