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Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 7:52 am
par Mugen
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm Par contre je me rends compte que jouer des femmes chevalier en personnage principal doit être compliqué, vu le mode de jeu "dynastique", avec la possibilité de perdre un personnage sur un jet de dé si l'accouchement se passe mal...

Fort heureusement, la mortalité dans le jeu ne reflète pas la réalité historique, mais c'est en effet une possibilité.

Après, Pendragon est aussi un jeu où tu peux perdre un personnage sur une rencontre malheureuse lors d'un solo. Se perdre en forêt pour tomber face à un géant, un de mes joueurs l'a expérimenté...

Il y a néanmoins une raison majeure pour ne pas trop se poser de questions sur la possibilité de jouer des femmes chevaliers : le fun.
Même si personnellement, je distinguerais de façon claire les réactions en fonction de la culture du personnage. Il sera beaucoup plus mal vu d'être une femme combattante chez les Romains que chez les Cumri ou les Saxons, par exemple.

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 8:10 am
par Harfang2
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm

Par contre je me rends compte que jouer des femmes chevalier en personnage principal doit être compliqué, vu le mode de jeu "dynastique", avec la possibilité de perdre un personnage sur un jet de dé si l'accouchement se passe mal...
L'expérience arthurienne, que ce soit chez Malory, Chrétien de Troyes et tant d'autres n'inclut pas de chevalier féminin.

Si on veut jouer selon le canon, la présence de PJ féminins chevalier est, donc, un non sens.*

Ce qui n'enlève rien à la possibilité de jouer des personnages combattants féminins dont plusieurs possibilité existe:
- L'option  " Lady oscar", le PJ cache son identité féminin et est donc chevalier: ca crée du jeu (j'ai testé, c'était sympa)
- L'option combattant sans rang de chevalier C'est fonctionnel aussi.

Sur le reste je rejoins Mugen on peut mourir facilement à Pendragon. J'ajouterais que des PJ qui doivent réagir a la mort d'un enfant, d'un parent, c'est, toujours, aussi des moments à la fois délicat niveau RP mais qui font aussi, le sel d'un monde, certes tendant au merveilleux, mais aussi tout a fait dur.

Après un Pj fémin et maternité.... Je crois que je partirai du principe que ça se passe bien... Même si je lance un dé derrière l'écran.

*  Après si on veut jouer une version Queer, j'ai plein d'idée aussi, juste, finalement, je choisirai autre chose comme jeu ^^

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 9:05 am
par Cassius Clef
Le Noble's Handbook est sorti !

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Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 11:23 am
par Mugen
Harfang2 a écrit : jeu. juin 25, 2026 8:10 am Après un Pj fémin et maternité.... Je crois que je partirai du principe que ça se passe bien... Même si je lance un dé derrière l'écran.

Reste que le jeu considère par défaut que ce sont les épouses et les concubines qui peuvent avoir des enfants, et qu'ils naissent pendant la période hivernale.

Si l'on reste sur cette idée, c'est compatible avec des aventures avant l'automne.

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 11:40 am
par Sylvestre
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm @Sylvestre tu avais déjà vu Excalibur, mais jamais sur grand écran ou c'est la première fois que tu voyais le film? Il ne t'a pas paru trop vieilli?

Moi je pourrai toujours le regarder avec le même plaisir, mais c'est une Madeleine de Proust pour moi...

Première fois sur grand écran, dans une salle de ciné, je l'avais beaucoup vu en VHS puis DVD ;) Tout à fait subjectivement, ce film est toujours une merveille absolue (et je pense, tout aussi subjectivement et sans vérifier plus avant, que le film a été l'inspi initiale de Stafford pour Pendragon)

Et la séance au Majestic Bastille (excellente salle BTW) était suivie d'un enregistrement d'un épisode du podcast Passion Médiévistes sur le thème "Monstruosités féminines au Moyen Âge" avec notamment l'historienne Justine Breton, sa consoeur Nadia Pla (qui nous a parlé des règles au Moyen Âge, c'était super intéressant) et l'artiste Flor Paichard. Elles ont été assez critiques envers le film, mais d'une façon à mon avis bien argumentée et je ne peux que vous encourager à écouter l'épisode quand il sera en ligne.

