[CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

Bébé caduc
 Ils se réunissent avant midi, pour pondre un plan.
 Message d’Enguerrand : Erisadàn doit se rendre d’abord au bordel de l’auberge du pont, en début d’après-midi, puis inspecter un dépôt d’armes. Nos joyeux compères présument que c’est le lieu que les Ifriers veulent « visiter » pendant qu’Erisadàn n’y est pas.
 Message du prêtre médecin Cardolam : il veut se rendre à l’auberge, et propose à Schäffer de l’y accompagner. Ils se griment, afin de se faire passer pour les assistants de Cardolam, auprès de Carmichaël, et éventuellement d’Erisadàn. Tano restera en retrait, au cas où, sous l’illusion d’un client du bordel, quitte à en changer dès que nécessaire. Ils espèrent provoquer des contractions indues avant le terme, pour que l’inquiétude d’Erisadàn le force à rester au chevet d’Ermelind, grâce à un médicament fabriqué par Magdalena et Schäffer.
 L’ombre au tableau, c’est l’incohérence entre ce qu’Isolde a vu quand ils cherchaient Klaus à l’auberge du pont, et ce que dit Cardolam. Pour elle, Ermelind était enceinte, peut-être, mais de quelques mois seulement. Certainement pas prête à accoucher !
 
 Cardolam trouve l’accoutrement de Schäffer étrange, mais ne relève pas. Il se doute que les bisbilles entre Carmichaël et Klaus compliquent la tâche du vieux médecin, qui préfère rester discret. La supérieure de Hilo, qui a accepté l’initiative de Cardolam, est surtout motivée par la gloire, pour leur culte, d’avoir mis au monde un des rares demi-elfes naria. Donc Cardolam est impressionné par le professionnalisme de Schäffer, prêt à risquer la colère de Carmichaël pour protéger une simple prostituée. Quant à ses 3 protecteurs, quand Cardolam voit le comité d’accueil à l’entrée du pont, il reconnaît qu’ils ne sont pas de trop.
 
 Les gueules d’amour aux tatouages emplumés leur demandent d’attendre, mais ils sont rapidement autorisés à rentrer, sous bonne escorte. Ils traversent le bordel, jusqu’à la chambre privée d’Ermelind, où les attendent la maquerelle Lena, et Carmichaël. Effectivement, son ventre n’a rien à voir avec ce qu’Isolde avait vu. Magdalena comprend qu’une illusion masquait la grossesse, maintenue par les frères Grenwyr. Mais depuis que les gnomes sont morts, l’illusion a sauté ! Ermelind va accoucher, maintenant : les contractions ont déjà commencé depuis plusieurs heures.
 
 Carmichaël se sent merdeux. L’imminence de l’accouchement lui a été cachée, moins qu’à Erisadàn, puisqu’il savait qu’il y avait une illusion, dont il a profité pour l’ambiance du bordel et faire travailler Ermelind jusqu’au bout. Mais il sera certainement vertement tancé si quoi que ce soit se passe mal, maintenant qu’elle ne peut plus être déplacée. Sa nervosité est palpable, et il est prêt à accepter l’aide de médecins tombés du ciel. Il présume que la nouvelle de l’accouchement s’est déjà répandue. Il donne carte blanche à Cardolam, et les laisse sous la garde de deux brutes dans le couloir, à cause de la petitesse de la chambre. Le prêtre de Hilo leur fait une liste de ce dont il a besoin.
 De son côté, frère Amaury fait lui aussi une liste, mais celle des différents aspects de l’auberge du pont, grâce à sa divination. Il apprend qu’il y a des pièges, des familiers de garde, des guetteurs embusqués, et surtout, des illusions. Pourtant, les gnomes étant morts, il ne devrait plus y en avoir… Un illusionniste ferait-il partie des renforts engagés par Carmichaël ?
 
