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[CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:01 pm
par Mac Lane
Bonjour,
Pour faire profiter à tous de cet excellent jeu qu'est Pendragon et donner envie à des MJ qui se tâteraient à maîtriser la Grande Campagne, je vous livre les CR de la campagne que je mène depuis environ 1 an maintenant.
BONNE LECTURE (si vous arrivez à tout lire, parce que c'est long quand même...)
Chroniques de Pendragon
1ère époque – Le Règne d'Uther
Episode 0
Les personnages :
Madog de Stapleford – Ecuyer – Culture Cymrique - Religion païenne – Réputé pour sa prudence , sa courtoisie et son éloquence.
Arnold de Baverstock – Ecuyer – Culture cymrique – Religion chrétienne bretonne – Au physique colossal – Réputé pour son aspect repoussant, sa sincérité et sa maîtrise de la grande hache.
Agorix d'Eburacum – Ecuyer – Culture romaine – religion chrétienne romaine – Réputé pour son énergie et son don pour la chasse et la fauconnerie. Citoyen romain d'Eburacum, le père d'Agorix était également vassal du Comte Roderick de Salisbury, c'est donc tout naturellement qu'à ses 15 ans il a été confié au Comte pour y recevoir sa formation d'écuyer.
Dame Adwen – Fille du Duc Lucius de Caercolun – Culture cymrique – Religion païenne – Réputée pour son caractère de garçon manqué, sa maîtrise de l'épée et son empathie avec les animaux.
Résumé de l'épisode :
Année 485 – Mois d'avril
1ère partie :
En ces temps reculés, alors que la pieuvre barbare ébranlait de ses tentacules les derniers remparts de la civilisation, quelques hommes et femmes lutaient pour préserver leur liberté. Uther Pendragon, descendant de Constantin, Haut Roi de Bretagne, était de ceux-là. Brandissant la Bannière au Dragon, lui et son frère Ambrosius, rassemblèrent les hommes libres de la terre de Bretagne pour repousser les envahisseurs pictes, saxons et irlandais, qui pillaient leur contrée et massacraient leurs gens. Désigné Haut Roi par le Collège Suprême, Ambrosius trouva la mort à la bataille de Salisburyy où l'armée Bretonne remporta néanmoins une grande victoire sur les saxons. Naturellement, Uther reprit la tête des chevaliers bretons ; il aspirait à son tour au titre de Haut Roi.
Au sortir de l'hiver de l'an de Grâce 485, les nouvelles n'étaient point bonnes. Les saxons affluaient à nouveau dans l'est, menaçant les frontières du Duché de Caercolun. Le Roi Uther envisageait de porter la guerre dans le Sussex, sur les terres du Roi Aelle, lui-même, mais certains de ses vassaux, dont le Duc Gorlois de Cornouailles, semblaient ne point vouloir honorer leur devoir d'assistance. Il fallait faire vite. Décision fut prise d'envoyer des messagers aux quatre coins du royaume de Logres afin que tous les hommes-liges du roi regroupent leurs troupes et rejoignent Sarum, capitale du Comté de Salisbury, pour le solstice d'été.
Madog, Arnold et Agorix, fiers écuyers du Comté de Salisbury, s'entraînaient sous l’œil sévère de Sire William de Pitton, leur maître d'armes. Ils étaient maintenant en âge de devenir chevaliers et espéraient bien être adoubés avant l'été afin de pouvoir chevaucher avec leurs pairs lors de la bataille à venir. En cette fraîche matinée de printemps, nos trois écuyers chevauchaient sur la route du sud comme si le diable en personne était à leurs trousses. Afin de conclure leur entraînement quotidien sur une note plus ludique, Sire William leur avait proposé de se mesurer dans une course de chevaux, ce que nos fiers écuyers avaient accepté avec plaisir. Sans surprise, c'est le rusé Madog qui remporta la victoire sur ses deux fougueux compagnons. Soudain, alors que les écuyers laissaient leurs montures se désaltérer dans la rivière Avon, au sud-ouest de Sarum, ils entendirent des clameurs de combat provenant de la route royale. N'écoutant que leur courage, ils se précipitèrent en direction des bruits et constatèrent avec stupeur qu'un groupe de cinq voyageurs à cheval était attaqué par une douzaine de guerriers saxons vociférants. Deux des voyageurs semblaient être des chevaliers portant la livrée du Duché de Caercolun, les trois autres étaient vraisemblablement leurs écuyers. Les chevaliers de Caercolun étaient en fâcheuse posture, encerclés par les barbares saxons. Inspirés par leur haine de l'envahisseur, Arnold et Agorix, hurlant leur cri de guerre, chargèrent droit sur l'ennemi. Plus prudent, Madog décida d'attaquer sur le flanc gauche de l'adversaire. Le combat fut rude et nos vaillants écuyers réalisèrent combien il pouvait être dangereux de combattre sans armure. Néanmoins, ils remportèrent une belle victoire et Arnold s'illustra notamment en abattant quatre saxons à grands renforts de moulinets de sa grand hache. Les saxons survivants prirent la fuite et l'un d'eux fut fait prisonnier.
Du groupe de voyageurs, seuls un chevalier et un écuyer survécurent. Le chevalier se présenta comme étant Sire Hector de Caercolun, l'écuyer quant à lui se nommait Adwen. Arnold et Madog remarquèrent rapidement que ce dernier était en fait une jeune femme qui cherchait à camoufler ses traits sous une capuche. Sire Hector finit par leur avouer qu'elle n'était autre que Dame Adwen l'unique héritière du Duc de Caercolun et qu'il avait pour mission de la conduire jusqu'au manoir de Knighton en Salisbury, où résidait sa tante, Dame Plume, sœur du Duc Lucius. Quelqu'un avait dû avoir vent de leur mission car il était très étonnant que des saxons aient pris le risque de les attaquer si prêt de Sarum.
Inquiet quant au devenir de ses élèves, Sire William finit par les rejoindre. Après avoir été informé des derniers événements, il demanda aux écuyers de s'occuper des cadavres, après quoi tous prirent la route de Sarum afin d'aviser le Comte Roderick de la situation. Les écuyers de Salisbury furent félicités par le Comte pour leur bravoure et leur vaillance. Bien entendu, le Comte accorda son hospitalité aux voyageurs venus de Caercolun et après un repos de deux semaines, nécessaire à Sire Hector pour se remettre de ses blessures, il lui proposa de lui fournir une escorte jusqu'à Knighton, ce que le chevalier accepta. Ayant déjà démontré leur valeur, Arnold, Agorix et Madog furent désignés pour accompagner les étrangers.
Le manoir de Knighton était situé dans la forêt de Modron. Pour s'y rendre à cheval, il ne fallait pas compter plus de deux jours en empruntant la route royale reliant Sarum à Wells. Il passèrent leur première nuit de voyage au château de Vagon, où ils partagèrent une agréable soirée en compagnie de Sire Elad, le connétable du Comte. Ils y apprirent notamment qu'une Bête étrange s'en prenait au villageois dans le nord du Comté, aux environs de Tilshead... (mais ceci est une autre histoire).
Le lendemain, ils poursuivirent leur voyage sur la route royale et pénétrèrent dans le Forêt de Modron. Cette forêt avait la réputation d'être hantée par des faës. Des légendes racontaient comment certains voyageurs s'étaient égarés dans les bois alors qu'ils avaient quitté la route et n'étaient réapparu que bien des années après, semblant avoir été épargnés par les ravages du temps. Arrivés au niveau du pont enjambant la rivière Wylie, les compagnons empruntèrent un sentier qui longeait la rivière vers le sud, s'enfonçant plus profondément dans la forêt en direction de Knighton.
Alors qu'ils progressaient la forêt se faisait plus dense et inquiétante, les arbres formant comme un dôme au-dessus de leur tête, leurs branches semblant s'étirer telles des mains griffues pour essayer des les agripper. Dans le sous-bois, la lumière du jour parvenait difficilement à percer les frondaisons, aussi les voyageurs devaient-ils faire preuve de prudence au fur et à mesure qu'ils avançaient.
Agorix et Arnold furent soudain alertés par les aboiements d'un meute de chien semblant poursuivre une proie. Tous deux pensèrent qu'il s'agissait d'une chasse, mais lorsqu'ils ne virent personne arriver alors que les aboiements se rapprochaient, Dame Adwen se souvint de la légende de la Grande Chasse et les mit en garde contre les dangers qu'elle pouvait représenter. N'étant point rassurés, nos compagnons redoublèrent de vigilance, mais après quelques instants, les aboiements cessèrent. Alors, ils aperçurent la créature la plus improbable qu'il leur ait été donné de voir. Elle avait la tête et le cou d'un reptile, le corps d'un caprin ou d'un cervidé et sa taille avoisinait deux fois celle d'un taureau. Le bête se désaltérait calmement dans la rivière. Tétanisés, les vaillants écuyers ne savaient que faire et se demandaient s'il ne convenait pas d'éliminer cette créature démoniaque, lorsqu'instinctivement Dame Adwen frappa dans ses mains pour la faire fuir. Le résultat ne se fit pas attendre, la bête détala vers le sud et les aboiements reprirent comme par magie. Il était évident que c'était la bête elle-même qui émettait ces étranges sonorités.
Au moment même où la bête fuyait, un chevalier armuré et monté surgit des fourrés en hurlant, « Ne la laissez pas partir ! ». Il lança sa monture en direction de la rivière afin d'essayer d'intercepter la bête, mais ce faisant son cheval glissa sur les rochers moussus qui bordaient le torrent et le chevalier fut précipité dans les eaux tumultueuses. Emporté par le poids de son armure, le nouveau venu était promis à une mort certaine. Sire Hector qui était persuadé d'avoir reconnu les armoiries du chevalier comme étant celles du roi Pellinore se porta à son secours, aidé par Arnold, Madog et dame Adwen. Agorix quant à lui avait reconnu le chevalier comme étant le Duc Gorlois de Cornouailles, aussi ne bougea-t-il pas le petit doigt pour aider ce traître. Après moult tentatives, les vaillants compagnons parvinrent à tirer le chevalier des eaux. Dans sa chute, sa tête avait heurté un caillou et il avait perdu connaissance. Lorsqu'il reprit ses esprits, le chevalier reprocha aux jeunes écuyers d'avoir laissé partir la créature qui n'était autre que Galissant, la Bête de Quête. Au grand désarroi d'Agorix, il confirma être le Roi Pellinore. Ce dernier leur expliqua qu'il chassait Galissant depuis des années et que cela lui avait coûté son royaume. Dame Adwen s'enquit de savoir ce qu'était advenu de la famille du roi et celui-ci lui parla de son jeune fils, Lamorak,qu'il aurait tant aimé revoir. La jeune femme lui fit la promesse de donner des nouvelles de Pellinore à son fils, si elle croisait sa route un jour. Après avoir aidé le roi Pellinore à soigner ses blessures, Dame Adwen et son escorte reprirent la direction du sud, tandis que le roi reprenait sa quête éperdue.
Ce n'est qu'en fin de matinée, après une nuit passée dans la forêt, que les voyageurs atteignirent enfin le manoir de Knighton. Il s'agissait d'une tour de bois bâtie à flanc de colline, entourée de quelques chaumières et d'une palissade de bois. La forêt alentour avait été défrichée de manière à laisser la place à des champs cultivés. Au fur et à mesure que les voyageurs approchaient de la tour, les villageois sales, vêtus de guenilles, les dévisageaient tandis que les enfants courraient se réfugier dans les robes de leur mère. Dame Adwen et sa suite se présentèrent à la porte de la palissade où deux gardes équipés de broignes de cuir, de lances et de boucliers les accueillirent. Sire Hector déclina son identité et le motif de sa visite. Aussitôt, l'un des gardes parti quérir leur sergent, un individu de grande taille, à la musculature impressionnante et au visage marqué d'une large cicatrice partant de sa tempe droite pour se perdre quelque part au milieu de sa barbe. L'homme, répondait au nom de Graid, il les conduisit jusque dans la grande salle du manoir afin qu'ils y rencontre Dame Plume. Celle-ci les rejoignit assez rapidement et lorsqu'elle aperçut sa nièce, elle se précipita pour la serrer dans ses bras. Adwen lui expliqua que son père, craignant que la guerre contre les saxons ne ravage Caercolun, avait décidé de la confier à ses bons soins le temps que les choses se tassent. Dame Plume lui répondit qu'elle et son escorte étaient les bienvenus et qu'elle pouvait se considérer ici comme chez elle. Une chambre fut attribuée à Adwen et Sire Hector, alors que les écuyers de Salisbury furent conduits jusqu'au bâtiment hébergeant les domestiques où ils purent se reposer en attendant le souper.
Dans l'après-midi, Arnold décida d'aller se recueillir dans la chapelle du manoir. Chemin faisant, il remarqua Graid faisant partir un pigeon de la volière située au sommet de la tour, mais n'y prêta guère plus attention. Dans la chapelle, il rencontra le père Elmius, un curé de village quelque peu timide mais au demeurant fort sympathique. Les deux compères discutèrent un peu de religion et Arnold montra au vieux prêtre une relique chrétienne dont il avait hérité de son père et qui était réputée être le Doigt de Saint-Pierre en personne. Lorsqu'il vit l'objet sacré, le père Elmius en fut tout chamboulé et accorda aussitôt une confiance sans borne au jeune écuyer. Il lui raconta notamment qu'il suspectait Dame Plume de comploter avec les saxons contre son frère, le Duc Lucius, afin de faire monter son jeune fils, Joffrey, sur le trône de Caercolun. Ainsi selon lui, Dame Plume pourrait bien souhaiter la mort d'Adwen afin de faciliter ses projets. Elmius mit également Arnold en garde contre Graid et le capitaine des gardes de Knighton, Sire Alfar, deux individus sournois et violents qui semaient la terreur parmi les petites gens.
Fort de ce qu'il venait d'apprendre, Arnold réunit ses compagnons de route afin de les prévenir des risques qu'ils courraient. Alors qu'ils pensaient conduire Dame Adwen vers un abris sûr, ils venaient bien malgré eux de la plonger dans la gueule du loup...
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:02 pm
par Mac Lane
2ème partie :
En cette fraîche après-midi d'avril, alors que les nuages s'amoncelaient sur le village de Knighton, un groupe de cinq personnes s'était rassemblé sous un vieux chêne noueux. Les villageois qui travaillaient aux champs les regardaient du coin de l’œil, comme s'ils s'attendaient à ce que ces étrangers venus de la capitale accomplissent quelque folie qui aurait pu les arracher à la torpeur et la misère de leur quotidien. Le temps paraissait comme suspendu aux décisions futures de ces voyageurs.
Dame Adwen n'en croyait pas ses oreilles. Elle ne pouvait pas admettre que sa propre tante complote contre elle. Même s'il n'avait aucune preuve, Arnold semblait pourtant certain de ce qu'il avançait. Il n'était pas envisageable de remettre en question la parole d'un serviteur de Dieu. Sire Hector, le protecteur de Dame Adwen, semblait quant à lui mieux comprendre pourquoi ils avaient été attaqués par les Saxons sur la route de Salisbury. Néanmoins, les compagnons devaient trouver des preuves de la trahison de Dame Plume.
Dame Adwen décida d'aller parler à son cousin Joffrey afin de jauger de son degré d'implication dans le complot. Elle trouva celui-ci dans ses appartements. Joffrey était un enfant de onze ans qui avait hérité la pâleur et la blondeur de sa mère. Mince, de petite taille, il était néanmoins doté d'un caractère bien affirmé qui se lisait dans son regard bleu acier. Joffrey n'avait gardé aucun souvenir de son père, décédé alors qu'il n'avait qu'un an. Sire Alfar avait alors endossé le rôle de figure paternelle pour le jeune garçon. Dame Adwen compris rapidement que Joffrey avait grandi dans la certitude que tout lui était dû, il avait l'habitude que l'on cède à ses moindres caprices et ne supportait pas la contradiction. En devisant, elle en vint à lui parler de sa rencontre avec la Bête de Quête et du Roi Pellinore qui la chassait depuis des années. L'enfant n'éprouva que du mépris pour ce chasseur médiocre qui n'avait pas réussi à attraper sa proie après tout ce temps. Il implora Dame Adwen de le conduire jusqu'à cette Bête afin que lui, Joffrey, puisse la capturer. Voyant là une occasion unique de découvrir ce qui pouvait se tramer aux abords de Knighton, Adwen n'eut aucun mal à convaincre le jeune garçon qu'il serait peut-être amusant d'organiser une chasse à la Bête dès le lendemain.
Pendant ce temps, Arnold, que la faim tenaillait encore malgré l’en-cas servit par les domestiques à leur arrivée, se rendit aux cuisines afin de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Il y rencontra Cuistote, la cuisinière, avec laquelle il put discuter longuement. La matrone lui confirma que Sire Alfar et ses sbires faisaient régner la terreur à Knigthon depuis la mort de l'époux de Dame Plume. Elle se considérait comme chanceuse de vivre au manoir et de jouir d'un statut qui lui permettait d'échapper à la violence des soudards. Il en allait différemment pour les villageois qui étaient quotidiennement soumis aux injustices les plus flagrantes. Dame Plume semblait étonnement distante, accordant sa confiance à Alfar et le laissant gérer les affaires courantes. La menace saxonne se rapprochant, les villageois étaient néanmoins obligés d'accepter le joug d'Alfar et de ses sbires car eux seuls pourraient les protéger lorsque les envahisseurs menaceraient le village. Qui d'autre pourrait s'inquiéter d'un village aussi reculé que celui de Knighton ? Intrigué par les propos de Cuistote, Arnold lui demanda pourquoi elle craignait que les saxons ne s'en prennent à Knighton. Sur le ton du secret, elle lui avoua que certains paysans affirmaient avoir croisé des saxons dans les bois plus au sud. Le dernier en date étant le petit Peter, fils de Maggy la bergère, qui lui avait rapporté avoir vu des saxons à une journée de Knighton, il y a moins d'une semaine. De plus en plus intrigué par les propos de Cuistote, Arnold lui demanda de lui indiquer où il pouvait trouver Peter.
Agorix et Madog, quant à eux, se promenèrent un peu dans le village afin de glaner quelques rumeurs. Agorix constata notamment que les terres étaient mal entretenues et se fit un devoir de réfléchir au meilleur moyen d'optimiser les ressources de ce fief. Ses origines romaines faisaient de lui un érudit et un gestionnaire avisé. Il fut surpris d'apprendre de la bouche d'un paysan que la personne chargée du rôle d'intendant à Knighton n'était autre que Graid, le sergent de la garde. Bien résolus à discuter avec Graid, Agorix et Madog partirent à sa recherche. Ils ne tardèrent pas à découvrir le sergent dans la cour du manoir, occupé à réprimander un jeune serviteur qui avait renversé au sol des sacs de grain. Le soudard semblait furieux, hurlant sur le pauvre enfant qui était recroquevillé au sol, tremblant. Il saisit le pauvre gamin par le col et le souleva d'un seul bras au dessus du puits, menaçant de le précipiter au fond. Prudent, Madog observa la scène impassible, alors qu'Agorix poussé par son sens aiguë de la justice, interpella Graid en lui demandant de reposer l'enfant sur le champ. Contenant sa rage avec peine, le sergent reposa l'enfant qui détala sans demander son reste. La mâchoire crispée par la fureur, Graid articula quelques mots, expliquant qu'il n'avait pas de temps à accorder aux écuyers. Agorix et Madog ayant cependant de la suite dans les idées, ils le suivirent jusqu'à ce qu'il veuille bien leur accorder un peu de temps. Agorix ayant compris que Graid s'occupait de la volière située au sommet de la tour, il engagea la discussion en ce sens. Il apprit ainsi que la volière contenait des pigeons mais également un faucon et un autour appartenant à Sire Alfar. Passionné de fauconnerie, Agorix demanda au sergent s'il pourrait venir nourrir les oiseaux avec lui, ce que le sergent accepta. Fatigué par le voyage, Madog préféra se retirer pour se reposer un peu avant le souper.
