Father Mother Sister Brother (Jim Jarmusch, 2025) : Emily et Jeff se rendent chez leur père qu'ils n'ont pas vu depuis longtemps. Lilith et Timothea font leur visite annuelle à leur mère. Les jumeaux Billy et Skye se retrouvent après la mort accidentelle de leurs parents.
Jim Jarmusch est probablement mon réalisateur favori, la sortie d'un de ses films est toujours un petit événement pour moi. Il revient ici à un genre qu'il a plusieurs fois abordé dans le passé : le film à sketchs. Les trois histoires, respectivement
Father,
Mother et
Sister Brother, ont un thème commun, les relations familiales complexes. Comme souvent, Jarmusch s'intéresse au "rien", aux petits moments de vie anodins, et dépeint à la perfection les liens familiaux, dans tout ce qu'ils peuvent avoir de bizarre, parfois faux et parfois tellement profonds. La patte du réalisateur, reconnaissable entre mille, est bien là, que ce soit au niveau des dialogues ciselés ou des plans millimétrés (la symétrie et la répétition des formes).
Tout le monde a bien sûr une expérience différente, c'est d'ailleurs ce que propose le film avec ses trois histoires, mais parfois je me suis retrouvé dans ces moments de gène, ces non-dits, ces secrets et ces liens malgré tout inaltérables.
Et puis, c'est une habitude avec Jarmusch, mais le casting est au top, tout le monde est excellent. Dans
Father on a droit à Tom Waits, Adam Driver et Mayim Bialik (dans
The Big Bang Theory elle était déjà la meilleure actrice, de loin, j'étais content de la voir dans un film), dans
Mother c'est Charlotte Rampling, Cate Blanchett et Vicky Krieps et dans
Sister Brother j'ai découvert Luka Sabbat et Indya Moore, que j'espère revoir. Avec en bonus un caméo de Françoise Lebrun qui rappelle l'amour du réalisateur pour le cinéma français.
C'est peut-être pas un Jarmusch majeur mais si vous aimez son œuvre vous pouvez y aller sans hésiter.
Laurent dans le vent (Anton Balekdjian, Léo Couture & Mattéo Eustachon, 2025) : à l'approche de la trentaine, Laurent est paumé et cherche un sens à sa vie. Il débarque dans un station de ski hors-saison et, au gré de ses errances, tisse des liens avec les gens qui y vivent.
J'avais jamais entendu parler du film, je connaissais rien, même pas le pitch, je suis juste allé le voir parce que Béatrice Dalle est à l'affiche. C'est franchement pas mal malgré quelques maladresses. On suit le parcours de ce Laurent totalement lunaire, parfois très attachant et parfois parasite tête-à-claques, qui s'immisce dans la vie de personnes toutes plus étranges et abîmées les unes que les autres. Il se fait petit à petit une place parmi ces freaks et se crée une nouvelle famille en réunissant tous ces solitaires.
Le film a un rythme très lent (ce n'est pas un reproche, ça convient tout à fait au propos), certains dialogues sont très drôles et la galerie de personnages est franchement touchante. Sûrement pas le film de l'année, mais j'ai passé un bon moment et ça m'a donné envie de voir le premier film des réalisateurs,
Mourir à Ibiza (Un film en trois étés).
Halloween, 20 ans après (Steve Miner, 1998) : deux décennies après les terribles événements de la nuit d'Halloween de 1978, Laurie Strode vit sous une fausse identité avec son fils adolescent. Son frère, le tueur en série Michael Myers, retrouve sa trace et est bien décidé à achever son œuvre.
Vu à sa sortie au cinéma, aucun souvenir à part que c'était nul. La redécouverte a été plutôt agréable. Ça reste un slasher ultra basique et concon hein, mais bon quand on lance
Halloween 7 il faut pas s'attendre à
L'Aurore de Murnau. Le film crée une chronologie alternative dans la saga en étant la suite directe des deux premiers épisodes et en considérant que les 4, 5 et 6 avec leurs idées débiles n'existent pas. C'est un slasher typique de son époque,
Scream est sorti l'année précédente et ça se sent : il y a un certain aspect "méta" (le petit rôle de Janet Leigh, mère de Jamie Lee Curtis et actrice dans
Psychose) et les personnages enchaînent les références à des films d'horreur célèbres.
Jamais vraiment effrayant, pas du tout généreux en meurtres sanglants, abusant de
jump scares débiles, le film offre tout de même quelques jolis moments, comme une Laurie plus
fucked up que jamais qui passe de victime à combattante, filmée comme un
boogeyman une hache à la main alors qu'apparaît pour la première fois la musique célébrissime de la saga, ou la belle scène finale qui oppose l'héroïne à son frère. Évidemment cette fin sera vite ruinée par l'abominable
Halloween: Resurrection qui sortira quatre ans plus tard.