 Magdalena accoste discrètement Lena, et lui demande des précisions sur la grossesse. Sentant que l’alchimiste est pleine de compassion (artificielle, due à un de ses bijoux alchimiques), la maquerelle lui explique qu’Ermelind est une victime. Elle souhaite garder l’enfant, mais la mort des illusionnistes les a mises dans la mouise. Lena est prête à se mouiller pour protéger sa « fille ». Erisadàn et les arindeäls ne vont pas tarder, mais elle pourra les retenir un certain temps. Par contre, elle n’a aucune idée de comment subtiliser l’enfant. Elle sait qu’Ermelind préférera qu’il soit sauvé et hors des elfes, même si elle ne le revoit jamais.
Schäffer, qui s’est approché, lui annonce que cela ne sera pas un problème. Elle est surprise, mais il renchérit : ils ont des illusions. Comme Amanda, demande-t-elle ? Isolde, ne sachant pas qui est cette Amanda, mais se doutant que c’est la remplaçante des frères Grenwyr, la détrompe. Ils convainquent Léna que tout va bien se passer, et de toutes façons, elle n’a plus le choix.
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

3 elfes et un coussin
 Sur ces entrefaites, Erisadàn et les arindeäls débarquent. La chambre exiguë étant déjà pleine, seul le général entre, et inspecte la prostituée, puis c’est le tour d’une arindeäl, avant que Lena ne la fasse sortir. Les arindeäls protestent qu’elles ont besoin d’entrer. Tandis que les soldats elfes font vider les lieux aux clients s’en suit une scène intéressante, observée par Tano. Lena accuse frontalement Carmichaël d’avoir continué à faire travailler Ermelind alors qu’elle était encore enceinte, et d’avoir gardé l’argent. Une des arindeäl surenchérit : elle affirme que la grossesse a été masquée par une illusion. Erisadàn rugit et se prépare à tuer Carmichaël sur le champ. Il faut toute la ruse et la malignité de Carmichaël, pour qu’il impute la faute à ses subordonnés décédés. Son long plaidoyer suffit pour que les arindeäls calment Erisadàn. Lena se défend comme elle peut, mais elle finit par être écartée.
 
 Par l’entrebâillement de la porte, Amaury profite d’avoir Erisadàn en visuel d’assez près pour examiner ses qualités et ses défauts avec la Flamme. Ils savaient déjà que c’était un hachoir vivant. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’il est lui aussi sensible aux illusions. Comme Amaury l’a déjà révélé avec Alasaril, ils présument, à juste titre, que c’est un défaut commun à tous les elfes naria. Voilà qui réjouit Tano ! Ils comprennent mieux comment les changelins envoyés par la cour du Printemps ont pu rester incognito aussi longtemps.
 
 Pendant ce temps, Ermelind a accouché. Le médicament censé provoquer les contractions est aussi capable d’accélérer l’enfantement. Mais ce n’est pas sans conséquence pour l’enfant et la mère. Comme ce n’est pas le premier enfant d’Ermelind, Schäffer prend le risque. Est-ce le dosage parfait de Magdalena lors de l’élaboration, ou celui de sa posologie par Schäffer ? Isolde est formelle, sa détection de la magie, qui devait trouver les pièges potentiels, n’a rien vu de surnaturel dans les bénédictions de Cardolam, persuadé cependant que Hilo le soutient. Et pourtant, le bébé naît, beaucoup plus vite que prévu, en bonne santé, comme la mère. Est-ce qu’un miracle est toujours détectable à l’œil nu ? Les vrais pouvoirs de Cardolam vont-ils se révéler, suite à sa bonne action ?
 
 C’est le moment de partir. Tano, se faisant passer pour l’un d’eux, qui quitte l’auberge, rentre dans la chambre sous une autre illusion, et use de sa magie féerique. Ermelind, l’enfant, et Schäffer traversent le plancher, direction l’étage du dessous, grâce au vieux médecin, alors que Cardolam est occupé à retenir les elfes, qui commencent à fouiller l’auberge. Ils laissent derrière eux de parfaites illusions de la mère et l’enfant, à l’aide d’un édredon et d’un mignon oreiller, où Isolde a dessiné une bouche et de grands yeux. Les arindeäls entrent s’occuper de la fausse mère et de son bébé coussin, et Tano projette l’illusion sur Lena qu’elle est l’un d’entre eux, déjà sorti. Puis nos résistants et Lena repartent tranquillement, un à un, par là où ils sont entrés, tandis qu’Erisadàn et Carmichaël continuent de se disputer, et que les autres factions à l’affût pour s’emparer du bébé ne peuvent pas intervenir, bloquées par les elfes.
 