Dans le village, Arnold n'eut aucun mal à trouver le jeune Peter qui jouait avec un groupe d'enfants. A la vue de l'affreux géant se déplaçant vers eux, sa grande hache sur l'épaule, les enfants prirent peur et coururent se cacher. Arnold parvint néanmoins à retrouver Peter. Effrayé par l'écuyer au physique repoussant, le garçon arrivait à peine à articuler. Arnold tenta de gagner sa confiance, mais Peter était bien trop impressionné. L'écuyer changea alors de tactique, se montrant menaçant, il parvint à apprendre que Peter avait effectivement repéré un camp saxon dans les bois à une journée du village, une semaine auparavant. L'enfant demanda cependant à Arnold de ne parler de ce secret à personne, il était terrorisé car ce jour là, il avait également vu Sire Alfar s'entretenir avec les saxons. L'écuyer jura qu'il ne dirait rien à la condition que Peter accepte de le conduire jusqu'au campement des barbares.
Pendant ce temps, Agorix et Graid étaient montés au sommet de la tour pour nourrir les oiseaux. Le romain fut surpris de voir qu'outre le faucon et l'autour, la volière comprenait également une deuxième cage contenant une dizaine de pigeons. Graid lui expliqua que ces oiseaux servaient notamment à communiquer avec Sarum, Knigthon étant un village isolé. Cette explication semblait pour le moins étonnante, Arnold lui ayant dit avoir vu partir un pigeon vers le sud dans l'après-midi alors que Sarum se trouvait au nord-est.
Alors que la cloche de l'église sonnait vêpres, les habitants du manoir se rassemblèrent dans la grande salle pour le souper. Une jeune fille tentait de divertir l'assistance en jouant quelques airs à la flûte, mais elle parvenait difficilement à retenir l'attention de l'assistance tant celle-ci était monopolisée par le bruyant Sire Alfar qui se comportait comme le véritable maître des lieux. Outre une impolitesse flagrante, le chevalier se distinguait par ses prises de position particulièrement choquantes sur le question saxonne. Selon lui, le seul à avoir jamais compris comment contenir les saxons était le Haut-Roi Vortigern. La tension était à son comble autour de la table lorsque Joffrey intervint, pleurnichant auprès de sa mère pour qu'elle accepte qu'une chasse à la Bête de Quête soit organisée le lendemain. Dame Plume accepta et il fut convenu que la chasse partirait le lendemain dès l'aube.
Au petit matin, le groupe de chasseurs quitta donc le village pour s'enfoncer dans les bois en direction du sud. La petite troupe comprenait Dame Adwen, Sire Hector, Agorix, Madog, Arnold, Sir Alfar, Graid, Joffrey et cinq domestiques accompagnés de chiens. Mis à part les domestiques, tous étaient montés, équipés de pourpoints de cuir et d'épieux. Méfiants, les jeunes écuyers de Salisbury avaient néanmoins pris soin d'empaqueter leurs épées et armures dans des couvertures fixées aux selles de leurs chevaux. Après avoir chevauché jusqu'en milieu de matinée, les chasseurs firent une halte. Joffrey geignait et se plaignait d'être fatigué. Il voulait qu'on lui ramène Galissant sur le champ. Soudain les chiens se mirent à aboyer, ils avaient flairé une piste qui remontait vers le nord. Les domestiques partirent à leur suite, suivi de Joffrey, Alfar, Graid et Hector. Adwen et les écuyers restèrent quant à eux en arrière. Ils attendirent que les autres se soient suffisamment éloignés, puis ils revêtirent leurs armures et prirent la direction du sud, bien décidés à trouver l'emplacement du camp saxon.
Ils suivaient un sentier longeant la rivière en direction du sud depuis une bonne heure lorsque Dame Adwen remarqua un saxon embusqué dans un arbre. Le barbare ne semblait pas s'être aperçu qu'il avait été remarqué, il attendait que les voyageurs le dépassent pour donner le signal à ses comparses tapis dans les fourrés alentours. Adwen et ses compagnons s'écartèrent du sentier pour se rapprocher de la rivière peu profonde. Ils remarquèrent alors que d'autres saxons étaient embusqués dans les buissons sur l'autre rive. Madog et Agorix abaissèrent leurs lances et chargèrent à travers la rivière en direction des saxons. Arnold fit de même mais à pied, brandissant son immense hache au-dessus de sa tête et hurlant tel un fou de guerre. Adwen quant à elle resta en arrière prête à recevoir le saxon embusqué dans l'arbre s'il lui prenait l'idée de vouloir les prendre à revers. Les barbares furent surpris de la réaction des écuyers et ne purent rien faire d'autre que se défendre dans un premier temps. Rapidement, le combat tourna à l'avantage des guerriers cymriques inspirés par leurs passions. Même Dame Adwen fit de grandes prouesses face au premier saxon qu'elle avait débusqué. Alors que le combat faisait rage des cris de guerre retentirent, accompagnant la cavalcade de Sire Alfar et Graid qui se ruaient dans la mêlée. Derrière eux couraient les serviteurs accompagnés de leurs chiens. L'espace d'un instant Dame Adwen se sentit soulagée par l'arrivée de cette aide inespérée, mais rapidement elle comprit que quelque chose clochait. C'était elle la cible des cavaliers !
Inspirée par l'amour de sa famille, elle reçu la charge de Sire Alfar sans vider ses étriers. En revanche, elle prit de plein fouet la charge de Graid et se retrouva projetée au sol, blessée au poitrail, le flanc endolori par la chute, un étrange goût métallique dans la bouche. Le combat redoubla d'intensité, Arnold, Agorix et Madog accourant pour porter secours à Dame Adwen. Les domestiques lâchèrent leurs chiens, qui même s'ils ne constituaient pas un réel danger pour les écuyers armurés, rajoutèrent encore à l'intensité de la mêlée. Agorix fut grièvement blessé en affrontant Sire Alfar. Luttant contre l'inconscience, il parvint à le gêner suffisamment pour permettre à Dame Adwen de lui porter le coup de grâce. D'un revers de l'épée, elle le décapita sans autre forme de procès. Graid quant à lui se retrouva aux prises avec Arnold et Madog. Le sergent malgré sa force et sa hargne eut beaucoup de difficultés à faire face aux attaques brutales du géant cymrique et aux coups ajustés de son rusé compagnon. Il finit par succomber, brisé par un coup de hache magistral ayant détruit son bouclier et fracassé sa poitrine. Ne demandant pas leur reste, les paysans prirent leurs jambes à leur cou.
Le danger écarté, Agorix sombra dans l'inconscience. Ses compagnons prirent le temps de panser ses blessures avant de s'occuper des leurs puis de reprendre la route de Knigthon. Ils rejoignirent le village au crépuscule. Les gardes de faction firent rapidement prévenir Dame Plume du retour de la chasse. La maîtresse des lieux accourut, apparemment soulagée de revoir sa nièce. Elle était fort inquiète car Joffrey avait été retrouvé seul dans l'après-midi errant non loin du village. Adwen lui raconta ce qu'il s'était passé. Apprenant la trahison d'Alfar et de Graid, Dame Plume se sentit mal, recherchant un peu de protection dans les bras de Madog. Ce dernier n'était pas dupe mais ni lui ni ses amis n'avaient de preuve de la complicité de Dame Plume dans le complot dont ils venaient d'être victimes. Adwen fit part à sa tante de son intention de quitter Knigthon pour requérir la protection du Comte Roderick de Salisbury. Agorix fut confié aux bons soins du Père Elmius qui lui administra des soins suffisants pour lui permettre de voyager. Dans la nuit, Dame Adwen réalisa que Sire Hector avait disparu, elle ne l'avait pas revu depuis qu'ils s'étaient séparés dans la forêt et en déduisit qu'il avait dû être tué par Alfar et Graid.
Le voyage de retour vers Sarum fut plus long que l'aller, les écuyers devant s'arrêter régulièrement pour permettre à Agorix de se reposer. Il leur fallut plus de trois jours pour rejoindre la capitale. Sire William fut surpris de voir ses élèves revenir blessés et accompagnés de Dame Adwen. Mis au courant des derniers événements, il les conduisit jusqu'au Comte Roderick afin qu'ils puissent lui faire un compte rendu détaillé de leurs aventures. Le Comte envoya aussitôt des hommes en direction de Knighton afin de repousser les saxons installés dans la forêt. De même il promit à Adwen que même s'il n'avait pas de preuve de la trahison de Dame Plume, il entendait lui trouver rapidement un époux afin de remettre de l'ordre dans le fief de Knighton. Il invita ensuite les écuyers à se soigner et se reposer afin qu'ils soient prêts pour les cérémonies d'adoubement qui auraient lieu à Pâques...
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:03 pm
par Mac Lane
3ème partie :
En cette belle journée de Pentecôte, la plupart des seigneurs et des dames du Comté de Salisbury étaient rassemblés à la cour de Sarum pour assister aux festivités organisées par le Comte Roderick. Cette année encore seraient adoubés plusieurs écuyers qui n'avaient pas démérité et dont la valeur serait nécessaire en vue des batailles à venir contre les saxons. En effet, les barbares, plus actifs que jamais, se pressaient aux frontières de Logres. Dans l'est, le duché de Caercolun était la cible de nombreux pillards et le duc avait déjà rassemblé son armée pour les affronter au sud de Colchester. Le Roi Uther, cependant, ne lui enverrait aucun secours car il envisageait de profiter de la mobilisation des forces saxonnes dans l'est pour livrer bataille sur les propres terres du Roi Aelle, en Sussex. C'était un pari risqué mais louable. Si le roi parvenait à défaire le Bretwalda sur son fief, les saxons seraient désorganisés et plus faciles à vaincre.
Dame Adwen était effrayée à l'idée que sa famille se retrouve seule à Caercolun pour faire face aux saxons. Le choix du Roi Uther lui paraissait risqué et elle n'aimait pas savoir que ce choix se faisait au dépend de ses proches. Néanmoins, sa loyauté passait avant l'amour qu'elle portait à sa famille. Son père l'avait éduquée en ce sens et elle saurait se montrer forte et digne. Il le fallait d'autant plus que le Comte Roderick avait choisi de l'élever elle aussi au rang de chevalier. Même si secrètement elle avait toujours espéré pouvoir rejoindre la chevalerie, elle n'avait jamais pensé que son rêve puisse se réaliser. Elle s'était entraînée comme un homme à monter à cheval ou à manier l'épée, mais son père voyait dans son goût pour les arts guerriers une simple lubie qui lui passerait une fois en âge de pouvoir se marier. Il n'en était rien, Adwen ne voulait pas rester une faible femme attendant patiemment dans son manoir le retour de son époux parti au combat. Elle aussi voulait goûter au parfum des combats et de l'aventure. Lorsque le Comte Roderick lui avait annoncé sa décision de l'adouber, elle en fût si surprise qu'elle n'osa même pas s'interroger sur les raisons qui pouvaient le motiver. Tout ce qui comptait, c'était qu'à son tour elle puisse rejoindre cette noble confrérie. Qu'importe les cancans et les « qu'en dira-t-on », elle se montrerait digne de l'honneur que lui faisait le comte.
La voix du héraut criant le nom de son ami Madog tira Adwen de ses réflexions. La cérémonie d'adoubement avait commencé. Tour à tour, les écuyers furent appelés à s'agenouiller devant le trône du comte. Tour à tour, ils prononcèrent le serment du chevalier. Tour à tour, ils reçurent l'accolade et se virent remettre leurs éperons, leur écu et leur épée. Lorsque ce fut au tour d'Adwen de s'approcher du trône, un murmure parcourut l'assemblée. Elle n'en avait cure, le buste droit, la tête haute, elle se présenta devant son seigneur et prononça le serment qui les lierait jusqu'à la mort.
Sire Adwen se redressa, pourvue de ses éperons d'or, armée de son écu et de son épée, et rejoignit ses compagnons d'armes, Sire Madog, Sire Agorix et Sire Arnold, eux aussi promus au rang de chevaliers. La foule rassemblée dans le Grand Hall suivit les jeunes chevaliers jusqu'à l'extérieur où les attendaient leurs montures. Il était maintenant temps de se livrer au rituel ancestral du « saut » qui voulait qu'un chevalier tout juste adoubé saute sur le dos de son cheval lancé au galop. Sire Madog et Sire Arnold se lancèrent les premiers mais ne réussirent qu'à déclencher les éclats de rire de la foule lorsqu'ils chutèrent lourdement dans la boue. Sire Agorix et Sire Adwen réussirent en revanche leur saut et furent longuement applaudis.
Les festivités se poursuivirent ensuite tout au long de la journée. De nombreux nobles, accompagnés de leurs suites, avaient déjà rejoint Sarum car le Roi Uther avait décrété que tous les seigneurs de Logres devaient y rassembler leurs armées au plus tard pour le solstice d'été. Un ville de tentes s'était donc dressée dans les faubourgs de la cité. Parmi les nobles présents, se trouvait notamment Sire Caulas de Tilshead qui avait succédé à son père, sire Amig, à la suite des agissements d'une Bête qui avait causé grand trouble sur son fief. Selon les rumeurs, le pauvre Sire Amig aurait été dévoré vif par la créature. Le jeune noble était venu accompagné de son armée composée de quelques chevaliers et fantassins, mais également d'un soudoier picte à l'allure rustre et vulgaire qui suscitait haut-le-cœurs et quolibets sur son passage. Le picte se nommait Uvan. Feu Sire Amig l'avait recruté pour l'aider à chasser la Bête et une fois l'affaire réglée, Sire Caulas l'avait gardé à son service pour la bataille à venir.
Le picte regardait d'un œil amusé tous ces gens qui, se pensant civilisés, le regardait de haut. Leurs grands airs ne parvenaient pas à cacher la peur exprimée par leurs regards, la peur de l'autre, la peur de ce que l'on ne connaît pas. Il avait assisté aux cérémonies d'adoubement qui lui avait rappelé les rites d'initiation de son propre peuple, même si ces derniers étaient plus frustres, moins solennels. Il avait particulièrement apprécié le courage de ce Comte Roderick qui avait passé outre les conventions sociales pour élever une femme à la dignité de chevalier. Dans son peuple, il n'était pas rare que les femmes guerroient aux côtés des hommes, c'était une question de survie.
Le lendemain des festivités, Sire William vint quérir Sire Madog pour le conduire devant le Comte Roderick. Le comte reçut le jeune homme dans ses appartements et lui expliqua qu'il souhaitait qu'il prenne pour épouse Dame Plume, la châtelaine de Knigthon, afin de remettre de l'ordre dans ce fief. Il souhaitait également que Madog prenne pour écuyer le jeune Joffrey. Le comte confia au chevalier qu'il avait toujours pu compter sur sa famille, et qu'il était assuré de son indéfectible loyauté. Madog était abasourdi. Il savait qu'un jour il aurait dû prendre une épouse, mais il pensait avoir encore du temps devant lui et il aurait voulu épouser une dame pour laquelle il éprouvait de réels sentiments. Or voilà que son seigneur-lige le mettait dans les griffes de cette Dame Plume dont la tromperie n'avait d'égale que la beauté. Il ne pouvait néanmoins refuser. Son serment de chevalier le contraignait d'agir selon le bon vouloir de son seigneur. Au moins ce mariage lui permettrait-il d'accroître ses terres. Il fut convenu que les épousailles ne seraient organisées qu'une fois l'été achevé.
Dans les jours qui suivirent, Sire William présenta aux jeunes chevaliers leurs écuyers et leur donna pour consigne de s'entraîner jusqu'au solstice d'été. C'est durant cette période qu'ils firent la connaissance d'Uvan, le picte, et qu'ils apprirent à l'apprécier.
Au solstice d'été, la population de Sarum avait été décuplée. L'armée d'Uther était sur le pied de guerre. Tous les seigneurs de Logres s'étaient rassemblés, prêts à en découdre avec l'envahisseur. Tous sauf un, le Duc de Cornouailles, qui n'avait pas daigné honorer son devoir d'assistance envers son suzerain. Les pairs de Bretagne étaient courroucés d'un tel manquement aux règles féodales mais il serait temps de traiter ce problème une fois la question saxonne réglée. L'armée se mit donc en branle vers le sud-est. C'était une troupe immense forte de deux mille guerriers et d'au moins autant de civils : cuisiniers, pages, forgerons, manants, vagabonds et profiteurs …
Les deux armées se firent face sur la plaine de Mearcred Creek. Sire Agorix, Sire Arnold, Sire Madog, Sire Adwen et Sire Uvan avait été affectés à l'unité commandée par Sire William. La troupe comprenait également cinq autres chevaliers ainsi que leurs écuyers. Intégrée dans le bataillon conduit par le Comte Roderick, leur rôle serait de charger à l'avant-garde sur le flanc droit de l'ennemi, tandis que le Roi Uther chargerait le centre avec le bataillon principal. La nuit précédant les combats fut longue et peu reposante. Les hommes s'étaient regroupés par unités autour des feux de camp. Pour se donner du courage et oublier les grondements des tambours saxons retentissant de l'autre côté de la plaine, certains entonnaient quelques chants guerriers tandis que d'autres s'enivraient. La plupart tentait de trouver le sommeil, mais celui-ci tardait à venir. Et lorsqu'enfin il consentait à se manifester, c'était souvent pour piéger les guerriers dans quelque cauchemar effrayant. Au petit matin, les cors sonnèrent comme une délivrance. Dans le camp, une activité frénétique ne tarda pas à se manifester. Les écuyers sanglaient les montures, vérifiaient armes et armures. Les chevaliers adressaient une dernière prière à leur Dieu, quel qu'il soit.
Avec le jour, une brume épaisse avait recouvert la plaine. Au loin, on entendait les troupes saxonnes se mettre en place avec force roulements de tambours et hurlements provocateurs. Le brouillard empêchait de les dénombrer avec précision mais d'après le bruit, ils devaient être des milliers. La gorge et l'estomac noués, les guerriers bretons se rassemblèrent en une ligne interminable, au sommet d'une colline qui surplombait la plaine. Face à eux se tenait un roi, leur roi, Uther Pendragon. D'une voix calme et puissante, il sut trouver les mots pour les rassurer et les galvaniser.
