[Oltrée!] Chroniques Batraciennes
- Javhovor
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Ouais, on progressait bien quand TOUT À COUP

- Sammael99
- Dieu des babines ruinées
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Revenus au campement non sans mal en raison des blessés, les deux groupes de Patrouilleurs se rejoignent et partagent leurs expériences. Démétrius serait presque jaloux de l'Epée qu'a retrouvé Kottarr, mais il est trop affaibli pour y dépenser trop d'énergie. Une fois les blessures pansées et les blessés confortablement installés, Sajjabi sort de sa poche la clé retrouvée sur la goule au fond des souterrains de l'Auberge et ouvre la boîte en métal qu'ils ont ramené à grand peine. A l'intérieur, il y trouve un livre sur lequel Cybèle s'empresse de mettre la main. Elle le feuillette puis explique qu'il s'agit d'un journal dont elle entreprend de lire à haute voix les passages pertinents :
"Troisième Jour de Haute Soldat
Cent-Unième Année après la Chute
Cette année marque un triste anniversaire: cela fait cent ans que l'Empereur s'est éteint, sa capitale en ruines, sans héritiers ni succession, l'armée Impériale sous la coupe de potentats locaux et la populace citadine trop contente de tourner le dos sur tout ce que l'Empire avait fait pour elle. Des régions jadis prospères sont tombées dans la misère ou la désolation, d'autres tentent d'imposer par les armes leur volonté sur leurs voisins.
La Patrouille a décidé de marquer ce lugubre centenaire à travers une série d'expéditions qui visent à sécuriser des informations clé sur la chute de l'Empire et le rôle du Roi-Sorcier, mais aussi sur la survivance éventuelle de ses adorateurs. Elle nous a envoyé dans l'ancienne Satrapie Vermillon où se trouve la cité de Sapience, autrefois centre de connaissances de renommée internationale. Son université continue d'attirer des étudiants des régions avoisinantes et nous avons bon espoir d'y trouver des informations utiles pour l'avenir de la Patrouille.
Nous savons toutefois qu'il nous faut nous méfier d'un certain Domino, Masquéreur renommé qui avait à l'époque de l'Empire un ascendant important sur la politique locale. De ses affaires, nous ne savons pas grand-chose sinon que lorsque la Patrouille – attirée dans la région par un monstre sanguinaire du nom d'Ignace – a commencé à s'intéresser à lui, il a promptement disparu. Qu'est-ce qui nous porterait à croire que Domino est toujours là? Rien de précis, sinon que ses pouvoirs de Masquéreur (discipline des Arcanes que la Patrouille connaît mal) lui permettent peut-être de déjouer la mort…
Notre unité est sous les ordres de Cnaeus Aulus, un des plus anciens patrouilleurs, et pour cause: il s'agit d'un Sidhe dont les origines se perdent dans la nuit des temps, mais dont l'amour de notre cause ne s'est jamais démenti depuis qu'il a rejoint nos rangs plusieurs générations avant ma naissance. Il connaissait déjà mon arrière grand-père, c'est dire. Cnaeus a décidé de scinder la troupe en deux lors de notre arrivée: le gros des hommes, sous ses ordres direct, s'est installé dans le Fortin au bord de la rivière Vermillion, à deux jours de marche à l'Est de Sapience. Moi et quelques hommes, sous couvert de construire une Auberge nous sommes installés dans un ancien corps de ferme. Nous sommes plus près de la Cité, et également à travers l'activité de l'Auberge plus susceptibles de collecter des rumeurs intéressantes à notre cause.
Je tiendrais ce journal pour documenter nos découvertes et laisser une trace que la Patrouille puisse exploiter s'il nous arrivait malheur.
*
Deuxième Jour de Basse Veilleur
Notre chef Cnaeus Aulus semble de plus en plus persuadé que Maître Domino (comme l'appellent les registres de la Cité) a bel et bien disparu il y a une centaine d'années. Nos investigations dans la ville et ses environs ne nous ont pour le moment pas apporté d'indications fiables sur les agissements du Roi-Sorcier dans la région. Les informations contenues dans nos propres registres (que nous avions compulsés avant notre départ) indiquant que la Patrouille avait éliminé le Monstre Ignace semblent confirmés par nos explorations des environs: le sud de la forêt des Milleverts est maintenant un désert aride et sans vie, probablement du fait du souffle empoisonné de la créature, et la ville d'Ebène semble avoir été rayée de la carte. Nous n'avons trouvé aucune trace de dragons, malgré les indications des anciens, mais d'après Cnaeus Aulus cela ne veut pas dire grand-chose: certains Dragons peuvent hiberner pendant des centaines d'années d'après lui.
A Sapience même, nous n'avons pas trouvé trace d'agissements directs du Roi-Sorcier, ce qui là encore ne signifie en rien qu'il n'y en ait pas eu. Par contre, la déchéance de la Bibliothèque de l'Université fait peine à voir. La ville n'a plus les moyens d'entretenir ce trésor comme il le faudrait, et même si nous y avons trouvé des ouvrages précieux, il y en a plus encore qui ont disparu ou sont dans un tel état de délabrement qu'on ne saurait les lire.
Bien que nous n'ayons pas été mal accueillis par les notables de Sapience, nous n'avons pas le sentiment d'être particulièrement bienvenus non plus. Comme beaucoup de Cités intégrées tardivement à l'Empire, Sapience s'est convaincu qu'elle prospérerait plus facilement en dehors de la civilisation Impériale malgré son évidente déliquescence.
En dehors de la Cité toutefois nous avons trouvé des alliés imprévus: au cœur des marais qui bordent la rivière Vermillon au Sud vit un peuple humain dont l'origine nous est inconnue, mais qui semble non seulement bien disposés à notre égard mais également content de pouvoir faire du troc pour s'armer et s'équiper. Pour notre part, nous leur achetons des plantes, du poisson et diverses denrées dont notre Alchimiste prétend qu'elles sont rares et précieuses. Ce peuple ne se nomme pas lui-même (ils s'appellent Les Hommes), nous avons donc décidé de les baptiser Batraciens.
*
Second Jour de Basse Dragon
Cent-Deuxième Année après la Chute
J'espère que les événements de cette journée ne sont pas le prélude d'une année sombre qui s'ouvre devant nous. Ce soir Flavius est revenu d'une expédition de troc avec les Batraciens, seul et à moitié fou. Ils étaient partis à quatre sur les barques plates que les Batraciens nous ont appris à manier et qui permettent une navigation facile dans les marais. Ils se dirigeaient vers le village d'Aligate où nous avons par le passé fait un fructueux commerce d'herbes médicinales et de poisson frais en échange d'outils de notre forge.
Flavius était en délire lorsque nous l'avons retrouvé en bordure des Marais. Il parlait du village comme d'un endroit dévasté, habité par des êtres simiesques, d'une ombre qui avait transformé ses hommes en créatures démoniaques, d'une créature volante dorée le poursuivant dans les marécages. Impossible de savoir quelle vérité il y a dans ses propos, mais Cnaeus Aulus est inquiet.
*
Quatrième Jour de Fuyante Dragon
Cnaeus Aulus a pris l'initiative d'envoyer une expédition de plus grande ampleur et bien préparée dans les marécages. Nous vivons depuis le retour de Flavius avec l'impression d'un danger à nos portes, ce qui géographiquement parlant n'est pas éloigné de la vérité. Nous sommes partis à 10 hommes, aussi armés que possible pour une expédition dans des marais. Cnaeus Aulus a pris notre direction.
Nous avons retrouvé le village d'Aligate, abandonné et dans un état de délabrement aussi intense qu'étrange: tout ce qui était à portée de mains ou accessible était saccagé, détruit, dévoré peut-être. Tout ce qui était stocké dans des contenants (boites en métal, tonneaux renforcés) était intact, comme si les assaillants du village n'avaient pas l'intelligence d'ouvrir une boîte. Il flottait dans le village, en plus de l'odeur puissante du marais lui-même une senteur âcre, un peu sucrée, celle de la chair pourrissante.
