Re: [CR : Chronique des Féals] Récits d'un Basilic
Publié : ven. janv. 24, 2014 12:13 pm
Nous entamons alors une longue discussion sur la marche à suivre. Que faire de notre information sur les Plissordes ? L'utiliser ou non ? Le problème est que nous ne savons pas de quel côté ils se situent. Il va nous falloir trouver un moyen d'être à leur fameuse soirée pour en apprendre plus. Par rapport aux événements qui se déroulent sur le Collegium, nous avons annoncé aux Rigore Agoniste que nous tenterons de rencontrer et convaincre les autres factions de leur bonne foi. Mais cela sera extrêmement difficile. Il nous faut quand même tenter d'améliorer la situation. Arzul se charge donc de rédiger une lettre pour chacune des deux autres factions principales, les Enlumineurs et l'Expiation. Il leur donne rendez-vous le lendemain en début d'après-midi dans le bâtiment de l'entrée. Nous trouvons un messager pour transmettre les deux parchemins et prenons la décisions de retourner dans la ville basse. Avant de nous reposer, nous allons faire quelques recherches dans le quartier ou semble apparaître l'esprit si cher à notre frère Cendreux. La descente du pilier se révèle encore plus dangereuse que sa montée. La nuit cachant les pièges des marches et la noirceur donnant une sensation terrifiante au tunnel, comme si le Néant était prêt à nous happer. Heureusement, ma lanterne luminescente nous éclaire autant qu'elle nous rassure. Nous faisons quelques pauses pour tenter d'observer une lueur fantomatique dans la ville, mais seul le brouhaha et les ombres nous répondent.
Lorsque atteignons enfin la terre ferme, il y a un certain soulagement. Mais il n'est que de courte durée, car nous partons à la chasse au fantôme en un lieu risqué, qui a vu il y a peu la mort d'un notable chimérien, Dredis. Nous déambulons un peu au petit bonheur la chance, en questionnant quelques passant aux boutiques ouvertes sur l'apparition du fantôme. Alors que cela fait plusieurs minutes que nous voguons sans aucun résultat, que je me rends compte avec Arzul que nous ne sommes plus que tous les deux. Mais surtout que nous avons dérivé au centre de la dalle. Les lieux sont mal famés et les regards inquiétants mais il ne nous est rien arrivé. Étrange, d'autant plus que mon frère Phénicier ressent une présence qu'il n'arrive pas à définir. Il pense que cela a un lien avec un ou des Féals mais sans pouvoir le préciser. D'après lui, cela nous retient, nous emprisonne dans les taudis, autant que cela nous guide. Cette dernière précision, couplée à notre survie actuelle nous amène à penser que cette entitée ne nous veut pas de mal mais tente d'entrer en contact avec nous. Il vaudrait mieux la laisser faire. Nous entrons alors en contact avec notre frère Tarascéen et nos sœurs Draguéenne et Pégasine grâce à notre espace fraternel. Arzul tente de les guider par rapport à plusieurs points de repères. Mais seul Silas arrive à suivre les informations car rapidement Astel et Maniao nous informe qu'elles sont perdues au abord de la dalle et par acquis de conscience vont nous attendre là-bas. C'est alors qu'une belle femme s'approche de moi, sûrement une dame de petite vertu, qui se présente comme une Émissaire de l'Empereur et qu'elle va nous guider jusqu'à lui. Nous sommes attendus. Je lui répond que nous attendons une dernière personne et alors nous la suivrons. Lorsque c'est chose faite, je met mes deux frères au courant de notre invitation à rencontrer l'Empereur de Phalène.
