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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 12:06 pm
par Killing Joke
Je suis bien d'accord. Pareil pour les auteurs qui voudront "tricher". Mais laisser la situation en l'état n'arrangera rien (et on filera tout droit vers Idiocracy). Personnellement, je pense que rien n'était inéluctable en la matière, et je serais surpris que (au hasard) des petits japonais ou des petits chinois, en 2026, soient dans cette approche ("la voie obscure est plus facile, plus rapide, plus séduisante"). Je pense que c'est sociétal, multi-factoriel (sans parler du fait que ce genre de constats n'est pas du tout partagé aujourd'hui), et donc forcément très difficile à changer, mais qu'il y a de nombreux éléments dans la société actuelle qui renforcent cette tendance à aller au plus rapide, à ne plus apprendre, à céder à la facilité (au hasard, les télé-réalités, Tik-Tok à outrance, les influenceurs qui gagnent des fortunes pour faire 3 vlogs, en tête, mais aussi le déclassement généralisé des classes moyennes dans les pays occidentaux qui enlèvent beaucoup d'envies de faire des efforts ("tout ça pour ça"), etc.).
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:22 pm
par orion&patchwork
On peut dire « flicage », qui est péjoratif, ou penser traçabilité. C’est par exemple le b-a-ba de la démarche scientifique, activité créative s’il en est, et où le rapport au vrai, la réflexion sur ce qu’intégrité veut dire, est bien antérieure à l’émergence des LLM.
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:25 pm
par Saladdin
orion&patchwork a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 2:22 pm
On peut dire « flicage », qui est péjoratif, ou penser traçabilité. C’est par exemple le b-a-ba de la démarche scientifique, activité créative s’il en est, et où le rapport au vrai, la réflexion sur ce qu’intégrité veut dire, est bien antérieure à l’émergence des LLM.
Il est impossible de tracer efficacement le travail d'un écrivain. Il suffit de faire faire le travail en amont par une IA, puis de recopier sur un cahier à la main le texte (avec quelques ratures pour faire vrai) en disant "J'ai tout écrit à la plume, regardez, j'ai la preuve". À moins de filmer 24h/24 quelqu'un, je ne vois pas comment on pourrait s'assurer de la traçabilité de quelqu'un.
Le rapport au vrai est mort.
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:44 pm
par Erwan G
Saladdin a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 2:25 pm
orion&patchwork a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 2:22 pm
On peut dire « flicage », qui est péjoratif, ou penser traçabilité. C’est par exemple le b-a-ba de la démarche scientifique, activité créative s’il en est, et où le rapport au vrai, la réflexion sur ce qu’intégrité veut dire, est bien antérieure à l’émergence des LLM.
Il est impossible de tracer efficacement le travail d'un écrivain. Il suffit de faire faire le travail en amont par une IA, puis de recopier sur un cahier à la main le texte (avec quelques ratures pour faire vrai) en disant "J'ai tout écrit à la plume, regardez, j'ai la preuve". À moins de filmer 24h/24 quelqu'un, je ne vois pas comment on pourrait s'assurer de la traçabilité de quelqu'un.
Le rapport au vrai est mort.
C'est quoi, le rapport au vrai ?
Je veux dire, avant l'IA, il y avait des gens qui écrivaient pour d'autres, des styles qui sortaient directement des cours d'écriture, des synthèses/hommage/plagiats d'autres oeuvres et tout cela passait parfois ou pas.
Est-ce vrai quand Google te donne accès à des infos que tu ne pouvais pas avoir avant ?
Pour ce qui est du travail en dehors de la classe, il ne faut pas oublier non plus qu'il y a eu beaucoup d'histoires de plagiat dans des thèses. Que, à mon époque, quand on faisait un exposé en classe, on prenait un livre et on reformulait ce qu'on avait lu (où on recopiait des passages quand on ne savait pas comment le dire).
Ne voit-on pas simplement la conclusion logique d'une mécanique ancienne ?