Nous sommes rentrés au soir sans avoir rencontré âme qui vive mais avec le sentiment constant d'avoir été surveillé. En concile ce soir nous n'avons pas su nous décider sur la marche à suivre. Les autres communautés Batraciennes, Crapelin et Ragonde sont bien plus profond dans les marais, et si nous nous y sommes rendus une ou deux fois, y aller en nombre pour assurer notre protection serait compliqué. Quand aux autres villages Batraciens, nous ne les connaissons que de nom et ne savons pas les trouver.
*
Troisième Jour de Haute Saltimbanque
Aujourd'hui un Batracien est arrivé au camp. Il était au bord de la mort, mais il a pu parler brièvement à Cnaeus Aulus avant de succomber. Notre ennemi a maintenant un nom: Gâvur. Ou peut-être est-ce 'Le Gavûr', nous ne savons pas. Ce que Cnaeus Aulus a pu comprendre, c'est que la créature en question vole, que quelque chose la retient dans les Marais, et que plusieurs villages Batraciens ont été dévastés par elle ou par ses serviteurs.
Les Batraciens ont semble-t'il établi un refuge à Serpentine, leur 'capitale' au centre des Marais. Apparemment, leur shaman maintient une protection qui empêche à Gavûr d'avancer sur eux, mais ils sont bloqués là, et peuvent tout juste survivre sur les ressources disponibles dans la ville. Ils demandent l'aide de la Patrouille. Je ne sais pas comment nous allons pouvoir les aider…
*
Cinquième Jour de Fuyante Saltimbanque
Aujourd'hui deux hommes ont disparu, alors qu'ils étaient en patrouille aux bords des Marais. Deux autres ont survécu. Ils ont parlé de créatures humanoïdes à la peau grise, et dégageant une odeur de charogne qui les ont attaqué. Une des victimes, qui n'avait été qu'éraflée par un de leurs ennemis a visiblement été paralysée: elle s'est fait dévorer vive par les dents pourries des assaillants. Je commence à me demander si nous n'avons pas affaire à des non-morts.
Cnaeus Aulus a laissé son second en charge du fortin pour aller explorer la bibliothèque de l'Université de Sapience et tenter d'y trouver des informations plus précises sur ce que nous devons affronter. Toutes nos autres missions sont mises en suspens tant que nous ne somme pas parvenus à débarrasser la région du Gavûr.
*
Second Jour de Basse Centaure
Il s'est passé quelque chose d'étrange dans mon Auberge. Le niveau du puits sous-terrain que nous avions découvert en nous installant (il datait de bien avant notre arrivée) a commencé à baisser dramatiquement depuis quelques jours. Aujourd'hui, il est complètement asséché. Accompagné de Labelia et de Filius, nous allons descendre au fond pour essayer de voir ce qui s'y passe: nous ne pouvons pas rester dans l'Auberge sans un accès facile à l'eau d'un puits."
Le petit groupe de patrouilleurs débat autour du feu de la marche à suivre. Certains arguent qu'avec deux blessés il ne serait tout simplement pas raisonnable d'explorer les sous-sols du Fortin et ce d'autant plus qu'ils en savent trop peu sur ce qui peut les y attendre. Démétrius quant à lui pense être suffisamment touché pour nécessiter des soins plus intensifs que ceux reçus jusqu'alors. Il suppose qu'une ville de la taille de Sapience doit avoir un Temple du Guérisseur, le dieu Impérial des médecins et des malades. Il est donc décidé que tous sauf Donatien qui ne se sent pas de voyager et préfère rester au fortin avec des suivants pour s'occuper de lui pendant sa convalescence.
Après deux jours de voyage sans encombre (Patrouille / RAS), la petite troupe arrive à Sapience. Sajjabi a laissé son loup dans un bois à quelques lieues de la ville pour éviter que les fermiers qui nourrissent la cité ne lancent une battue en voyant ce gigantesque loup traîner près de chez eux. Les patrouilleurs arrivent à la ville en début d'après-midi, sous une pluie glacée qui rappelle que l'hiver n'est pas terminé depuis si longtemps. Ils sont à cours de ressources, mais ils ont en poche les diverses pièces, bijoux et objets de valeur retrouvés lors de l'exploration de la tombe de Graccus et des sous-sols de l'auberge des anciens patrouilleurs.
La ville est en bon état de conservation, même si les bâtiments datant de l'époque Impériale sont rares et visiblement défraîchis. La plupart des maisons toutefois sont plus récentes, et plus rudimentaires dans leur construction. Les remparts de la ville semblent eux avoir disparus même si certaines maisons récentes sont adossées à ce qu'il en reste. La route que les patrouilleurs ont suivi le long de la rivière est maintenant pavée, et passe sous ce qui a du être une Grande Porte. Aujourd'hui, seule l'arche de pierre blanche subsiste: il n'y a plus ni porte ni remparts autour.
Les patrouilleurs demandent à un passant où se trouve la Bibliothèque. On leur indique la direction, vers le centre de la ville. Les rues sont bordées d'échoppes ou d'étals, mais à part un coup d'œil jeté par Cybèle à des instruments de musique, ils vont rapidement à la Bibliothèque bâtiment imposant et comparativement bien conservé qui ouvre sur l'Université, une série de bâtiments Impériaux qui constitue presque une ville dans la ville.
Les patrouilleurs entrent par l'entrée principale où se tiennent les gardes, et sont lorsqu'on apprend qu'ils sont patrouilleurs, on les présente à Lucius, le doyen de l'Université (qui semble plutôt jeune pour un doyen). La conversation est cordiale. Lucius semble fasciné par le fait que la Patrouille ait décidé de revenir à Sapience, et leur propose son aide pour leurs recherches. Cybèle teste ses connaissances en glissant quelques références à des ouvrages d'Archéologie pointus, et s'il admet ne pas les avoir lus, il reconnaît les références: à défaut d'être omniscient, il semble au moins être un bon Bibliothécaire. Il explique d'ailleurs aux personnages que si ses attributions mettent la Bibliothèque sous son autorité, il a d'autres responsabilités liées à l'Université, véritable poumon économique de la Cité.
Démétrius explique à Lucius qu'ils recherchent des traces d'une visite de Cnaeus Aulus, chef de la Patrouille il y a plus de deux-cent ans, et idéalement qu'ils souhaiteraient connaître les ouvrages qu'il a compulsé. Lucius leur explique que normalement tous les registres de consultation sont conservés, et que si le temps ne les a pas détériorés, ils devraient pouvoir trouver ce qu'ils cherchent. Il met une petite pièce à leur disposition. Kottarr qui s'est mis en tête d'en apprendre plus sur les Masquéreurs demande également des ouvrages sur ce sujet. Lucius s'étonne un peu de son intérêt pour le folklore local, mais précise que ce sera fait. Enfin, le doyen leur propose le soir venu de visiter avec lui la Bibliothèque, ce que les patrouilleurs acceptent avec empressement.
Un documentaliste apporte dans une sorte de brouette une série d'énormes registres qui couvrent une dizaine d'années aux environs des dates indiquées dans le journal de l'aubergiste. Il amène également quatre ou cinq ouvrages de folklore local où figurent des Masquéreurs. Cybèle se met au travail sur les registres, lisant systématiquement les pages pour ne rater aucune référence à Cnaeus Aulus. Sajjabi qui s'ennuie déjà ouvre un des registres au hasard. Il jette un œil sur une page puis dit: "c'est pas écrit Cnaeus Aulus, là?" (Carte Exaltation). En effet, l'ancien chef de la patrouille y est référencé. Très enthousiasmée, Cybèle note tous les ouvrages qu'il a compulsés sur un parchemin et les demande au documentaliste.
Pendant ce temps, Démétrius lit les livres sur le folklore local: ils sont en Citadin ou en Impérial, deux langues que Kottarr ne lit pas. Il apprend que les Masquéreurs sont des sortes de mages qui savent capturer l'essence d'un animal pour l'enfermer dans un masque. Ce masque permet alors de prendre la forme de l'animal lorsqu'on le porte. Il trouve également des références à certains masques plus conceptuels qui emprisonneraient l'essence d'une profession ou d'un trait de caractère, le conférant au porteur. Enfin, il trouve quelques histoires où figure un Maître Domino, sorte de sage un peu moqueur qui utilise ses pouvoirs pour donner des leçons aux gens.
