Cinema films de nöel ou pas

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Silenttimo
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Silenttimo »

Olivier Fanton a écrit : mar. janv. 06, 2026 10:45 pm
Silenttimo a écrit : Bah si tu n'es pas encore lassé, je suggère 3 autres Wellman pré-code, tous bons à excellents : "Wild boys of the road" (pérégrinations de hobos adolescents pendant la crise), "Frisco Jenny" (sur une reine du crime à Frisco dans les années 10-20) et "l'ange blanc" (night nurse, sur une infirmière qui tente de contrer une sombre machination).

Et, sortis des films de Lubitsch ou de quelques classiques (le 1er Tarzan avec Weissmuller, Frankenstein, King Kong, Zaroff...) deux autres films pré-code que j'ai trouvés excellents : "Liliane (baby face)" (avec Barbara Stanwick, une femme grimpe les échelons en utilisant ses meilleurs atouts : sa beauté et son corps), "Une allumette pour 3" (3 amies de fac vont avoir des vies divergentes et parfois tragiques ; dans les débuts de Bette Davis qui n'a pas le rôle principal).
Je viens de voir Frisco Jenny. Le yellowface d'une des actrices est vraiment gênant, mais sinon, quel film. Toute une vie en 1H10. J'ai été particulièrement surpris par la résolution de la dispute entre Jenny et son père, et par la fin. "Aucun trait de caractère rédempteur..." Argh. 😢 J'adore les tragédies, là, on est en plein dedans.

Auparavant, j'ai aussi vu Three on a match, bien aussi. La mère est insupportable de mélancolie, de bêtise et de veulerie… au point que son rachat final ne convainc pas. Le message est clair, la drogue c'est mal. Là dessus, ça m'a un peu rappelé le fantastique The Phantom Carriage. (Sinon, le bateau que prennent les trois héroïnes s’appelle le City of Rouen ! Haha.)

Au début, Baby Face ressemble à un conte sur l’émancipation des femmes. Et l’héroïne fait des choses de plus en plus ignobles pour réussir. Au final, on se doute que ce sera une tragédie. J’ai vu John Wayne au générique, mais je ne l’ai pas reconnu dans le film. Trop jeune ?! (Une partie du film se passe à Paris, avec des accents français qui sonnent vrais. Ils hésitent à aller à Deauville !)

Ensuite, dans Night Nurse, on navigue entre comédie et thriller, c’est étrange, mais très sympathique. La première partie à l’hôpital est édifiante sur le statut des infirmières à l’époque, un vrai sacerdoce impliquant célibat et vertu (comme les institutrices, il me semble). Cette fois, j’ai reconnu Clark Gable jeune ! (Aucune référence à la Normandie par contre...)

J'ai trouvé Wild boys of the road mais pas encore vu.

EDIT : je relis la page wikipedia de Baby face, ayant un peu oublié comment ça finit (mieux que dans mon souvenir...). Mazette, le niveau de censure est assez incroyable. Heureusement, on a maintenant la version originale, retrouvée en 2004.
Another significant change was that the cobbler's enthusiasm for Nietzschean philosophy was replaced by his becoming the moral voice of the film, showing that Lily had been wrong to use her body to succeed.[1] The cobbler's original speech was:[5]

A woman, young, beautiful like you, can get anything she wants in the world. Because you have power over men. But you must use men, not let them use you. You must be a master, not a slave. Look here – Nietzsche says, "All life, no matter how we idealize it, is nothing more nor less than exploitation." That's what I'm telling you. Exploit yourself. Go to some big city where you will find opportunities! Use men! Be strong! Defiant! Use men to get the things you want![5]

The altered version, with the cobbler as the voice of morality, was:

A woman, young, beautiful like you, can get anything she wants in the world. But there is a right way and a wrong way. Remember, the price of the wrong way is too great. Go to some big city where you will find opportunities! Don't let people mislead you. You must be a master, not a slave. Be clean, be strong, defiant, and you will be a success.[5]

The new lines were dubbed onto an over-the-shoulder shot of the cobbler.[5]

Je suis content que tu aies globalement apprécié ces films.