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 12:14 pm
par Cuchurv
Harfang2 a écrit : jeu. juin 25, 2026 8:10 am
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm

Par contre je me rends compte que jouer des femmes chevalier en personnage principal doit être compliqué, vu le mode de jeu "dynastique", avec la possibilité de perdre un personnage sur un jet de dé si l'accouchement se passe mal...
L'expérience arthurienne, que ce soit chez Malory, Chrétien de Troyes et tant d'autres n'inclut pas de chevalier féminin.

Si on veut jouer selon le canon, la présence de PJ féminins chevalier est, donc, un non sens.*

Un canon ? Quel canon ? ;) Les légendes galloises ? Malory ? Chrétien de Troyes ? Les auteurs suivants ? Les réinterprétations modernes ? Pour moi le mythe arthurien est comme son nom l'indique un mythe et donc mouvant s'adaptant aux époques. :wub: Prenons l'exemple des 9 preux et des 9 preuses.

Nota Bene avait consacré une émission avec William Blanc sur le mythe arthurien il me semble, c'était fascinant.

Ce qui n'enlève rien à la possibilité de jouer des personnages combattants féminins dont plusieurs possibilité existe:
- L'option  " Lady oscar", le PJ cache son identité féminin et est donc chevalier: ça crée du jeu (j'ai testé, c'était sympa)
- L'option combattant sans rang de chevalier C'est fonctionnel aussi.

Je partageais il y a quelques années ton opinion (et ce fut au passage une de mes motivations pour créer Ynn Pryddein : pouvoir faire jouer des scénarios Pendragon à mon épouse), mais in fine tout n'est qu'une question de choix. Les femmes combattantes dans la société médiévale étaient rares, très rares, mais pas inexistantes. Donc on peut parfaitement admettre une femme comme personnage à Pendragon, quitte à souligner quelquefois des réactions de surprise/rejet (tant que ça ne devient pas lourd pour le joueur/la joueuse).

Sur le reste je rejoins Mugen on peut mourir facilement à Pendragon. J'ajouterais que des PJ qui doivent réagir a la mort d'un enfant, d'un parent, c'est, toujours, aussi des moments à la fois délicat niveau RP mais qui font aussi, le sel d'un monde, certes tendant au merveilleux, mais aussi tout a fait dur.

J'ai fait jouer les phases hivernales en mode rapide à chaque fois, je ne me suis jamais appesanti sur la survie ou la mort des enfants, aussi effectivement si on investit plus de temps ça doit être plus tendu mais intéressant. Il faudra que j'y pense pour la suite de ma campagne. :)

Après un Pj fémin et maternité.... Je crois que je partirai du principe que ça se passe bien... Même si je lance un dé derrière l'écran.
(...)

Hmmm... Je n'y avais pas pensé pour mes trois PJ féminins tiens ! Faudra voir avec les joueurs-ses comment iels le sentent. Après on peut aussi penser à l'adoption d'un neveu ou d'une nièce, devenant héritier-e putatif et reprenant ainsi la gloire de sa tante. Quand tu vois Gauvain par exemple, il est plus présenté comme le neveu d'Arthur que comme le fils de Loth (c'est très celtique). On peut aussi penser au fosterage qui par exemple dans la société celtique développe des liens très forts entre l'éducateur et l'éduqué comparable à des liens de filiation directe (notamment au niveau juridique mais pas que). 8)

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 4:25 pm
par 7Tigers
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm @7Tigers merci pour ces infos et ce résumé! 😀 j'attends le late pledge avec impatience, tout en étant content qu'il soit si long : ça permettra de prendre le temps de réfléchir tranquillement à ce que je voudrai ou pas.
Aucune raison de pas tout acquérir :mrgreen: !
Arthus a écrit : mer. juin 24, 2026 11:47 pm Par contre je me rends compte que jouer des femmes chevalier en personnage principal doit être compliqué, vu le mode de jeu "dynastique", avec la possibilité de perdre un personnage sur un jet de dé si l'accouchement se passe mal...
Quelque soit le jeu Chaosium, et en particulier les jeux avec tables d'accouchement pour PNJs comme Pendragon & RuneQuest, Chaosium a toujours bien précisé que:

. les PJs sont des personnages à part, aussi atypiques que l'on souhaite: bref, tant qu'il y a un accord PJ / MJ, tout est possible!