Le documentaliste rapporte la liste d'ouvrages demandés par Cybèle, mais lui précise qu'il en manque un qu'il n'a pas pu localiser: 'L'Encyclopédie des Non-Morts' du Professeur Necrosius. Compulsant les ouvrages, Cybèle comprend vite qu'il s'agit là de l'ouvrage clé de la recherche: Cnaeus Aulus, en déduit-elle, a commencé par étudier de manière large les symptômes et autres signes de leur assaillant, pour éliminer les options médicales avant d'arriver dans la dernière phase de ses recherches à étudier les non-morts. L'Encyclopédie est le dernier ouvrage qu'il ait demandé…
"Troisième Jour de Haute Soldat
Cent-Unième Année après la Chute
Cette année marque un triste anniversaire: cela fait cent ans que l'Empereur s'est éteint, sa capitale en ruines, sans héritiers ni succession, l'armée Impériale sous la coupe de potentats locaux et la populace citadine trop contente de tourner le dos sur tout ce que l'Empire avait fait pour elle. Des régions jadis prospères sont tombées dans la misère ou la désolation, d'autres tentent d'imposer par les armes leur volonté sur leurs voisins.
La Patrouille a décidé de marquer ce lugubre centenaire à travers une série d'expéditions qui visent à sécuriser des informations clé sur la chute de l'Empire et le rôle du Roi-Sorcier, mais aussi sur la survivance éventuelle de ses adorateurs. Elle nous a envoyé dans l'ancienne Satrapie Vermillon où se trouve la cité de Sapience, autrefois centre de connaissances de renommée internationale. Son université continue d'attirer des étudiants des régions avoisinantes et nous avons bon espoir d'y trouver des informations utiles pour l'avenir de la Patrouille.
Nous savons toutefois qu'il nous faut nous méfier d'un certain Domino, Masquéreur renommé qui avait à l'époque de l'Empire un ascendant important sur la politique locale. De ses affaires, nous ne savons pas grand-chose sinon que lorsque la Patrouille – attirée dans la région par un monstre sanguinaire du nom d'Ignace – a commencé à s'intéresser à lui, il a promptement disparu. Qu'est-ce qui nous porterait à croire que Domino est toujours là? Rien de précis, sinon que ses pouvoirs de Masquéreur (discipline des Arcanes que la Patrouille connaît mal) lui permettent peut-être de déjouer la mort…
Notre unité est sous les ordres de Cnaeus Aulus, un des plus anciens patrouilleurs, et pour cause: il s'agit d'un Sidhe dont les origines se perdent dans la nuit des temps, mais dont l'amour de notre cause ne s'est jamais démenti depuis qu'il a rejoint nos rangs plusieurs générations avant ma naissance. Il connaissait déjà mon arrière grand-père, c'est dire. Cnaeus a décidé de scinder la troupe en deux lors de notre arrivée: le gros des hommes, sous ses ordres direct, s'est installé dans le Fortin au bord de la rivière Vermillion, à deux jours de marche à l'Est de Sapience. Moi et quelques hommes, sous couvert de construire une Auberge nous sommes installés dans un ancien corps de ferme. Nous sommes plus près de la Cité, et également à travers l'activité de l'Auberge plus susceptibles de collecter des rumeurs intéressantes à notre cause.
Je tiendrais ce journal pour documenter nos découvertes et laisser une trace que la Patrouille puisse exploiter s'il nous arrivait malheur.
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Deuxième Jour de Basse Veilleur
Notre chef Cnaeus Aulus semble de plus en plus persuadé que Maître Domino (comme l'appellent les registres de la Cité) a bel et bien disparu il y a une centaine d'années. Nos investigations dans la ville et ses environs ne nous ont pour le moment pas apporté d'indications fiables sur les agissements du Roi-Sorcier dans la région. Les informations contenues dans nos propres registres (que nous avions compulsés avant notre départ) indiquant que la Patrouille avait éliminé le Monstre Ignace semblent confirmés par nos explorations des environs: le sud de la forêt des Milleverts est maintenant un désert aride et sans vie, probablement du fait du souffle empoisonné de la créature, et la ville d'Ebène semble avoir été rayée de la carte. Nous n'avons trouvé aucune trace de dragons, malgré les indications des anciens, mais d'après Cnaeus Aulus cela ne veut pas dire grand-chose: certains Dragons peuvent hiberner pendant des centaines d'années d'après lui.
A Sapience même, nous n'avons pas trouvé trace d'agissements directs du Roi-Sorcier, ce qui là encore ne signifie en rien qu'il n'y en ait pas eu. Par contre, la déchéance de la Bibliothèque de l'Université fait peine à voir. La ville n'a plus les moyens d'entretenir ce trésor comme il le faudrait, et même si nous y avons trouvé des ouvrages précieux, il y en a plus encore qui ont disparu ou sont dans un tel état de délabrement qu'on ne saurait les lire.
Bien que nous n'ayons pas été mal accueillis par les notables de Sapience, nous n'avons pas le sentiment d'être particulièrement bienvenus non plus. Comme beaucoup de Cités intégrées tardivement à l'Empire, Sapience s'est convaincu qu'elle prospérerait plus facilement en dehors de la civilisation Impériale malgré son évidente déliquescence.
En dehors de la Cité toutefois nous avons trouvé des alliés imprévus: au cœur des marais qui bordent la rivière Vermillon au Sud vit un peuple humain dont l'origine nous est inconnue, mais qui semble non seulement bien disposés à notre égard mais également content de pouvoir faire du troc pour s'armer et s'équiper. Pour notre part, nous leur achetons des plantes, du poisson et diverses denrées dont notre Alchimiste prétend qu'elles sont rares et précieuses. Ce peuple ne se nomme pas lui-même (ils s'appellent Les Hommes), nous avons donc décidé de les baptiser Batraciens.
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Second Jour de Basse Dragon
Cent-Deuxième Année après la Chute
J'espère que les événements de cette journée ne sont pas le prélude d'une année sombre qui s'ouvre devant nous. Ce soir Flavius est revenu d'une expédition de troc avec les Batraciens, seul et à moitié fou. Ils étaient partis à quatre sur les barques plates que les Batraciens nous ont appris à manier et qui permettent une navigation facile dans les marais. Ils se dirigeaient vers le village d'Aligate où nous avons par le passé fait un fructueux commerce d'herbes médicinales et de poisson frais en échange d'outils de notre forge.
Flavius était en délire lorsque nous l'avons retrouvé en bordure des Marais. Il parlait du village comme d'un endroit dévasté, habité par des êtres simiesques, d'une ombre qui avait transformé ses hommes en créatures démoniaques, d'une créature volante dorée le poursuivant dans les marécages. Impossible de savoir quelle vérité il y a dans ses propos, mais Cnaeus Aulus est inquiet.
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Quatrième Jour de Fuyante Dragon
Cnaeus Aulus a pris l'initiative d'envoyer une expédition de plus grande ampleur et bien préparée dans les marécages. Nous vivons depuis le retour de Flavius avec l'impression d'un danger à nos portes, ce qui géographiquement parlant n'est pas éloigné de la vérité. Nous sommes partis à 10 hommes, aussi armés que possible pour une expédition dans des marais. Cnaeus Aulus a pris notre direction.
Nous avons retrouvé le village d'Aligate, abandonné et dans un état de délabrement aussi intense qu'étrange: tout ce qui était à portée de mains ou accessible était saccagé, détruit, dévoré peut-être. Tout ce qui était stocké dans des contenants (boites en métal, tonneaux renforcés) était intact, comme si les assaillants du village n'avaient pas l'intelligence d'ouvrir une boîte. Il flottait dans le village, en plus de l'odeur puissante du marais lui-même une senteur âcre, un peu sucrée, celle de la chair pourrissante.
Nous sommes rentrés au soir sans avoir rencontré âme qui vive mais avec le sentiment constant d'avoir été surveillé. En concile ce soir nous n'avons pas su nous décider sur la marche à suivre. Les autres communautés Batraciennes, Crapelin et Ragonde sont bien plus profond dans les marais, et si nous nous y sommes rendus une ou deux fois, y aller en nombre pour assurer notre protection serait compliqué. Quand aux autres villages Batraciens, nous ne les connaissons que de nom et ne savons pas les trouver.