Nous emboîtons donc le pas de la fille de joie et pénétrons dans le sombre cœur de la cité. Nous voilà donc guidé à travers les ruelles les plus mal famé de la ville. Les habitants de ces bidons villes vivent dans la crasse et la saleté tel des animaux parqués et emprisonnés. Nous croisons tout genre d'individu, plus ou moins armées, mais tous au regard louche et au sourire narquois. Un air de défi, de suffisance et un soupçon de fierté en nous regardant passée. Nous ne sommes pas en territoire ami, bien que nous y soyons invités. Rapidement, nous remarquons quelques hommes en armures rapiécées et aux armes élimées qui nous suivent, ou plutôt qui nous escortent. En effet, rapidement, ces Chevaliers Rouilleux nous rejoignent et nous encadrent. Que d'honneur pour trois mimétiques. Je suis de plus en plus intrigué de découvrir qui se cache sous le titre d'Empereur de Phalène. Serait-ce le Prince ? Ou une entité inconnu ? Nous débouchons finalement sur un canal encerclant un ilot, sur lequel un navire s'est renversé. Cela date d'un temps que peu doivent se rappeler au vue de l'état du vaisseau. Depuis, la vie a repris le dessus, coquillages en tout genre le recouvrent et les habitants des Pourlures, nom donnée à ce quartier, l'ont aménagé. Ou plutôt, l'Empereur l'a aménage en un semblant de cours. Des morceaux de bâtiments, de la pierre, de la chaux le complète, donnant çà la demeure une touche de bric et de broc. Deux Chevaliers Rouilleux montent la garde à l'entrée d'un pont de cordes et planches donnant accès à l'intérieur de la demeure impériale. Nous pénétrons alors dans une immense salle, servant de salle du trône et de réceptions. Tel une cours des miracles, on y découvre des habitants de tous types, toutes origines mais surtout les pires gueules du M'Onde. Au fond de la pièce se tient un vieil homme, dans l'ombre, assit sur un siège de pierre. Il est enveloppé d'un grande cape d'hermine usé par le temps. Sur sa tête trône une couronne de fer ternie par la vieillesse. Un passée antique transpire presque de cet être étrange.
Lorsque nous sommes au centre de la pièce, les courtisans, si on peut les appeler comme ça, se reculent, laissant un important espace vide autour de nous. L'antique Chimérien se lève de son trône, dans des bruits de craquements d'os. Il se présente comme :
« Vernos, Empereur de Phalène. Certain me nomme Prince, mais ce n'est pas le cas. Un Mal ronge ma ville, je le sais, mais je ne peux rien faire. Vous le combattez, et je ferai ce qu'il m'est possible de faire pour vous aider. Je vais vous poser une question. La réponse vous devrez l'apporter à la personne concernée. Elle vous guidera sur une autre question qui pourrait vous aider. »
Lentement, il s'approche de nous. La tension est palpable autour de nous. Les Chevaliers Rouilleux se rapprochent légèrement à portée d'agir si nous intentons à la vie de Vernos. Alors que l'Empereur est en notre centre, il se penche, nous invitant à l'écouter nous murmurer sa question. Nous nous courbons vers lui. Sa respiration est lente...ses yeux fermés... il réfléchit à ces paroles...ou lui susurre-t-on ses mots ? Je regarde Arzul dans l'espoir d'avoir une réponse, mais rien ne vient. Finalement dans un long soupir, il nous demande : « Qui est vraiment la Maquerelle Cliquetante ? » … Quoi ? J'échange un regard avec mes frères, qui sont autant surpris que nous. Nous n'avons jamais entendu parler d'elle et nous ne savons encore moins qui elle est... Le seul rapport avec Cliquetante serait les rivets en métal des Charognards. Un rapport avec la mort et le fait d'être maintenu en vie ? Le spectre peut-être, sachant qu'on a été guidé lorsqu'on le cherchait. Un rapport possible avec Sylène, la Comtesse qui s'est suicidé pour ne pas se marier à un Chimérien. Nous qui espérions trouver des réponses en ses lieux, voilà que nous avons encore plus de question.