. les règles de PNJs avec de simples jets de dés ne s'appliquent forcément pas aux PJs, et surtout pas la règles de possibilité de deuil sur naissance. Idem, à voir entre PJ & MJ!

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 4:37 pm
par Sylvestre
Je me permets juste citer ce passage tiré de Chevaliers aventureux (le supplément qui présente des options de création de personnages beaucoup plus vastes que le livre de base) :
La rareté des femmes combattantes dans la littérature arthurienne n'est pas étonnante. En effet, il faut se rappeller qu'à cette époque, on avait seulement commencé à considérer les femmes autrement que comme des machines à bébés. Il s'agissait d'un formidable bond en avant que la société actuelle commence tout juste à accepter.
 Notre point de vue contemporain permet des extrapolations qu'un esprit médiéval ne pouvait imaginer. La légende arthurienne a vécu 1 400 ans parce qu'elle a su s'adapter à son public. A présent, les femmes chevaliers ont certainement leur place dans le Royaume Enchanté.
C'était en 1990.

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 7:01 pm
par Harfang2
Sylvestre a écrit : jeu. juin 25, 2026 4:37 pm Je me permets juste citer ce passage tiré de Chevaliers aventureux (le supplément qui présente des options de création de personnages beaucoup plus vastes que le livre de base) :
La rareté des femmes combattantes dans la littérature arthurienne n'est pas étonnante. En effet, il faut se rappeller qu'à cette époque, on avait seulement commencé à considérer les femmes autrement que comme des machines à bébés. Il s'agissait d'un formidable bond en avant que la société actuelle commence tout juste à accepter.
 Notre point de vue contemporain permet des extrapolations qu'un esprit médiéval ne pouvait imaginer. La légende arthurienne a vécu 1 400 ans parce qu'elle a su s'adapter à son public. A présent, les femmes chevaliers ont certainement leur place dans le Royaume Enchanté.
C'était en 1990.
Ce qui est en partie faux.
La fin, ca me va, chacun fait ce qui veut. 

Les femmes étaient loin, très loin d'être considéré comme des machines à bébés ou des êtres a qui les professions ou même le pouvoir était interdit, ca c'est l'évolution du bas moyen-âge à la révolution bourgeoise du XIX; Le nombre de femmes recensés dans diverses professions au moyen-âge en témoigne, tout comme le nombre de fiefs qui étaient entre leurs mains, même quand ce fut au titre de douaière de leurs enfants mineurs ou, simplement, l'exercant pleinement quand leurs époux étaient éloignés. Les annales des terres saintes qu'a tout moment, la moitié des fiefs était directement entre les mains d'une femme.

Mais ce n'est pas de ça qu'on parle, mais, bien, de l'exercice du combat armée et du titre intial de chevalier, issus de la cavalerie carolingienne et, c'est de cet imaginaire dont parle les légendes arthuriennes et, pour répondre à @Cuchurv concernant le canon, évidemment,je suis le premier a dire qu'on peut y piocher ce qu'on veut et qu'il n'y a pas d'exactitude, de celà nous serons d'accord, mais il y a des constantes, la chevalerie masculine et les rôles sexués en font parties.