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Troisième Jour de Haute Saltimbanque
Aujourd'hui un Batracien est arrivé au camp. Il était au bord de la mort, mais il a pu parler brièvement à Cnaeus Aulus avant de succomber. Notre ennemi a maintenant un nom: Gâvur. Ou peut-être est-ce 'Le Gavûr', nous ne savons pas. Ce que Cnaeus Aulus a pu comprendre, c'est que la créature en question vole, que quelque chose la retient dans les Marais, et que plusieurs villages Batraciens ont été dévastés par elle ou par ses serviteurs.
Les Batraciens ont semble-t'il établi un refuge à Serpentine, leur 'capitale' au centre des Marais. Apparemment, leur shaman maintient une protection qui empêche à Gavûr d'avancer sur eux, mais ils sont bloqués là, et peuvent tout juste survivre sur les ressources disponibles dans la ville. Ils demandent l'aide de la Patrouille. Je ne sais pas comment nous allons pouvoir les aider…
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Cinquième Jour de Fuyante Saltimbanque
Aujourd'hui deux hommes ont disparu, alors qu'ils étaient en patrouille aux bords des Marais. Deux autres ont survécu. Ils ont parlé de créatures humanoïdes à la peau grise, et dégageant une odeur de charogne qui les ont attaqué. Une des victimes, qui n'avait été qu'éraflée par un de leurs ennemis a visiblement été paralysée: elle s'est fait dévorer vive par les dents pourries des assaillants. Je commence à me demander si nous n'avons pas affaire à des non-morts.
Cnaeus Aulus a laissé son second en charge du fortin pour aller explorer la bibliothèque de l'Université de Sapience et tenter d'y trouver des informations plus précises sur ce que nous devons affronter. Toutes nos autres missions sont mises en suspens tant que nous ne somme pas parvenus à débarrasser la région du Gavûr.
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Second Jour de Basse Centaure
Il s'est passé quelque chose d'étrange dans mon Auberge. Le niveau du puits sous-terrain que nous avions découvert en nous installant (il datait de bien avant notre arrivée) a commencé à baisser dramatiquement depuis quelques jours. Aujourd'hui, il est complètement asséché. Accompagné de Labelia et de Filius, nous allons descendre au fond pour essayer de voir ce qui s'y passe: nous ne pouvons pas rester dans l'Auberge sans un accès facile à l'eau d'un puits."
Le petit groupe de patrouilleurs débat autour du feu de la marche à suivre. Certains arguent qu'avec deux blessés il ne serait tout simplement pas raisonnable d'explorer les sous-sols du Fortin et ce d'autant plus qu'ils en savent trop peu sur ce qui peut les y attendre. Démétrius quant à lui pense être suffisamment touché pour nécessiter des soins plus intensifs que ceux reçus jusqu'alors. Il suppose qu'une ville de la taille de Sapience doit avoir un Temple du Guérisseur, le dieu Impérial des médecins et des malades. Il est donc décidé que tous sauf Donatien qui ne se sent pas de voyager et préfère rester au fortin avec des suivants pour s'occuper de lui pendant sa convalescence.
Après deux jours de voyage sans encombre (Patrouille / RAS), la petite troupe arrive à Sapience. Sajjabi a laissé son loup dans un bois à quelques lieues de la ville pour éviter que les fermiers qui nourrissent la cité ne lancent une battue en voyant ce gigantesque loup traîner près de chez eux. Les patrouilleurs arrivent à la ville en début d'après-midi, sous une pluie glacée qui rappelle que l'hiver n'est pas terminé depuis si longtemps. Ils sont à cours de ressources, mais ils ont en poche les diverses pièces, bijoux et objets de valeur retrouvés lors de l'exploration de la tombe de Graccus et des sous-sols de l'auberge des anciens patrouilleurs.
La ville est en bon état de conservation, même si les bâtiments datant de l'époque Impériale sont rares et visiblement défraîchis. La plupart des maisons toutefois sont plus récentes, et plus rudimentaires dans leur construction. Les remparts de la ville semblent eux avoir disparus même si certaines maisons récentes sont adossées à ce qu'il en reste. La route que les patrouilleurs ont suivi le long de la rivière est maintenant pavée, et passe sous ce qui a du être une Grande Porte. Aujourd'hui, seule l'arche de pierre blanche subsiste: il n'y a plus ni porte ni remparts autour.
Les patrouilleurs demandent à un passant où se trouve la Bibliothèque. On leur indique la direction, vers le centre de la ville. Les rues sont bordées d'échoppes ou d'étals, mais à part un coup d'œil jeté par Cybèle à des instruments de musique, ils vont rapidement à la Bibliothèque bâtiment imposant et comparativement bien conservé qui ouvre sur l'Université, une série de bâtiments Impériaux qui constitue presque une ville dans la ville.
Les patrouilleurs entrent par l'entrée principale où se tiennent les gardes, et sont lorsqu'on apprend qu'ils sont patrouilleurs, on les présente à Lucius, le doyen de l'Université (qui semble plutôt jeune pour un doyen). La conversation est cordiale. Lucius semble fasciné par le fait que la Patrouille ait décidé de revenir à Sapience, et leur propose son aide pour leurs recherches. Cybèle teste ses connaissances en glissant quelques références à des ouvrages d'Archéologie pointus, et s'il admet ne pas les avoir lus, il reconnaît les références: à défaut d'être omniscient, il semble au moins être un bon Bibliothécaire. Il explique d'ailleurs aux personnages que si ses attributions mettent la Bibliothèque sous son autorité, il a d'autres responsabilités liées à l'Université, véritable poumon économique de la Cité.
Démétrius explique à Lucius qu'ils recherchent des traces d'une visite de Cnaeus Aulus, chef de la Patrouille il y a plus de deux-cent ans, et idéalement qu'ils souhaiteraient connaître les ouvrages qu'il a compulsé. Lucius leur explique que normalement tous les registres de consultation sont conservés, et que si le temps ne les a pas détériorés, ils devraient pouvoir trouver ce qu'ils cherchent. Il met une petite pièce à leur disposition. Kottarr qui s'est mis en tête d'en apprendre plus sur les Masquéreurs demande également des ouvrages sur ce sujet. Lucius s'étonne un peu de son intérêt pour le folklore local, mais précise que ce sera fait. Enfin, le doyen leur propose le soir venu de visiter avec lui la Bibliothèque, ce que les patrouilleurs acceptent avec empressement.
Un documentaliste apporte dans une sorte de brouette une série d'énormes registres qui couvrent une dizaine d'années aux environs des dates indiquées dans le journal de l'aubergiste. Il amène également quatre ou cinq ouvrages de folklore local où figurent des Masquéreurs. Cybèle se met au travail sur les registres, lisant systématiquement les pages pour ne rater aucune référence à Cnaeus Aulus. Sajjabi qui s'ennuie déjà ouvre un des registres au hasard. Il jette un œil sur une page puis dit: "c'est pas écrit Cnaeus Aulus, là?" (Carte Exaltation). En effet, l'ancien chef de la patrouille y est référencé. Très enthousiasmée, Cybèle note tous les ouvrages qu'il a compulsés sur un parchemin et les demande au documentaliste.
Pendant ce temps, Démétrius lit les livres sur le folklore local: ils sont en Citadin ou en Impérial, deux langues que Kottarr ne lit pas. Il apprend que les Masquéreurs sont des sortes de mages qui savent capturer l'essence d'un animal pour l'enfermer dans un masque. Ce masque permet alors de prendre la forme de l'animal lorsqu'on le porte. Il trouve également des références à certains masques plus conceptuels qui emprisonneraient l'essence d'une profession ou d'un trait de caractère, le conférant au porteur. Enfin, il trouve quelques histoires où figure un Maître Domino, sorte de sage un peu moqueur qui utilise ses pouvoirs pour donner des leçons aux gens.
