De mon côté, parmi 38 bonnes nouvelles dans le blog dédié j'ai récolté un peu moins de faim dans le monde, le retour de l'eau au Sahel, l'interdiction de détruire des vêtements invendus, celle de démarcher par téléphone sans autorisation, des fourmiliers protégés.
Comme j'ai eu un peu de temps pour apprendre à gérer le markdown dans mon blog, il m'en reste un peu pour publier dans le fil Sciences, yaura des céréales pérennes et un dauphin malin et margoulin.
Et voici cinq des neuf infocerises calorifiques de la semaine :
À l'échelle mondiale, le coût de l'éolien offshore se rapproche déjà de celui des nouvelles centrales à charbon et à gaz naturel, selon un calcul du LCOE (coût actualisé de l'énergie) conçu pour comparer les coûts entre des sources d'énergie très différentes.
« L'éolien offshore vient de franchir un seuil critique : en 2026, les nouveaux projets afficheront un LCOE compris entre 40 et 50 dollars/MWh, ce qui les rendra compétitifs par rapport au gaz naturel et moins chers que les nouvelles centrales à charbon », a déclaré en décembre dernier la société d'analyse de données Energy Solutions Intelligence, sur la base d'une analyse de 247 projets dans 18 pays différents. ESI a également relevé l’émergence d’éoliennes géantes de 18 mégawatts. Il s’agit d’un bond en avant considérable par rapport à il y a seulement dix ans, lorsque les cinq premières éoliennes offshore à échelle commerciale ont été mises en service aux États-Unis, avec une puissance de seulement 6 mégawatts chacune.
Le rapport d’ESI s’inscrit dans la lignée de « FORCE », l’outil open source de prévision des coûts des projets éoliens lancé par le ministère américain de l’Énergie en 2023. « Le modèle FORCE estime que le coût moyen de l’énergie (COE), c’est-à-dire le coût sur la durée de vie d’une centrale divisé par sa production totale d’énergie, pourrait passer de 75 dollars par mégawattheure (MWh) en 2021 à 53 dollars par MWh en 2035 pour l’éolien offshore à fond fixe », a indiqué le DOE, le terme « fond fixe » désignant les monopieux utilisés pour construire des parcs éoliens dans des eaux relativement peu profondes. Le DOE prévoit également une baisse encore plus spectaculaire du coût des nouvelles éoliennes flottantes, qui permettent de mener des projets dans des eaux plus profondes où l'enfoncement d'un monopieu dans les fonds marins est peu pratique, voire impossible. Selon le modèle FORCE, les coûts des projets d'éoliennes flottantes passeraient de 207 /MWhà64/MWh en 2035.
L'article s'attarde sur un progrès technique : l'un des coûts qui a baissé, c'est par la construction de cargos adaptés aux chantiers éoliens en mer. Maintenant que cette technique est adaptée, le coût ne peut que baisser (à la différence de celui du pétrole ou du charbon, dont l'exploitation et la commercialisation ont atteint un pallier dans leurs coûts techniques, en-dessous duquel elles ne peuvent plus beaucoup descendre).
Je pique l'article et le références à une de mes sources récurrentes "Fix the news".
Les batteries lithium-ion à l'échelle du réseau se déchargent au bout d'environ quatre heures de fonctionnement à pleine puissance ; elles sont idéales pour faire face aux pics de consommation et assurer l'éclairage nocturne, mais moins adaptées pour stocker de l'énergie à moindre coût pendant les longues périodes de temps maussade et sans vent.
Nous avons besoin de batteries capables d’absorber de l’énergie en continu lorsque le soleil brille et que le vent souffle, puis de restituer cette même énergie lentement mais régulièrement en fonction des besoins. Le terme technique pour désigner ce phénomène est « stockage d’énergie de longue durée », et pour y parvenir, les ingénieurs du monde entier ressortent tout un bestiaire fascinant de technologies de batteries anciennes et expérimentales.
