Inigin a écrit : ↑sam. févr. 21, 2026 11:13 am
Rosco a écrit : ↑ven. févr. 20, 2026 8:09 pm
De toute façon, la fin du moyen age est quand même très iberico centré, dehors les ibères, je suis vraiment pas sur que charles l'affable est senti un changement d'age pendant son reigne.
En revanche son sucesseur a quand à lui mis un changement en place. Bon, il importé une mode ritale mais avec un impact immense.
De toute façon dehors les celtes, les saxons, les latinistes les héleniste et autre.
Plus serieusement pour l'Egypte la distinction me semble moins hasardeuse de mémoire, elle est basée sur les changement dynastiques et les conquêtes.
En revanche, la nouvelle vision raciale de l'histoire egyptienne m'execre. Aka les premiers pharaons sont africains donc ils sont tous africains. Et donc Cleopatre n'est pas grecque mais africaine
Qu’elle soit africaine c’est une certitude : elle règne (à moitié) sur un pays africain. Le débat c’est est-elle noire et surtout peut-on l’affirmer (spoiler alert : non, on ne peut pas l’affirmer en prétendant avoir des sources solides). Mais de toute façon ce n’est pas une controverse historique : c’est un problème d’affirmation culturelle aux USA.
Appliquer à Cléopâtre les catégories racistes américaines est un anachronisme puisque ces catégories n'existaient pas de son vivant. Le meilleur article de vulgarisation que j'ai trouvé sur le sujet est en anglais sur The Guardian :
When Cleopatra was alive, she wasn’t categorised by the colour of her skin.
Quant à savoir quelle était son apparence, catégories mises à part, c'est très compliqué parce que les représentations qu'on a gardées d'elle :
- ne sont souvent pas en couleur (ex. monnaies
comme celle-ci, bas-reliefs non peints ou dont la peinture s'est effacée),
- ou utilisent des couleurs non réalistes (codifiées selon le genre par exemple, ex. les femmes sont représentées avec la peau plus claire que les hommes),
- appliquent des codes variables selon l'aspect de sa culture que Cléopâtre veut mettre en avant dans un contexte et à un instant t, par exemple
ce buste qui reprend les codes de la statuaire grecque, sans coiffe ni bijoux, tandis que
cette statue la montre arborant une coiffe égyptienne,
- sont parfois difficiles à confirmer comme représentant bien Cléopâtre VII.
- il arrive que les reines se fassent représenter avec des attributs masculins comme la barbe et un pagne masculin, du moins dans le cas d'Hatchepsout et de Néfertiti, pour des raisons différentes liée à leur situation précise (cf.
cet article de l'égyptologue Florence Quentin sur Radio France).
- L'art égyptien antique, de manière générale, n'est
pas une représentation à but photoréaliste.
Ajoutons qu'on n'a pas retrouvé la tombe de Cléopâtre et qu'on n'a donc pas la possibilité d'analyser sa momie, par exemple.
C'est donc un dossier complexe, ce n'est pas comme si on avait des photos (et si quelqu'un vous en montre une,
it's a trap).
Le plus raisonnable consiste plutôt à se demander : pourquoi est-ce si important ?
1) Parce que la postérité de Cléopâtre l'a largement réduite à son apparence et à une figure de femme séductrice et manipulatrice, à cause de la propagande d'Octave : Octave a fait de Cléopâtre un bouc-émissaire idéal, il l'a diabolisée pour amener le Sénat à lui déclarer la guerre, à elle parce qu'il voulait contrôler l'Égypte pour avoir du blé pour faire baisser le prix du pain à Rome et se rendre populaure, et à Marc-Antoine parce que c'était son dernier rival politique et militaire dangereux et qu'il voulait s'en débarrasser.
Or on ferait mieux de dépasser cette figure largement légendaire et sexiste à un tas de niveaux et de se rappeler d'autres aspects de Cléopâtre, comme son éducation, sa culture politique et le fait qu'elle a mené une vie au croisement de plusieurs cultures.
2) parce que la figure de Cléopâtre est devenue un enjeu mémoriel mais aussi touristique et commercial. À partir du moment où on baigne dans un mythe de Cléopâtre longtemps représentée par chez nous comme un sex symbol de beauté féminine "à l'européenne", ça a vite fait de coincer quand qui que ce soit remet en cause ce mythe... alors que c'est plutôt sain.
Inversement, la récupération européenne puis hollywoodienne de Cléopâtre dans les arts et son exotisation par des artistes européens orientalistes qui l'ont réduite à ses aspects les plus étrangement étrangers (les bijoux égyptiens) et l'ont érotisée (pour en faire une figure de la belle Orientale) a entraîné une réaction plutôt logique de réappropriation de Cléopâtre par des mouvements africains décoloniaux ou panafricanistes. Vu par les Américains, ça en fait aussi un enjeu d'affirmation afro-américaine, comme ça a été dit plus haut.
Là, le plus raisonnable ne consiste pas à se crisper sur la question de la couleur de la peau de Cléopâtre, puisqu'on n'en sait pas grand-chose, mais bien plutôt à remettre en valeur d'autres figures égyptiennes dont on sait qu'elles avaient la peau sombre, comme la
XXVe dynastie égyptienne (lien Wikipédia, celle des pharaons de Napata (ou "pharaons noirs" — et, non, ce n'était pas Nyarlathotep, désolé Lovecraft -_-) aux VIIIe-VIIe siècles, en gros la période où l'Iliade et l'Odyssée sont composées en Grèce. Ces pharaons viennent du royaume de Koush, au sud sous l'Égypte, dont Napata devient la capitale à cette période. De nos jours, ça correspond au nord du Soudan. Des expositions comme
Pharaons des deux terres au Louvre en 2022 ont remis cette dynastie à l'honneur.