J'ai particulièrement été marqué par "Frisco Jenny", et rarement on aura vu une telle fin dans le ciné US, même si c'est
Spoiler:
une sorte de sacrifice rédempteur
.

Un peu pareil pour "3 on a match", oui, il y a quelques moments moralisateurs, mais pareil, un suicide dans un film US à cette époque, ça ne devait pas courir les pellicules argentiques ! 

Dans le genre pré-code, j'ai une très grande affection pour "Our daily bread" de King Vidor, bien apprécié par la presse conservatrice de Hearst qui le trouvait toutefois "trop communiste", et qui avait reçu le 2nd prix du festival de Moscou, mais pas le 1er, car jugé "trop chrétien" (dixit Vidor après une conversation off avec un membre du jury).

Mais "Wild boys of the road", quelle claque quand je l'ai vu !
J'ai des images marquantes en tête, et le film alterne ton parfois jubilatoire ou enthousiaste, et des moments particulièrement dramatiques.
Ward Bond (wiki VO), l'un des plus célèbres "3e rôle" du cinéma US, y a un petit rôle mémorable qu'il est difficile d'oublier !
Financé grâce à la "NRA" (rien à voir avec les armes), la "New Recovery Administration" mise en place par Roosevelt pour relancer l'économie.
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Olivier Fanton
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Olivier Fanton »

Silenttimo a écrit : mer. janv. 07, 2026 12:08 am J'ai particulièrement été marqué par "Frisco Jenny", et rarement on aura vu une telle fin dans le ciné US, même si c'est
Spoiler:
une sorte de sacrifice rédempteur
.
Certes, mais ce n'est pas son premier.
Spoiler:
Elle a déjà perdu son fils en le laissant à ses parents adoptifs (scène terrible, et je parle en père divorcé ...).
Elle a aussi perdu son business en faisant élire son fils plutôt que le candidat corrompu.

Pour moi, plus qu'une rédemption, c'est le prolongement d'un côté de sa personnalité qui existe depuis le début en parallèle de ses activités illicites.
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Silenttimo
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Silenttimo »

Olivier Fanton a écrit : mer. janv. 07, 2026 9:11 am
Silenttimo a écrit : mer. janv. 07, 2026 12:08 am J'ai particulièrement été marqué par "Frisco Jenny", et rarement on aura vu une telle fin dans le ciné US, même si c'est
Spoiler:
une sorte de sacrifice rédempteur
.
Certes, mais ce n'est pas son premier.
Spoiler:
Elle a déjà perdu son fils en le laissant à ses parents adoptifs (scène terrible, et je parle en père divorcé ...).
Elle a aussi perdu son business en faisant élire son fils plutôt que le candidat corrompu.

Pour moi, plus qu'une rédemption, c'est le prolongement d'un côté de sa personnalité qui existe depuis le début en parallèle de ses activités illicites.
Merci, j'avais un peu oublié le premier point, tant la fin est originale, en un sens.

Dans la série des pré-code (liens imdb), je ne sais plus si j'avais recommandé "Man wanted" de Dieterle pour le coup, avec inversion des problématiques des années 80 (une patronne tombe amoureuse de son employé), "Safe in hell" de Wellman avec du harcèlement sexuel (mais l'une des moins bonnes copies de ces films ressortis par Warner), "The public ennemi" de Wellman et "Scarface" de Hawks sur le gangstérisme.

Et puis pour voir les conséquences concrètes du passage pré-code à l'application du code Hays :
- voir les deux versions de "Waterloo Bridge" (liens wiki VO), 1931/1932 (James Whale) et 1940 (Mervyn LeRoy) : il y a un coffret avec les 2 versions DVD sorti il y a une douzaine d'années. Le contraste entre les deux approches scénaristiques est très différent, et les deux films, dans des registres finalement différents (drame, et mélodrame) sont tous deux très bons ;
- voir "The thin man / l'introuvable" 1934 (van Dyke) (lien wiki VO), excellent polar humoristique d'après Hammett, qui a donné 5 suites mais après la fin du pré-code. Dans le premier, le couple de personnages est pompette / ivre / avec un verre à la main quasi tout le film. Après, dès le 2nd film, le ton reste humoristique, mais exit l'alcoolisme mondain des personnages.
 