Le documentaliste rapporte la liste d'ouvrages demandés par Cybèle, mais lui précise qu'il en manque un qu'il n'a pas pu localiser: 'L'Encyclopédie des Non-Morts' du Professeur Necrosius. Compulsant les ouvrages, Cybèle comprend vite qu'il s'agit là de l'ouvrage clé de la recherche: Cnaeus Aulus, en déduit-elle, a commencé par étudier de manière large les symptômes et autres signes de leur assaillant, pour éliminer les options médicales avant d'arriver dans la dernière phase de ses recherches à étudier les non-morts. L'Encyclopédie est le dernier ouvrage qu'il ait demandé…
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Comme promis, à la fin de la journée Lucius passe voir les patrouilleurs pour leur proposer une visite de la Bibliothèque. Cybèle en profite pour lui glisser qu’un des ouvrages qu’ils voulaient consulter ne leur a pas été livré. Lucius répond qu’ils pourront visiter la section où l’ouvrage doit se trouver pour mettre la main dessus.
La Bibliothèque est impressionnante : jamais les patrouilleurs n’ont vu autant d’ouvrages réunis en un seul lieu. Seul Sajjabi semble peu affecté par les lieux. Il s’ennuie même visiblement, ou peut-être est-ce la séparation d’avec son warg qui l’affecte. Enfin, Lucius mène ses visiteurs à la section ésotérisme où, précise-t’il, se trouvent les ouvrages sur les créatures merveilleuses, mais aussi sur les non-morts.
La pièce est petite et poussiéreuse, mais les livres semblent y être en bon état. Cybèle repère d’ailleurs quelques titres dont elle a entendu parler mais n’a jamais vu un exemplaire. Par contre, comme il fallait s’y attendre, « L’Encyclopédie des Non-Morts » n’est pas à l’emplacement où elle devrait se trouver. Cybèle inspecte l’étagère et les ouvrages avoisinants, et une fine feuille de papier tombe de l’étagère. On y voit des notes prises au fusain sur l’écologie des squelettes animées et leurs particularités morphologiques. Sans doute un oubli d’une recherche précédente. Par contre, les notes ont bien été prises en lisant l’Encyclopédie, c’est précisé en haut de la page.
Lucius est visiblement contrarié de l’absence du livre, et indique aux patrouilleurs qu’il va aller chercher Barbel, le curateur en charge de cette section de la Bibliothèque. Pendant qu’il est partir, Cybèle met la main sur l’étagère où est censé se trouver le livre et marmonne quelques paroles mystiques. Au bout de quelques instants, une bouche apparaît sur le flanc de l’étagère. Cybèle s’adresse – semble-t’il – à l’étagère elle-même.
- « Est-ce bien ici que l’ouvrage l’Encyclopédie des Non-Morts se trouvait ? »
- « Oui, c’est bien ici » répond la bouche d’une voix de bois.
- « Depuis combien de cycles diurnes a-t’elle disparu ? » demande alors la magicienne.
- « Environ une centaine » répond la bouche après un instant.
- « Qui est la dernière personne à l’avoir pris ? »
- « Un humain de petite taille, à la peau mate, barbu et aux cheveux poivre et sel. »
- « Merci ! »
La bouche ne répond pas… elle a disparu.
- « Cycles diurnes… » rouspète Sajjabi… « Elle pourrait pas parler comme tout le monde, non ? »
- « Hrm. Une étagère en bois ne sait pas ce qu’est une semaine ou un mois, à mon avis. ‘Cycle diurne’ c’est quelque chose qu’elle peut sans doute percevoir… » répond Kottarr.
- « Pfff… »
Lucius revient accompagné d’un homme entre deux âges, assez grand et maigre. Il a les cheveux d’un blond délavé. Lucius lui demande où se trouve l’Encyclopédie, expliquant d’un ton sec que lorsque d’illustres visiteurs de la Patrouille viennent se documenter pour résoudre un problème et aider la populace de la région, ils s’attendent à trouver l’ouvrage ou au moins à savoir quand ils pourront le compulser. « Or », précise-t’il, « il n’est évidemment pas sur les étagères et pourtant le registre n’indique pas qu’il ait été emprunté. »
Démétrius distingue nettement un éclair d’inquiétude qui passe sur le visage du dénommé Barbel. « Il doit être à la restauration, j’aurais oublié de l’indiquer dans le registre, je m’en excuse. Si ces messieurs dames veulent bien revenir demain, je leur montrerais l’ouvrage, même s’il est peut-être en mauvais état… »
Sur ces entrefaites, Lucius raccompagne les patrouilleurs à la sortie de la Bibliothèque, en s’excusant encore de n’avoir pu les aider jusqu’au bout. Cybèle le remercie pour son aide.
Une fois sortis, Démétrius indique aux autres qu’il ne fait absolument pas confiance à Barbel et qu’il est convaincu qu’il y a anguille sous roche. Sajjabi est du même avis et propose de se poster dans la rue pour voir Barbel sortir et le suivre. « Si jamais il fait quelque chose de louche, on le saura. Et puis dans tous les cas il faut en apprendre plus sur lui. »
Démétrius quant à lui indique aux patrouilleurs qu’il souhaite se rendre au Temple du Guérisseur pour voir si dévotions et prières l’aident à retrouver plus rapidement sa santé. Il trouve assez rapidement le Temple, qui semble moins délabré que le quartier qu’il avoisine. Démétrius arrive au milieu d’un office et s’assied poliment sur un banc à l’arrière de l’assemblée en attendant qu’il soit terminé, puis il s’approche d’un prêtre qui se présente comme Frère Alphedius. Démétrius lui montre sa blessure et lui explique qu’étant patrouilleur, il lui est difficile de faire son métier dans ces conditions.
Alphédius l’examine, puis lui indique que la gravité de sa blessure et les séquelles sont tels que lui-même n’est pas suffisamment dévot pour la guérir complètement. « Le Guérisseur nous accorde des dons en fonction de notre dévouement à sa cause, et aussi de notre expérience » précise-t’il. Il peut néanmoins faire en sorte que la blessure cicatrise mieux, plus vite et sans séquelles. Mais il faut faire un don au Temple à la hauteur de l’effort consenti par le Dieu Guérisseur. Démétrius hésite à négocier, mais décide de faire jouer son appartenance à la patrouille.
- « J’imagine qu’il doit arriver que le Temple fasse face à des problèmes, que ce soit des dangers qui le menacent ou des obstacles dans l’exercice de son sacerdoce ? »
- « Cela peut arriver, je suppose », répond Alphédius. « Où voulez-vous en venir ? »
- « Si je m’engage, et la Patrouille avec moi, à vous venir en aide lorsque vous en aurez besoin, y aurait-il moyen de me soigner… pour ainsi dire à l’œil ? »
- « Sans contreparties, cela me semble difficile, nous devons faire vivre le temple et surtout nos œuvres qui visent à apporter des soins au plus démunis, ceux qui n’ont pour toute richesse que leur dévotion. Mais je pense pouvoir tenir compte de votre promesse pour réduire les frais. »
Ainsi dit, ainsi fait. Alphédius et Démétrius pénétrent dans une petite salle adjacente au Temple. Il y a visiblement des thermes non loin puisque de l’eau chaude coule dans un bassin au milieu de la pièce. Tout autour du bassin, des gravures et des statues du Guérisseur et de ses Saints consacrent le lieu. Démétrius se baigne dans l’eau brûlante et Alphédius applique des onguents sacrés sur ses blessures tout en priant à haute voix. Il encourage Démétrius à répéter certaines formules rituelles. Cela dure une bonne heure, et puis finalement Alphédius bande la blessure d’une gaze bénite. Démétrius quitte le temple revigoré pour se rendre à l’auberge ou Kottarr et Cybèle ont déjà pris leurs quartiers.