Alors que les rayons du soleil chassaient peu à peu la brume, l'avant-garde conduite par le Comte Roderick, descendit la colline au pas, puis lorsqu'elle distingua enfin les troupes adverses passa au trop. L'unité de Sire William était en tête. Les jeunes chevaliers chevauchaient croupe contre croupe au rythme des battements de leurs cœurs. Ils distinguaient maintenant très nettement les barbares qui leur faisaient face, des brutes immenses aux barbes tressées et aux chevelures hirsutes. Leurs corps musclés étaient couverts de peaux de bêtes et de leurs haches ils frappaient leurs boucliers de bois pour impressionner leurs adversaires. « Chevaliers ! Chargez ! », cria Sire William. Les chevaliers lancèrent leurs montures au galop, ajustèrent leurs écus, abaissèrent leurs lances, se préparant à l'impact imminent. Leurs adversaires, de simples Ceorls armés de javelots, ne pourraient pas résister à une telle déferlante de métal et d'acier. C'est alors que les chevaux de tête ralentirent, brisant d'un seul coup toute la force d'inertie accumulée par la charge. A l'endroit où l'avant-garde devait percuter la ligne adversaire, la plaine n'était qu'un immense bourbier marécageux. Les chevaux ne pouvaient plus avancer qu'au pas et avec grande difficulté. Les fiers chevaliers, si sûrs d'eux quelques instants avant, assistèrent impuissants à la charge des saxons. Fort heureusement, les ils disposaient du sérieux avantage d'être montés face à un ennemi à pied, ce qui leur permit de limiter les pertes pendant un premier temps. Le terrain en revanche ne leur permettait pas de manœuvrer comme ils le voulaient et rapidement ils furent cernés par leurs adversaires. Une deuxième unité de saxons, des Heorthgeneats lourdement armés et armurés, chargea l'unité de Sire William sur le flanc. Sire Arnold posa pied à terre pour pouvoir utiliser sa grande hache face à ces ennemis mieux armurés. Sire Adwen, Sire Madog et Sire Uvan combattaient comme de beaux diables au milieu de mêlée, distribuant de grands coups d'épées du haut de leurs chargeurs. Sire Uvan, néanmoins, était moins équipé que ses compagnons, et rapidement son armure de cuir bouilli ne suffit plus à le protéger des haches ennemis. Grièvement blessé, il continuait néanmoins à combattre, défiant la mort à chaque instant. Les compagnons se sentaient submergés par le nombre, incapables d'avancer. Soudain, la trompe du héraut retentit, sonnant la retraite pour l'unité de Sire William. En bon ordre, resserrant les rangs, les chevaliers se replièrent vers l'arrière de la bataille. Les pertes étaient lourdes, sur les dix chevaliers constituant l'unité, trois avaient été tués, trois autres avaient été capturés et les autres étaient blessés. Le maître d'armes harangua les survivants, les exhortant à se regrouper pour porter sus à l'ennemi. A l'avant, l'unité du Comte Roderick était cernée, engluée dans un combat terrible face à l'élite des guerriers saxons ; elle devait également subir sur ses flancs le harcèlement d'archers barbares. N'écoutant que leur courage, faisant fi des blessures et du découragement, Sire William et ses hommes chargèrent les archers. Surpris, ces derniers opposèrent peu de résistance aux chevaliers bretons, et Sire Arnold s'offrit même le luxe de s'emparer de leur étendard. Les archers saxons battus et découragés, détalèrent pour laisser place à la même unité de Heorthgeneat que les chevaliers avaient affrontée au début de la bataille. Les saxons étaient maintenant bien moins nombreux et pour la plupart blessés. Les chevaliers chargèrent. Sire Arnold et Sire Adwen engagèrent le porte-étendard et sa garde. Sire Madog et Sire Uvan, quant à eux, choisirent d'attaquer le chef d'unité, espérant ainsi porter un coup sérieux au moral des troupes. L'homme, un géant au crâne chauve et à la barbe blonde tressée, n'entendait cependant pas se laisser tuer si facilement. D'un revers de sa hache, il fracassa le crâne de Sire Uvan, tandis que Sire Madog mordait la poussière après une malheureuse charge à la lance. Se relevant et constatant la mort de son compagnon, Sire Madog, submergé par la haine et la rage, se jeta sur son adversaire. Il ne parvint cependant à la vaincre qu'avec l'aide de Sire Arnold qui l'avait rejoint. Au moment où le chef saxon s'écroulait, mort, les cors de l'armée bretonne sonnaient le repli. La bataille était finie. Chacun n'avait plus qu'à ramasser ses morts et ses blessés, mais déjà tous savaient qu'aucune victoire n'avait été remportée. Les pertes étaient lourdes dans les deux camps et aucun avantage n'avait été tiré des combats. Réalisant l'ampleur du désastre, abasourdi par ses échecs et la mort de son ami, Sire Madog fut emporté par la folie, il fuit le champ de bataille pour ne jamais revenir. Sire Adwen, Sire Agorix et Sire Arnold avaient quant à eux survécu à leur première bataille mais ils réalisaient avec amertume quel était le coût de la gloire et de la liberté.
Meurtris, épuisés, les jeunes chevaliers regagnèrent leurs terres pour y passer l'hiver. L'heure n'était plus aux flagorneries, il fallait s'entraîner d'arrache-pied car l'année à venir promettait d'être propice aux arts guerriers.
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:04 pm
par Mac Lane
Chroniques de Pendragon
1ère époque – Le Règne d'Uther
Episode 1 – Année 486
Les personnages joués :
Arnold de Baverstock – Chevalier – Culture cymrique – Religion chrétienne bretonne – Au physique colossal – Réputé pour son aspect repoussant, sa sincérité et sa maîtrise de la grande hache.
Adwen de Caercolun – Chevalier – Fille du Duc Lucius de Caercolun – Culture cymrique – Religion païenne – Réputée pour son caractère de garçon manqué, sa maîtrise de l'épée et son empathie avec les animaux. Adoubée par le comte Roderick suite à la trahison de sa tante, Dame Plume de Knighton.
Taran – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture picte – Religion animiste. Frère de Sire Uvan. A servi dans l'armée royale lors de la bataille de Colchester. De retour a appris la mort de son frère et a rejoint Sarum afin d'en découvrir les circonstances. S'est mis au service du Comte Roderick pour venger son frère et tuer un maximum de saxons.
Les personnages hors-jeu :
Agorix d'Eburacum – Chevalier – Culture romaine – religion chrétienne romaine – Réputé pour son énergie et son don pour la chasse et la fauconnerie. Citoyen romain d'Eburacum, le père d'Agorix était également vassal du Comte Roderick de Salisbury, c'est donc tout naturellement qu'à ses 15 ans il a été confié au Comte pour y recevoir sa formation d'écuyer.
Les personnages disparus :
Madog de Stapleford – Chevalier – Culture Cymrique - Religion païenne – Réputé pour sa prudence , sa courtoisie et son éloquence. Devenu fou suite à la bataille de Mearcred Creek, a disparu dans les bois.
Uvan – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture Picte – Religion animiste – Avait été recruté par Sire Amig de Tilshead afin de chasser la Bête qui terrorisait ses terres. A la mort de Sire Amig, est resté au service de son fils. A participé à la bataille de Mearcred Creek où il a perdu la vie après avoir défait de nombreux ennemis.
Résumé de l'épisode :
1ère partie : Le Lac de l'Epée – Mars 486
Cela faisait quelques semaines que Taran avait rejoint Sarum. A la cour, gente-dames et chevaliers avaient été surpris par l'arrivée de ce barbare couvert de peaux au beau milieu de l'hiver. Il suffit néanmoins qu'il se présenta comme le frère d'Uvan, dont tous avaient entendu conter les exploits suite à la bataille de Mearcred Creek, pour s'assurer une place à la table du Comte. Lorsqu'il apprit les circonstances de la mort de son frère, Taran mit sa lance au service du seigneur de Salisbury dans l'espoir de pouvoir le venger dans les combats à venir face aux saxons.
Avec l'arrivée du printemps, Taran sentait l'heure de la revanche approcher. D'après les rumeurs, le roi Uther rassemblait à nouveau ses troupes pour aller porter secours au Duc Lucius de Caercolun dont l'armée était submergée par les barbares. Taran espérait bien faire partie de l'ost pour pouvoir massacrer un maximum de saxons. Peut-être pourrait-il même affronter, leur roi, Aëlle, qu'il tenait pour responsable de la mort de son frère.
Durant ces quelques semaines passées à la cour, Taran avait put faire la connaissance de certains des vassaux du Comte Roderick, et plus particulièrement d'Adwen, héritière du Duc de Caercolun, chevalier de Salisbury et pupille du comte. Il appréciait cette jeune fille au caractère bien trempé et même si dans sa culture il était commun que les femmes portent les armes, il trouvait étonnant qu'un seigneur kymrique ait accepté de l'élever au rang de chevalier. Il faut dire qu'Adwen était loin de ressembler aux autres femmes bretonnes. Non dépourvue de beauté, elle était également dotée d'un caractère affirmé et d'un solide jeu d'épée qui lui permettait de rivaliser en adresse et en fanfaronnade avec n'importe lequel des chevaliers de la cour. Elle était également respectée pour son lignage. Son père, l'un des vingt-huit légats de Bretagne, siégeait au Collège Suprême et affrontait vaillamment les saxons au nord-est, garantissant ainsi la sécurité des frontières de Logres. Adwen, sans nouvelles de ses proches depuis plus d'un an, s'inquiétait pour eux. Elle savait son père toujours en vie mais aurait tout donné pour se tenir à ses côtés. Elle avait entendu les rumeurs selon lesquelles le Roi Uther envisageait de porter son armée en Caercolun pour prêter assistance au duc Lucius et attendait avec impatience de pouvoir chevaucher vers le nord.
Suite à la disparition de Sire Madog lors de la bataille de Mearcred Creek, le Comte Roderick avait décidé, lors de la cour d'hiver, de confier la gestion du fief de Knighton à Adwen. Dame Plume, dont il souhaitait offrir la main à Madog, avait été envoyée à l'abbaye d'Amesbury et le fief avait désormais besoin d'un nouveau seigneur. Adwen étant la plus proche parente de Dame Plume et son cousin Joffrey étant trop jeune pour hériter, il était donc naturel que ces terres lui reviennent.
Lorsque le temps se fit plus clément et que les températures se réchauffèrent, chevaliers et écuyers commencèrent à affluer à Sarum. Parmi eux se trouvait Sire Arnold de Baverstock qui, après un hiver enfermé dans son manoir à s'entraîner d'arrache-pied, avait soif de batailles et d'aventures. A nouveau le Comte Roderick rassemblait son armée pour prêter assistance au Roi Uther et Arnold espérait bien en être.
A Pâques, l'armée de Salisbury était sur le pied de guerre mais Taran, Arnold et Adwen n'en faisaient pas partie. Ils avaient été choisis pour rester en Salisbury et patrouiller aux frontières alors que le gros des troupes serait plus au nord. Taran et Adwen, fort déçus par cette nouvelle, avaient demandé audience au Comte, espérant le faire changer d'avis, mais rien n'y fit. Adwen se consola quelque peu lorsqu'elle apprit que leur patrouille serait conduite par Sire William, leur mentor et compagnon d'armes, dont elle appréciait de plus en plus la compagnie.
Quelques jours après, la petite troupe quitta donc Sarum en direction de la Digue d'Ambrosius. Arrivés au nord des bois de Colingbourne, il croisèrent la route d'un étrange vieillard qui tenait à la main un corde cassée. Le vieillard semblait désemparé. Il expliqua aux chevaliers que sa chèvre préférée avait réussi à briser son lien et s'en était allée. Il avait bien essayé de la rattraper, mais ses vieux os l'en avaient empêché. Le vieillard implora les chevaliers de bien vouloir l'aider à retrouver sa chèvre. Intrigués les chevaliers s'interrogeait sur la conduite à adopter, mais Sire Adwen finit par assurer le vieil homme de leur aide. Ce dernier leur indiqua une colline au sommet de laquelle ils pouvaient distinguer l'animal dont la taille semblait exceptionnelle. Les chevaliers gravirent la colline. Adwen, forte de son empathie naturelle avec les animaux, faillit la capturer mais fut dérangée par l'intervention d'Arnold qui effraya la bête. La chèvre galopa vers la forêt. Sire William, Adwen et Taran partirent à sa suite, alors qu'Arnold restait au sommet de la colline afin de ne pas l'effrayer à nouveau. Il constata alors qu'il n'était pas seul. Il avait été rejoint par le vieillard. Surpris, Sire Arnold proposa au vieil homme de manger un morceau en attendant que ses compagnons reviennent avec sa chèvre.
La trace de la bête conduisit les chevaliers jusque dans la forêt où ils l'entendirent soudain hurler. Accélérant le pas, les chevaliers découvrirent que la chèvre avait été embrochée par une créature affreuse dont la taille dépassait celle de deux hommes. Humanoïde, sa tête était parée de trois yeux et d'une paire de cornes. Sa face distordue et sale n'était qu'une parodie de visage humain. Ses membres lourds et épais étaient aussi larges que les troncs des arbres alentours. La pauvre bête qui avait conduit les chevaliers jusqu'ici se débattait, empalée sur les cornes du géant. N'écoutant que son courage, Sire Adwen fit irruption dans la clairière pour sauver le pauvre animal. Le géant se débarrassa de la chèvre d'un coup de tête et ramassa un rocher qu'il projeta sur le chevalier. Le tir mal ajusté fut néanmoins facile à éviter pour Adwen. Elle tira alors son épée et se rua au combat, découvrant avec horreur que sa lame entamait à peine la peau épaisse du monstre. Sire William et Taran qui étaient restés à cheval arrivèrent à la suite d'Adwen. Ils ajustèrent leurs lances et à leur tour se lancèrent dans la mêlée. Le géant avait arraché un arbre qu'il balançait sur ses adversaires en de grands moulinets comme s'il eut s'agit d'une massue. Sire William parvint néanmoins à lui porter un coup magistral, lui arrachant une partie de l'appendice génital. Fou de rage et de douleur, le géant redoubla de violence. Chancelant, il faucha de son gourdin le chevalier et sa monture, les projetant à plusieurs mètres de hauteur avant qu'ils ne retombent au sol dans fracas d'os et de métal. Atterrés Taran et Adwen se lancèrent à nouveau dans la bataille avec l'énergie du désespoir. Sire Arnold, alerté par les clameurs de combat ne tarda pas à rejoindre ses compagnons. Le combat fut rude, mais l'horrible créature ayant été bien affaiblie par sire William, les chevaliers parvinrent rapidement à la neutraliser. Son corps tomba lourdement au sol, l'impact faisant trembler la terre sur plusieurs dizaines de mètres. Ivre de rage, Adwen s'acharna sur la face putride du monstre jusqu'à ce qu'elle soit calmée par ses compagnons.
A peine se remettaient-ils de leurs émotions que les chevaliers de Salisbury eurent la surprise de constater que le vieillard les avait rejoint. Ce dernier ne semblait pas impressionné par le corps de géant allongé au milieu de la clairière, pas plus qu'il ne semblait porter attention au corps désarticulé de Sire William. Alors que Sire Arnold tentait maladroitement de lui expliquer que sa chèvre avait été éventrée par le géant, le vieillard leur dit d'une voix sibylline : « Bravo, très impressionnant ! Je pense que vous le ferez. » Les compagnons eurent alors la surprise de voir ses traits se modifier pour laisser place à ceux d'un personnage qu'il n'avait jamais vu mais dont ils avaient déjà entendu conter les exploits : Merlin l'Enchanteur. Sans leur laisser le temps de parler ou de réfléchir, Merlin leur dit : « Suivez-moi, la Bretagne a besoin de vous ! » Les chevalier laissèrent écuyers et chevaux dans la clairière près du corps de Sire William et de la dépouille du géant, puis il suivirent le mage.
La forêt alentour avait pris un aspect inquiétant. La lumière diurne peinait à traverser les frondaisons et une brume étrange avait subitement envahi les lieux. Merlin conduisit les chevaliers jusqu'aux abords d'un lac. Dévalant une pente caillouteuse, il leur dit « Faites votre devoir chevaliers ! Protégez moi ! » A peine avait-il prononcé ces mots qu'un chevalier étrange sortit des eaux du lac. Revêtu d'une armure de couleur verte et chevauchant une monture au pelage tout aussi vert, il brandissait une épée dégoulinant de vase. Semblant se jouer des obstacles, il se rua sur les chevaliers alors que Merlin en profitait pour s'esquiver et rejoindre une petite barque échouée sur la berge. Les chevaliers de Salisbury reçurent la charge du chevalier vert. Ils constatèrent avec horreur que deux bras supplémentaires lui avaient poussé au dessous des premiers, et que chacun tenait une épée. Le combat s'engagea. Si le chevalier vert était rapide et les déplacements de sa monture surnaturels, ses coups n'en étaient pas moins précis et puissants. Arnold reçut une vilaine blessure qui faillit bien lui briser l'échine, mais les efforts combinés des compagnons leur permirent de venir à bout de cet ennemi féérique dont chacune des blessures laissait échapper une gerbe d'eau là où la nature aurait plutôt voulu qu'il s'agisse d'un sang rubicond. A peine le coup fatal lui fut-il porté que le chevalier et sa monture se dissolvaient en une flaque d'eau et de vase.
Reprenant leur souffle et soignant leurs blessures, les chevaliers de Salisbury s'inquiétèrent enfin de ce qu'il était advenu de Merlin. Il remarquèrent alors sa frêle embarcation au centre du lac. Soudain au travers des brumes il distinguèrent, une main perçant la surface des eaux miroitantes. Une main féminine recouverte d'écailles d'argent qui brandissait l'épée la plus extraordinaire qu'il leur eut jamais été donné de voir. Une épée dont la lame scintillait de mille feux. L'enchanteur se saisit de l'arme et la glissa dans les pans de sa robe, alors que la main replongeait dans les eaux sombres du lac. Étrangement la barque fit demi-tour, se déplaçant de son propre chef vers la berge sans que Merlin n'esquisse le moindre mouvement. Lorsque le canot toucha la rive, Merlin en descendit. « Devoir accompli, chevaliers ! La Bretagne a maintenant une dette envers vous. », leur dit-il. D'un pas vigoureux, il rejoignit la clairière où écuyers et chevaux avaient été laissés. Le corps du géant avait mystérieusement disparu. Merlin soigna les chevaliers blessés, il ne pouvait en revanche rien faire pour Sire William dont l'âme avait déjà quitté le corps. Il ne semblait d'ailleurs pas s'émouvoir qu'un preux chevalier ait perdu la vie dans des circonstances si étranges. « Il a donné sa vie pour servir la Bretagne », expliqua-t-il à Adwen qui s'interrogeait encore sur les intentions de l'enchanteur. Malgré les questions des chevaliers, les quelques réponses du mage restèrent évasives et énigmatiques. Après avoir ingurgité une décoction que Merlin appelait « thé », ils finirent par s'endormir d'un sommeil merveilleux et réparateur. Au petit matin, l'enchanteur avait disparu.