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Tgx »

Vu Predator Badlands ... et je reste perplexe envers le torrent de haine que s'est pris le film.

Ok, c'est pas un chef d’œuvre mais c'est bien fait et plaisant à regarder. Un bon divertissement en somme.
De fait, je l'ai préféré à Prey.
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Gridal »

Tiens, ça fait longtemps que je suis pas venu ici pour faire mes petits retours, alors qu'en ce moment je regarde des paquets de films.

Garde à vue (Claude Miller, 1981) : Un commissariat de Cherbourg, le soir de la Saint-Sylvestre. L'inspecteur Galien auditionne le notaire Jérôme Martinaud, un notable local. Celui-ci a prétendu avoir découvert, quelques semaines plus tôt, le cadavre d'une enfant, violée et assassinée, et a ensuite prévenu la police. Des incohérences dans son témoignage le font petit à petit passer de témoin à suspect.

J'avais vu le film il y a longtemps, j'avais adoré, un peu peur de le revoir en connaissant à l'avance le déroulé de l'histoire et les péripéties. Non, ça fonctionne toujours aussi bien, c'est excellent. Le duel d'acteurs (Lino Ventura joue le flic et Michel Serrault le suspect) y est bien sûr pour beaucoup. Ils sont tous les deux impériaux et la puissance de leur jeu est bien aidée par des dialogues de Michel Audiard, ciselés, millimétrés, d'un équilibre parfait entre belle écriture et "naturel". Les deux rôles secondaires les plus importants, Guy Marchand et Romy Schneider (qui mourra quelques mois après la sortie du film), n'ont pas à avoir honte, ils sont impériaux eux-aussi.

Même si le film est quasiment un huis-clos, Miller évite intelligemment l'effet "théâtre filmé" en proposant à intervalle régulier des scènes hors de la salle d'interrogatoire et des flashbacks (dont un avec une toute jeune Elsa Lunghini), permettant au spectateur de respirer un instant avant de replonger inexorablement dans l'ambiance tendue de cette garde à vue.

Si je dois exprimer une petite critique, j'ai trouvé la toute fin et son enchaînement d'événements un poil précipitée, mais cela n'enlève rien aux immenses qualités du film.

Disponible sur Arte jusqu'au 13 janvier 2026.
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Orlando (Sally Potter, 1992) : en 1600, la reine Élisabeth Ire offre à Orlando, un jeune aristocrate, un château et une grande quantité d'argent qui appartiendront à sa famille pour toujours. Une seule condition : qu'Orlando ne vieillisse jamais.

C'est un film complètement fou, qui adapte librement le roman de Virginia Woolf, un roman déjà fou et incroyablement moderne à sa sortie en 1928. Sally Potter se permet toutes sortes d'expérimentations : les ruptures de ton sont fréquentes, Orlando brise régulièrement le quatrième mur et s'adresse directement aux spectateurs avec des regards face caméra, les ellipses sont nombreuses, le tout dans une ambiance onirique et surréaliste (la DA est à tomber). Une des nombreuses idées géniales du film est le choix de casting pour Orlando : c'est Tilda Swinton qui incarne le personnage, quand il est un homme et bien sûr quand il devient une femme après quelques siècles de vie. Elle est absolument parfaite dans le rôle, malicieuse, légère et à la fois d'une grande profondeur. Le reste du casting est assez dingue également : Charlotte Valandrey est Sasha, la fille de l'ambassadeur de Russie, Quentin Crisp la reine Élisabeth Ire, Billy Zane et Jimmy Somerville sont également de la partie.

Le film parle d'art, de la condition des femmes, de transidentité, de libre arbitre, de la capacité des humains à s'entretuer et de mille autres choses. Énorme coup de cœur !
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Halloween 3 : Le Sang du sorcier (Tommy Lee Wallace, 1982) : quelques jours avant la fête d'Halloween, les événements étranges et les morts suspectes se multiplient. Un médecin et la fille d'une victime mènent l'enquête. Tout semble être lié à une usine de fabrication de masques pour enfants.