Enfin, chacun joue bien comme il veut, mais l'exotique et l'immersion sont, aussi pour moi le fait de ne pas transposer la société contemporaine dans un décorum.
Et d'expériences, Pendragon, fonctionne bien avec des personnages féminins quelles que soit leurs statut et fonctions, tout comme elles peuvent, de diverses manières être combattantes si celà plait a leurs joueuses, la dedans, l'obtention du titre de chevalier n'est pas tant quelque chose qui rajouterait du jeu, mais, au fond, en enlèverait. La différenciation fait partie du jeu, tout comme elle en fait partie quand Kymri et Saxons se détesteront, comme quand le clan de Galles s'opposera au clan d'Orcanie, quand les Chrétiens s'opposeront aux Païens... et, au fond, celà fait ressortir la figure d'unificateur et de pacificateur du Roi, et aussi,  toute la logique du "fin amor" ( J'invite à la lecture de "L'amour et l'occident" de Denis de Rougement). Car, a quoi réponds le "Fin amor"? Le fin amor réponds a ces mariages arrangés et successoraux, il répond a cette supériorité, cette force du guerrier qui peut faire de quiconque sa proie, y compris la femme, et ce fin amor en est la réponse, en créant une race de guerriers se refusant à l'autoritarisme et faisant primer la dévotion, mystique a la femme sacrée, plutôt qu'au désir vis à vis des besoins de la chair. La sexualité se transpose en amour, le désir de la chair ne sera plus Fin mais Moyen, sublimation; Et ce "Fin amor", est un passage de la TGPA, passage engageant, ou le guerre sauvage des âges de l'anarchie, le soldat du roi de l'avénement, le chevalier conquérant des terres étrangères, se fera une nouvelle idôle, la femme, magnifiée et, de fait, presque se sensiblisera, s'ouvrira à la mystique de l'amour... Mieux, cette dévotion sera, aussi, quelque part, une mise à distance de la seule mystique communément admise alors, a savoir la dévotion a Dieu, ou aux dieux. Dévotion à la femme qui sera, quelque part, une libération puisque ce sera là un maître choisi, alors qu'on ne choisit ni son seigneur, ni son roi, ni son épouse, ni son prêtre.
Bref, tout celà, cette différenciation offre du jeu, beaucoup de jeu, jeu permis par un substrat socio-culturel qui, doit, justement être différent du notre.
Enfin, la société féodale est une société de contrainte, pour tous. Le chevalier n'a pas le droit de ne pas réponde à l'ost, pas le droit de décider de ses combats, il a un seigneur, cette soumission à l'ordre social, fait aussi partie de l'expérience que propose le jeu: on y joue pas des personnages libre de leurs actes, des mercenaires, ou des individus coupés de tout lien, des aventuriers, mais des hommes et des femmes liés par leurs serments de loyautés, leurs liens familiaux, leurs attachements.





Bon, une fois que j'ai dit ça, je peux aussi, avec beaucoup d'amusement proposer une version queer:

Arthur refoule son homosexualité pour assurer sa fonction, Lancelot est bisexuel et partagé entre son amour de Guenièvre et sa loyauté envers son roi qui est, en fait, de l'amour, mais il ne connait pas les penchants d'Arthur, Guenièvre est partagé entre ses deux amours, mais ira vers Lancelot quand Arthur lui avouera enfin sa nature, suite a une manigance de Morgane. Notons que Galeholt le haut-prince sera, aussi l'amant de Lancelot celà exprimant leur grande amitié et la mort de ce dernier au moment de la disparition/ mort de Lancelot.
Morgane, elle-même, évidemment aura des rapports avec son frère Arthur, cause de son homosexualité, mais, au fond, celle-ci est-elle traumatique, ou, au cotnre cette homosexualité n'est-telle que le refoulement de cet amour infini qu'il a pour sa soeur?
Franchement, on pourrait beaucoup s'amuser.
Juste nous n'émulerions pas la légende arthurienne dans ses grands archétypes: ce serait une transgression (qui peut être parfaitement assumé) mais une transgression.
 

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : jeu. juin 25, 2026 9:43 pm
par Mugen
Cela étant dit, il y a eu il y a quelques temps de ça un sujet sur le forum de Chaosium dont les auteurs réclamaient que le background de Pendragon soit réécrit pour que 50% des chevaliers deviennent de sexe féminin.

À part ceux qui avaient initié le thread, l'idée n'a pas convaincu...

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : ven. juin 26, 2026 1:12 am
par Arthus
Euh... je pense qu'on s'est mal compris.

@Harfang2, si je trouve tes développements passionnants et que je suis en fait d'accord avec pas mal de choses, je pense que tu interprètes de manière incorrecte mes intentions lorsque tu parles de transposition de notre société contemporaine et de version Queer.

Comme tu le soulignes, une telle approche pourrait effectivement être originale, amusante, intéressante (d'ailleurs il me semble que quelqu'un a ouvert il y a quelques semaines un fil de discussion pour présenter son jeu qui reprend exactement ce concept), mais... ce n'est ni ce qui m'intéresse, ni ce que je recherche (créer des archètypes tellement excessifs qu'ils en deviennent des caricatures peu réalistes, c'est pas mon truc).

J'ai évoqué la possibilité de jouer des femmes-chevalier, en effet, mais ce n'est pas dans cette optique.