 Schäffer, Ermelind, et son bébé, tombent directement dans la gabarre affrétée en urgence par Lena, à travers le pont, manquant d’envoyer le marinier par dessus bord de surprise. Ils accostent un peu plus loin, et tout le monde embarque, direction Glück. Les illusions tiennent le temps de passer les tours d’enceinte de Brenhaven.
 Mais ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas complètement saufs. Ils repèrent des créatures ailées noires qui les ont suivis depuis le pont. Ces bestioles sont discrètes, et changent de formes, pour échapper à leurs regards. Même une fois sortis de la ville, malgré les illusions, elles s’acharnent à les suivre depuis la berge. Pour Magdalena, ce sont des schrats, des fays de l’hiver. Ils craignent qu’ils soient envoyés par les arindeäls. Ils finissent par les perdre dans une nappe de brume où font voile plusieurs navires.
 
 6 heures plus tard, Lena paye de ses économies le marinier, en lui enjoignant de ne jamais revenir à Brenhaven s’il tient à la vie. Ils promettent au maire de Glück des subsides, pour entretenir tous ces expatriés, dont la communauté grandit. D’après Isolde, leur élevage de futurs sorciers est en bonne voie. Ricanant, ils s’endorment dans les lits qu’a fait préparer Höbiger en urgence, en pensant aux arindeäls qui ont chouchouté et nourri un coussin, jusqu’à leur départ de Brenhaven.
 Tano use de son sorcelet, et baptise l’enfant du nom de Brenestel (l’espoir du survivant, en elfe). On doit reconnaître qu’il revient de loin.
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

Seizième séance : où l’on s’interroge sur les interrogations
 
 Les pro-pots du Pro-fête
 Vaillamment, avant même que le soleil ne se lève, nos résistants repartent à Brenhaven, à l’arrière d’un chariot marchand. Il se fait faim, quand ils parviennent en vue de leur villégiature, ou du moins de l’épais nuage de brume mêlé de fumée qui en tient lieu. Pourtant, ils ne sont pas prêts de manger. Le chariot s’arrête un bon quart d’heure trop tôt, bloqué par une immense file d’attente. Renseignements pris, il s’avère que les elfes sont sur les nerfs, encore plus que d’habitude : le fils d’Erisadàn a disparu. Pire ! Un dépôt d’armes a été dévalisé par la Nouvelle flamme ! Les elfes vont enfayter 20 personnes tous les trois jours, tant que les épées magiques n’auront pas été rendues : une par arme. Ils fouillent tout et tout le monde, quel que soit le brief. Pour mesurer l’étendue des dégâts, Tano s’écarte dans le quartier embrumé, et prend son essor, porté par ses ailes, direction l’auberge. Ils attendent vainement son retour.
 La route étant entre le quartier des brumes et celui des réfugiés, Amaury propose de dénicher celui que l’on nomme Lothaire. En effet, ils savent de la bouche du Roi des rats que ce réfugié serait en contact avec la Flèche.
 
 Mais les réfugiés semblent invisibles. Leur foule est réunie au milieu des camps, presque silencieuse, à l’écoute d’un prêcheur. Celui-ci, encapuchonné, est entouré de demi-orques patibulaires. Sa voix porte, et rassure : leurs efforts, leurs pertes, leurs sacrifices ne seront pas vains. Le paradis est à portée de main. Bientôt, leur terre promise ouvrira ses portes. Les habitants de Brenhaven ne les laissent pas entrer, et leur refusent l’hospitalité, un devoir sacré entre les réfugiés. Ils en seront durement châtiés. Bientôt, justice sera rendue. Et les demi-orques reçoivent des mains tendues des chefs des différentes caravanes de mystérieuses effigies. Ils les apportent au prêcheur, qui se concentre dessus. Puis, ces statuettes sont échangées contre des bols, qui circulent dans l’assistance. La chair et le sang du Dieu inconnu. Médusés, nos héros assistent à cette scène ; Isolde croit que ce qu’ils boivent ou mangent serait du sang de vampire...
 
