Bienvenu au Baloukistan
Publié : mar. août 25, 2026 2:23 pm
Il y a très longtemps, en 2011, j'ai participé au concours des demiurges en herbe. Le thème imposé : Tour et geste.
Et j'avais commis un crime ignoble, qui avait terminé à la troisième place (ex-aequo) : Bienvenu au Baloukistan
Quelque part dans le Caucase se trouvait la Républicratie du Baloukistan, dirigée depuis toujours par le Grand Meujeu, démocratiquement élu avec 104 % des voix après le décès accidentel de ses principaux opposants. Pour développer le tourisme, le pays s'était doté d'un magnifique hôtel-club, avec piscine, spa, animations, excursions et tout ce qu'il fallait pour attirer le Parfait Juilletiste (abrégé PJ) occidental.
Le « geste » du thème était devenu la danse de l'hôtel-club : chaque soir, plusieurs centaines de touristes reproduisaient innocemment une chorégraphie qui était en réalité un rituel magique destiné à invoquer un Grand Ancien. À la suite d'une légère erreur de calcul, c'était malheureusement la Mite de Keutoulou qui était invoqué, une mite géante dont l'espérance de vie était de 24 heures.
Et le « tour » était évidemment devenu le tour-opérateur.
Parmi les autres joyeusetés, le Baloukistan possédait notamment de magnifiques vestiges pré-baloukistanais. Officiellement antiques. En réalité, le Grand Meujeu avait fait construire de fausses ruines par des maçons, vieillies artificiellement par des décorateurs, puis les avait transformées en attraction archéologique.
Le système était à l’avenant : pour résoudre une action, on lançait autant de pièces de monnaie (j'ai testé avec des capsules de bière, mais le résultat est pipé) que caractéristique + compétence, en visant une feuille posée devant soi. Pile ou face déterminait réussite ou échec, mais une pièce tombée sur la feuille produisait un résultat critique : le hasard se doublait donc d’un vague jeu d’adresse.
Bref, j’avais réinventé le dé à deux faces, mais en plus compliqué — donc forcément mieux.
Enfin, bref, l'actualité m'est tombée dessus deux fois en quelques jours, pour me rappeler que je suis un précurseur visionnaire
Une première fois avec la Corée du Nord et son immense complexe touristique balnéaire de Wonsan-Kalma. Dictature, culte du dirigeant, hôtel-club géant destiné à développer le tourisme et faire rentrer des devises… Je me suis dit que le petit père Kim avait p'tet lu mon jeu.
Et puis hier, je tombe sur l'histoire de cet Italien qui avait construit de toutes pièces de fausses ruines romaines, les avait vieillies artificiellement et les faisait visiter comme un véritable site archéologique.
Le réel manque sérieusement d'imagination.
Je vais peut-être pour me motiver un jour à retravailler cet machin ludique, histoire d'en faire une version remastérisé. Le temps de finir d'écrire une murder party nettement plus sérieuse...
Entre les trucs qui ont terriblement vieilli, le scénario d'introduction clairement terminé à l'arrache parce que la deadline arrivait, et quelques idées que j'aime toujours beaucoup — notamment la création de personnage à base de texte à trous et le système révolutionnaire utilisant un « dé à deux faces », parfois utilisé dans certaines régions comme pièce de monnaie...
Finalement, il aura peut-être fallu que l'actualité se mette à plagier le Baloukistan pour que je le ressorte du placard.
Et j'avais commis un crime ignoble, qui avait terminé à la troisième place (ex-aequo) : Bienvenu au Baloukistan
Quelque part dans le Caucase se trouvait la Républicratie du Baloukistan, dirigée depuis toujours par le Grand Meujeu, démocratiquement élu avec 104 % des voix après le décès accidentel de ses principaux opposants. Pour développer le tourisme, le pays s'était doté d'un magnifique hôtel-club, avec piscine, spa, animations, excursions et tout ce qu'il fallait pour attirer le Parfait Juilletiste (abrégé PJ) occidental.
Le « geste » du thème était devenu la danse de l'hôtel-club : chaque soir, plusieurs centaines de touristes reproduisaient innocemment une chorégraphie qui était en réalité un rituel magique destiné à invoquer un Grand Ancien. À la suite d'une légère erreur de calcul, c'était malheureusement la Mite de Keutoulou qui était invoqué, une mite géante dont l'espérance de vie était de 24 heures.
Et le « tour » était évidemment devenu le tour-opérateur.
Parmi les autres joyeusetés, le Baloukistan possédait notamment de magnifiques vestiges pré-baloukistanais. Officiellement antiques. En réalité, le Grand Meujeu avait fait construire de fausses ruines par des maçons, vieillies artificiellement par des décorateurs, puis les avait transformées en attraction archéologique.
Le système était à l’avenant : pour résoudre une action, on lançait autant de pièces de monnaie (j'ai testé avec des capsules de bière, mais le résultat est pipé) que caractéristique + compétence, en visant une feuille posée devant soi. Pile ou face déterminait réussite ou échec, mais une pièce tombée sur la feuille produisait un résultat critique : le hasard se doublait donc d’un vague jeu d’adresse.
Bref, j’avais réinventé le dé à deux faces, mais en plus compliqué — donc forcément mieux.
Enfin, bref, l'actualité m'est tombée dessus deux fois en quelques jours, pour me rappeler que je suis un précurseur visionnaire
Une première fois avec la Corée du Nord et son immense complexe touristique balnéaire de Wonsan-Kalma. Dictature, culte du dirigeant, hôtel-club géant destiné à développer le tourisme et faire rentrer des devises… Je me suis dit que le petit père Kim avait p'tet lu mon jeu.
Et puis hier, je tombe sur l'histoire de cet Italien qui avait construit de toutes pièces de fausses ruines romaines, les avait vieillies artificiellement et les faisait visiter comme un véritable site archéologique.
Le réel manque sérieusement d'imagination.
Je vais peut-être pour me motiver un jour à retravailler cet machin ludique, histoire d'en faire une version remastérisé. Le temps de finir d'écrire une murder party nettement plus sérieuse...
Entre les trucs qui ont terriblement vieilli, le scénario d'introduction clairement terminé à l'arrache parce que la deadline arrivait, et quelques idées que j'aime toujours beaucoup — notamment la création de personnage à base de texte à trous et le système révolutionnaire utilisant un « dé à deux faces », parfois utilisé dans certaines régions comme pièce de monnaie...
Finalement, il aura peut-être fallu que l'actualité se mette à plagier le Baloukistan pour que je le ressorte du placard.