Les chevaliers reprirent la route de Sarum afin de relater leurs aventures au Comte Roderick et ramener la dépouille de Sire William. Leur suzerain fut consterné d'apprendre la mort de l'un de ses meilleurs chevaliers. Arnold, fidèle à sa réputation de sincérité, ne cacha rien de l'aventure qu'ils venaient de vivre. Le comte se montra surpris de l'étrangeté de l'intervention de Merlin, mais il remercia les jeunes chevaliers pour leur bravoure et leur dit que l'enchanteur avait toujours servi la Bretagne avec fidélité et que même si ses desseins pouvaient sembler obscurs, il était certain qu'il n'avait d'autre motivation que l'intérêt général. Le comte annonça que les obsèques de Sire William seraient célébrées dès le lendemain. Les chevaliers devraient ensuite rejoindre le manoir de Pitton afin de remettre les armes de leur mentor à sa veuve, dame Jocelyn et à son fils, Dalan.
Le lendemain, devant la cour rassemblée, Adwen déclama un discours magnifique célébrant la vaillance et le comportement exemplaire de Sire William. Le soir, un festin fut servi afin d'accompagner le guerrier vers sa dernière demeure. Simon, l'écuyer de Sire William, profita des festivités pour faire part aux compagnons des dernières volontés de son maître. William aurait voulu que les chevaliers prennent en charge l'éducation de son fils, s'il venait un jour à disparaître. Arnold jura d'honorer les dernières volontés de son ami et mentor.
2ème partie : Le Linceul de Noctua
Après une nuit de repos, les chevaliers et leurs écuyers prirent la route de Pitton en compagnie de Simon et de leurs écuyers. Ils avaient pour projet de rejoindre dans un premier temps le manoir de William afin d'y rencontrer sa veuve, puis de se rendre à l'abbaye de Noctua où étudiait Dalan, le fils de leur défunt compagnon.
La route jusqu'à Pitton passait par le hameau de Noctua et même si les chevaliers n'avaient pas prévu de s'y arrêter, le destin en avait cependant décidé autrement. A hauteur de Noctua, ils remarquèrent une épaisse de colonne de fumée noire qui s'échappait de l'abbaye. Les villageois et les sœurs étaient rassemblés et luttaient pour éteindre les dernières flammes d'un incendie. En questionnant les manants, les chevaliers apprirent qu'en fin de nuit l'abbaye avait été attaquée par des pillards saxons. Les barbares n'avaient pas hésité à tuer plusieurs nonnes et avaient dérobé le Linceul de l'abbé Marcus, une relique chrétienne. Lorsqu'il entendit parler de saxons, le sang de Taran ne fit qu'un tour. Il descendit de cheval et commença à observer les alentours de l'abbaye, examinant les corps et recherchant des traces. Ses talents de chasseur lui permirent de trouver rapidement les traces laissées par un groupe d'une dizaine de cavaliers ayant pris la route du sud. Il trouva également le corps d'un saxon au crâne fracassé. Intrigués par les découvertes de leur ami, les chevaliers interrogèrent l'abbé sur les circonstances de l'attaque. Ils en arrivèrent rapidement à la conclusion que les agresseurs avaient un comportement étrange pour des saxons :
Ils se déplaçaient à cheval, ce qui n'est pas vraiment dans les habitudes de ces barbares.
Ils utilisaient des arbalètes.
Ils s'étaient adressés à l'une des soeurs en breton.
Ils semblaient n'être intéressés que par le Linceul alors qu'ils auraient pu piller l'abbaye et les habitations des villageois.
Alors que les chevaliers s'interrogeaient sur la conduite à adopter, une troupe de cavaliers fit irruption dans le hameau. Il s'agissait d'hommes d'armes provenant du manoir de Pitton, conduits par Sire Roland, le cousin de William, et Dame Jocelyn en personne. L'épouse de Sire William, inquiète pour son fils, avait voulu faire le déplacement jusqu'à Noctua lorsqu'elle avait appris que l'abbaye avait été la cible d'une attaque saxonne. Elle fut rassurée lorsque le jeune Dalan, sain et sauf, se jeta dans ses robes. Sire Arnold, toujours fidèle à sa franchise naturelle, se fit un devoir de lui raconter comment son époux était mort au combat. Il ne lui épargna aucun détail et il fallut qu'Adwen fasse preuve de toute son éloquence pour calmer la jeune veuve choquée. Lorsqu'elle lui remit les armes de son époux, Dalan comprit à son tour que son père n'était plus. Ivre de rage et de douleur, il cracha au visage d'Adwen l'horreur qu'il avait de cette chevalerie qui avait tenu son père éloigné de lui pendant toutes ces années et qui avait fini par le lui voler. A nouveau, Adwen dû déployer des trésors de diplomatie et de sagesse pour calmer le garçon.
Leur devoir accompli, les chevaliers décidèrent de partir à la poursuite des pillards saxons. Il ne fallait pas traîner car les barbares avaient déjà plusieurs heures d'avance. Sire Roland proposa de les accompagner. Ils chevauchèrent durant une bonne journée en direction du sud-est, atteignant les frontières du comté de Salisbury à la nuit tombée. Alors qu'ils cherchaient un lieu pour établir leur campement, ils rencontrèrent une troupe de saltimbanques avec lesquels ils sympathisèrent. L'un d'eux, dénommé Elijah le Conteur, se montra fort intéressé par Adwen. Selon ses dires, c'était la première fois qu'il rencontrait une femme chevalier. Particulièrement inspiré, il proposa à la jeune femme de l'accompagner afin qu'il puisse composer une ode à la gloire de la « belle au mantel d'acier ». D'abord dubitative, Adwen finit par accepter.
C'est donc avec un nouveau compagnon que le groupe repris sa route le lendemain matin. En fin de journée, ils arrivèrent en vue d'un village entouré de champs mal entretenus. Les vilains occupés dans les champs semblaient fatigués et craintifs. Le groupe s'approcha de l'un d'eux afin de lui demander à qui appartenaient ces terres. Le manant répondit qu'elles étaient la propriété de Sire Aeron, un chevalier qui s'était approprié le manoir situé à quelques lieues d'ici à l'orée de la forêt. En insistant, les chevaliers apprirent que Sire Aeron dirigeait une troupe de mercenaires qui sous prétexte de protéger les paysans des invasions saxonnes se livraient à toutes sortes de déprédations et réclamaient des impôts exorbitants. Les villageois paraissaient craindre le chevalier tout autant qu'ils le vénéraient.
Taran constata que la piste qu'ils suivaient depuis Noctua s'enfonçait maintenant dans la forêt. La végétation dense interdisait toute progression à cheval, aussi les chevaliers abandonnèrent-ils leurs montures à la garde de leurs écuyers. Dans les bois, ils découvrirent la présence d'un camp saxon. Les barbares semblaient avoir subit une attaque récemment car ils étaient peu nombreux et blessés. Profitant du manque de vigilance de ces derniers, persuadés qu'il s'agissait des pillards de Noctua et inspirés par leur haine des saxons, Taran, Adwen et Roland chargèrent. Surpris, les saxons ne purent résister et furent massacrés jusqu'au dernier. Malgré leurs supplications, même les blessés furent achevés. Atterré par une telle sauvagerie, Sire Arnold préféra s'éloigner et ne pas se mêler de ce combat. Sa haine des saxons n'était pas assez forte pour qu'il accepte de se comporter comme les barbares qu'il combattait.
Une fois le combat terminé, les chevaliers durent se rendre à l'évidence. Ces saxons n'étaient pas ceux qui avaient attaqué l'abbaye de Noctua. Le linceul était introuvable et ils n'avaient ni chevaux ni arbalètes. Cherchant de nouvelles traces, Taran découvrit la piste laissée par des cavaliers qui avaient manifestement combattu les saxons avant de longer la forêt vers le sud, en direction de vieux manoir délabré siégeant sur une colline. En s'approchant du manoir, alors que le soleil déclinait, les chevaliers distinguèrent la silhouette d'un chevalier en armure noire se tenant dans l'embrasure de la porte principale. Alors que les chevaliers commençaient à gravir la colline, le chevalier disparut à l'intérieur de l'habitation. Une fois au sommet, les chevaliers explorèrent les lieux. Le hall principal, fait de pierre et de chaume, ne comprenait que trois pièces en enfilade : une cuisine, une grande salle et un dortoir. Le plafond et l'un des murs du dortoir étaient partiellement effondrés, mais les reliefs de repas et les provisions dans la grande salle et la cuisine ne laissaient aucun doute sur le fait que les lieux étaient encore occupés. Une porte à l'arrière de la cuisine donnait sur une vaste cour dans laquelle se trouvait les écuries, un petit cimetière et un verger. Dans les écuries, les chevaliers découvrirent plusieurs chevaux mais aucune présence humaine. Se dirigeant ensuite vers le cimetière, ils découvrirent que les tombes étaient celles du seigneur des lieux et de sa famille. Bizarrement, l'une des tombes était ouverte comme si elle avait été creusée mais jamais rebouchée. Grâce à ses quelques connaissances en latin, Adwen put déchiffrer les inscriptions sur les pierres tombales. La tombe ouverte était celle de Sire Aeron, le seigneur qui semblait effrayer les villageois de la région. Dubitatifs, les chevaliers s'interrogeaient sur le sens de ces tombes lorsqu'une voix sourde provenant du verger retentit.
« Soyez les bienvenus nobles chevaliers ! Jusqu'où seriez-vous prêts à aller pour sauver la Bretagne ? ». Dans le verger, un homme à la stature imposante se tenait debout, vêtu d'une armure d'un noir d'ébène dont les pièces épousaient parfaitement les formes de son corps. Son visage à la peau laiteuse était percé de deux yeux rougeoyant tels les feux de l'enfer. Sous son bras gauche, il tenait un heaume parodiant les traits d'un animal à cornes. Autour de lui, attachés à des arbres, les corps d'une dizaine de chevaliers à des états divers de décomposition constituaient un public muet. Dans chacun des corps était plantée une épée à la lame ensanglantée. Le chevalier Aeron enfila son heaume et retira l'une des épées, la brandissant en direction des chevaliers. « Répondez chevaliers ! La lutte contre les barbares ne supportent aucune faiblesse. » . Dans son dos, le vent faisait voleter le Linceul de Noctua dont il s'était drapé, tel une cape. Horrifiés, les chevaliers de Salisbury réalisèrent qu'ils avaient été dupés. Le chevalier Aeron les avaient attirés ici afin de les sacrifier sur l'autel de sa folie. Adwen et Arnold tentèrent de le raisonner. La lutte contre l'envahisseur saxon ne pouvait se faire au prix du sacrifice de valeureux chevaliers. Ce n'était que folie que prétendre lutter contre l'ennemi en tuant des alliés dont la présence pouvait s'avérer cruciale dans les batailles à venir. Aveuglé par son chagrin, Sire Aeron ne voulait rien savoir, les saxons avaient massacré sa famille et devaient payer, quel que soit le prix. Levant à nouveau son épée, il chargea en direction des chevaliers. S'apprêtant à recevoir l'assaut de leur adversaire, les chevaliers furent surpris par une volée de carreaux tirés dans leur direction. Tous furent blessés et se replièrent en direction du grand hall pour ne pas affronter le chevalier Aeron à découvert. Ce dernier avait des alliés prêts à l'aider dans sa folle quête, les chevaux dans les écuries auraient dû leur mettre la puce à l'oreille. Tandis qu'Adwen, Taran et Roland se repliaient dans le manoir. Arnold fit le tour des écuries pour prendre les arbalétriers à revers. Sire Aeron poursuivit les fuyards dans le manoir. Au niveau de l'entrée principale, il engagea le combat avec Adwen et Roland. Taran quant à lui enfourcha sa monture, profitant du fait que leur adversaire était fixé par ses compagnons pour préparer une charge à la lance. Sa première charge fut parfaite. Elle atteint le chevalier noir au poitrail et perfora son armure. Le félon tomba au sol, mais malgré la puissance du coup, parvint à se relever, faisant toujours face à Adwen et Roland. Pendant ce temps, Sire Arnold occit un arbalétrier d'un coup de grande hache bien ajusté. Les autres, inquiétés par le géant qui les coursait, ne parvinrent pas à rejoindre leur seigneur à temps. La résistance héroïque d'Adwen et Roland face à Sire Aeron, permit à Taran d'éloigner sa monture pour préparer une nouvelle charge. A nouveau il porta un coup parfait, empalant le chevalier noir sur la lance et trainant son corps pantelant sur plusieurs mètres. Voyant leur seigneur défait, les arbalétriers se rendirent et furent fait prisonniers. Les chevaliers de Salisbury avaient réussi. Ils récupérèrent le Linceul de Noctua et reprirent la route en direction de Sarum afin de rendre compte de leurs aventures à leur suzerain et lui remettre les prisonniers. Cette aventure les avait néanmoins marqués, les amenant à s'interroger sur le sens de leur serment de chevalier. Jusqu'où peut-on aller pour défendre une cause que l'on croit juste ? Doit-on obéir aveuglément à son seigneur-lige quelles que soient les circonstances ? Tant de questions qui les taraudaient et auxquelles les réponses n'étaient pas évidentes.
Sur le chemin, les chevaliers firent halte à Noctua afin de restituer le Linceul aux religieuses. Il s'arrêtèrent également au manoir de Pitton où Dame Jocelyn leur accorda l'hospitalité. Sire Arnold s'excusa d'avoir manqué de tact lors de leur dernière entrevue et lui demanda si elle accepterait de lui confier l'éducation de Dalan lorsque celui-ci serait en âge d'être écuyer. Dame Jocelyn accepta, reconnaissant en Arnold un homme au coeur pur et honnête.
Alors que le Comte Roderick et ses troupes prenaient la route du nord pour rejoindre l'armée royale à Caercolun, nos chevaliers restèrent à Sarum pour un repos bien mérité. Finalement, le service de garnison n'était pas aussi routinier que l'on pourrait le penser...
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:04 pm
par Mac Lane
Chroniques de Pendragon
1ère époque – Le Règne d'Uther
Episode 2 – Année 487
Les personnages joués :
Arnold de Baverstock – Chevalier – Culture cymrique – Religion chrétienne bretonne – Au physique colossal – Réputé pour son aspect repoussant, sa sincérité et sa maîtrise de la grande hache.
Adwen de Caercolun – Chevalier – Fille du Duc Lucius de Caercolun – Culture cymrique – Religion païenne – Réputée pour son caractère de garçon manqué, sa maîtrise de l'épée et son empathie avec les animaux. Adoubée par le comte Roderick suite à la trahison de sa tante, Dame Plume de Knighton.
Taran – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture picte – Religion animiste. Frère de Sire Uvan. A servi dans l'armée royale lors de la bataille de Colchester. De retour a appris la mort de son frère et a rejoint Sarum afin d'en découvrir les circonstances. S'est mis au service du Comte Roderick pour venger son frère et tuer un maximum de saxons.
Agorix d'Eburacum – Chevalier – Culture romaine – religion chrétienne romaine – Réputé pour son énergie et son don pour la chasse et la fauconnerie. Citoyen romain d'Eburacum, le père d'Agorix était également vassal du Comte Roderick de Salisbury, c'est donc tout naturellement qu'à ses 15 ans il a été confié au Comte pour y recevoir sa formation d'écuyer.
Elijah le Conteur – Barde – Culture cymrique – religion païenne – Réputé pour la magie de sa harpe et le charme de sa voix, il a juré de conter les aventures de Sire Adwen, la Dame d'Acier.
Dame Aileen de West Lavington – Enchanteresse – Culture cymrique – religion païenne – Fille unique du châtelain de West Lavington et d'une princesse irlandaise, elle est dotée du Don de Double Vue au grand dam de son père qui veut faire d'elle une vraie princesse chrétienne. Elle a eu une vision de l'Epée de Victoire dans les mains d'un enfant qui sera un jour le Haut Roi de Bretagne. Elle sait qu'Uther n'est pas l'élu. Elle s'est jurée de tout faire pour trouver l'enfant de sa vision.
Les personnages disparus :
Madog de Stapleford – Chevalier – Culture Cymrique - Religion païenne – Réputé pour sa prudence , sa courtoisie et son éloquence. Devenu fou suite à la bataille de Mearcred Creek, a disparu dans les bois.
Uvan – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture Picte – Religion animiste – Avait été recruté par Sire Amig de Tilshead afin de chasser la Bête qui terrorisait ses terres. A la mort de Sire Amig, est resté au service de son fils. A participé à la bataille de Mearcred Creek où il a perdu la vie après avoir défait de nombreux ennemis.
Résumé de l'épisode :
1ère partie : Le Banquet de l'Epée Légendaire – Noël 486
En cette fête de Noël de l'An de Grâce 486, le Roi Uther Pendragon tenait sa cour à Sarum, capitale du Comté de Salisbury. Tous les grands pairs du royaume de Logres, les dames, les chevaliers, les marchands, les troubadours et autres colporteurs avaient rejoint la cité pour profiter des festivités et entrapercevoir le Roi et sa suite. Tous les vassaux du Comte Roderick étaient bien entendus présents. Parmi eux se trouvaient nos héros.
Le Banquet de Noël avait commencé à sixte et n'était toujours pas terminé pour les vêpres. Les plats et les toasts s'étaient enchaînés, entrecoupés de chants, de danses et de divers numéros de jongleries et autres pitreries. Chacun cherchait à oublier dans la liesse générale les ravages de la guerre contre les saxons. Le royaume était désuni et les barbares en profitaient pour le ravager. Heureusement cervoise, hydromel, bières et vins épicés faisaient leur effet et lorsque les premiers cadeaux furent échangés chacun ne songeait plus qu'à s'amuser. Après que le Comte eut récompensé ses vassaux, les gens de sa maison et ses proches, ce fut au tour du Roi Uther d'en faire autant. Les présents étaient plus somptueux les uns que les autres. Les Comtes puis les Ducs offrirent à leur tour leurs présents au Roi, encore plus prestigieux que les précédents. De nouveaux mets furent ensuite déposés sur les tables et les festivités reprirent de plus belle.
Soudain, la fête fut interrompue par la voix du héraut annonçant l'arrivée de Merlin, Grand Enchanteur et Gardien de la Bretagne. Le silence se fit dans l'assemblée, chacun observant le nouveau venu, avec crainte et admiration.
Merlin prit la parole pour féliciter et flatter le Roi quant à la splendeurs des présents qu'il venait de recevoir. Il entreprit alors un discours sur les vertus d'Uther et sur le fait qu'un si grand homme ne méritait rien d'autre que le meilleur. Il extirpa alors de sa robe une épée à la lame si pure qu'elle brillait de mille éclats. Son rayonnement forçait l'émerveillement de l'assemblée et plongeait les nobles dans un respect craintif. Merlin tendit la lame à Uther en s'écriant « Pour le Haut Roi ! Excalibur, l'Epée de Victoire ! » Le Roi saisit l'épée lentement, comme s'il craignait de la toucher. Puis, d'un geste ample, il la dressa d'une main au-dessus de sa tête. Dans l'assistance, les murmures laissèrent place aux hourras, aux applaudissements et aux cris de joie. Brandissant toujours l'épée qui semblait rayonner encore plus vivement, le Roi annonça d'une voix puissante : « Me voilà maintenant équipé pour rendre visite à certains de mes « amis » ! » Les festivités reprirent de plus belle.