 La messe se termine, et Amaury retrouve un fidèle de la Nouvelle flamme qu’il connaît, et il les amène en vue de la bicoque de Lothaire. Dans le brouillard, ils distinguent deux pans de mur effondrés, une toile de tente, quelques palettes et des buissons ficelés. Une grosse voix s’en échappe. Quelqu’un veut savoir où se trouve quelque chose que Lothaire cacherait. Quelqu’un qui annonce ne pas avoir peur de la Flèche. Ni une, ni deux, Amaury et Isolde s’invitent dans la cahute, qui est trop petite pour leur présence : quatre brutes intimident un vieux réfugié. Mais au concours des grosses voix, la noble et le prêtre se défendent bien. Leurs menaces fléchissent les gros bras, qui repartent en menaçant à qui mieux mieux. Isolde obtient qu’ils dénoncent leur commanditaire, le fameux Canaan.
 
 Après leur départ, ils convainquent Lothaire de leur sympathie avec la Flèche. La paranoïa reste de mise, mais ils connaissent trop de détails personnels de la Flèche, et sur les enfants prodiges, pour n’être que des curieux. Et ils n’ont pas l’air d’émissaires des elfes. Lothaire les remercie de leur aide, car Canaan voudrait bien profiter des souterrains dont il garde l’entrée, pour envoyer ses hommes en ville discrètement. Et comme Lothaire sait à quoi est due la file d’attente, et qu’il les voit débarquer comme des fleurs, il leur propose d’en bénéficier. Il ne tient pas qu’ils révèlent quoi que ce soit sur la Flèche s’ils sont interrogés par les elfes. L’autre tunnel actuellement creusé par Rosa la golem servira tout de même. C’est comme le gruyère, on n’a jamais trop de trous, sous un mur de prison.
 Amaury questionne Lothaire sur ses croyances, car il remarque une statuette d’ange dans un coin. Le vieux norlander, un cocher qui a perdu son titre de noblesse en fuyant son pays, lui révèle que chaque caravane a son ange gardien, son esprit tutélaire. C’est l’étendard permettant à chaque réfugié de se reconnaître dans sa communauté. Et c’est grâce à ces petits dieux, ces esprits protecteurs, qu’ils partagent des réseaux mentaux, quel que soit leur éloignement.
 
 Frère Amaury retrouve Earlheim, le chef de la caravane de réfugiés qui ont adopté la Nouvelle Flamme. Le pauvre vieux n’en mène pas large. Ses ouailles sont de moins en moins nombreuses, attirées par la nourriture que fait distribuer le prophète. Canaan critique le pouvoir des petits dieux, et prétend les mettre tous sous sa bannière, les unissant contre les habitants, riches et racistes par nature, de Brenhaven. Amaury lui promet toute l’aide disponible.
 Puis, ils suivent Lothaire à travers les souterrains. Magdalena lui confie une dose d’encre sympathique, une formule alchimique imitant la cryptomancie pour coder un texte. Lothaire leur indique là où se trouve la boîte aux lettres morte qu’il partage avec la Flèche, dans les anciens égouts. Ils émergent à deux pas de leur auberge...
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

Sur des charbons ardus
 Le jeune Dagwin au gros nez jaillit d’une impasse, comme un diable de sa boîte. Ils ne peuvent pas revenir à l’auberge : elle est pleine d’elfes qui les recherchent ! Il vaut mieux qu’ils aillent se rendre d’eux-mêmes. Et c’est pourquoi, ils ne doivent pas oublier qu’ils ont assisté à un râteau au Théâtre de la Libération, la veille au soir. Le sujet était le printemps. Après concertation, l’outil concerné était un balais. N’est pas spécialiste en tutu qui veut.
 De plus, Dagwin recommande à Schäffer de boire une potion avant de se rendre aux elfes, qu’il lui tend, en lui disant bien d’y faire gaffe : il n’en existe qu’une. Dagwin n’a pas le droit de dire qui la lui a donnée. Klaus s’est fait interroger toute la matinée, et il ne se souvient de rien. Dagwin ajoute que Hans, le serviteur d’Isolde, la cherchait.
 