Pendant ce temps, Sajjabi attend devant la bibliothèque que Barbel en sorte. Il finit par voir le petit homme qui quitte les lieux d’un air fuyant. Bien qu’il soit visiblement très méfiant, Sajjabi parvient sans encombre à suivre l’homme à distance sans être repéré. Il se dirige vers un quartier assez délabré de la ville : ça et là on voit des maisons abandonnées, et celles qui tiennent encore sont visiblement faites de pierres éparses, sans doute pour parties d’anciennes demeures datant de l’Empire. Barbel finit par entrer dans une petite échoppe. Sajjabi se cache dans l’ombre et regarde la façade pour essayer d’y trouver un signe. Il n’y a pas de vitrine, et pas de fenêtre au rez-de-chaussée. Il y a bien une enseigne à demi-effacée, mais elle est écrite dans une langue de Sajjabi ne sait pas lire et ne reconnaît pas. Sajjabi grimpe discrètement le long de la façade pour aller regarder par la fenêtre du premier étage. La pièce à l’intérieur n’est pas éclairée, et la fenêtre est fermée de l’intérieur, aucun moyen de rentrer sans faire beaucoup de bruit. Finalement, il se résigne à attendre dans l’ombre.
Après une grosse demi-heure d’attente, Barbel ressort de l’échoppe. Il semble toujours un peu méfiant, mais moins que précédemment, comme s’il était soulagé. Il porte un gros paquet sous le bras. Sajjabi s’engage à sa poursuite, et se rapproche en silence. Finalement, au détour d’une allée ombre, alors que personne ne semble pouvoir les voir, le Chevaucheur sort son poignard et d’un geste rapide, il se glisse derrière le curateur de la bibliothèque, lui plaque une main sur la bouche et lui tranche la gorge de l’autre.
Le corps de Barbel tombe lourdement au sol, sans un bruit.
Sajjabi se saisit rapidement du sac que portait sa victime, vérifie qu’il contient bien un livre. Il s'inspecte pour s'assurer qu'il n’a pas de sang sur lui, et s’en va rejoindre ses compagnons à l’Auberge du Porc-Epic.
La Bibliothèque est impressionnante : jamais les patrouilleurs n’ont vu autant d’ouvrages réunis en un seul lieu. Seul Sajjabi semble peu affecté par les lieux. Il s’ennuie même visiblement, ou peut-être est-ce la séparation d’avec son warg qui l’affecte. Enfin, Lucius mène ses visiteurs à la section ésotérisme où, précise-t’il, se trouvent les ouvrages sur les créatures merveilleuses, mais aussi sur les non-morts.
La pièce est petite et poussiéreuse, mais les livres semblent y être en bon état. Cybèle repère d’ailleurs quelques titres dont elle a entendu parler mais n’a jamais vu un exemplaire. Par contre, comme il fallait s’y attendre, « L’Encyclopédie des Non-Morts » n’est pas à l’emplacement où elle devrait se trouver. Cybèle inspecte l’étagère et les ouvrages avoisinants, et une fine feuille de papier tombe de l’étagère. On y voit des notes prises au fusain sur l’écologie des squelettes animées et leurs particularités morphologiques. Sans doute un oubli d’une recherche précédente. Par contre, les notes ont bien été prises en lisant l’Encyclopédie, c’est précisé en haut de la page.
Lucius est visiblement contrarié de l’absence du livre, et indique aux patrouilleurs qu’il va aller chercher Barbel, le curateur en charge de cette section de la Bibliothèque. Pendant qu’il est partir, Cybèle met la main sur l’étagère où est censé se trouver le livre et marmonne quelques paroles mystiques. Au bout de quelques instants, une bouche apparaît sur le flanc de l’étagère. Cybèle s’adresse – semble-t’il – à l’étagère elle-même.
- « Est-ce bien ici que l’ouvrage l’Encyclopédie des Non-Morts se trouvait ? »
- « Oui, c’est bien ici » répond la bouche d’une voix de bois.
- « Depuis combien de cycles diurnes a-t’elle disparu ? » demande alors la magicienne.
- « Environ une centaine » répond la bouche après un instant.
- « Qui est la dernière personne à l’avoir pris ? »
- « Un humain de petite taille, à la peau mate, barbu et aux cheveux poivre et sel. »
- « Merci ! »
La bouche ne répond pas… elle a disparu.
- « Cycles diurnes… » rouspète Sajjabi… « Elle pourrait pas parler comme tout le monde, non ? »
- « Hrm. Une étagère en bois ne sait pas ce qu’est une semaine ou un mois, à mon avis. ‘Cycle diurne’ c’est quelque chose qu’elle peut sans doute percevoir… » répond Kottarr.
- « Pfff… »
Lucius revient accompagné d’un homme entre deux âges, assez grand et maigre. Il a les cheveux d’un blond délavé. Lucius lui demande où se trouve l’Encyclopédie, expliquant d’un ton sec que lorsque d’illustres visiteurs de la Patrouille viennent se documenter pour résoudre un problème et aider la populace de la région, ils s’attendent à trouver l’ouvrage ou au moins à savoir quand ils pourront le compulser. « Or », précise-t’il, « il n’est évidemment pas sur les étagères et pourtant le registre n’indique pas qu’il ait été emprunté. »
Démétrius distingue nettement un éclair d’inquiétude qui passe sur le visage du dénommé Barbel. « Il doit être à la restauration, j’aurais oublié de l’indiquer dans le registre, je m’en excuse. Si ces messieurs dames veulent bien revenir demain, je leur montrerais l’ouvrage, même s’il est peut-être en mauvais état… »
Sur ces entrefaites, Lucius raccompagne les patrouilleurs à la sortie de la Bibliothèque, en s’excusant encore de n’avoir pu les aider jusqu’au bout. Cybèle le remercie pour son aide.
Une fois sortis, Démétrius indique aux autres qu’il ne fait absolument pas confiance à Barbel et qu’il est convaincu qu’il y a anguille sous roche. Sajjabi est du même avis et propose de se poster dans la rue pour voir Barbel sortir et le suivre. « Si jamais il fait quelque chose de louche, on le saura. Et puis dans tous les cas il faut en apprendre plus sur lui. »
Démétrius quant à lui indique aux patrouilleurs qu’il souhaite se rendre au Temple du Guérisseur pour voir si dévotions et prières l’aident à retrouver plus rapidement sa santé. Il trouve assez rapidement le Temple, qui semble moins délabré que le quartier qu’il avoisine. Démétrius arrive au milieu d’un office et s’assied poliment sur un banc à l’arrière de l’assemblée en attendant qu’il soit terminé, puis il s’approche d’un prêtre qui se présente comme Frère Alphedius. Démétrius lui montre sa blessure et lui explique qu’étant patrouilleur, il lui est difficile de faire son métier dans ces conditions.
Alphédius l’examine, puis lui indique que la gravité de sa blessure et les séquelles sont tels que lui-même n’est pas suffisamment dévot pour la guérir complètement. « Le Guérisseur nous accorde des dons en fonction de notre dévouement à sa cause, et aussi de notre expérience » précise-t’il. Il peut néanmoins faire en sorte que la blessure cicatrise mieux, plus vite et sans séquelles. Mais il faut faire un don au Temple à la hauteur de l’effort consenti par le Dieu Guérisseur. Démétrius hésite à négocier, mais décide de faire jouer son appartenance à la patrouille.
- « J’imagine qu’il doit arriver que le Temple fasse face à des problèmes, que ce soit des dangers qui le menacent ou des obstacles dans l’exercice de son sacerdoce ? »
- « Cela peut arriver, je suppose », répond Alphédius. « Où voulez-vous en venir ? »
- « Si je m’engage, et la Patrouille avec moi, à vous venir en aide lorsque vous en aurez besoin, y aurait-il moyen de me soigner… pour ainsi dire à l’œil ? »
- « Sans contreparties, cela me semble difficile, nous devons faire vivre le temple et surtout nos œuvres qui visent à apporter des soins au plus démunis, ceux qui n’ont pour toute richesse que leur dévotion. Mais je pense pouvoir tenir compte de votre promesse pour réduire les frais. »
Ainsi dit, ainsi fait. Alphédius et Démétrius pénétrent dans une petite salle adjacente au Temple. Il y a visiblement des thermes non loin puisque de l’eau chaude coule dans un bassin au milieu de la pièce. Tout autour du bassin, des gravures et des statues du Guérisseur et de ses Saints consacrent le lieu. Démétrius se baigne dans l’eau brûlante et Alphédius applique des onguents sacrés sur ses blessures tout en priant à haute voix. Il encourage Démétrius à répéter certaines formules rituelles. Cela dure une bonne heure, et puis finalement Alphédius bande la blessure d’une gaze bénite. Démétrius quitte le temple revigoré pour se rendre à l’auberge ou Kottarr et Cybèle ont déjà pris leurs quartiers.