En fait, la première question que je me suis posée était : et si j'ai des joueuses, éventuellement débutantes, comment leur "vendre" un jeu comme Pendragon? Comment faire en sorte que tout le monde ait les mêmes options pour s'amuser?

Parce que bon, présenter à une femme le jeu comme "on joue des chevaliers, qui sont des personnages avec un statut supérieur, mais seulement des hommes ou alors il faut se travestir car le monde fêodal êtait inégalitaire et l'idée du jeu est de le jouer strictement et à fond", ça me semble peu vendeur quand même (même si c'est raccord avec le jeu et la culture féodale).

Bien sûr, des joueuses peuvent choisir de jouer un chevalier homme, ou choisir un personnage travesti. Mais cela ne fait-il pas d'elles des "joueuses de seconde zone"?

De là est partie ma réflexion sur la possibilité de permettre des chevaliers féminins, qui a vite rejoint d'autres réflexions plhs historiques/culturelles pour rendre ça crédible et intéressant.


Comme je l'ai dêjà écrit sur ce fil, une thématique qui m'intéresse est de faire écho au contexte celte païen pré-chrétien, voire pré-romain, sur lequel les récits médiévaux se sont construits (tout en y plaquant les biais culturels de l'époque).

Or, si j'en crois certaines lectures (et pas que la série des Fidelma), la société Irlandaise du haut Moyen-âge régie par les lois des Brehons était très égalitaire, avec les femmes qui jouissaient d'un statut similaire à celui des hommes. Au vu de ce contexte, des femmes guerrières (y compris en ce qui concerne le statut de guerrier) me semblent très plausibles, surtout lorsqu'on pense à certaines guerrières celtes célèbres telles que Boudicca ou la reine Maeve, ou à des déesses (et non des dieux!) de la guerre telles que Morrigan.

De plus, les sociétés celtes antiques fonctionnaient beaucoup au clientélisme, qui pouvait se traduire par l'abandon par des guerriers libres de leur personnalité juridique au profit d'un personnage important en paiement d'une dette (les ambacts).

L'un dans l'autre, je me dis qu'une guerrière cliente ou ambact, ce n'est pas exactement la même chose qu'un chevalier féodal, mais le concept est suffisament proche que pour se permettre d'oser l'analogie en en faisant des femmes chevalier.

De ce genre là, visuellement :

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Surtout quand on pense que Pendragon propose des armures de plates, des tournois courtois et le fin'amor au 6e siècle. Après tout, si la légende peut s'affranchir de l'histoire par moments, pourquoi l'histoire ne pourrait-elle pas à son tour s'affranchir de la légende à d'autres moments, dans un même but de produire une histoire intéressante?

Replacé dans la chronologie de la grande campagne, je verrais bien cette thématique de l'évolution du statut de la femme traverser toute la chronologie, tout en servant de contrepoint aux changements sociaux et religieux entre les différentes époques.

Je vois ainsi bien la période Uther très païenne, avec des femmes-chevalier selon le concept décrit ci-dessus. Et puis au fur et à mesure de l'avancée de la chronologie, la Bretagne se christiannise, les femmes perdent peu à peu en statut jusqu'au développement de l'amour courtois qui en fera des objets (et je souligne le mot) d'adoration. Ce qui ferait un magnifique contraste avec des sociétés saxonnes dans lesquelles les femmes conserveraient ce statut, ce qui pourrait paradoxalement paraître attrayant à des femmes chevaliers perdant peu à peu leur statut.

Cela pourrait offrir des perspectives de rôle très intéressantes, je crois (je pense par exemple aux personnages de Hild et de Brida dans la série Last Kingdom).

Bref, l'idée n'était pas d'introduire des quotas, ni de développer une version "LGBTQIA+" de Pendragon, mais plutôt 1) d'offrir les mêmes options à des joueuses potentielles (femmes et filles); et 2) tant qu'à faire, le faire de manière intéressante et crédible en puisant dans ce qui existe (et qui m'intêresse : mes livres "Brehon Laws" et "Old Ways, Old Secrets" achetés en Irlande, j'ai bien envie de les exploiter) même si ça signifie parfois de sortir d'une vision strictement "féodale" ou "Staffordienne" de la lêgende (tout en gardant ouvertes des options du type : "le mari est décédé/porté disparu, et sa femme endosse ses responsabilités, y compris l'armure qui va avec").