 Ils trouvent le pauvre adolescent enfermé chez sa mère, qui est gouvernante dans la maison voisine de celle d’Isolde. Ils exigent une augmentation, ou il n’y remettra pas les pieds ! En effet, un nouvel invité a des exigences particulières. Problème, il flotte à travers les murs et ressemble beaucoup à un des tableaux aux murs.
 Sa demeure est lugubre. Amaury détecte que l’origine de la hantise est la cheminée. Magdalena commence par grimper sur le toit. L’ex-lanternière se souvient que Tanorivel avait vu des tas de pierres sur les toits de certaines maisons en ville. Elle craint que ces caillasses soient issues de la Maison aux griffons, et qu’elles servent à hanter un lieu. Bien tenté, mais ce n’est pas le cas.
 Maintenant, leur expertise est rodée, ils sont partis pour un exorcisme en règle. Mais Isolde voudrait bien parler à Berent, son ancêtre, avant qu’il ne disparaisse. C’est compliqué. Le spectre est fou, essayant vainement de les terrifier, et oubliant régulièrement qui ils sont. Il lui reproche la déchéance des Drachenburg. Elle apprend néanmoins qu’à son époque, la Nariamorién était bien plus étendue que la carte accrochée au mur. Les elfes naria et leurs voisins ne s’entendaient pas du tout, d’autant plus qu’ils n’enfaytaient pas encore, mais qu’ils dévoraient les songes. Il est irrité de savoir que la tombe de Bren, selon lui située dans l’abbaye de Laundallia, est occupée par les arindeäls. Pourtant, nos héros savent que la vraie tombe, elle, est bien cachée sous l’auberge de l’épée. Celle de l’abbaye était probablement une version touristique liée au pèlerinage. Il lui donne aussi la localisation de l’ancien manoir de Rudolf von Drachenburg, situé dans le quartier royal, qui a depuis été avalé par la Sylve. Ses ruines s’y sont peut-être retrouvées projetées.
 
 Pendant ce temps, Magdalena jette un œil à la cheminée. Hans a bien dit que le fantôme était apparu dès qu’il avait remis du charbon sur le feu. Et le dit combustible s’avère être singulièrement louche : comme dégoulinant d’énergie négative. Ce n’est pas du charbon des Steineheisse vendu par les Lanterniers. Ce n’est même pas du charbon de bois classique, parce qu’il contient des clous. Il y en a trop et il est trop épais pour qu’il provienne d’un cercueil. Magdalena pense qu’il provient de la Maison aux griffons. Ils questionnent Hans, qui avoue avoir dû s’approvisionner au marché noir : c’est un des revendeurs de Raubtier, le félys barbu, qui le lui a refourgué.
 Sur ces entrefaites, on frappe brutalement à la porte. Les elfes sont là.
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

Si tu n’aimes pas la réponse, alors ne pose pas la question
 Schäffer avale prestement la potion, et s’affaisse sur une chaise. Les elfes ramassent tout le monde, heureux d’avoir agrafé toute la bande d’un coup. Deux enfaytés soutiennent le vieux médecin, bras dessus, bras dessous, à travers les rues. Quelle indignité...
 C’est que Schäffer vit le trip de sa vie. Il est au fin fond d’une oubliette sinistre, sous le Fort Greifstark, en train d’être interrogé par deux elfes : une arindeäl nommée Iaulanth, et un mage enquêteur appelé Danzil. Il comprend vite qu’ils ont commis l’erreur de laisser Cardolam, le prêtre de Hilo, derrière eux, en kidnappant le bébé Brenestel. Il connaissait Schäffer sous sa véritable identité. Et la rage des elfes s’est probablement dirigée contre lui. Leurs questions tapent large. Ils cherchent un lien entre Cardolam, eux, Carmichaël, la Nouvelle flamme, des néryonides, et l’enlèvement. La guerre entre les deux auberges aurait-elle un rapport avec l’enlèvement ? Mais une de ses réponses est un mensonge qui soulève d’autres questions, qui acculent Schäffer. Il est laissé aux bons soins des arindeäls, qui s’approchent de lui avec des baies enchantées pleines de souvenirs de fays torturés.
 