Pendant ce temps, Sajjabi attend devant la bibliothèque que Barbel en sorte. Il finit par voir le petit homme qui quitte les lieux d’un air fuyant. Bien qu’il soit visiblement très méfiant, Sajjabi parvient sans encombre à suivre l’homme à distance sans être repéré. Il se dirige vers un quartier assez délabré de la ville : ça et là on voit des maisons abandonnées, et celles qui tiennent encore sont visiblement faites de pierres éparses, sans doute pour parties d’anciennes demeures datant de l’Empire. Barbel finit par entrer dans une petite échoppe. Sajjabi se cache dans l’ombre et regarde la façade pour essayer d’y trouver un signe. Il n’y a pas de vitrine, et pas de fenêtre au rez-de-chaussée. Il y a bien une enseigne à demi-effacée, mais elle est écrite dans une langue de Sajjabi ne sait pas lire et ne reconnaît pas. Sajjabi grimpe discrètement le long de la façade pour aller regarder par la fenêtre du premier étage. La pièce à l’intérieur n’est pas éclairée, et la fenêtre est fermée de l’intérieur, aucun moyen de rentrer sans faire beaucoup de bruit. Finalement, il se résigne à attendre dans l’ombre.
Après une grosse demi-heure d’attente, Barbel ressort de l’échoppe. Il semble toujours un peu méfiant, mais moins que précédemment, comme s’il était soulagé. Il porte un gros paquet sous le bras. Sajjabi s’engage à sa poursuite, et se rapproche en silence. Finalement, au détour d’une allée ombre, alors que personne ne semble pouvoir les voir, le Chevaucheur sort son poignard et d’un geste rapide, il se glisse derrière le curateur de la bibliothèque, lui plaque une main sur la bouche et lui tranche la gorge de l’autre.
Le corps de Barbel tombe lourdement au sol, sans un bruit.
Sajjabi se saisit rapidement du sac que portait sa victime, vérifie qu’il contient bien un livre. Il s'inspecte pour s'assurer qu'il n’a pas de sang sur lui, et s’en va rejoindre ses compagnons à l’Auberge du Porc-Epic.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Violent la fin !!!

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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Mais, mais, mais... La Patrouille, c'est les gentils ! On m'aurait menti ? 
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
J'ai pas le courage de taper la fin de l'épisode ce soir, mais les conséquences de cet acte éminemment apatrouillide ont été... intéressantes!
A sa décharge le joueur a bien choisi la motivation "j'en ai rien à carrer de la patrouille" (me souviens plus du nom exact) et la profession Assassin. N'empêche, je m'y attendais pas!!!
A sa décharge le joueur a bien choisi la motivation "j'en ai rien à carrer de la patrouille" (me souviens plus du nom exact) et la profession Assassin. N'empêche, je m'y attendais pas!!!
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
- Sammael99
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
- « Comment ça ‘voilà le bouquin’ ?» demande Cybèle de sa meilleur voix d’institutrice.
- « Ben voilà quoi. On cherchait le bouquin, je l’ai trouvé. » répond Sajjabi d’un air agacé.
- « Mais tu l’as trouvé comment ? »
- « Mais on s’en fout ça ! On a le bouquin, on est content, on se casse ! »
- « Sajjabi, il s’est passé quoi quand tu as suivi Barbel ? » demande Démétrius posément.
- « Et ben, il était super méfiant, mais j’ai été encore plus discret. Il est allé dans une échoppe dans un quartier louche de la vieille ville. »
- « Une échoppe ? » interrompt Cybèle.
- « Oui, bon, ça ressemblait à une échoppe, mais j’ai pas pu lire l’enseigne, c’était une écriture toute bizarre. »
- « Et après ? » reprend Démétrius.
- « Après, il est ressorti avec un bouquin sous le bras, et je l’ai récupéré. »
- « Tu l’as récupéré comment ? » insiste Démétrius.
- « Mais on s’en fout comment je l’ai récupéré ! »
Un long silence. Puis Kottarr prononce quelques mots de sa voix rocailleuse :
- « Il a tué Barbel. »
Démétrius et Cybèle regardent Sajjabi d’un air attéré.
- « Tu as buté Barbel ? » demande Démétrius.
- « T’as pas fait ça quand même… » rajoute Cybèle.
Sajjabi regarde ses compagnons, et répond d’une voix criarde :
- « Oui, bon, je l’ai buté, et alors ? Personne ne m’a vu, et on a le bouquin qu’on cherchait. »
- « Mais c’est pas possible que tu sois aussi con ! » s’exclame Cybèle, insistant sur le dernier mot qu’elle utilise habituellement avec grande parcimonie.
- « Mais puisque je vous dis que personne ne m’a vu ! Même Barbel ne m’a pas vu !»
- « Donc demain, la milice retrouve le corps égorgé de Barbel. » résume Démétrius. « Il travaille à la bibliothèque, ils vont donc voir Lucius, qui leur raconte qu’hier soir on cherchait un bouquin dont il était responsable. La milice vient nous voir. Pas besoin de t’avoir vu, Sajjabi… »
- « Sans compter que si la milice s’assure le concours d’un mage ils interrogeront le mur, les pavés ou les vêtement de Barbel en utilisant un petit sortilège comme celui que j’ai utilisé hier et ils auront une description du meurtrier… » rajoute Cybèle.
Sajjabi se lève, l’air franchement furieux.
- « Purée, vous faites vraiment chier ! » crie-t’il. Puis il récite une litanie en langue Elfique, la voix haut perchée avec quelques inflexions musicales. (Carte Exaltation)
Le sol se met alors à fumer, un cercle noir apparaît sur le plancher.
- « Qu’est-ce qui se p… » grommelle Kottarr avant d’être interrompu.
Le temps s’est interrompu pour tout le monde, sauf pour Sajjabi. Il n’est plus seul : du cercle a émergé une silhouette vaporeuse. Une odeur de soufre se répand dans la pièce. Un visage cornu se dessine peu à peu au dessus de la silhouette incorporelle.
- « Sajjabi », dit une voix caverneuse. « Tu fais appel à moi suivant les rituels anciens. Tu connais mon nom, tu connais le prix à payer ? »
- « Je connais ton nom, Choronzon, et je sais le prix à payer. »
- « Que souhaites tu de moi ? »
- « Que tu fasses disparaître le corps de Barbel que j’ai tué ce soir, et que tu fasses oublier à tous qu’il ait même jamais existé. »
- « C’est fait. A bientôt Sajjabi… »
La silhouette devient fumée et disparaît, comme aspirée par le cercle dans le plancher. Bientôt il ne reste plus dans la pièce que l’odeur de soufre et quelques traces de brûlures sur le sol.
- « …asse ? » termine Kottarr avant de regarder, interloqué, autour de lui. « Pourquoi j’avais le doigt levé, moi ? »
Sajjabi s’est rassis devant ses compagnons, l’air satisfait. Il y a un moment de silence alors que Démétrius, Kottarr et Cybèle se demandent ce qu’il vient de se passer. Puis l’œil de Cybèle tombe sur l’Encyclopédie des Non-Morts posée sur la table devant elle.
- « Sajjabi, et si tu nous expliquais comment tu as ‘récupéré’ le bouquin ? »
- « Et meeeeeerde... »
- « Ben voilà quoi. On cherchait le bouquin, je l’ai trouvé. » répond Sajjabi d’un air agacé.
- « Mais tu l’as trouvé comment ? »
- « Mais on s’en fout ça ! On a le bouquin, on est content, on se casse ! »
- « Sajjabi, il s’est passé quoi quand tu as suivi Barbel ? » demande Démétrius posément.
- « Et ben, il était super méfiant, mais j’ai été encore plus discret. Il est allé dans une échoppe dans un quartier louche de la vieille ville. »
- « Une échoppe ? » interrompt Cybèle.