Après le succès du film de John Carpenter et de sa suite directe, l'idée est venue de faire d'Halloween une anthologie dans laquelle chaque film serait indépendant, avec un seul point commun : se dérouler durant la fête d'Halloween. L'idée n'est en soi pas mauvaise, et le point de départ de ce film n'est pas pire qu'un autre mais malheureusement le résultat est un navet de compétition.

Mélanger SF et fantastique, pourquoi pas ? La petite ville pleine de secrets, il y avait du potentiel. Mais non, il y a rien qui va. C'est terriblement mou et souvent ridicule, le plan du grand méchant est franchement pas très clair, et les péripéties débiles s'enchaînent. Ratage complet.

Je suis gentil donc je sauve la BO, co-écrite par John Carpenter, qui est vraiment pas mal, et ça fait plaisir de retrouver la trogne de Tom Atkins, notamment vu dans Fog et New York 1997, même si avec sa vieille gueule on croit pas une seconde au lover qui rend dingues toutes les jolies femmes qui ont quinze ans de moins que lui :lol:

Dès l'épisode suivant Michael Myers fera son retour (ce qui ne rendra pas la saga plus qualitative).
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Vie privée (Rebecca Zlotowski, 2025) : lorsqu'elle apprend la mort de l'une de ses patientes, une psychiatre est convaincue qu'il s'agit d'un meurtre et décide de mener l'enquête.

Je suis en général totalement en phase avec le cinéma de Rebecca Zlotowski, qu'elle soit réalisatrice (Les Enfants des autres, Planétarium, Une fille facile...) ou scénariste (Emmanuelle, Malgré la nuit...) donc je suis allé voir Vie privée sans rien savoir à part "Jodie Foster dans son premier film en français". J'ai eu ici l'étrange et pas très agréable impression d'être laissé sur le bord de la route.

Le film n'est pas objectivement mauvais. Jodie Foster et Daniel Auteuil sont géniaux, Virginie Efira, Mathieu Amalric et Luàna Bajrami sont en retrait mais font le job, Vincent Lacoste est comme d'hab' à la limite du mauvais et c'était top de revoir Sophie Guillemin. Visuellement c'est carré, la réalisatrice déborde d'amour pour son actrice, se fait plaisir et nous fait plaisir en filmant de longs gros plans sur son visage et ses mains de magnifique femme sexagénaire. Mais j'ai pas du compris où elle voulait en venir : simple enquête de deux ex "âgés" qui retrouvent leur jeunesse, discours sur la famille et l'héritage, critique de la psychanalyse et des médecines alternatives, il y a probablement un peu de tout ça mais malgré tout j'ai pas du tout capté la finalité de l'exercice.

Je me retrouve donc frustré plus que déçu, jusqu'ici Rebecca Zlotowski m'avait parlé assez directement, là je vois pas. Si des gens ici ont vu le film, je suis très intéressé par des retours.
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par cdang »

Gridal a écrit : ven. janv. 09, 2026 8:45 pm Halloween 3 : Le Sang du sorcier (Tommy Lee Wallace, 1982)
Silver Shamrock donnera quand même une intro mythique...

--
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Gridal
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Gridal »

@cdang merci pour la découverte ! Le volontairement insupportable jingle publicitaire fait partie des rares bons côtés du film. En tout cas tu m'as donné envie d'écouter Helloween, dont je connais très mal la carrière, même si Keeper of the Seven Keys: Part I et plus particulièrement la chanson Future World ont marqué mon adolescence au début des années 90.
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Mugen
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Mugen »

@Gridal un point qui me semble important demand Vie Privée, c'est que l'"enquête" que mène le personnage de Jodie Foster se fonde sur des suppositions hasardeuses et mène à des conclusions tout aussi hasardeuses mais surtout fausses.
C'est moins une enquête que le harcèlement du personnage de Mathieu Amalric...
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Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Tgx »