 La terreur de l’enfaytement le tire de sa transe. Schäffer a juste le temps de dire ce qu’il a vécu à ses comparses, dans leurs esprits, grâce à un réseau mental d’Isolde, qu’il repart dans sa vision. Même joueur joue encore. Danzil et Iaulanth reposent les mêmes questions, et Schäffer peut varier ses réponses. Cette fois, il sent mieux les interactions entre les deux inquisiteurs. Rien à voir avec gentil flic / méchant flic. Ils ne s’entendent pas du tout, et les questions de l’un irritent l’autre, parce qu’ils n’ont pas le même objectif. Iaulanth veut prouver qu’Aerendar, l’arindeäl en chef, est incompétente. Pour Danzil, les fautifs derrière ce fiasco seraient plutôt le Guet, les enfaytés d’Erwanadar et Tharivel, l’oncle de Tano. On se demande bien comment le Guet fait pour laisser passer autant de terroristes et de contrebandiers. Schäffer essaie d’orienter leurs questions, et comprend que deux des employés de l’auberge du pont ont fui avant d’être capturés (en plus de Léna) : Amanda, leur illusionniste, et Turdan, le seul elfe sylvestre de la ville.
 Mais il ressort bientôt de sa transe. Le reste du groupe est envoyé au Schlösschen pour y être interrogé par le Guet, tandis que le vieux médecin est emporté vers le Fort Greifstark. Les cris sinistres du griffon détenu sur le toit annoncent son emprisonnement proche. Pourtant, Schäffer est confiant, comme grisé par la potion.
 
 D’ailleurs, il y retourne, et tombe sur une question purement rhétorique de Iaulanth, qui met Danzil hors de lui. Pourquoi Ermelind n’avait-elle pas été sous la surveillance rapprochée et permanente des arindeäls ? Le mage bout petit à petit, et se met lui aussi à tellement orienter ses questions qu’elles visent en fait Iaulanth, accusée de protéger Erisadàn, et Tharivel. Ce qui la rend furieuse ! C’est le jour de la marmotte version spanish inquisition. À chaque passage, Schäffer affine ses répliques, jusqu’à ce que les deux elfes closent l’interrogatoire, plus occupés à se disputer, persuadés qu’il n’est pas coupable.
 
 Quant aux autres, ils ont tout oublié de leurs entretiens, et sont relâchés en début d’après-midi. Qui ont-ils dû impliquer pour se dédouaner ? En tous cas cela a fonctionné, puisqu’ils n’ont pas été arrêtés. Ils savent désormais que ceux qui effacent régulièrement la mémoire, ce sont les elfes, dès que leur sécurité est remise en question.
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Hubeuh
Prêtre
Messages : 322
Inscription : mer. mars 16, 2005 9:24 pm

Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus

Message par Hubeuh »

Alibi-bi-bi, j’en suis ba-ba
 Aussitôt rendue à l’auberge, Magdalena renifle l’odeur de la cheminée. Quand elle voit que Minki, la chatte de l’auberge, se tient à l’opposé de la pièce en fronçant les moustaches, elle se doute de ce qu’elle va trouver. Effectivement, le charbon utilisé par Klaus est le même que celui d’Isolde. Avant que les petites vieilles blotties autour du feu, déjà grises, ne décèdent, Magdalena s’empresse de l’éteindre, engueulée par les clients.
 Elle ne jette pas un œil à l’assemblée, et se saisit d’un morceau de charbon pour l’étudier dans son laboratoire. Elle est surprise d’y trouver un magnifique bouquet de fleurs. Précautionneuse, elle l’analyse sous toutes les coutures. Quelqu’un lui déclare sa flamme ! Mais vu les fleurs et l’arrangement, c’est un elfe (ou une elfe). Pas de mot.
 Elle met les fleurs de côté, et donne le charbon maudit à manger à son bébé laboratoire. Ce qu’elle découvre est plutôt sinistre. Comme cela paraît évident, le charbon ne provient pas d’une seule habitation. Il s’agit de toutes les maisons hantées qui sont démolies, probablement par la Confrérie des bâtisseurs. Et plus ce charbon aggrave la hantise, plus il fissure la réalité, permettant aux morts vivants de s’infiltrer depuis le plan éthéré. Plus il y a d’énergie négative, plus il y a de maisons hantées. Tout à coup, la taille du nuage de smog au dessus de la ville devient beaucoup plus préoccupante...
 