Alors que nous allons être raccompagnés vers la sortie des lieux, Silas demande l'autorisation de poser quelques questions. Il essaye de savoir ce que Vernos sait de ce Mal, mais bien qu'il ne le nomme pas directement, il fait clairement référence au Néant et à son influence sur la ville. Concernant les Hommes-Rats rencontrés, il ne sait pas d’où cela vient mais ils sont arrivés il y a quelques mois, lorsque les problèmes sont apparut. Il ne sait pas si les deux sont liés, voir alliés, bien qu'il en doute pour la seconde hypothèse. N'arrivant à obtenir aucune véritables informations, nous cessons de l'importuner et sommes diligemment raccompagnés par les Chevaliers Rouilleux jusqu'aux abords de la dalle, pas loin du lieu ou nous attendent nos deux Sœurs. Nous sommes donc obligés de leur faire un résumé de nos découvertes. Le pire est que je suis sur qu'avec Astel nous aurions pu découvrir plus d'information. En réfléchissant un peu, le temps mis pour la question de Vernos aurait pu être l’œuvre d'un Souffle Draconique. Malheureusement, elle n'était pas présentes et nous n'aurons jamais la vérité. Nous empruntons enfin la direction de notre auberge pour prendre un repos bien mérité. En route, nous posons quelques questions aux oiseaux nocturnes que nous rencontrons sur la Maquerelle Cliquetante. Sait-on jamais, dans la ville du Savoir, elle pourrait être connu. Et bien merde... c'est le cas. J'en tombe un peu des nues. D'après ce que l'on nous explique c'est une véritable maquerelle qui tient un bordel, la Maison des Flammes Froides, pas loin de chez les Plissordes.
De nombreuses rumeurs circulent sur cet étrange personnage, en plus de posséder la meilleure demeure de plaisir de Phalène et les plus belles créatures. On raconte qu'elle aurait des liens avec le milieu criminel dans son ensemble, voir qu'elle ferait partie du Volzarot. D'après certains, elle tiendrait tous les bordels de la cité. Pour d'autres, elle sacrifierait de jeune et jolie femme pour rester en vie. En effet, nombreux sont ceux qui nous la décrivent comme une bête du travail, ne dormant jamais, partout à la fois et surtout présente depuis aussi loin que tout le monde s'en souvienne. Elle fait partie de la vie de Phalène, tel un emblème. Quelques rares individus murmurent qu'elle ne serait qu'une poupée de chiffon pour attirer l'attention et mieux manipuler dans l'ombre. Bien des histoires et des récits pour une seule personne. Comment tirer le vrai du faux dans cet imbroglio de rumeurs en tout genre. Bien que certaines pourraient se rapprocher de nos idées, d'autres s'en éloignent. Je ne sais pas pourquoi mais au vue de son « histoire » et son statut dans la ville, elle doit être une personne importante. Le seul nom qui me vient en tête est Sylène. Mais mes frères et sœurs en doutent fortement. Seul Astel n'est pas entièrement hermétique à l'idée. Par contre ce n'est plus le temps de réfléchir, mais celui de se reposer. La journée a été longue et quelques heures de sommeil ne seront pas de trop. Nous arrivons à l'auberge lorsque le jour commence à poindre. Nous demandons à l'aubergiste de nous réveiller sur les coups de quatorze heures et partons dormir.
J’entends frapper à la porte l'auberge qui m'annonce qu'il est l'heure. Déjà ? Je me force à me lever bien qu'une ou deux heures en plus soient appréciables. Nous décidons de nous séparer pour agir à plusieurs endroits. Tout d'abord, Astel, Arzul et Maniao se rendront au Collegium pour rencontrer les différentes factions et tenter de les raisonner, pendant ce temps là Silas et moi-même allons nous taper le bordel de la Maquerelle Cliquetante. Du moins en partie. Je pense que nous avons la mission la plus agréable. Dommage car notre frère Cendreux à la Maison des Flammes Froides auraient eu quelques choses de cocasse. Nous quittons donc notre frère et nos sœurs pour se rendre dans les quartiers bourgeois de Phalène. Après quelques minutes, nous atteignons une immense place emplit d'étals en tout genre, de crieurs et de rabatteurs vendant tous les meilleurs et plus beaux produits de tout Phalène. De l'autre côté, nous distinguons la fameuse demeure des Flammes Froides. La bâtisse est classieuse, aux couleurs chaudes et sensuelles, à l'architecture suggérée et très féminine dans sa décoration. Un jardinet et plusieurs plantes grimpantes donnent une touche de verdure à la demeure. Une pancarte ouvragé présente le nom du lupanar au dessus de l'entrée du manoir de la Maquerelle. Le bois est rouge vif, attirant et provoquant. Quelques apparats rehaussent les lieux d'un métal argenté poli. Nous observons également plusieurs miliciens, appartenant à un particulier, sûrement la Maquerelle Cliquetante.