Plus tard, le Roi réclama le silence. S'adressant au Comte Roderick, il lui demanda de lui désigner les héros qui avaient aidé Merlin à retrouver l'Epée de Victoire. Le Comte se tourna alors vers Sire Arnold, Sire Adwen et Sire Taran qui étaient attablés non loin et leur demanda de bien vouloir se lever pour conter à l'assemblée l'Aventure du Lac de l'Epée. C'est Sire Adwen qui fut désignée par ses camarades pour raconter la façon dont ils avaient protégé Merlin alors que ce dernier recevait l'épée de la main d'une fée surgit des eaux. Les héros furent acclamés par la foule.
Lorsque la fatigue commença à se faire sentir, alors que certains s'étaient déjà endormis à même la table, le Roi Uther et le Comte Roderick s'approchèrent de Sire Agorix. Fort de sa nouvelle épée, le Roi avait de grands projets. Il entendait se servir de l'Epée de Victoire pour obtenir le soutien des seigneurs du nord pour être élu Haut-Roi. Dès le gros de l'hiver passé, il entendait se rendre sur les terres du Duc de Lindsey afin d'y réaffirmer son autorité. Il souhaitait par ailleurs qu'une ambassade soit envoyée en Malahaut afin de proposer une alliance au Roi Centurion, Héraut d'Après, et l'inviter à venir visiter la cour d'Uther. Natif d'Eburacum, Sire Agorix était tout désigné pour cette mission. Le jeune chevalier n'hésita pas longtemps avant d'accepter l'honneur qui lui était fait. Cette mission diplomatique lui permettrait de plus de revoir sa famille resté en Malahaut. Bien entendu les héros ayant participé à l'Aventure du Lac de l'Epée seraient également membres de cette ambassade.
Lorsqu'elle apprit que les Héros de l'Epée allaient quitter Sarum, Dame Aileen demanda à les rencontrer. Elle avait accompagné son père, Sire Hywel de West Levington, au festivités de Noël. Ce dernier espérait qu'elle y rencontre quelque noble prince qui voudrait bien l'épouser. Or, Dame Aileen fut extrêmement surprise de voir Merlin extirper de sa robe, l'épée lumineuse qu'elle avait vue en rêve. Il faut préciser que Dame Aileen était dotée du Don de Double Vue. Fille d'une princesse irlandaise, elle avait gardé de sa mère une opulente chevelure rousse et un talent certain pour les choses surnaturelles, au grand désarroi de son père qui entendait faire de son unique enfant une bonne chrétienne. Durant le banquet de Noël, elle avait pu s'entretenir avec Sire Adwen et elle était convaincue de l'avoir vue lors de son rêve prémonitoire. Si elle voulait trouver le futur Haut-Roi, elle devait l'accompagner. Il ne restait qu'à convaincre son père.
2ème partie : L'Ambassade de Malahaut – Printemps 487
Une fois les fêtes de fin d'année terminées, le Roi Uther pris le chemin du nord accompagné d'une suite impressionnante. Le voyage jusqu'à Lincoln dura environ un mois, en passant par l'intérieur des terres afin d'éviter les pillards saxons. Le climat encore rude et froid rendait l'expédition pénible, mais la présence du Roi et d'Excalibur semblait écarter les dangers et réchauffer les cœurs.
Bien que l'hiver fut terminé, l'accueil du Duc de Lindsey fut plutôt glacial. Contraint par les règles de l'hospitalité et son devoir de vassal, il réserva néanmoins un accueil correct à la suite royale. Lorsque le Roi dévoila Excalibur, l'atmosphère s'échauffa. Les seigneurs locaux semblaient éblouis par l'aura de l'Epée de Victoire. Alors que la rumeur parcourait l'assemblée, Elijah le Barde conta l'extraordinaire Aventure du Lac de l'Epée. Puis à la demande du Roi, Merlin prit la parole pour narrer la légende d'Excalibur. Alors que sa voix grave résonnait dans la Grand Salle, l'Epée de Victoire irradiait de plus belle, imposant le silence. Etrangement, l'attitude du Duc envers Uther se fit plus chaleureuse. Le Roi venait d'obtenir un nouveau soutien.
Mais pour nos héros, l'aventure ne faisait que commencer, il leur fallait maintenant atteindre Eburacum pour convaincre le Roi du Malahaut de venir discuter avec Uther des termes d'une éventuelle alliance. Il leur fallut presque deux semaines de plus pour atteindre la cité. Si Agorix avait l'habitude de l'ambiance au sein de la seconde plus grande ville de Bretagne, il en allait autrement pour ses compagnons qui, jusqu'à ce jour, n'avaient connu qu'une existence essentiellement rurale. En comparaison, Sarum ne semblait guère qu'un hameau. L'atmosphère était lourde d'odeurs viciées, de bruits, de cris et des nombreuses nuisances générées par une population industrieuse. Les hommes d'arme étaient également nombreux, contrôlant les entrées de la cité et interdisant l'accès à la Ville Royale. Les réfugiés et les soldats blessés avaient quitté le front pour trouver la protection des anciennes murailles romaines et les autorités devaient se montrer vigilantes afin d'éviter qu'une épidémie ou des espions ennemis ne pénètrent dans la Ville Royale. Sire Agorix se présenta à l'un des sergents du guet afin d'exposer les motifs de sa visite. Il apprit ainsi que le Roi Centurion était au nord-est avec le gros de ses troupes pour faire face aux saxons. En l'absence du Roi, la régence était assurée par le Châtelain Adrien, son bras droit. Agorix demanda à ce que le régent soit prévenu des raisons de sa présence, puis il conduisit ses compagnons jusqu'à son manoir familial.
Le jeune romain retrouva avec plaisir sa mère, Elvoria, et ses deux sœurs, Nonia et Tanicia. Son frère aîné, Isatis, était au front avec l'ost royal. En revanche, il eut la surprise de constater que son cousin Aimeri s'était installé dans le manoir. Aimeri était un jeune écuyer âgé de 16 ans qui n'avait pas été épargné par les coups du sort. Sa mère, Nest, était morte en couche en lui donnant naissance et son père, Dinaunt, s'était remarié, il y a huit ans, avec une jeune courtisane peu farouche, Dame Llio. Les rumeurs disaient qu'Aimeri n'était pas le fils de Dinaunt, mais d'un pillard saxon qui avait violé la pauvre Nest, ce qui pouvait expliquer qu'elle n'ait pas survécu à la naissance du petit. Du vivant Dinaunt, nul n'osait trop évoquer le sujet, mais depuis sa mort au front il y a un an, les mauvaises langues ne se lassaient pas de persifler sur le compte du pauvre Aimeri. Sire Cibno, un ami de la famille, avait malgré tout accepté de faire du jeune homme son écuyer, mais alors qu'Aimeri avait enfin l'occasion de s'illustrer en le suivant à la bataille, il fut pris d'une étrange maladie qui le contraint à rester à Eburacum. Ne supportant pas de rester seul avec sa marâtre, Aimeri demanda l'hospitalité à sa tante. Les retrouvailles s'éternisèrent autour d'un bon repas au cours duquel nos héros purent en apprendre un peu plus sur la situation politique du royaume. Les saxons avaient pris pied au nord-est et harcelaient l'armée royale, tandis que des navires de guerre pénétraient dans l'embouchure de la rivière Ouse pour remonter vers l'intérieur des terres, déversant des hordes barbares de plus en plus nombreuses dans le Yorkshire et empêchant l'approvisionnement de la cité. Les marchands commençait à se plaindre de ce blocus et la misère se faisait de plus en plus sentir. Ne disposant pas d'une flotte de guerre, le Roi ne pouvait s'opposer au saxons que sur terre et les pertes commençaient à être lourdes pour le Malahaut. Une alliance avec Uther serait la bienvenue, mais le Roi Centurion accepterait-il de mettre sa fierté de côté ?
Après une nuit de repos bien méritée, les chevaliers furent convoqués dans la Ville Royale pour y être reçus par le Châtelain Adrien. L'homme était austère et peu enclin à la discussion. Pour lui, Sire Agorix n'était qu'un traitre qui se mettait au service d'un Roi barbare plutôt que d'aider les siens dans la guerre contre les saxons. Il était très clairement opposé à une alliance et ne voyait dans la visite des chevaliers qu'une illustration supplémentaire des ambitions hégémoniques du Roi Uther. Il concéda néanmoins qu'il appartenait au Roi Centurion de décider de la suite à donner à la proposition d'Uther. Néanmoins, celui-ci ne serait pas de retour avant une bonne semaine pour assister à une messe en l'honneur des soldats tombés au combat. Les héros avaient donc le choix entre attendre que le Roi revienne ou aller le rejoindre sur le champ de bataille. Ils optèrent pour la deuxième solution.
Escortés par trois chevaliers du Malahaut, ils prirent donc la route du nord-est. Le voyage devait durer trois jours. Au matin de la deuxième journée, Taran nota la présence de saxons qui se déplaçait à vive allure dans la même direction qu'eux. Il s'agissait d'une unité d'une vingtaine de fantassins équipés légèrement, une proie facile pour un groupe d'une dizaine de cavaliers en armure. Inspirés par leur haine des barbares nordiques, les chevaliers fondirent sur les saxons et en vinrent rapidement à bout. Sur l'un d'eux les chevaliers découvrirent un petit morceau de bois gravé de symboles étranges. Dame Aileen les identifia comme étant des runes saxonnes. Sire Adwen rangea le bâton dans ses fontes et le groupe repris sa route, non sans avoir auparavant panser leurs blessures grâce aux talents de guérisseuse de Dame Aileen.
Deux jours plus tard, les chevaliers de Salisbury atteignirent enfin le campement du Roi Centurion. L'homme au port altier accepta de les écouter mais ils ne parvinrent pas à le convaincre de la nécessité de rencontrer le Roi Uther. L'heure n'était pas aux palabres mais au combat et le Malahaut n'avait pas besoin de Logres pour remporter cette guerre. Estimant leur devoir accompli, les compagnons reprire la route du sud dès le lendemain pour rendre compte de l'exécution de leur mission au Pendragon. Le Roi avait déjà quitté Lindsey et rejoint Logres. Sire Agorix lui explosa la situation en Malahaut et Elijah parvint à convaincre le Roi Uther qu'il aurait tout intérêt à envoyer une partie de sa flotte de guerre renforcer Eburacum, notamment pour déloger les navires saxons installés dans l'estuaire de la rivière Ouse. Cet acte fort devrait convaincre le roi Centurion des bonnes intentions d'Uther et de l'intérêt d'une alliance. Nos héros prirent donc la mer avec l'armada et participèrent à quelques combats dans la nord qui permirent de repousser les saxons et de désengorger Eburacum.
Ces succès militaires furent néanmoins entachés par une triste nouvelle. Peu de temps après que les chevaliers de Salisbury aient quitté Malahaut, le Roi Héraut d'Après fut victime d'une tentative d'assassinat orchestrée par des saxons infiltrés dans la ville avec la complicité de traitres, dont Aimeri, le cousin d'Agorix. Le Roi fut grièvement blessé, mais survécu grâce à ses formidables talents de guerrier. Les actes d'Aimeri avaient entraîné l'opprobre et la disgrâce sur toute sa famille. En outre, les conseillers du Roi Centurion trouvaient étonnant que cette tentative d'assassinat survienne juste après que le Roi ait refusé l'alliance proposée par Uther. Malgré son soutien à l'effort de guerre, Uther Pendragon demeurait donc persona non grata à la cour de Malahaut. Ce dernier n'en était pas pour autant mécontent. Il avait pu se rendre compte des forces et des faiblesse de son voisin du nord. Tôt ou tard le Malahaut serait contraint de se rallier à sa cause.
A l'approche de l'hiver, alors qu'elle déballait son équipement de voyage, Sire Adwen retrouva le bâton découvert sur l'un des pillards saxons et rechercha un érudit capable de traduire les runes gravées dessus. Horrifiée, elle découvrit alors qu'elle aurait peut-être pu éviter la tentative d'assassinat sur la personne de Héraut d'Après. Le texte était laconique mais sans ambiguïté : « Le Malahaut vit ses derniers jours, son Roi Centurion n'en a guère pour longtemps, vos frères sont prêts à frapper. RO » ...
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:05 pm
par Mac Lane
Chroniques de Pendragon
1ère époque – Le Règne d'Uther
Episode 3 – Année 488
Les personnages joués :
Arnold de Baverstock – Chevalier – Culture cymrique – Religion chrétienne bretonne – Au physique colossal – Réputé pour son aspect repoussant, sa sincérité et sa maîtrise de la grande hache.
Adwen de Caercolun – Chevalier – Fille du Duc Lucius de Caercolun – Culture cymrique – Religion païenne – Réputée pour son caractère de garçon manqué, sa maîtrise de l'épée et son empathie avec les animaux. Adoubée par le comte Roderick suite à la trahison de sa tante, Dame Plume de Knighton.
Taran – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture picte – Religion animiste. Frère de Sire Uvan. A servi dans l'armée royale lors de la bataille de Colchester. De retour a appris la mort de son frère et a rejoint Sarum afin d'en découvrir les circonstances. S'est mis au service du Comte Roderick pour venger son frère et tuer un maximum de saxons.
Caulas de Tilshead – Chevalier – Fils de Sire Amig de Tilshead – Culture kymrique – Religion chrétienne romaine – Réputé pour sa ferveur religieuse, il a hérité des terres de son père après l'Aventure de la Bête de Tilshead.
Sorcha Mac Neill – Guerrière – Garde du corps de Dame Aileen de West Lavington – Culture Irlandaise – Religion païenne. Fait partie d'une caste de femmes guerrières de Dal Riada ayant juré de protéger les descendantes de la Prophétesse.
Les personnages non joués :
Agorix d'Eburacum – Chevalier – Culture romaine – religion chrétienne romaine – Réputé pour son énergie et son don pour la chasse et la fauconnerie. Citoyen romain d'Eburacum, le père d'Agorix était également vassal du Comte Roderick de Salisbury, c'est donc tout naturellement qu'à ses 15 ans il a été confié au Comte pour y recevoir sa formation d'écuyer.
Elijah le Conteur – Barde – Culture cymrique – religion païenne – Réputé pour la magie de sa harpe et le charme de sa voix, il a juré de conter les aventures de Sire Adwen, la Dame d'Acier.
Dame Aileen de West Lavington – Enchanteresse – Culture cymrique – religion païenne – Fille unique du châtelain de West Lavington et d'une princesse irlandaise, elle est dotée du Don de Double Vue au grand dam de son père qui veut faire d'elle une vraie princesse chrétienne. Elle a eu une vision de l'Epée de Victoire dans les mains d'un enfant qui sera un jour le Haut Roi de Bretagne. Elle sait qu'Uther n'est pas l'élu. Elle s'est jurée de tout faire pour trouver l'enfant de sa vision.
Les personnages disparus :
Madog de Stapleford – Chevalier – Culture Cymrique - Religion païenne – Réputé pour sa prudence , sa courtoisie et son éloquence. Devenu fou suite à la bataille de Mearcred Creek, a disparu dans les bois.
Uvan – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture Picte – Religion animiste – Avait été recruté par Sire Amig de Tilshead afin de chasser la Bête qui terrorisait ses terres. A la mort de Sire Amig, est resté au service de son fils. A participé à la bataille de Mearcred Creek où il a perdu la vie après avoir défait de nombreux ennemis.
Résumé de l'épisode :
L'Enfant des Marais – Printemps 488
Arnold et Taran étaient installés aussi confortablement que possible autour du feu de camp. Autour d'eux les hommes de Jagent, du Somerset et de Logres partageaient un repas fait de viande grillée et de pain sec. Chacun devisait, échangeant des promesses d'amitié et de fraternité grandement facilitées par les coupes de vin et d'hydromel qui s'entrechoquaient. Les troupes peu nombreuses s'étaient regroupées en fin de journée dans les profondeurs de la Forêt de Morgaine, non loin de la cité de Wells. Le Roi Uther avait souhaité organiser un conseil secret afin de s'assurer le soutien de ses voisins de l'ouest, le Comte Angus de Jagent et le Roi Cadwy du Somerset; lesquels avaient répondu favorablement à sa demande. Le Jagent était vassal du Roi de Logres depuis plusieurs générations, mais il importait que le Comte renouvelle son serment d’allégeance notamment depuis que le Duc de Cornouailles se montrait récalcitrant à assurer le service d'ost. Il en allait de même du Somerset, le Roi Uther avait suffisamment à faire face à la menace saxonne à l'est, sans devoir s'inquiéter des frontières ouest de son royaume. Pourtant la politique du roi ne faisait pas l'unanimité parmi ses sujets. D'aucun disait qu'il accordait trop de crédit aux conseils de ce sorcier, ce soit-disant enchanteur que l'on appelait Merlin. Ainsi, Uther avait décidé d'envoyer la moitié de l'armée de Bretagne en France pour porter assistance au Praetor Syagrius de Soissons dans sa lutte contre les Francs. Conduite par le Prince Madoc et Sire Brastias, le risque était grand que cette armée subisse de lourdes pertes qui manqueraient nécessairement dans les combats à venir face aux saxons.
Le regard perdu dans les flammes, aiguisant amoureusement sa grande hache, Arnold ne pouvait s'empêcher de penser à ses futures épousailles avec Dame Jocelyn, la veuve de Sire William. Il était encore surpris que la belle jeune femme ait fini par céder à ses avances. Il s'était montré si maladroit avec elle, qu'il pensait avoir perdu tout espoir de la séduire. Il faut dire que son physique plutôt ingrat n'était pas vraiment un avantage lorsqu'il était question de romance. Arnold savait que le Comte Roderick serait favorable à leur union car le manoir de Pitton ne devait pas rester trop longtemps sans protecteur. Il tenait néanmoins à ce que Dame Jocelyn soit consentante. Il se sentait naitre pour elle des sentiments très forts et ne voulait pas la brusquer. Simon fut la clef qui lui permit d'accéder à son cœur. Arnold s'était montré prévenant avec le jeune garçon, il avait promis de faire de lui un chevalier et de l'éduquer selon les règles de la morale chrétienne. Simon avait besoin d'une figure paternelle forte et Jocelyn partageait les convictions religieuses de Sire Arnold. Elle finit donc par accepter ses avances et leur mariage fut programmé pour la fin de l'été.
Alors qu'Arnold était perdu dans ses rêveries, Taran, quant à lui, discutait avec ses frères d'armes du Comté de Jagent. Il avait eu la surprise de découvrir que parmi les garde du corps du Comte se trouvaient son oncle, Drust, et quelques anciens camarades. C'était un réel plaisir de les retrouver et de pouvoir leur raconter ses faits d'armes au service du Comte Roderick de Salisbury et du Roi Uther.