 De son côté, Amaury se dirige vers le Théâtre de la Libération, pour s’entretenir avec le père Simcha. Il est introduit dans sa loge en passant par des portes dérobées. Le pauvre homme replet est désespéré. Depuis l’enlèvement d’Heïdi et le sacrifice d’un fidèle de la Nouvelle flamme pour couvrir la fuite de nos résistants favoris, il y a 3 jours, leur culte était la cible d’une surveillance permanente et d’interrogatoires et de fouilles impromptus. Mais à cause du braquage des armes magiques, ils sont enfermés chez eux avec des animaux guetteurs, enfaytés par principe, ou soumis à des dominations magiques pour avouer tout et n’importe quoi. Bien sûr, les elfes ne peuvent pas tous les surveiller, et certains, comme Griseldis, ont pu se cacher. Mais les temps sont très durs pour la Nouvelle flamme.
 Honnis soient ceux qui leur ont mis ça sur le dos (et Amaury abonde en grimaçant). Ils sont coincés. Quoi qu’il arrive, les fidèles les plus véhéments vont défiler pour la procession de saint Antonin, interdite ou pas. À coups de torches, ils vont manifester leur rage, et les elfes vont les laminer. Et s’ils éliminent Griseldis avant, ce sera pire, elle passera pour une martyre. Il ne voit pas comment calmer ses troupes, ni comment apaiser les elfes. Selon lui, Alasaril a chargé les conseillers des 8 de déterminer les listes des gens enfaytés tous les 3 jours. Où sont ces fichues armes magiques ? Il faut les rendre aux elfes au plus vite ! Au moins, si la procession peut se dérouler officiellement, les fidèles de la Nouvelle flamme se tiendront tranquilles. Amaury lui promet d’y réfléchir.
 
 Pendant ce temps, Isolde utilise le faux chocolat de Magdalena pour faire fabriquer des viennoiseries par Gord, leur cuisinier demi-orque. (Fe font des « faucolatines », donc.) Elle utilise des contacts de son ami antiquaire, Bjorn von Schwarzenberger, qui s’y connaît dans la haute société, pour pouvoir les distribuer aux sergents elfes. Est-ce qu’un terroriste qui offre du chocolat peut vraiment être méchant ? La question, elle est vite répondue. La faible quantité de chocolat les rend abordables, et les elfes sont détendus par les propriétés du nappage. Cela détourne l’attention des autorités loin de l’auberge de l’épée, tout en lançant cette nouvelle mode.
 Puis elle attend Schäffer dans un troquet sur les Halles, à la sortie du Fort Greifstark. Il sort vers 17h00. Le véritable interrogatoire n’était qu’une formalité. Il s’est joué d’eux, roué comme un renard, qui n’était qu’un vieux médecin malmené, une victime collatérale.
 