D'ailleurs, si ça signifie de permettre des "exceptions culturelles" un peu comme des drows bons dans les royaumes oubliés (autrement dit "de telles exceptions sont très rares, mais il y en a 2 dans le groupe"), je pense que dans le cas où il y aurait des joueuses à table ce serait justifé par des considérations d'amusement du groupe, en plus d'offrir de chouettes perspectives de rôle.

Je pense d'ailleurs que c'était aussi le sens de l'intervention de @Cuchurv .

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : ven. juin 26, 2026 8:15 am
par Mugen
La Bretagne du début de la GPC est aussi beaucoup plus multi-culturelle que celle de sa fin.
En 490, les différences entre Romains, Cymri et Saxons sont assez marquées.
En 550, la chevalerie, ajoutée au règne d'Arthur, a lissé ces différences.

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : ven. juin 26, 2026 8:36 am
par Arthus
Exactement @Mugen, et c'est précisément cet aspect que je (me) proposais d'exploiter pour proposer des options de personnage satisfaisantes à tout le monde tout en respectant au maximum l'esprit du jeu, voire en l'approfondissant. 😀

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : ven. juin 26, 2026 8:20 pm
par Orlov
Pour les curieux anglophones, j'ai repéré grâce rpg.net cet article de la revue en ligne Board Game Academics, une revue de recherche scientifique sur le jeu de société. L'article intitulé 'Around the Round Table: Moral Archaeology in King Arthur Pendragon' est de Camille Des chapelle, une chercheuse en littérature britannique à Georgetown). Elle analyse ce qui distingue Pendragon dans la sphère du ", medievalism" (un ensemble de pratiques visant à recréer ou réinterpréter le Moyen-âge à travers différents médias.
Par rapport au débat qui a occupé ces lieux, elle se contente de noter les évolutions depuis la V5 et rappelle ce que le matériel source dit du rôle des femmes.
Mais c'est la conclusion de l'article que j'ai trouvé frappante sur ce qui fait de Pendragon un jeu si particulier :

"What makes this approach significant is not Pendragon's "accuracy" but what its constraint-based design suggests about engaging the past more broadly. The game's appeal cannot be only nostalgia for "simpler times"—its mechanics are unforgiving, its world morally complex, and its knights vulnerable to random death. Rather, the game's structure offers what postmodern life often lacks: bounded meaning-making. In a medium typically defined by consequence-free fantasy and limitless player agency, Pendragon reintroduces constraint as a generative force. The semi-permeable magic circle becomes a space where players can temporarily live according to different values, then carry that experience into contemporary reflection. Whether individual players experience this as meaningful engagement or simply escapist entertainment will vary, but the design itself proposes that re-enchantment need not require rejecting modernity or abandoning reason. It may only require recovering play as a space where meaning can still be made collectively."

Re: Pendragon et grande campagne

Publié : ven. juin 26, 2026 8:34 pm
par Killing Joke
"Après Arthur", une BD a paraître en septembre chez Le Lombard pour le premier tome de cette série, premier tome intitulé "Le trône et l'épée" . Scénarisé par Olivier Legrand.

https://www.bdfugue.com/apres-arthur-to ... -et-l-epee

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Le roi Arthur est mort. Et avec lui, le rêve d'un royaume uni. Livrée aux complots, aux guerres et aux ambitions rivales, l'île de Bretagne sombre dans le chaos. Dans cet âge crépusculaire, quelques figures de l'ancienne légende refusent de laisser l'héritage du roi s'effacer. Convaincus que la bataille n'est pas terminée... Morgane, Guenièvre, la Dame du Lac, les fils du traître Mordred, sire Bedwyr, fidèle chevalier de la Table Ronde... chacun cherche sa place dans un monde en ruines. Bientôt, Excalibur, l'épée sacrée d'Arthur, devient l'enjeu d'une lutte sans merci : qui sera digne de la porter et de succéder au roi défunt ? Une fresque épique et sombre, dans la veine de Game of Thrones, où la chevalerie vacille entre lumière et ténèbres. Intrigues, batailles et magie ancestrale : bienvenue dans la suite oubliée de la légende arthurienne.