Nous frappons donc à la porte avec le heurtoir composé de deux têtes de lions. On nous ouvre rapidement et nous pénétrons dans un grand hall aux couleurs chaleureuses et aux senteurs d'encens enivrants. Un homme au trait efféminé nous présente les lieux et nous demande la raison de notre présence, seulement se détendre ou profiter des lieux. Avec Silas, nous préférons flâner dans un premier temps pour découvrir la demeure. Les différentes pièces semblent être séparées par de riches voilages laissant vaguement deviner ce qui s'y déroule. Nous sommes donc accompagnés, après avoir déposé nos armes, dans un salle servant de bar avec de merveilleuses hôtesses évocatrices juste ce qu'il faut pour nous donner envie. Je vois mon frère Tarascéen fort intéressé par les lieux et ce qu'il peut réserver. En dégustant un bon verre, nous entamons la discussion avec les pensionnaires pour en apprendre plus sur les lieux et surtout sur sa tenancière. Les demoiselles se révèlent cultivés et capable d'aborder bien des domaines. Lorsque nous dérivons sur la Maquerelle, nous arrivons à comprendre qu'elles en sont admiratives et qu'elle les protège. Nous avons au moins la confirmation qu'elle existe réellement et que c'est une personne a part entière. Elle loge au second étage et possède deux ou trois femmes qui la servent uniquement.
Les informations glanées sont intéressantes mais pas suffisantes pour découvrir qui elle est réellement. Peut-être des informations sont elles cachés dans la tête de cette charmante créature. Je ne vais pas avoir le choix, je vais devoir aller le vérifier. Je propose donc à mon hôtesse de se diriger vers l'étage, elle accepte intriguée et un peu méfiante. Elle redoute ce qui va lui arriver. Je devine qu'elle ne connaît rien au Basilic. Et bien je vais lui montrer qui nous pouvons être. Je pense qu'après elle n'osera plus jamais approcher un des miens. En même temps, c'est un lieu bien trop éloigné pour un des miens. En montant l'escalier, je préviens Silas de ce que je prépare. Je vais fouiller son esprit pour y trouver son pire cauchemar pour l'utiliser et pénétrer son subconscient. J'espère y trouver des informations de n'importe quels types sur la Maquerelle. Je le préviens qu'il est possible que cela se passe mal et que je sois jeté de ses lieux. L'avenir nous le dira.
Le Cendreux pénètre dans la bâtiment servant d'entrée au Collegium, laissant ses deux sœurs devant les portes. Deux personnes l'y attendent, chacun représentant une des deux grandes factions, les Enlumineurs et l'Expiation. Ils lui expliquent qu'ils vont le guider jusqu'à leur Maître. Une étrange sensation empoigne le cœur du mimétique, comme si il était écrasé par une forte poigne. Il le sait, si il entre en ses lieux, il ne survivra pas. Il raconte alors qu'il va aller chercher un geôlier-copiste pour respecter la neutralité. Après délibération entre les deux émissaires, ils acceptent sa requête. Arzul rejoint donc Pilar et lui explique la situation. Ce dernier lu annonce tout de go qui si il se rend au rendez-vous, il mourra. Le Phénicier demande donc à son geôlier-copiste si il peut transmettre une lettre au deux Maîtres. Ce dernier acquiescent et sent qu'il va en perdre sa neutralité. Arzul rédige donc ses missives, expliquant qu'il ne se sent pas en sécurité au Collegium et les avertissant que les histoires des Rigore Agoniste sur les Falènes, ne sont pas des élucubrations mais bien la vérité. Il cachette les deux lettre et les remet à Pilar. Ce dernier s'enfonce dans le temple du Savoir, abandonnant sa très chère neutralité dans l'espoir d'apporter un peu de paix...