 De retour à l’auberge, ils sont abordés par Janelle. Elle les réunit dans la salle privée. C’est elle qui leur a transmis la potion. Si les elfes remontaient jusqu’à eux, ils pouvaient s’intéresser à elle, et de là faire tomber son réseau. Ses supérieurs lui ont fait comprendre que c’était eux ou elle. Plutôt que d’éliminer le frêle médecin, elle a préféré lui sauver la vie.
 A dire vrai, si elle a pu dégainer ce philtre impérial, unique, qui lui a permis de voir l’avenir, c’est qu’ils ont rendu un fier service à sa faction, les Légendes royales. Sans le savoir, mais ce n’est pas ce qu’elle leur demande. C’est totalement au-delà de leur salaire, de s’inquiéter des menaces qui pèsent sur le royaume du Godan. C’est l’échelon local, leur problème, pas international. Mais pour qu’ils sachent tout de même de quoi il retourne, puisqu’ils se sont fait de nouveaux ennemis, elle leur explique les conséquences de leurs actes, dans les grandes lignes. L’Arland n’est qu’une marche du royaume du Godan, un endroit plutôt athée, à part pour la Nouvelle flamme. L’autre moitié de l’empire du Godanéryon, c’est le Néryon, le royaume situé plus à l’ouest. Il se trouve que celui-ci est pris dans une abominable guerre de religion depuis la Libération. Comme si la Thanatocratie n’avait été que le couvercle sous pression d’une marmite prête à déborder, qui avait sauté il y a une quinzaine d’années. Les deux factions en présence, les panthéons orthodoxes et accusateurs, se jettent au visage la responsabilité de la chute de l’empire, et de la montée de la Thanatocratie. Les cultes accusateurs sont vus comme plus progressistes socialement, mais aussi plus violents et moins riches, dominés par la bourgeoisie. Les cultes orthodoxes, contenant les dieux Perex, Hilo, ou Prayos, sont vus comme plus stables, traditionnels, et favorisant les inégalités sociales, contrôlés par la noblesse. L’un des dieux classiques, Corel, est aussi celui des elfes en général. Il est connu que les deux factions néryonides ne s’activent à Brenhaven que pour recruter de nouvelles troupes ou pour ponctionner de l’or, pour financer leur guerre. Et les Légendes royales n’ont aucune envie qu’ils exportent leur querelle religieuse au Godan.
 À son insu, Cardolam a placé le culte de Hilo en bien mauvaise posture à Brenhaven. Il a été enfayté, le dispensaire fermé, et toute autorisation délivrée aux prêtres de Hilo interrompues. Est-ce que Cardolam avait conscience des manigances de sa hiérarchie ? Mais il y a plus : Amanda, la nouvelle croupière de Carmichaël, était secrètement une prêtresse d’Hesindë, la déesse de la magie, faisant partie du panthéon accusateur. Sa fuite a révélé son appartenance, mais a plongé les elfes dans la perplexité. Pourquoi diantre les cultes néryonides enlèveraient l’enfant d’Erisadàn ? Faire accuser leurs rivaux ? En faisant porter les soupçons sur les néryonides, nos héros ont interrompu les ambitions des cultes de Hilo, mais aussi de Prayos et de Perex. Ces derniers venaient d’obtenir les droits de bâtir un nouveau temple…
 
 Bref. Ils ont bien joué, mais de façon insouciante. Isolde rétorque qu’ils ont eu une demie journée de préparation, même pas. Peu importe, pour Janelle. S’ils n’ont pas le temps, alors ils ne font pas. Il leur faut impérativement bénéficier d’un alibi solide, de boucs émissaires crédibles, de diversions par des agents sacrifiables, d’une solution de repli, d’une planque, et d’un réseau mental codé, avant d’agir. En effet, si elle a la réputation de lire dans les esprits c’est que Janelle est une cryptomancienne. Elle pourra apprendre à Isolde comment faire, d’autant plus que celle-ci en connaît déjà une version, grâce à la magie de son trésor draconique.
 Pour la suite, Janelle leur demande, s’ils ont le temps, de fouiner du côté du Club des cordeliers, pour trouver l’identité du Pêcheur, leur homme de main. Elle, de son côté, espionne un des 8 conseillers municipaux : Mar’Drak, le directeur de la carrière de pierres. Déjà, c’est un demi-orque, qui a obtenu son titre sans s’imposer ni trahir publiquement qui que ce soit, et l’a conservé contre vents et marées, malgré le racisme ambiant. Il est connu pour collectionner les objets magiques, en particulier elfiques, comme un médaillon spécial. Mais l’urgence reste les morts vivants. Il faut les empêcher de rentrer dans Brenhaven. Et ces fichues épées ! Il faut empêcher les elfes d’enfayter tous ces gens.
 
 Elle aimerait aussi obtenir des contacts parmi les serviteurs féeriques des elfes, surtout au vu des révélations de nos héros à ce sujet. Et cela tombe bien. Car Tano vient de rentrer leur expliquer ce qu’il a trouvé de son côté.
Le monde réel, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans.
Répondre