Tiens, j'ai une question pour les cinéphiles consommés : c'est quoi le neo-western ?

j'ai vu ce qualificatif plusieurs fois sur Wikipédia, notamment pour Eddington, je crois, mais j'ai du mal à voir du western dans ce film...
« il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l'égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l'égalité dans la servitude à l'inégalité dans la liberté »
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Mugen »

Father, Mother, Sister Brother
Le dernier Jim Jarmusch est en réalité une suite de 3 sketches (Father, puis Mother puis Sister Brother) mettant en scène des retrouvailles familiales entre parents et enfants, dans des circonstances et des milieux assez différents (l'Amérique du Nord, Dublin puis Paris).
Le casting est excellent (Adam Driver, Cate Blanchett, Charlotte Rampling, etc.) et le film reproduit bien dans l'ensemble l'ambiance de ce genre de réunion, où l'on n'a finalement pas toujours grand-chose à dire.
Mais ça reste un Jarmusch mineur à mes yeux.
Je ne sais pas non plus vraiment pourquoi l'on retrouve d'une séquence à l'autre des éléments communs, comme la présence de skaters ou une rolex...
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Gridal »

Mugen a écrit : sam. janv. 10, 2026 11:58 am @Gridal un point qui me semble important demand Vie Privée, c'est que l'"enquête" que mène le personnage de Jodie Foster se fonde sur des suppositions hasardeuses et mène à des conclusions tout aussi hasardeuses mais surtout fausses.
C'est moins une enquête que le harcèlement du personnage de Mathieu Amalric...
Oui tout à fait, et j'ajouterais que cette pseudo-enquête n'a qu'une finalité : remuer la m*rde et et faire ressortir les secrets de famille. La famille d'Amalric et Efira mais aussi celle de Foster et Auteuil. Le film traite du poids de ces secrets et plus généralement des héritages difficiles à porter mais je ne sais pas vraiment ce qu'il en dit... Certains passages m'ont laissé de côté : la séance d'hypnose, la scène "flashback" à l'opéra, la bien trop rapide réconciliation entre Lilian et son fils, toute l'histoire du patient qui essaie d'arrêter de fumer...

Bref il me manque des clefs pour comprendre. Je serais curieux de savoir à quel point le film est personnel pour Rebecca Zlotowski, notamment sur la question de la judéité, centrale. J'espère la lire ou l'entendre un jour parler de Vie privée, elle est passionnante quand elle aborde son travail.

Sinon :

Possession (Andrzej Żuławski, 1981) : de retour d'un voyage d'affaires, Marc apprend que sa femme Anna veut le quitter. Il découvre l'existence d'un amant, Heinrich, mais Anna lui assure qu'elle l'a lui aussi quitté, pour un autre, mystérieux.

Pfffouh quelle expérience dingue ! Possession est un film complètement hallucinant, et halluciné. Il m'a remué, j'ai été pris dès le début dans ce cauchemar sur pellicule, je me suis laissé emporter dans cette spirale hystérique et horrifique, sans chercher à tout comprendre et interpréter, juste en "profitant" de ces deux heures folles.

J'imagine qu'internet regorge d'explications et d'interprétations sur le film. Certaines sont plutôt évidentes (Andrzej Żuławski sortait tout juste d'un divorce compliqué quand il a écrit le scénario, et également la critique du totalitarisme est très claire), d'autres le sont beaucoup moins mais qu'importe, ce sont les sensations qui l'emportent sur la réflexion.

Et puis... Isabelle Adjani. Si je crois qu'elle n'a jamais été aussi belle que dans ce film, elle est également absolument terrifiante. La fameuse scène du couloir de métro, parfois considérée comme une des plus wtf de l'histoire du cinéma, est en effet hallucinante et jamais la "possession" n'a été montrée de cette manière, avant ou après. Sam Neill, dans le rôle de Marc, est parfait lui aussi dans sa paranoïa et sa folie grandissantes.