Dans la tente d'Uther Pendragon, les seigneurs discutaient politique et alliances, alors que Sire Caulas, Sire Adwen et Sorcha montaient la garde à proximité. La guerrière irlandaise s'était mise au service d'Adwen à la fin de l'hiver. Sa maîtresse, Dame Aileen de West-Lawington, était tombée gravement malade durant l'hiver et son état de santé lui interdisait de reprendre la route à la recherche de l'Enfant-Roi. La destinée de ce dernier étant selon elle liée à Sire Adwen, Dame Aileen avait donc demandé à Sorcha de l'accompagner et de la protéger. Sorcha avait cherché à protester, mais aucun compromis n'était possible. Sa loyauté envers Aileen lui interdisant de refuser, elle avait donc prêté serment.
Sous le pavillon, le ton montait. Le Roi Cadwy expliquait à Uther qu'il n'accepterait de combattre à ses côtés que s'il lui venait en aide pour lutter contre un mal qui frappait son royaume. Des créatures maléfiques, que les petites-gens nommaient Sauteurs Embusqués, s'en prenaient à son peuple. Ces monstres avaient toujours vécus dans les marais du Somerset, mais depuis quelques temps, ils proliféraient. Les chevaliers de Somerset avaient beau éliminer les monstres, toujours ils revenaient, de plus en plus nombreux. Si Uther pouvait trouver l'antre des Sauteurs et en éliminer la source, il était assuré d'obtenir le soutien du Roi Cadwy. Entendant ces propos, Sire Adwen, inspirée par sa loyauté, se rua à l'intérieur de la tente en criant « Je le ferai ! ». Elle réalisa aussitôt qu'elle venait d'interrompre le conseil secret. Le Comte Angus et le Roi Cadwy étaient surpris, mais Uther et Merlin étaient amusés. Ils finirent par convenir que Sire Adwen et ses compagnons étaient effectivement tout désignés pour accomplir cette quête.
La tâche ne serait pas aisée car les chevaliers devraient troquer leurs chevaux contre des barges pour progresser dans les marais. Mais il en fallait plus pour les décourager. En quelques jours, les préparatifs de leur expédition étaient terminés. Sire Caulas, en fin stratège, avait fait équiper les barges d'épouvantails garnis d'épieux, espérant piéger quelques Sauteurs Embusqués et ainsi se donner le temps de riposter.
Au petit matin, les braves chevaliers et leurs écuyers s'engagèrent dans les brumes spectrales qui recouvraient les marais du Somerset. Il était difficile de distinguer le solide du liquide, terre et eau se mêlaient, s'enchevêtraient sous une végétation rase et abondante, pour constituer un nouvel élément. Le fluide épais et obscur, aux profondeurs insondables, venait clapoter contre la coque des barges comme pour les emporter dans les ténèbres. Les embarcations suivaient une voie d'eau étroite qui s'enfonçait vers l'ouest. Taran menait la troupe, fort de sa connaissance des environs et de ses admirables talents de pisteur. Plus tôt, ils avaient rencontré un pêcheur qui les avait aiguillé vers une partie des marais où les Sauteurs Embusqués semblaient proliférer. Mais après avoir navigué pendant une bonne journée, ils n'avaient toujours pas vu l'ombre de l'une de ces créatures infernales. La nuit venue, les chevaliers firent halte sur une bande de terre à peu près sèche. Ils installèrent un campement pour la nuit, comptant sur Sire Caulas et son écuyer pour prendre le premier tour garde. Hélas, très certainement en raison de leur journée de voyage harassante, les deux jeunes hommes s'endormirent... Fort heureusement, la nuit fut calme.
Le lendemain, les chevaliers reprirent leur voyage dans ce paysage morne et désolé. Le canal qu'ils suivaient s'était fait plus étroit et il n'était possible d'avancer qu'en file indienne. Par sécurité, Sire Caulas avait demandé à ce que les barges soient encordées. C'est en fin de matinée que la première bête finit par se manifester. Sans crier gare, une ombre se détacha des brumes pour se jeter sur l'embarcation de Taran. C'était la créature la plus improbable que le picte n'ait jamais eu l'occasion de voir. Un crapaud monstrueux, aussi grand qu'un mastiff, dépourvu de pattes mais doté d'une queue et d'ailes longues et membraneuses, dont la gueule garnie de crocs acérés ne fit qu'une bouchée de l'épouvantail placé à la proue. Avant que le guerrier n'ait pu réagir, l'immonde créature avait replongé dans les eaux noires. Chacun s'arma, sur le qui vive, s'attendant à tout instant à la voir ressurgir le monstre. Après quelques secondes qui semblèrent une éternité, la surface de l'eau se mit à bouillonner et l'enfer se déchaîna. Les Sauteurs Embusqués surgissaient de toute part, faisant claquer leurs énormes mâchoires avant de replonger dans les ténèbres. Les chevaliers parvenaient à se défendre tant bien que mal, frappant dès qu'ils le pouvaient. Caulas, Taran et Sorcha parvinrent rapidement à se débarrasser des monstres qui harcelaient leurs embarcations. Gracien, l'écuyer de Sire Arnold, fut quant à lui moins chanceux, un sauteur parvint à le faire chuter par dessus l'embarcation. Arnold sauta pour le rattraper et faillit bien lui aussi être happé dans les profondeurs. Caulas se porta au secours de son compagnon, mais avec l'énergie du désespoir Arnold avait déjà réussi à se raccrocher au rebord de la barge et à remonter le pauvre Gracien qui poussait des couinements de douleur. Plus jamais l'écuyer ne pourrait marcher ou chevaucher. Le monstre lui avait arraché une jambe à la hauteur de la cuisse. Le sang coulait à gros bouillon, aspergeant le chevalier qui tentait de panser sa plaie. Pendant ce temps, Adwen était au prise avec une autre de ces créatures infernales. A son tour, elle fut emportée par le monstre, disparaissant sous les eaux. Elle tentait de se débattre, de reprendre sa respiration, mais s'était impossible. A chaque tentative, sa gorge s'emplissait d'un liquide épais et visqueux qui venait lui brûler les poumons. La douleur atroce qui lui tenaillait la jambe ne suffit pas à la maintenir consciente. Peu à peu, elle sombra, s'abandonnant à la mort qui ne tarderait pas à venir la chercher.
Voyant la dame qu'elle devait protéger emportée par la bête, Sorcha poussa un cri de guerre. Vite, il fallait se porter à son secours. Les barges étant encordées, il était cependant difficile de se déplacer rapidement. Sire Arnold coupa les cordes et la traque commença. Il fallait faire vite. De leur célérité dépendait la vie de leur amie. Taran et Sorcha ne tardèrent pas à retrouver la trace du monstre. Elle suivait un bras d'eau boueux qui s'enfonçait sous les frondaisons d'arbustes rabougris. Impossible de continuer en barge, il allait falloir se jeter à l'eau. Les chevaliers laissèrent leurs embarcations à la garde de leurs écuyers afin de poursuivre leur route à pieds. Immergés jusqu'à la taille, ils pataugeaient avec difficulté. La créature dans sa lutte pour emporter sa proie, avait laissé de nombreuses traces qu'il était aisé de suivre pour Taran et Sorcha. La piste finit par les conduire au pied une petite cascade, derrière laquelle le picte découvrit l'entrée d'une grotte en grande partie immergée. Les chevaliers n'étaient pas équipés de torches et la lumière du jour éclairait à peine l'entrée de la caverne. Il n'y avait néanmoins aucun doute, c'était bien là l'antre des Sauteurs Embusqués.
Adwen reprit conscience dans une obscurité quasi totale, un air chaud et puant lui emplissant la gorge et l'obligeant à recracher le liquide vaseux qui avait bien failli la tuer. Une douleur lancinante lui vrillait le côté. La créature l'avait très certainement déposée dans son refuge en attendant de revenir pour la dévorer. Alors qu'elle essayait de prendre pied sur une roche glissante, le monstre surgit à nouveau des flots faisant claquer ses mâchoires à quelques centimètres de son visage. Soudain une main puissante la saisit par derrière alors que deux silhouettes massives se jetaient sur le monstre pour l'empaler à coups d'épieux. Elle reconnut Caulas, Taran et Sorcha. Quant à la poigne qui l'avait saisie, c'était celle d'Arnold. Ses amis étaient arrivés à temps pour la sauver.
Le temps de ressortir pour panser leurs blessures et récupérer des torches dans leurs équipements, les chevaliers étaient de retour dans la grotte pour en achever l'exploration. Ils découvrirent avec horreur que les parois étaient couvertes d'étranges œufs emplis d'un liquide épais et transparent dans lequel grouillaient des embryons de sauteurs embusqués. Sans se poser de question, n'écoutant que la haine (ou la peur) qui faisait battre leurs cœurs, les compagnons détruisirent les monstres en devenir. Ils découvrirent alors avec stupeur des traces de pas humains près de certains œufs. Des traces laissées par d'énormes pieds nus et difformes, mais sans aucun doute humains. Suivant la piste, Taran constata que la grotte débouchait sur un tunnel long et étroit. La recrudescence des Sauteurs Embusqués était-elle dû à une action humaine ? Il fallait en avoir le cœur net.
Après une traversée interminable, alors que l'après-midi touchait à sa fin, les chevaliers débouchèrent dans une petite vallée marécageuse. Au loin, le long d'une rivière qui prenait sa source dans le tunnel, s'étiraient les ombres d'une forêt. Une brume fantomatique pesait comme une chape de plomb sur les épaules des voyageurs. Tous se sentaient fatigués, démotivés. Il régnait en ces lieux une aura de désespoir et de langueur contre laquelle il était difficile de lutter. Cependant, nos héros étaient dotés d'une énergie hors du commun. Ensemble, ils trouvèrent le courage et la force de poursuivre leur route. La piste continuaient vers l'ouest, jusqu'à un croisement. Là, s'étendaient les corps de quatre hommes au milieu des débris d'un chariot. L'un des hommes était encore vivant, mais inconscient. Une vilaine plaie ornait son front. Les trois autres avaient été massacrés par une créature à la force colossale. Leurs corps désarticulés gisaient dans des positions improbables, les membres parfois arrachés, parfois dévorés. Lorsque le survivant reprit ses esprits, il se présenta comme Berel, un chasseur venant d'un village proche, Whitetower. L'homme semblait cependant ne plus avoir toute sa tête, il délirait, disant voir des fées et avoir affronté avec ses amis une créature monstrueuse appelée « l'Enfant des Marais ». Pour les chevaliers de Salisbury, il ne faisait aucun doute que cette chose avait très certainement un lien avec les Sauteurs Embusqués. Les traces qu'ils avaient suivies jusqu'ici étaient très certainement les siennes. Ils abandonnèrent Berel à son triste sort et reprirent leur chasse pour débusquer la bête. La piste s'arrêtait sur les berges de la rivière. Taran eût beau chercher, il lui fut impossible de la retrouver. Après réflexion, les compagnons décidèrent de retourner vers le tunnel. La créature reviendrait nécessairement par là pour y déposer de nouveaux œufs ou pour se reposer. Taran et Sorcha s'embusquèrent dans les fourrés à proximité du débouché du tunnel, tandis qu'Adwen, Caulas et Arnold se postèrent devant l'entrée.
Le lendemain, à la nuit tombée, la créature finit par se montrer. Elle était de forme humanoïde, avoisinant les deux mètres de haut. Son corps voûté, empêtré de membres difformes et asymétriques, se déplaçait tant en sautillant qu'en rampant. D'horribles bubons recouvraient la moindre parcelle de sa peau, y compris son visage où brillait un regard d'enfant effrayé, seul vestige d'une humanité passée. Lorsque le monstre découvrit les chevaliers, il émit un hurlement de rage. Peu habitué à rencontrer des créatures capables de lui résister, il se rua sur les chevaliers. D'un revers de sa grande hache, Sire Arnold lui fracassa le crâne et lui broya la cage thoracique. Adwen et Caulas en firent autant, enfonçant frénétiquement leurs lances dans le corps de la pauvre chose qui en l'espace d'un instant passa de vie à trépas. Cependant, contre toute attente, nos trois héros aspergés de matière organique, perdirent connaissance. Taran et Sorcha se portèrent à leur niveau et découvrirent, horrifiés, que les bubons qui recouvraient le corps du monstre n'étaient autre que des œufs de Sauteurs Embusqués à l'état larvaire.
Lorsque Caulas, Arnold et Adwen reprirent conscience, ils avaient perdu l'esprit. Chacun était pris de bouffées délirantes mais se sentait étonnamment heureux, libre de tout sentiment et de toute contrainte. Taran et Sorcha n'eurent guère le temps de se demander ce qui arrivait à leur ami, car un homme hurlant se précipita dans leur direction pour saisir la dépouille de l'Enfant des Marais à bras le corps. L'homme sanglotait en répétant sans cesse « Mais qu'avez-vous fait ? Pourquoi l'avez-vous tué ? ». Une fois calmé, l'homme se présenta comme étant Cynon, un trappeur vivant au village de Whitetower. Selon lui, l'Enfant des Marais n'était pas une menace, il pouvait même se montrer bénéfique. Lorsque les chevaliers évoquèrent Bérel et les villageois tués par le monstre, Cynon répliqua que c'étaient des idiots et qu'ils n'auraient jamais dû chercher à s'en prendre à la créature. Selon lui, le liquide contenu dans les œufs portés par l'Enfant des Marais disposait de vertus curatives et apaisantes qui étaient fort appréciées des habitants de Whitetower. Cette Liqueur des Marais permettait de lutter contre la langueur et le désespoir qui s'abattaient sur la région depuis le début de la guerre et le départ des chevaliers locaux. Taran demanda à Cynon de les conduire jusqu'à son village mais celui-ci refusa. Les chevaliers de Salisbury n'étaient pas les bienvenus à Whitetower. Le trappeur s'éloigna, les laissant à leur sort.
Il en fallait néanmoins plus pour décourager nos héros. Une fois leurs esprits retrouvés, ils longèrent la rivière vers l'aval et finirent par atteindre Whitetower après deux jours de voyage. Le village n'était pas très grand, quelques habitations de bois et de chaume entouraient une tour de pierre blanche bâtie sur une motte. Les villageois se montrèrent étrangement accueillant, leur offrant sans broncher le gite et le couvert. Ils se réjouirent même lorsque les héros leur apprirent qu'ils avaient occis l'Enfant des Marais. Voilà plusieurs années que le monstre arpentait la région, s'en prenant au bétail et parfois aux voyageurs isolés. D'aucun disait que cette créature infernale était contrôlée par une sorcière, la vieille Astrid, qui jadis vivait dans les marais. Il y a deux ans, Astrid avait été capturée et enfermée dans la tour, mais les attaques du monstre n'avaient pas cessé pour autant. Personne ne s'était cependant résolu à tuer la sorcière, tous craignaient que sa mort n'entraîne une malédiction encore pire sur le village. Ils avaient donc appris à vivre avec cette menace, lui faisant des offrandes et évitant d'entraîner son courroux. Malgré la misère dans laquelle ils vivaient et le danger qui planait sur eux, les villageois semblaient pourtant heureux, se satisfaisant du peu qu'ils avaient. Etait-ce dû à la Liqueur des Marais ? Dwyai, l'ancien du village, n'en avait jamais entendu parlé.
Adwen demanda à rencontrer la vieille Astrid. Les villageois n'y étaient pas réellement favorable, mais il leur était difficile de refuser quoi que ce soit aux héros qui avaient éliminé la menace de l'Enfant des Marais. Après une longue conversation avec la vieille, les compagnons comprirent que celle-ci avait été enfermée sans réelle preuve. Elle-même ne savait pas si le monstre lui était lié. Jadis, alors qu'elle était plus jeune, elle avait donné naissance à un enfant mort né dont elle avait abandonné le corps dans les marais. Etait-ce l'Enfant des Marais ? Elle ne pouvait l'affirmer. En revanche, du haut de sa tour, elle avait eu le temps d'observer le village et notamment les manigances de Cynon et de dame Heledd, la veuve d'un chevalier soudoier. Elle les avait vu verser la Liqueur des Marais dans la nourriture et les boissons des villageois. Confrontés aux déclarations de la vieille, Cynon et Heledd ne purent nier. Néanmoins, ils ne voulaient que le bien de la population. Sans la liqueur et sans personne pour les guider, jamais les villageois n'auraient pu continuer à vivre en ces lieux.
Sire Adwen demanda à ce que la vieille Astrid soit libérée et assura aux villageois qu'ils n'avaient pas à s'inquiéter, elle prendrait la vieille femme à son service et celle-ci l'accompagnerait à Knighton. Estimant que le fief de Whitetower ne devait rester plus longtemps sans seigneur, Sire Taran proposa de s'y établir pour aider ses habitants. Quelques mois plus tard, il obtint la main de Dame Heledd et devint vassal du Roi du Somerset. Sire Caulas, quant à lui, avait eu une vision sous l'effet de la liqueur. Ces terres païennes n'avaient pu succomber à la tentation du démon que parce qu'elles n'avaient aucun guide spirituel. Seule la religion chrétienne de Rome pouvait éduquer ces gueux. Il en avait la conviction, il lui fallait aider à la construction d'un monastère en ces lieux. Mais là n'était pas le plus important, les fiers chevaliers pouvaient s'en retourner chez eux. Leur mission était accomplie, la menace des Sauteurs Embusqués avait été éliminée, et lorsque le temps viendrait le Roi Uther saurait rappeler au Roi du Somerset la dette qu'il lui était due.
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : mer. févr. 20, 2013 3:06 pm
par Mac Lane
Chroniques de Pendragon
1ère époque – Le Règne d'Uther
Episode 4 – Année 489
Les personnages joués :
Arnold de Baverstock – Chevalier – Culture cymrique – Religion chrétienne bretonne – Au physique colossal – Réputé pour son aspect repoussant, sa sincérité et sa maîtrise de la grande hache.
Adwen de Caercolun – Chevalier – Fille du Duc Lucius de Caercolun – Culture cymrique – Religion païenne – Réputée pour son caractère de garçon manqué, sa maîtrise de l'épée et son empathie avec les animaux. Adoubée par le comte Roderick suite à la trahison de sa tante, Dame Plume de Knighton.
Caulas de Tilshead – Chevalier – Fils de Sire Amig de Tilshead – Culture kymrique – Religion chrétienne romaine – Réputé pour sa ferveur religieuse, il a hérité des terres de son père après l'Aventure de la Bête de Tilshead.
Sorcha Mac Neill – Guerrière – Garde du corps de Dame Aileen de West Lavington – Culture Irlandaise – Religion païenne. Fait partie d'une caste de femmes guerrières de Dal Riada ayant juré de protéger les descendantes de la Prophétesse.
Les personnages non joués :
Agorix d'Eburacum – Chevalier – Culture romaine – religion chrétienne romaine – Réputé pour son énergie et son don pour la chasse et la fauconnerie. Citoyen romain d'Eburacum, le père d'Agorix était également vassal du Comte Roderick de Salisbury, c'est donc tout naturellement qu'à ses 15 ans il a été confié au Comte pour y recevoir sa formation d'écuyer.
Elijah le Conteur – Barde – Culture cymrique – religion païenne – Réputé pour la magie de sa harpe et le charme de sa voix, il a juré de conter les aventures de Sire Adwen, la Dame d'Acier.