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:46 pm
par Cassius Clef
Les LLM épargnent même de se livrer à l'ancien travail que réclamait la "triche".
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:48 pm
par Sammael99
Erwan G a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 2:44 pm
Pour ce qui est du travail en dehors de la classe, il ne faut pas oublier non plus qu'il y a eu beaucoup d'histoires de plagiat dans des thèses. Que, à mon époque, quand on faisait un exposé en classe, on prenait un livre et on reformulait ce qu'on avait lu (où on recopiait des passages quand on ne savait pas comment le dire).
Ne voit-on pas simplement la conclusion logique d'une mécanique ancienne ?
Pour reformuler ce que tu avais lu, il faut l'avoir lu. C'est déjà une partie de l'apprentissage, de la structuration de la pensée, etc.
Demander à une LLM de répondre à la question de ton exposé, c'est ne même pas faire ce travail de vouloir apprendre. C'est considérer que l'exposé n'est pas un apprentissage, juste une restitution pour le prof, mais pas pour toi.
C'est une catastrophe pédagogique, et je pense qu'on est déjà en train d'en voir les conséquences.
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 2:49 pm
par Saladdin
Erwan G a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 2:44 pm
Je veux dire, avant l'IA, il y avait des gens qui écrivaient pour d'autres, des styles qui sortaient directement des cours d'écriture, des synthèses/hommage/plagiats d'autres oeuvres et tout cela passait parfois ou pas.
[...]
Ne voit-on pas simplement la conclusion logique d'une mécanique ancienne ?
Sauf que là, on passe à la vitesse industrielle, avec l'IA générative (et ses images truquées indiscernables des vraies, et bientôt des vidéos complètes), Internet et les chaînes "d'informations" continues possédées par des milliardaires qui imposent leurs post-vérités.
Ce qui relevait de l'anecdotique devient une société du mensonge permanent. Qui pourra-t-on croire désormais ?
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 4:22 pm
par Tybalt (le retour)
Est-ce qu'on discute encore de littérature, ou est-ce qu'on ne devrait pas rejoindre le fil IA ?

Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 7:11 pm
par Lordelric
Histoire de faire la transition tout en revenant dans le champ de la littérature, j'aimerai partager avec vous une réflexion. Personnellement, j'aime beaucoup la prose de Lovecraft. J'ai aussi lu plusieurs autres auteurs qui ont écrit dans l'univers partagé qu'est le mythe de Cthulhu, mais j'ai constaté au fil du temps qu'en fait aucun d'eux n'arrivait à provoquer chez moi l'intégralité des sensations ressenties à la lecture des écrits du pas-tant-reclus-que-ça de Providence. Rien à voir avec la thématique ou les intrigues qui étaient communes ou similaires à chacune de leurs histoires. Quand au style, s'il était différent pour chacun il n'était en aucun cas absent chez les imitateurs de Lovecraft (voir pour certains un peu trop présent, rendant la lecture de leurs écrits à la limite du pénible)
Non, mon sentiment c'est que les textes essayant d'imiter les récits de Lovecraft manquaient d'un quelque chose qui n'était présent que dans ces derniers et que ce n'était pas spécifiquement lié aux contexte de l'histoire, à l'intrigue ou au style mais plus globalement à tout ça indistinctement. Et je me suis demandé si ce n'était pas en fait la personnalité de l'écrivain que je ressentais. Bref, je me demande si chez les auteurs humains il n'y a pas aussi une part d'eux-même que se mêle inconsciemment à leurs écrits ? Pas seulement au niveau de leur style propre mais quelque chose qui reflèterait leur état d'esprit au moment de l'écriture, et auquel nous lecteurs humains pourrions être sensibles ?