Je me rends compte que ça fait une douzaine de lignes que je parle du film sans réellement en raconter le déroulé, mais encore une fois à mon avis le visionnage vaut surtout pour l'expérience sensorielle cauchemardesque. Je pense, et je comprends tout à fait, qu'un rejet total doit parfois arriver à la vision de Possession, mais je vous assure ça vaut le coup d'essayer.
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Olivia (Jacqueline Audry, 1951) : la jeune Olivia, qui vient d'intégrer un riche pensionnat de jeunes filles dans la région parisienne, apprend vite que l'école est divisée par la relation compliquée entre ses deux directrices, mademoiselle Julie et mademoiselle Cara. Les élèves et le personnel sont tous dans un camp ou un autre. Olivia rend les choses encore plus compliquées en tombant amoureuse de Julie.

Le film a fait un petit scandale à sa sortie et a été interdit aux moins de 16 ans. C'était en effet une des premières fois (la première ?) dans l'histoire du cinéma français que l'homosexualité féminine était abordée de façon si directe. Jacqueline Audry était une des rares femmes réalisatrices de cette période.

Le film vaut principalement pour sa valeur "historique". Le saphisme est en effet abordé sans détour, ça a dû faire bizarre à pas mal de monde lors du visionnage à l'époque. Visuellement c'est très beau (Audry a été assistante de Max Ophuls et ça se voit), les actrices (il n'y a quasiment pas d'hommes dans le film) sont dans l'ensemble bonnes, Edwige Feuillère et Simone Simon, respectivement Lucie et Cara, sont géniales, et certaines scènes sont magnifiques, comme celle du bal costumé, poétique et bourrée de sous-entendus lesbiens.

Mais... ça reste quand même un peu mou et un peu longuet, avec un humour pas toujours drôle et un rythme pas toujours maîtrisé. La forme pèche un peu donc, même si le fond est résolument moderne et féministe pour 1951. Pas une découverte inoubliable, mais je suis content de l'avoir vu.
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Badh (Guillaume de Fontenay, 2025) : Badh est une agente secrète qui travaille pour la DGSE. Quand elle est trahie par son employeur lors d'une mission en Syrie, elle disparaît des radars. Quelques années plus tard, au Maroc, elle reprend officieusement du service lorsque son compagnon est la cible de trafiquants d'armes.

J'ai lancé le film pour une seule raison : la présence dans le rôle-titre de Marine Vacht, dont je suis fan depuis le génial Jeune et jolie de François Ozon. Et puis bon, un film d'action français, par le réalisateur du pas trop mal Sympathie pour le diable, avec une durée de 1h24, pourquoi pas.

C'est moyen. Pas le ratage complet annoncé par la plupart des critiques, mais moyen. Le film souffre d'un mal très répandu des films d'action récents, un montage bien trop haché des scènes d'action justement, qui ne leur rend pas du tout service. Ce qui est étrange c'est hors bastons/fusillades/poursuites, le montage est posé, à la limite parfois du contemplatif. Il y a du bon quand même : Marine Vacht est crédible en action hero, le reste du casting (Emmanuelle Bercot, Niels Schneider, Lionel Abelanski, Slimane Dazi, Grégoire Colin...) est bon, et les décors marocains sont originaux et bien utilisés.

Après, c'est à peut près sûr que dans deux semaines j'aurai oublié le film...
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Madame a des envies (Alice Guy, 1906) : une femme enceinte a des envies irrépressibles et y succombe, semant la zizanie autour d'elle.

C'est un court métrage de 4 minutes dont j'ai appris l'existence en lisant l'excellent Le Regard féminin : Une révolution à l'écran d'Iris Brey. Alice Guy, première réalisatrice de l'histoire du cinéma, se met ici en scène dans le rôle de cette femme qui choisit d'assumer ses envies. Sur un ton burlesque, elle enchaîne les gaffes pour se faire plaisir, laissant pantois les témoins de ses agissements. C'est drôle (ses envies la font notamment boire un verre d'absinthe et fumer une pipe :lol: ) et résolument novateur, avec son point de vue féminin et également les quelques plans face caméra dont un fait trèèèès fortement penser à une fellation. Belle découverte.
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Altay
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Re: Cinema films de nöel ou pas