Dame Aileen de West Lavington – Enchanteresse – Culture cymrique – religion païenne – Fille unique du châtelain de West Lavington et d'une princesse irlandaise, elle est dotée du Don de Double Vue au grand dam de son père qui veut faire d'elle une vraie princesse chrétienne. Elle a eu une vision de l'Epée de Victoire dans les mains d'un enfant qui sera un jour le Haut Roi de Bretagne. Elle sait qu'Uther n'est pas l'élu. Elle s'est jurée de tout faire pour trouver l'enfant de sa vision.
Taran – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture picte – Religion animiste. Frère de Sire Uvan. A servi dans l'armée royale lors de la bataille de Colchester. De retour a appris la mort de son frère et a rejoint Sarum afin d'en découvrir les circonstances. S'est mis au service du Comte Roderick pour venger son frère et tuer un maximum de saxons. S'est récemment retiré sur les terres de Whitetower, dans le Somerset.
Les personnages disparus :
Madog de Stapleford – Chevalier – Culture Cymrique - Religion païenne – Réputé pour sa prudence , sa courtoisie et son éloquence. Devenu fou suite à la bataille de Mearcred Creek, a disparu dans les bois.
Uvan – Chevalier soudoier – Mercenaire picte du Comté de Jagent – Culture Picte – Religion animiste – Avait été recruté par Sire Amig de Tilshead afin de chasser la Bête qui terrorisait ses terres. A la mort de Sire Amig, est resté au service de son fils. A participé à la bataille de Mearcred Creek où il a perdu la vie après avoir défait de nombreux ennemis.
Résumé de l'épisode :
Triste Muse – Printemps 489
L'aube surprit nos valeureux chevaliers alors qu'ils se déployaient dans les bois à la frontière du duché de Cornouailles. Le Roi Uther s'était enfin décidé à faire ployer le Duc Gorlois qui n'honorait plus son devoir de vassal depuis plusieurs années maintenant. Sous les frondaisons, la brume matinale obligeait les chevaliers à redoubler de vigilance. Non loin de leur position, ils le savaient, les armées se faisaient très certainement face. Les premières lueurs du soleil se frayèrent un chemin difficile au travers des feuillages, chassant le brouillard par nappes cotonneuses. Des éclats métalliques accrochèrent les rayons solaires, trahissant la présence d'ennemis à quelques mètres de leur position. Merlin avait raison, ce traitre de Gorlois avait déployé des troupes dans les bois, prêtes à fondre sur les flancs de l'armée d'Uther. Les chevaliers de Salisbury chargèrent sans autre forme de procès, surprenant les soldats de l'avant-garde adverse et répandant la mort dans leur rang. Soudain, une explosion de lumière chassa définitivement brume et ténèbres, éblouissant les combattant et les contraignant à cesser leurs assauts. Tous les regards se tournèrent vers la source de lumière, située en contrebas sur la berge de la rivière. Le roi Uther se tenait sur sa monture, majestueux, Merlin à ses côtés. Son bras tendu brandissait Excalibur, dont la lame parfaite diffusait à l'infini les rayons de l'astre solaire. Sur l'autre rive, le Duc Gorlois et son armée faisait face au Roi, subjugués par la puissance de l'épée de victoire. C'est ainsi que n'eut pas lieu la Bataille de Cornouailles. Le Duc Gorlois accepta de prêter allégeance au roi en échange de la souveraineté sur les terres allant de Jagent jusqu'à la mer. C'était incontestablement une grande victoire pour Uther, car ce dernier n'était pas certain de remporter un conflit militaire contre son voisin du sud. Pourtant, l'année précédente, grâce aux braves chevaliers de Salisbury, il avait acquis le soutien du Roi Cadwy de Somerset. Au dernier moment cependant, ce dernier avait refusé d'entrer en guerre contre Gorlois. Fort heureusement, l'habileté d'Uther et très certainement les conseils avisés de Merlin, permirent de remporter la victoire sans même combattre.
La nouvelle alliance fut fêtée par un banquet au cours duquel des serments de fraternité et d'amitié éternelles furent échangés. Dans les rangs de l'armée du Comte Roderick se trouvaient Sire Caulas de Tilshead, venu à la tête de son ost composée de deux chevaliers et vingt soldats, Sire Arnold de Baverstock, Sire Adwen de Caercolun et Sorcha, la farouche guerrière irlandaise. L'hiver avait été riche en événements pour les compagnons.
Sire Agorix n'était pas revenu à Sarum depuis plus d'un an. Suite à la désastreuse ambassade de Malahaut, il avait décidé de repartir pour Eburacum afin de mettre sa famille à l'abri d'éventuelles représailles du Roi Hérault de Après. Ses compagnons d'armes étaient sans nouvelles de lui depuis cette date.
Sire Arnold avait épousé Dame Jocelyn de Pitton, obtenant ainsi un deuxième manoir et une dote conséquente qui lui permirent de financer un mariage digne de ce nom. La dame et sa suite vinrent s'installer à Baverstock, tandis que la gestion du manoir de Pitton fut confiée à un intendant.
Suite à l'aventure de l'Enfant des Marais, Sire Caulas avait envoyé une lettre à l'Evêque Roger de Salisbury, lui proposant de bâtir un monastère sur les terres de Whitetower, afin d'apporter la parole de Dieu en ce lieu de perdition. L'Evêque lui répondit qu'il était attentif à sa proposition mais que plusieurs obstacles s'opposant à ce projet, il convenait que le chevalier vienne jusqu'à Salisbury pour qu'ils puissent en discuter de vive voix. Les obligations de Caulas l'avaient cependant empêché de répondre à l'invitation pour l'instant.
Adwen eut la fâcheuse surprise de se trouver enceinte, très certainement à la suite des festivités de Beltane. En proie à un véritable conflit intérieur, elle en arriva néanmoins à la conclusion qu'elle ne pouvait garder cet enfant et demanda à la vieille Astrid, qu'elle avait prise à son service, de lui venir en aide. La rebouteuse lui administra une décoction horrible, qui faillit bien la tuer, mais finit par remplir son office. La jeune femme en garda non seulement des stigmates physiques, mais également une plaie à l'âme qui ne guérirait certainement jamais.
Sorcha Mac Neill eut elle aussi la surprise de voir son ventre s'arrondir. Au début du printemps, peu de temps avant que l'armée d'Uther ne marche vers le sud, elle donna naissance à une adorable petite fille, qu'elle nomma Enerah. La petite avait la même chevelure flamboyante que sa mère et selon la tradition, elle deviendrait soit guerrière soit prophétesse. Fidèle à son devoir, à peine remise de ses couches, elle confia la garde d'Enerah à la vieille Astrid et accompagna Adwen au combat. Elle savait qu'Adwen avait elle aussi porté la vie et elle ne comprenait pas le choix qu'elle avait fait, même si elle ne le jugeait point. Elle avait juré d'aider la femme chevalier à trouver le légitime roi de Bretagne et elle ne savait que trop bien que certaines causes passaient avant toutes les autres.
Le lendemain du festin, les armées de Gorlois et d'Uther se séparèrent. A la demande d'Uther et du Comte Roderick, nos fiers compagnons prirent quant à eux la route du nord, afin de prêter main forte au Duc de Lindsey dans sa lutte contre les saxons. Après plusieurs semaines de voyage, ils rejoignirent le campement du Duc. Ses hommes et lui semblaient harassés par les nombreux combats qu'ils avaient dû mener, plus ils repoussaient les saxons et plus ceux-ci revenaient, toujours plus nombreux. L'arrivée des chevaliers de Salisbury apporta un souffle nouveau aux combattants. Ces troupes fraîches seraient un atout non négligeable dans les combats à venir. Rapidement, le Duc exposa la situation aux chevaliers. Les saxons harcelaient ses frontières en plusieurs endroits, menant une véritable guérilla face à laquelle ses chevaliers lourdement équipés étaient démunis. Ses espions avaient cependant réussi à identifier la base arrière des saxons, une vieille tour romaine, bâtie au sommet d'une colline surplombant les vallées alentours. Le thegn des saxons s'y était établi avec le gros de ses troupes et le Duc et ses conseillers hésitaient sur la meilleure manière de l'en déloger. Sorcha, experte des techniques de combat « non conventionnelles », proposa qu'une petite unité entre dans la tour discrètement pendant la nuit afin de mettre le feu au camp ennemi et éventuellement ouvrir les portes pour permettre au gros des troupes de Duc d'y prendre pied. Arnold quant à lui, proposa d'attirer l'essentiel des troupes saxonnes dans une piège. Le Duc de Lindsey prendrait la tête de quelques chevaliers, offrant une proie facile aux saxons, tandis que la cavalerie se tiendrait prête à charger sur leur flanc, renforcée par des fantassins et des archers embusqués dans les bois. Pendant ce temps, Sorcha Mac Neill et Adwen de Caercolun prendraient la tête de quelques volontaires pour mettre à bien le plan exposé par l'irlandaise. L'éloquence de Sire Caulas suffit à vaincre les quelques réticences du Duc et le plan fut mis en œuvre. Sire Caulas fut désigné commandant de l'armée et il remporta une grande victoire, ses hommes ne subissant que quelques blessures alors que l'ennemi était écrasé. Le Duc de Lindsey, très reconnaissant, aurait bien gardé les chevaliers de Salisbury encore quelques temps à son service, mais déjà l'hiver approchait à grands pas et il était temps pour nos héros de retrouver leurs terres. Le Duc leur remit alors un mandat officiel leur permettant, s'ils en avaient besoin, de bénéficier de l'hospitalité de ses vassaux sur le chemin du retour. Il les invita notamment à faire halte chez Sire Gwir, l'un de ses cousins.
La troupe reprit donc le chemin du sud. Après quelques jours de voyage, ils furent rattrapés par le mauvais temps. L'hiver semblait en avance et un fin manteau cotonneux ne tarda pas à recouvrir la route, ralentissant leur progression. Un matin, alors que les chevaliers faisaient une halte, ils entendirent soudain des aboiements se rapprocher de leur position. Avec stupeur, ils virent soudain surgir des buissons une jeune femme à la robe maculée de sang. Mortellement blessée, elle se jeta aux pieds de Sire Arnold, l'implorant de lui venir en aide. Avant que les chevaliers n'aient le temps de dire quoi que ce soit, deux soudards en armes accompagnés de molosses firent irruption dans la clairière. Manifestement, ils en avaient après la jeune fille. Nos compagnons s'interposèrent, l'arme à la main. L'un des soudards leur demanda de ne point s'occuper de cette affaire qui ne les regardait pas et les invita à leur remettre la fille sur le champ. Sire Caulas leur intima de passer leur chemin s'ils ne voulait pas avoir à tâter du bon acier de Salisbury. Les reitres, en infériorité numérique, ne demandèrent pas leur reste et firent volte face. La jeune femme était quant à elle à l'agonie, mais avant de rendre son dernier souffle, elle eut le temps de dire aux chevaliers qu'elle se nommait Maugalie et qu'elle avait fuit le château de Sire Gwir en raison d'un grand mal qui y sévissait. Elle implora les chevaliers devant Dieu de réduire ce mal à néant, et lorsque ces derniers jurèrent, elle s'éteignit, un sourire paisible éclairant son visage meurtri. Les chevaliers lui creusèrent une sépulture décente et Sire Arnold prononça quelques prières au Dieu des chrétiens afin que son âme trouve la paix éternelle.
A peine eurent-ils fini qu'un vent terrible secoua la forêt. Des rafales chargées de neige soufflèrent, réduisant la vision des chevaliers à néant et les obligeant à courber l'échine pour progresser. Après un temps qui leur sembla une éternité, ils finirent par distinguer une construction à travers le rideau neigeux. Un château sur motte, entouré d'une palissade de bois, qui se dressait tel un phare au milieu de la tempête. Redoublant de courage, les chevaliers et leur troupe rejoignirent le château, sonnant du cor pour en alerter les occupants. Ils furent accueillis par Idres, un jeune page, qui les invita entrer et à bénéficier de l'hospitalité de Sire Gwir, le cousin du Duc de Lindsey. Les écuyers et les hommes d'armes de Sire Caulas furent installés dans les écuries, tandis que les chevaliers étaient conduits dans la Grande Salle. Là, ils purent se réchauffer auprès de l'âtre, puis il furent conduits dans des appartements destinés aux invités, l'un pour les dames, l'autre pour les hommes, en attendant le souper au cours duquel ils pourraient rencontrer leur hôte. Avant de prendre du repos, Sire Caulas alla s'assurer que ses hommes étaient bien installés. Il en profita pour deviser avec l'un des gardes du château et apprit que l'église du village avait été détruite six mois plus tôt dans une tempête de neige, entraînant la mort du curé, enseveli par l'effondrement du toit. Caulas trouva étrange qu'une tempête de neige survienne pendant la belle saison, mais il ne put recueillir aucune explication satisfaisante concernant cet étrange phénomène.
Aux vêpres, le souper fut servi. L'essentiel de la maisonnée de sire Gwir s'était rassemblée dans la grande salle du château. Des ménestrels jouaient une musique entraînante sur laquelle voltigeaient les voilures de magnifiques courtisanes. Sire Gwir leur avait fait préparé un véritable banquet : pâtisseries et beignets de moelle de bœuf, grandes tranches d'agneau rôti, truite grillée au miel et aux amandes, pâtés d'anguille et de brème, assortiments de fromages, gâteaux secs, le tout largement arrosé de bière et de vins épicés. Sire Caulas n'était pas insensible aux charmes des danseuses et Sorcha sentait une douce chaleur poindre dans son ventre lorsque leur hôte posait ses yeux azurs sur elle. Rapidement, ils se retrouvèrent tous deux au centre de la salle à danser avec les courtisanes et le maître de céans. Adwen et Arnold étaient quant à eux plus circonspects. Peut-être en raison de cette étrange jeune fille assise à la droite de Gwir, qui n'avait pas décroché un mot de la soirée. Elle était d'une étonnante beauté, mélange de tristesse et d'harmonie, d'altesse et de mélancolie. L'immense chevalier en armure noire qui ne la quittait pas d'une semelle, renforçait encore l'impression de fragilité qu'elle dégageait. Cette dame leur avait été présentée comme étant dame Nia, la sœur de Gwir. Quant au cerbère en armure, il s'agissait de Sire Mertanos, un chevalier de la maisonnée chargé de la garde de la jeune femme. Adwen tenta bien d'engager la conversation avec la jeune femme, mais Mertanos s'interposa aussitôt, arguant que Dame Nia était indisposée et ne devait pas être dérangée.
Durant leur folle danse, Sorcha et Caulas remarquèrent que les murs de la grande salle étaient décorés de nombreux écus et reconnurent parmi eux celui de Sire Agrorix. Etrange, que faisait ici l'écu de leur compagnon d'armes dont ils n'avaient plus de nouvelles depuis plus d'un an... Ils n'eurent pas le temps de s'interroger d'avantage car leur réflexion fut soudain interrompue par les hurlements de Sire Gwir. Aussitôt, la musique s'interrompit et la danse cessa. Leur hôte, qui était naguère l'incarnation même de l'hospitalité, se tenait debout au milieu de la grande salle, éructant de rage, le doigt tendu vers Adwen et Arnold qui, profitant du fait que Sire Mertanos s'était éloigné pour discuter avec un page, avait engagé la conversation avec Dame Nia. « Comment osez-vous ! Hurla-t-il. Je vous ai accueillis sous mon toit comme des frères et c'est ainsi que vous me remerciez ! » Les chevaliers de Salisbury en restèrent cois. Ils ne comprenaient pas ce qu'ils avaient pu faire pour provoquer une telle rage chez Sire Gwir. Le châtelain ordonna la fin des festivités et renvoya chacun dans ses appartements. Les chevaliers de Salisbury en profitèrent pour discuter un peu avec les serviteurs fin d'essayer de comprendre ce qui avait bien pu se passer, mais ils n'apprirent pas grand chose. Sire Gwir semblait un seigneur apprécié, peu habitué aux sautes d'humeur. Il est vrai qu'il était très protecteur envers sa sœur. Peut-être avait-il estimé que les chevaliers lui avaient manqué de respect. Sire Caulas, choqué par le comportement de leur hôte, alla rejoindre ses hommes et les avisa qu'ils reprendraient très certainement la route dès le lendemain. Sire Arnold, quant à lui, sortit pour aller jeter un œil aux ruines de l'église. En tant que bon chrétien, il trouvait étonnant que cette église ait été détruite il y a plus de six mois et n'ait pas été rebâtie. Chose plus étrange encore, aucun curé n'était venu pour remplacer le père Asnaig qui avait périt lors de l'effondrement du toit. Enfin, il en avait la conviction, les tempêtes de neige qui sévissaient dans la région depuis quelques mois, n'avaient rien de naturel. En se rapprochant des ruines de l'église, il eu la surprise de constater qu'elles étaient occupées par des réfugiés venant du nord. Ils étaient une dizaine, hommes, femmes et enfants compris, placés sous la protection d'Eirik, un grand gaillard qui se présenta comme un chasseur ayant préféré quitter les terres du nord pour mettre les siens à l'abri plutôt que de les voir massacrés par les saxons. Le seigneur Gwir leur avait donné l'autorisation de s'installer dans ces ruines en attendant que passent les mauvais jours. Sire Arnold, touché par le sort de ces pauvres gens, demanda à Eirik de l'accompagner jusqu'au château où il lui fit remettre de la nourriture et des couvertures chaudes. Il l'invita également, une fois l'hiver passé, à se rendre sur les terres de Baverstock, en Salisbury, afin qu'il se mette à son service. Il avait besoin d'un veneur et Eirik semblait le candidat idéal. L'homme du nord accepta avec gratitude.
Le lendemain, nos héros furent réveillés dès l'aube par Idres, le page, qui leur présenta les excuses de Sire Gwir et les invita en son nom à prendre part à une chasse qu'il organisait pour se faire pardonner de son emportement de la veille. Ils retrouvèrent leur hôte dans la grande salle où ce dernier s'excusa à nouveau de vive voix. Caulas fit savoir qu'il ne prendrait pas part à la chasse et demanda congé pour lui et ses hommes. Gwir ne s'opposa pas à leur départ. Le reste de la troupe se retrouva donc rassemblé à l'extérieur des murs du château. Une bonne partie des convives de la veille était également présente. Tous avaient revêtus des habits épais pour se prémunir du froid. Les chevaux renâclaient et les chiens jappaient d'impatience. Gwir sonna le départ de la chasse, mettant au défi le groupe de ramener le plus beau gibier avant midi. Les chevaliers lancèrent leur monture dans les bois. Adwen et Sorcha suivaient Arnold, réputé pour ses talents de chasseur. Ils s'enfoncèrent profondément dans les bois, le chevalier semblant avoir trouvé une piste, mais rapidement ils durent se rendre à l'évidence, ils étaient perdus. Alors qu'ils pensaient avoir retrouvé le chemin du château, ils tombèrent sur une embuscade tendue par des brigands, dont ils parvinrent à se défaire sans trop de problème. Sorcha décida alors de reprendre la tête du groupe et le ramena en direction du domaine de Gwir. Au détour d'une piste, l'attention des chevaliers fut attirée par des gémissements provenant d'une petite clairière. Là, ils surprirent le chevalier Gwir étendu à même la neige, en train de besogner avec vigueur Dame Glesni, l'une des courtisanes de sa cour. Le regard amorphe de la pauvre fille en disait long quant à son consentement. Lorsqu'il vit les chevaliers, Sire Gwir s'interrompit et réajusta ses chausses, l'air goguenard. La pauvre Glesni tentait tant bien que mal de cacher sa nudité sous sa cape. Nos vaillants compagnons n'eurent pas le temps de demander quelque explication que ce soit, car une violente tempête de neige les prit soudain au dépourvu. Le vent les obligeait à crier pour se parler et les flocons qui tombaient en rafales ralentissait considérablement leur progression. Sire Gwir les invita à venir se réfugier au château sans traîner, ne prêtant aucun intérêt à Dame Glesni qui s'éloignait dans les bois, l'air hagard. Sire Arnold porta sa monture jusqu'à la jeune femme et la fit monter en selle. Les chevaliers prirent ensuite la direction du château.