- « Oui, bon, ça ressemblait à une échoppe, mais j’ai pas pu lire l’enseigne, c’était une écriture toute bizarre. »
- « Et après ? » reprend Démétrius.
- « Après, il est ressorti avec un bouquin sous le bras, et je l’ai récupéré. »
- « Tu l’as récupéré comment ? » insiste Démétrius.
- « Mais on s’en fout comment je l’ai récupéré ! »
Un long silence. Puis Kottarr prononce quelques mots de sa voix rocailleuse :
- « Il a tué Barbel. »
Démétrius et Cybèle regardent Sajjabi d’un air attéré.
- « Tu as buté Barbel ? » demande Démétrius.
- « T’as pas fait ça quand même… » rajoute Cybèle.
Sajjabi regarde ses compagnons, et répond d’une voix criarde :
- « Oui, bon, je l’ai buté, et alors ? Personne ne m’a vu, et on a le bouquin qu’on cherchait. »
- « Mais c’est pas possible que tu sois aussi con ! » s’exclame Cybèle, insistant sur le dernier mot qu’elle utilise habituellement avec grande parcimonie.
- « Mais puisque je vous dis que personne ne m’a vu ! Même Barbel ne m’a pas vu !»
- « Donc demain, la milice retrouve le corps égorgé de Barbel. » résume Démétrius. « Il travaille à la bibliothèque, ils vont donc voir Lucius, qui leur raconte qu’hier soir on cherchait un bouquin dont il était responsable. La milice vient nous voir. Pas besoin de t’avoir vu, Sajjabi… »
- « Sans compter que si la milice s’assure le concours d’un mage ils interrogeront le mur, les pavés ou les vêtement de Barbel en utilisant un petit sortilège comme celui que j’ai utilisé hier et ils auront une description du meurtrier… » rajoute Cybèle.
Sajjabi se lève, l’air franchement furieux.
- « Purée, vous faites vraiment chier ! » crie-t’il. Puis il récite une litanie en langue Elfique, la voix haut perchée avec quelques inflexions musicales. (Carte Exaltation)
Le sol se met alors à fumer, un cercle noir apparaît sur le plancher.
- « Qu’est-ce qui se p… » grommelle Kottarr avant d’être interrompu.
Le temps s’est interrompu pour tout le monde, sauf pour Sajjabi. Il n’est plus seul : du cercle a émergé une silhouette vaporeuse. Une odeur de soufre se répand dans la pièce. Un visage cornu se dessine peu à peu au dessus de la silhouette incorporelle.
- « Sajjabi », dit une voix caverneuse. « Tu fais appel à moi suivant les rituels anciens. Tu connais mon nom, tu connais le prix à payer ? »
- « Je connais ton nom, Choronzon, et je sais le prix à payer. »
- « Que souhaites tu de moi ? »
- « Que tu fasses disparaître le corps de Barbel que j’ai tué ce soir, et que tu fasses oublier à tous qu’il ait même jamais existé. »
- « C’est fait. A bientôt Sajjabi… »
La silhouette devient fumée et disparaît, comme aspirée par le cercle dans le plancher. Bientôt il ne reste plus dans la pièce que l’odeur de soufre et quelques traces de brûlures sur le sol.
- « …asse ? » termine Kottarr avant de regarder, interloqué, autour de lui. « Pourquoi j’avais le doigt levé, moi ? »
Sajjabi s’est rassis devant ses compagnons, l’air satisfait. Il y a un moment de silence alors que Démétrius, Kottarr et Cybèle se demandent ce qu’il vient de se passer. Puis l’œil de Cybèle tombe sur l’Encyclopédie des Non-Morts posée sur la table devant elle.
- « Sajjabi, et si tu nous expliquais comment tu as ‘récupéré’ le bouquin ? »
- « Et meeeeeerde... »
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
énorme !!!
Là j'avoue. Soufflé grave !
Whaaaa !!!
LG
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Je joue pas du tout a Oltree mais les commentaires d'LG m'ont donné envie de lire le compte rendu. Bein c'est vraiment classe. Belle plume et belle histoire!
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j'étais dégoûté ...
Sajjabi (aka Inks)
P.S. du joueur : Je ne me souviens pas d'avoir été à ce point vulgaire/agressif... je vous prie, chère hôtesse, chers amis joueurs, cher conteur, de m'en excuser et tâcherai de ne pas reproduire (si ce n'est pas là une digression narrative de notre conteur...
)
Sajjabi (aka Inks)
P.S. du joueur : Je ne me souviens pas d'avoir été à ce point vulgaire/agressif... je vous prie, chère hôtesse, chers amis joueurs, cher conteur, de m'en excuser et tâcherai de ne pas reproduire (si ce n'est pas là une digression narrative de notre conteur...
- Sammael99
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Bah je force le trait un peu... Mais t'étais bien remonté quand même. Je pense que quand tu as buté le morpion, tu t'attendais même pas à ce que les autres tiquent...Inks a écrit :Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j'étais dégoûté ...![]()
Sajjabi (aka Inks)
P.S.: Commentaire du joueur => je ne me souviens pas d'avoir été à ce point vulgaire/agressif... je vous prie, chère hôtesse, chers amis joueurs, cher conteur, de m'en excuser et tâcherai de ne pas reproduire (si ce n'est pas là une digression narrative de notre conteur...)
(Et puis moi j'aime bien quand y a de la tension autour de la table).
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Merci Glen!Glen a écrit :Je joue pas du tout a Oltree mais les commentaires d'LG m'ont donné envie de lire le compte rendu. Bein c'est vraiment classe. Belle plume et belle histoire!
Il a commenté ailleurs qu'ici, LG ?
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Franchement énorme ce passage.
Comme quoi, ça vaut le coup que les joueurs s'opposent sur les buts et les méthodes des uns et des autres, cette tension est profitable à la partie.
A ma table, mes joueurs ont tiqué quand l'un des leurs a lui aussi joué les psychopathes mais ils n'ont rien osé dire. Résultat, ils étaient frustrés et dégoutés - ça se sentait et certains me l'ont dit après coup - mais le joueur en question lui n'en a rien perçu, et l'histoire n'en a pas profité, au contraire.
Comme quoi, ça vaut le coup que les joueurs s'opposent sur les buts et les méthodes des uns et des autres, cette tension est profitable à la partie.
A ma table, mes joueurs ont tiqué quand l'un des leurs a lui aussi joué les psychopathes mais ils n'ont rien osé dire. Résultat, ils étaient frustrés et dégoutés - ça se sentait et certains me l'ont dit après coup - mais le joueur en question lui n'en a rien perçu, et l'histoire n'en a pas profité, au contraire.
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
En tant que MJ, je jubilais déjà lors de l'explication entre Sajjabi et les autres, mais alors quand il a sorti la carte Exaltation, c'était l'apothéose.
C'est la première fois qu'un joueur utilise cette carte parce qu'à chaque fois qu'elle est brandie pour des petites choses (genre le combat contre des péquins qui tourne un peu au vinaigre) je leur dis bien: attention, vous allez le payer très cher.
Mais là c'était juste l'exemple parfait de pacte avec le 'diable', et en plus pour réparer une connerie du joueur. Absolument parfait!
C'est la première fois qu'un joueur utilise cette carte parce qu'à chaque fois qu'elle est brandie pour des petites choses (genre le combat contre des péquins qui tourne un peu au vinaigre) je leur dis bien: attention, vous allez le payer très cher.
Mais là c'était juste l'exemple parfait de pacte avec le 'diable', et en plus pour réparer une connerie du joueur. Absolument parfait!
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Re: [Oltrée!] Chroniques Batraciennes
Une connerie du joueur ... une connerie du joueur ... mais heu ... sur le coup ça m'avait semblé une bonne idée de le zigouiller ce pinpin qui nous avait fauché l'bouquin pour lequel je me suis ennuyé comme un rat mort pendant plus d'une journée dans une bibliothèque !! .. et puis je n'pensais pas qu'les autres ne s'raient pas content qu'on "couic" les empêcheurs de bouquiner en rond...Sammael99 a écrit : [...] et en plus pour réparer une connerie du joueur. [...]
Bon par contre quand j'ai eu l'idée génialissime
Sajjabi (tout maudit tout plein...)