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 8:45 pm
par Sammael99
Lordelric a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 7:11 pm
Histoire de faire la transition tout en revenant dans le champ de la littérature, j'aimerai partager avec vous une réflexion. Personnellement, j'aime beaucoup la prose de Lovecraft. J'ai aussi lu plusieurs autres auteurs qui ont écrit dans l'univers partagé qu'est le mythe de Cthulhu, mais j'ai constaté au fil du temps qu'en fait aucun d'eux n'arrivait à provoquer chez moi l'intégralité des sensations ressenties à la lecture des écrits du pas-tant-reclus-que-ça de Providence. Rien à voir avec la thématique ou les intrigues qui étaient communes ou similaires à chacune de leurs histoires. Quand au style, s'il était différent pour chacun il n'était en aucun cas absent chez les imitateurs de Lovecraft (voir pour certains un peu trop présent, rendant la lecture de leurs écrits à la limite du pénible)
Non, mon sentiment c'est que les textes essayant d'imiter les récits de Lovecraft manquaient d'un quelque chose qui n'était présent que dans ces derniers et que ce n'était pas spécifiquement lié aux contexte de l'histoire, à l'intrigue ou au style mais plus globalement à tout ça indistinctement. Et je me suis demandé si ce n'était pas en fait la personnalité de l'écrivain que je ressentais. Bref, je me demande si chez les auteurs humains il n'y a pas aussi une part d'eux-même que se mêle inconsciemment à leurs écrits ? Pas seulement au niveau de leur style propre mais quelque chose qui reflèterait leur état d'esprit au moment de l'écriture, et auquel nous lecteurs humains pourrions être sensibles ?
Je suis sans doute la pire personne pour te répondre, vu qu'après avoir découvert Lovecraft adolescent et avoir tout dévoré ce que je trouvais de lui, je n'ai jamais réussi à la relire sans me faire royalement ch...
Très bizarrement, ce qui m'a amené à changer mon regard sur Lovecraft, c'est la relecture (là aussi 40 plus tard) des adaptations de Breccia que j'avais également lues adolescence et qui m'avaient mis singulièrement mal à l'aise. Je les ai relues il y a quelques années, et non seulement ça m'a fait apprécier Lovecraft dans l'essence de ce qu'il avait écrit, mais ça m'a fait percevoir la dimension borgésienne de ces nouvelles qui m'était complètement passé au-dessus jusque là. D'autant plus intéressant que leurs premiers écrits sont à peu près contemporains, donc il est peu probable que l'un ait influencé l'autre et vice versa (
@Tristan Lhomme qui connait la biographie de HP mieux que moi pourra peut-être confirmer ?)
Si ça intéresse, la critique de cette BD que j'avais postée à l'époque :
https://benfelten.blogspot.com/2022/10/ ... eccia.html
Bon, tout ça pour dire que je vais avoir du mal à répondre à ton propos plus général, faudrait que je trouve un exemple qui me parle à moi...
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 8:50 pm
par Rosco
Sinon info sur les livres politiques ecrut avec ou sans IA, en tout cas pas d'info.
Le dernier livre de Holland, 3 000 ventes
Knaffo 150 000.
Il y a des proses qui donnet plus envie de vomir que d'autre mais pourtant
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 9:09 pm
par Sammael99
Rosco a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 8:50 pm
Sinon info sur les livres politiques ecrut avec ou sans IA, en tout cas pas d'info.
Le dernier livre de Holland, 3 000 ventes
Knaffo 150 000.
Il y a des proses qui donnet plus envie de vomir que d'autre mais pourtant
Il y en a aussi qui sont plus poussées par le plus gros réseau de "libraires" en France, Relay...
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 9:10 pm
par Tgx
c'est juste comme comparer les vues d'un youtubeur qui avait du succès il y a dix ans et d'un qui est l'étoile montante du moment. Au-delà de l'orientation politique, y a juste l'air du temps...
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 9:53 pm
par senradackod
Tgx a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 9:10 pm
Au-delà de l'orientation politique, y a juste l'air du temps...
Parfois fétide, l'air du temps.
Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus
Publié : dim. sept. 27, 2026 10:01 pm
par Tristan
Sammael99 a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 8:45 pm
Lordelric a écrit : ↑dim. sept. 27, 2026 7:11 pm
Histoire de faire la transition tout en revenant dans le champ de la littérature, j'aimerai partager avec vous une réflexion. Personnellement, j'aime beaucoup la prose de Lovecraft. J'ai aussi lu plusieurs autres auteurs qui ont écrit dans l'univers partagé qu'est le mythe de Cthulhu, mais j'ai constaté au fil du temps qu'en fait aucun d'eux n'arrivait à provoquer chez moi l'intégralité des sensations ressenties à la lecture des écrits du pas-tant-reclus-que-ça de Providence. Rien à voir avec la thématique ou les intrigues qui étaient communes ou similaires à chacune de leurs histoires. Quand au style, s'il était différent pour chacun il n'était en aucun cas absent chez les imitateurs de Lovecraft (voir pour certains un peu trop présent, rendant la lecture de leurs écrits à la limite du pénible)
Non, mon sentiment c'est que les textes essayant d'imiter les récits de Lovecraft manquaient d'un quelque chose qui n'était présent que dans ces derniers et que ce n'était pas spécifiquement lié aux contexte de l'histoire, à l'intrigue ou au style mais plus globalement à tout ça indistinctement. Et je me suis demandé si ce n'était pas en fait la personnalité de l'écrivain que je ressentais. Bref, je me demande si chez les auteurs humains il n'y a pas aussi une part d'eux-même que se mêle inconsciemment à leurs écrits ? Pas seulement au niveau de leur style propre mais quelque chose qui reflèterait leur état d'esprit au moment de l'écriture, et auquel nous lecteurs humains pourrions être sensibles ?
Je suis sans doute la pire personne pour te répondre, vu qu'après avoir découvert Lovecraft adolescent et avoir tout dévoré ce que je trouvais de lui, je n'ai jamais réussi à la relire sans me faire royalement ch...
Très bizarrement, ce qui m'a amené à changer mon regard sur Lovecraft, c'est la relecture (là aussi 40 plus tard) des adaptations de Breccia que j'avais également lues adolescence et qui m'avaient mis singulièrement mal à l'aise. Je les ai relues il y a quelques années, et non seulement ça m'a fait apprécier Lovecraft dans l'essence de ce qu'il avait écrit, mais ça m'a fait percevoir la dimension borgésienne de ces nouvelles qui m'était complètement passé au-dessus jusque là. D'autant plus intéressant que leurs premiers écrits sont à peu près contemporains, donc il est peu probable que l'un ait influencé l'autre et vice versa (@Tristan Lhomme qui connait la biographie de HP mieux que moi pourra peut-être confirmer ?)
Si ça intéresse, la critique de cette BD que j'avais postée à l'époque :
https://benfelten.blogspot.com/2022/10/ ... eccia.html
Bon, tout ça pour dire que je vais avoir du mal à répondre à ton propos plus général, faudrait que je trouve un exemple qui me parle à moi...
Je ne pense pas que Lovecraft ait eu conscience de l’existence de Borges, ni que le jeune Borges ait eu conscience de celle de Lovecraft.
Borges l’a peut-être lu plus tard, et même ça, je n’en suis pas sûr…
Sur les imitateurs : beaucoup,, mais alors beaucoup de disciples et de continuateurs de Lovecraft sont tombés dans lé vieux piège ; là où sensei HPL montraient la Lune, ils ont regardé le doigt.
C’est super facile de « faire du Lovecraft », prenez un Dieu au nom imprononçable, un livre maudit doté d’une histoire qui fait sérieux, et un protagoniste sans relief qui est destiné à finir fou ou pire, secouez et servez tiède.
Sauf que chez Lovecraft, les Grands anciens, le
Necronomicon etc., sont des outils au service d’un propos sur l’insignifiance de l’humanité, l’horreur des espaces infinis, et la mise à mort des illusions de grandeur d’une bande de primates qui se poussent du col. La majorité des post-lovecraftiens se fout de tout ça comme de sa première paire de chaussettes - FB Long qui décrit des monstres lovecraftiens vulnérables à la Croix, Robert Howard qui fait du bon pulp où les monstres sont là pour se faire poutres, etc.