Pendant ce temps, Sire Caulas, qui avait fait mine de quitter les terres de Gwir avec ses hommes d'armes, était en fait resté pour questionner les fermiers établis aux alentours du manoir afin d'en apprendre un peu plus sur le seigneur local et ses étranges coutumes. Selon les villageois, Sire Gwir était un bon seigneur qui prenait soin de ses gens. Ce n'était peut-être pas un grand guerrier, mais il était prévenant et attentif au bien être de chacun. Il avait notamment accueilli à sa cour plusieurs des jeunes filles du village et leur avait ainsi permis d'accéder à un statut et un rang qui leur aurait été normalement interdit. Il était vrai que le seigneur pouvait se montrer protecteur avec sa sœur, mais pouvait-on l'en blâmer tant elle était belle et fragile ? Caulas apprit également que les tempêtes de neige et l'effondrement de l'église semblaient coïncider avec l'arrivée d'un chevalier, il y a environ six mois. Ce chevalier aurait offensé Sire Gwir et aurait été emprisonné. Selon les villageois, il se trouverait toujours dans les cachots du château, à moins qu'il n'ait périt depuis. Interrogés sur les armoiries de ce chevalier, les villageois décrivirent le blason de Sire Agorix. Caulas n'en croyait pas ses oreilles, il avait dormi dans ce manoir, alors même que l'un de ses frères d'armes y était enfermé à l'insu de tous. Le chevalier chercha également à en apprendre plus sur cette Maugalie qui était venue mourir à leurs pieds et sur les soudards qui la poursuivaient. Maugalie était une fille du village que Sire Gwir avait fait venir à sa cour. Les villageois furent très peinés d'apprendre son décès. Quant aux soudards, les fermiers ne les avaient soit-disant jamais vu. Mentaient-ils pour protéger leur seigneur ? Caulas n'aurait su le dire. Il décida de retourner vers l'endroit où ils avaient rencontré Maugalie, mais la neige qui redoublait de vigueur l'empêcha de le retrouver. Lorsque la tempête de neige se leva, Caulas voulut retourner s'abriter au manoir mais fût éconduit par les gardes. Il n'était plus le bienvenu en cette demeure. De rage, il lança un ultimatum à Sire Gwir : le lendemain, à tierce, lui et ses hommes se présenteraient aux portes du château et n'en bougeraient point tant que Gwir ne lui aurait pas accordé un entretien. Ils rebroussèrent ensuite chemin pour aller s'installer chez les fermiers en attendant le lendemain.
Adwen, Sorcha et Arnold avaient rejoint le manoir. Arnold accompagna Dame Glesni jusqu'aux écuries et l'y déposa, tandis qu'Adwen et Sorcha rejoignaient la grande salle. Le colosse ressortit rapidement du manoir pour se porter jusqu'aux ruines de l'église. Son honneur lui interdisait de laisser les pauvres réfugiés à l'extérieur alors que soufflait la tempête. Bravant les éléments, à bout de force, il fit plusieurs allers-retours pour porter les enfants d'Eirik et sa mère, la vieille Freydis. Il les mit à l'abri dans les écuries, puis s'écroula dans la paille, vaincu par la fatigue. Lorsqu'il se réveilla, la tempête s'était calmée, et le jour se levait. A ses côtés, dormaient Dame Glesni et la troupe d'Eirik. La porte des écuries s'ouvrit, laissant entrer une ombre capuchonnée. Arnold ne bougea pas, la laissant s'approcher. L'ombre dégageait un doux parfum de fleurs. Elle se baissa sur Glesni, lui caressant tendrement la joue, et le chevalier put reconnaître Dame Clarisane, l'intendante du manoir. Glesni s'éveilla et se blottit contre elle. Clarisane la serra dans ses bras, lui murmurant à l'oreille des mots de réconfort. Arnold comprit qu'elle disait à la jeune fille que tout allait bientôt prendre fin, que plus jamais cela ne se produirait. A ces mots le chevalier se redressa, surprenant les deux dames et demanda des explications à Clarisane. L'intendante refusa néanmoins d'en dire plus, implorant le chevalier, pour l'amour de Dieu et pour son honneur, de ne pas chercher à en savoir d'avantage. Les deux femmes quittèrent les écuries pour rejoindre la grande salle. Arnold sentait bien que quelque chose se tramait, mais il n'arrivait pas à comprendre quoi. Les blessures qu'il avait reçues la veille lors du combat contre les bandits n'ayant pas été soignées, Eirik lui proposa de les faire soigner par sa mère, qui avait des talents de guérisseuse. En discutant avec la vieille femme, il découvrit que Dame Clarisane s'intéressait elle aussi aux simples. Freydis lui avait notamment appris la préparation de la belladone, une plante médicinale qui, mal préparée ou administrée en trop grande quantité, pouvait devenir un poison. Le chevalier comprit aussitôt de quoi il en retournait, les courtisanes avaient pour projet d'empoisonner Sire Gwir, pour le salut de leurs âmes il devait à tout prix les en empêcher.
Sire Caulas n'avait presque pas fermé l'œil de la nuit, s'interrogeant sur la meilleure conduite à adopter. L'un de ses amis était retenu prisonnier dans ce château, il devait découvrir pourquoi et s'il était encore en vie essayer de le libérer. Aux premières lueurs de l'aube, il rassembla ses troupes et leur demanda de se préparer pour un éventuel combat.
Après un maigre souper et une nuit glaciale, Adwen et Sorcha avaient convenu qu'il était peut-être temps de remercier Sire Gwir pour son hospitalité et de rejoindre Salisbury. Alors qu'elles déjeunaient dans la grande salle, elles furent rejointes par Dame Clarisane et Dame Glesni qui revenaient des écuries. Glesni semblait aller mieux. L'intendante la fit s'assoir près de la cheminée et lui servit à boire. Sire Mertanos arriva à son tour, s'installa à table et se servit un verre de vin. Plein de morgue, il provoqua Adwen et Sorcha, leur disant qu'il s'était attendu à ce qu'elles aient déjà quitté les lieux, se moquant de femelles qui portaient les armes. Impulsive, Adwen le bouscula, renversant sur lui son verre de vin. Le chevalier riposta en lui portant un coup de coude dans le ventre et se redressa. Ni une, ni deux, la fille du Duc de Caercolun dégaina et lui pointa sa lame sur la gorge. Mertanos était ivre de rage mais il réussit à se contenir. Glesni, terrorisée, s'était recroquevillée dans un coin de la salle. Quant à Clarisane, elle implora Adwen de lâcher son arme. Mais la guerrière était têtue. Elle exigeait des excuses. Mertanos appela les gardes et leur demanda de faire prévenir Sire Gwir. A l'arrivée du seigneur, le calme revint. Il s'excusa pour le comportement de son homme-lige. Adwen et Sorcha lui firent savoir qu'elles allaient quitter les lieux, ne pouvant tolérer de rester plus longtemps sous ce toit où les femmes étaient violentées et les invités insultés. Alors qu'elles préparaient leurs bagages, elles furent rejointes par Arnold qui leur révéla quel horrible projet avaient élaboré les dames de la cour. Arnold s'entretint à nouveau avec Dame Clarisane, lui expliquant qu'il avait mis à jour son plan et la priant de ne pas le mettre à exécution. Il allait trouver un moyen de les libérer du joug du seigneur Gwir, sans qu'il ne soit besoin de recourir à ce moyen peu honorable. L'intendante finit par lui avouer la vérité, le calvaire que les courtisanes vivaient chaque jour pour protéger Dame Nia, dont Gwir était éperdument amoureux, au point d'avoir tenté de la violer il y a six mois environ. C'était depuis ce jour, que le climat s'était déréglé et que la neige s'était mise à tomber en été. Ne pouvant posséder de sa sœur, le sinistre seigneur la faisait souffrir chaque jour en abusant de ses dames. Un brave chevalier venu du nord avait tenté de mettre fin à ce drame, mais il avait fini emprisonné après un combat violent contre Sire Mertanos. Arnold promit qu'il allait mettre un terme à leur supplice, mais qu'il leur fallait être patientes. Dame Clarisane accepta de retarder l'inéluctable, mais Arnold savait qu'il devrait agir vite. A tierce, ses réflexions furent interrompues par la sonnerie d'un cor.
A l'extérieur de la palissade, Sire Caulas et ses hommes se tenaient rassemblés. Le chevalier demandait à s'entretenir avec Sire Gwir. Le châtelain accepta de parlementer, mais du haut de la tour de guet qui surplombait la porte. Il reconnut qu'il détenait Sire Agorix dans ses geôles, mais refusa d'expliquer les raisons de son emprisonnement. Selon lui, le chevalier avait bafoué son hospitalité. Il consentirait à le libérer si le Comte de Salisbury lui versait une rançon de dix livres. Fort de ces explications, Caulas accepta de se replier. Sire Gwir lui fit savoir que Sorcha et Adwen étaient également sur le point de quitter sa maisonnée. En attendant d'être rejoint par ses compagnes, Caulas fit camper ses troupes en lisière de forêt. Adwen, Sorcha et Arnold ne tardèrent pas à le rejoindre et lui révélèrent l'affreuse vérité. Après moult réflexions, les chevaliers convinrent que la meilleure solution était de provoquer Sire Gwir dans un duel judiciaire en l'accusant du viol de Dame Glesni. Il serait ensuite traduit devant la justice du Duc de Lindsey. Arnold étant le seul à bénéficier encore de l'hospitalité de Gwir, il fut désigné pour aller porter le duel. Les autres chevaliers de Salisbury et les hommes d'armes de Caulas se tiendraient prêts à intervenir au cas où les choses se passeraient mal.
Lorsque Arnold pénétra dans la grande salle, Sire Gwir était occupé à dîner avec sa cour. Il se montra surprit que le chevalier n'ait pas pris la route du sud avec ses compagnons. Sire Arnold lui énonça alors les faits desquels il l'accusait et le provoqua en duel devant la justice de Dieu afin q'il prouve sa bonne foi. Au départ amusé, Gwir accepta sans sourciller et désigna son géant, Sire Mertanos, pour le représenter. Le duel aurait lieu à l'extérieur de l'enceinte du château, en présence des chevaliers de Salisbury et des gens de la maisonnée de Gwir. Emporté par le dégoût que lui inspirait Sire Gwir, Arnold ne put cependant s'empêcher de le provoquer alors même qu'ils étaient encore dans la grande salle. Le châtelain s'emporta. Ivre de rage, il ordonna à Mertanos d'occire le chevalier sans autre forme de procès. Arnold était piégé, seul au milieu de ses ennemis, il devait faire face aux violents assauts du colosse en armure noire. Malgré un formidable coup de sa hache d'armes qui blessa profondément le géant, ce dernier continuait à avancer. Voyant sa dernière heure arriver, le chevalier cria pour alerter Eirik et ses compagnons. Le chasseur qui était toujours installé dans les écuries, sortit pour venir en aide au preux chevalier qui avait secouru sa famille lorsque la tempête faisait rage. Les gardes, dont l'attention était monopolisée par le combat de la grande salle, ne firent pas attention à lui. Il put ainsi ouvrir les portes et permit aux chevaliers de Salisbury de prendre pied dans la cour. Caulas, Sorcha et Adwen chargèrent les gardes postés à l'entrée de la grande salle. Tandis que les deux guerrières embrochaient deux d'entre eux, Caulas poursuivait sa charge à l'intérieur, les ruades de sa monture ajoutant au chaos qui se déchaînait déjà à l'intérieur. D'un bond, il fut sur Gwir qui tenta de lui opposer une maigre résistance, mais finit piétiné sous les sabots de son destrier. Sire Arnold, quant à lui, finit par s'écrouler sous les coups de Mertanos. Il aurait très certainement été massacré sans l'intervention de Sorcha et Adwen. Les deux guerrières terminèrent le travail commencé par leur compagnon. Mertanos tomba au sol, agonisant. Alors même qu'il était vaincu, sans défense, Adwen ne put s'empêcher de le frapper frénétiquement de son épée, réduisant son cadavre en un amas de chair sanguinolent. Un calme étrange finit par retomber sur la grande salle. De duel il n'y eut point, et de procès encore moins, mais Sire Gwir ne fit plus jamais souffrir les dames de sa cour.
Une fouille des lieux permit de découvrir des cachots souterrains, dans l'un desquels était enfermé Sire Agorix. Le chevalier était blessé et faible, mais il survivrait. Les quelques hommes d'armes qui assuraient sa garde n'opposèrent aucune résistance. Deux d'entre eux ressemblaient fortement aux soudards qui poursuivaient Dame Maugalie. Les chevaliers découvrirent également un tunnel qui reliait directement les cachots à la forêt, permettant d'entrer et de sortir du château en toute discrétion. Sire Caulas remit officiellement le manoir aux mains de Dame Nia et la jeune fille lui demanda de rester quelques temps pour l'aider à administrer le domaine le temps que les choses rentrent dans l'ordre et que le Duc de Lindsey soit informé des récents événements. De toutes façons, l'hiver était déjà bien avancé et les blessures de Sire Arnold interdisaient aux chevaliers de reprendre la route. Le courageux guerrier avait en effet survécu, pour la plus grande joie des dames de la cour qui n'avaient cesse de vanter sa courtoisie et son comportement chevaleresque.
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. févr. 21, 2013 11:28 am
par Mahyar
Bravo
Non seulement ces retours font extrêmement plaisir, mais ils donnent envie (j'en avais lu sur le forum Icare aussi). En tant que meneur tu es sacrément investi, tes CR sont par ailleurs assez bien structurés pour t'aider à tisser ta propre vision de la GCP. Les notes prises vont largement te servir à renforcer les liens d'une année à l'autre. J'ai une question à ce sujet, tu passes beaucoup de temps à préparer tes séances ? Je sais d'expérience que, même si tu disposes de scénarios prêts à l'emploi, c'est surtout le fait d'impliquer la compagnie qui
peut être exigeant. Tu prévois par avance tes évènements en ciblant tel ou tel chevalier ?
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. févr. 21, 2013 1:41 pm
par Mac Lane
Non seulement ces retours font extrêmement plaisir, mais ils donnent envie (j'en avais lu sur le forum Icare aussi). En tant que meneur tu es sacrément investi, tes CR sont par ailleurs assez bien structurés pour t'aider à tisser ta propre vision de la GCP. Les notes prises vont largement te servir à renforcer les liens d'une année à l'autre.
Merci Mahyar ! Nous prenons également beaucoup de plaisir à jouer les scenars que tu écris.
Concernant les CR, ils ont une double utilité, ils sont d'une part un résumé de la partie qui vient de se dérouler et d'autre part ils renforcent l'aspect "fresque épique" de la campagne. Tous les joueurs de la campagne peuvent les consulter, même s'ils n'ont pas pu assister à la dernière partie, et ainsi rester impliqués dans l'histoire. Lors de la dernière partie (qui a eu lieu hier soir, CR à venir concernant la Bataille de Lindsey), un joueur qui avait raté les 5 dernières années de jeu à pu réintégrer la partie comme si de rien était. Les CR me permettent également de garder une trace écrite des événements les plus importants, de manière à pouvoir les réutiliser plus tard.
J'ai une question à ce sujet, tu passes beaucoup de temps à préparer tes séances ? Je sais d'expérience que, même si tu disposes de scénarios prêts à l'emploi, c'est surtout le fait d'impliquer la compagnie qui peut être exigeant. Tu prévois par avance tes évènements en ciblant tel ou tel chevalier ?
C'est assez variable, mais oui en principe j'aime bien passer du temps à préparer mes scenars. Lors de chaque partie, j'essaye de mettre le focus sur au moins l'un des personnages de manière à l'impliquer dans l'histoire. Parfois les idées me viennent en cours de partie et c'est souvent ce qui marche le mieux. Pour Triste Muse par exemple, nous avons joué le scenar en deux parties. La première partie comprenait la Paix de Cornouailles, les Escarmouches en Lindsey et le début du scenar jusqu'au souper servi en l'honneur de l'arrivée des chevaliers. A la fin de cette partie, j'ai senti que les joueurs risquaient de passer à côté de l'intrigue et qu'ils avaient besoin d'une motivation supplémentaire pour enquêter sur ce qui se tramait à la cour de Gwir (mes joueurs ont du mal avec les enquêtes, même simples). De plus, le joueur de Sire Agorix, qui n'avait pas assisté à la première partie, devait être présent pour la deuxième. Son personnage ayant pris la route d'Eburacum l'année d'avant, j'ai imaginé qu'il pouvait très bien être passé par le château de Gwir sur le chemin du retour et avoir été fait prisonnier. Lorsque nous avons joué la deuxième partie, le joueur n'était pas là mais j'ai gardé cette idée (en faisant remarquer le blason du chevalier suspendu dans la grande salle) ce qui n'a pas manqué d'attiser la curiosité des autres joueurs.
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. févr. 21, 2013 8:25 pm
par Cédric Jeanneret
beaucoup à lire d'un coup, mais j'ai commencé et c'est très interessant.
Une remarque, la partie 2 a été posté deux fois, dans le premier poste, puis dans le second...
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. févr. 21, 2013 10:34 pm
par Mac Lane
Cédric Jeanneret a écrit :beaucoup à lire d'un coup, mais j'ai commencé et c'est très interessant.
Une remarque, la partie 2 a été posté deux fois, dans le premier poste, puis dans le second...
Merci, erreur corrigée.
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. avr. 04, 2013 12:30 am
par BananaSouP
Ben moi je viens de tout lire et d'une traite et j'ai trouvé çà passionnant.
Bravo Mac Lane superbe compte rendu..
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : jeu. avr. 04, 2013 12:29 pm
par zuzul
Yep, excellent boulot.
BananaSoup, je te remercie de ne PAS lire les CR des autres tables, tu pourrais te spoiler tout seul....heureusement qu'on en est au même point qu'eux....
Re: [CR] PENDRAGON - CHRONIQUES - SAISON 1
Publié : ven. avr. 12, 2013 3:58 am
par Mac Lane
Merci d'avoir tout lu ! En espérant que ces CR puissent vous servir ou vous inspirer.