Message par Altay »

Vu le désormais célèbre Papamobile (2025), comédie de Sylvain Estibal avec Kad Merad qui y incarne le sosie du pape, enlevé par la patronne d'un cartel mexicain (Myriam Tekaïa). Sur le papier, le film semble doté d'une bonne génétique : Estibal était journaliste spécialiste du Mexique, son premier film (Le Cochon de Gaza) a décroché le César du premier film en 2012 et la présence de Kad Merad dans le rôle principal est plutôt prometteuse.

Bon, le film s'est fait descendre par la critique (à raison), The Jokers ayant même refusé de le distribuer dans les salles au-delà d'une sortie confidentielle dans une trentaine de salles pour moins de 400 entrées. Je l'ai regardé en espérant un authentique nanar et c'est en quelque sorte décevant. Sans être une catastrophe absolue, c'est un beau foirage. Il y a quelques bons gags absurdes qui m'ont fait rire de bon cœur (les équipements loufoques de la papamobile, notamment), mais l'humour est complètement sabordé par un timing comique aux fraises. Myriam Tekaïa surjoue pour un oui pour un non, tandis que Kad essaie désespérément de rendre drôle des dialogues assez ennuyeux. Le montage est lunaire, on a l'impression qu'il manque la moitié des plans de transition et donne un sentiment de scénario sans queue ni tête.

C'est dommage parce qu'on sent qu'il y a de l'idée, notamment sur l'image qui fournit quelques plans sympas dans les 1h20 que durent le film. Le scénario tire sur l'absurde, pourquoi pas, c'est moins gros sabots que les comédies françaises classiques. Et pourtant, j'ai l'impression de voir le brouillon d'un film, comme si l'équipe était débarquée au Mexique sans storyboard, ni liste de plans à tourner. Le pire c'est qu'Estibal se réfugie en interview derrière l'excuse du manque de moyens, du « sixième degré » et d'un concept de film « fauché mais assumé ». C'est complètement hypocrite. Premièrement, le sixième degré n'excuse en rien les vannes qui tombent à plat à cause d'une exécution foireuse. Deuxièmement, le manque de moyens n'impacte que des scènes qui étaient de toute façon trop ambitieuse et sans intérêt. Un simple exemple : le scénario prévoit que les personnages vont du Mexique au Vatican en sous-marin et la prod ayant rogné sur le budget, il n'y a pas d'argent ni pour une maquette, ni pour des CGI. Donc Estibal à la place filme Kad et Myriam dans un genre de clip aquatique de chanson romantique. Pourquoi ? C'est pas drôle, ça sort du film et ça se réglait très facilement avec une légère modification de scénario.

Le véritable symptôme qui montre que le film n'était pas fini, c'est la présence régulière et injustifiée de la voix off, qui sert à la fois à expliquer le scénario et à gratter quelques minutes de film pour des raisons de contrat de diffusion sur Amazon Prime Video. Si je persiflais un peu, la présence de nombreux « Estibal » au générique de fin donne un peu l'impression que le réal s'est payé un délire de vacances au Mexique en famille, avec une vague idée de film en tête mais aucun plan concret. Maintenant, il se réfugie derrière « les autres ». Le crocodile télécommandé ? C'est parce qu'il s'est fait arnaquer par le dresseur de crocodile sur place. Pas d'establishing shots ? La prod' a réduit le budget donc on il a fallu tourner au Mexique les scènes du « Vatican » plutôt qu'en Italie. Et de défendre mordicus un film sous prétexte qu'une poignée de spectateur⋅ices auraient trouvé ça super et original, alors que c'était évident qu'il a fallait faire un four.

Honnêtement, ça ne vaut pas le coup et je ne recommande même pas pour rigoler. C'est un film à l'exécution ratée, un résultat médiocre construit sur ce qui étaient sûrement de bonnes intentions, mais sans aucun effort déployé pour maintenir la cohérence de la vision de son réalisateur.
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