Remarque : bon nombre d’entre elles sont nettement moins efficaces, avec des rendements de 40 % à 50 %, contre 80 % à 90 % pour les batteries lithium-ion. Cependant, le rendement importe moins lorsque l’énergie d’entrée est de l’électricité excédentaire, c’est-à-dire la production des panneaux solaires lors d’une journée très ensoleillée que l’on se contenterait autrement de gaspiller. Ces technologies de batteries sont peu coûteuses, ne nécessitent généralement pas de composants sophistiqués et peuvent se décharger de manière constante pendant une longue période.
Voici donc :
https://www.newswire.com/news/ore-energ ... air-energy
Les batteries à air liquide La société britannique Highview Power refroidit l’air ordinaire jusqu’à −196 °C, température à laquelle il se liquéfie et voit son volume diminuer à environ 1/700e de son volume gazeux — ce qui est suffisamment compact pour tenir dans des réservoirs isolés en surface, sans nécessiter de cavités salines. Pour le restituer, il suffit de laisser le liquide se réchauffer jusqu’à redevenir gazeux, et sa violente expansion actionne une turbine. Cette étape supplémentaire de refroidissement consomme de l’énergie, ce qui réduit le rendement global, mais on peut l'installer sans avoir besoin de gros sous-terrains pour stocker.
https://www.rechargenews.com/technology ... f-projects
Une autre technologie, dont j'ai parlé ya un an ou deux :
Les batteries à sable chauffent du sable ou des matériaux similaires à 500-600 °C à l’aide d’électricité excédentaire, puis isolent les colonnes de sable surchauffé et récupèrent la chaleur ultérieurement pour le chauffage urbain ou des procédés industriels.
(...)
Certes, la reconversion de la chaleur stockée en électricité est peu efficace ; c’est pourquoi ces systèmes sont généralement utilisés uniquement à des fins de chauffage. Mais étant donné que la chaleur représente environ 50 % de la consommation énergétique européenne et que la majeure partie de cette chaleur est aujourd’hui produite par la combustion de gaz, remplacer ce gaz par du sable chaud pourrait s’avérer plus efficace qu’il n’y paraît.
@Qui Revient de Loin en avait mentionné une l'autre jour, mais yen a d'autres :
https://www.reutersevents.com/renewable ... begin-2020
Une technologie qui dépend de mines abandonnées. Pas forcément la plus rentable, mais plus on allège le réseau, plus on valorise les sources renouvelables, donc ce n'est pas parce que ce n'est pas suffisant en soi que ça ne fait pas avancer le schmilblik décarboné :
Lesbatteries à gravité soulèvent un poids lourd lorsque l'électricité est bon marché et le laissent retomber lorsqu'elle ne l'est pas. L'hydroélectricité par pompage fonctionne ainsi avec l'eau depuis un siècle. La société Gravitricity, basée à Édimbourg, souhaite reproduire ce principe avec des poids de plusieurs tonnes lâchés dans des puits de mine désaffectés. Son prototype à taille réelle, dont l'installation est prévue dans la mine de Pyhäsalmi en Finlande, serait une première en Europe – l'Europe du Nord compte en effet des milliers de puits désaffectés qui restent inoccupés.
https://www.reutersevents.com/renewable ... begin-2020
Et enfin une autre vielle technologie, qui fait réfléchir des investisseurs :
Les batteries à flux, qui constituent conceptuellement la solution la plus prometteuse en matière de stockage à long terme. Imaginez deux grands réservoirs remplis de liquide. L’un contient des ions vanadium prêts à céder un électron ; l’autre, des ions vanadium prêts à en capter un. Entre les deux réservoirs se trouve un petit module appelé « pile ». Lorsque la batterie se décharge – pour alimenter votre réseau électrique ou votre usine –, des pompes acheminent le liquide de chaque réservoir vers la pile. À l’intérieur de la pile, les deux liquides s’écoulent l’un à côté de l’autre, séparés par une fine membrane. Cette membrane laisse passer certains ions pour maintenir l’équilibre des charges, mais elle empêche les liquides de se mélanger et ne laisse pas passer les électrons. Les électrons doivent donc emprunter le chemin le plus long : sortir de la pile, traverser un fil, alimenter ce que vous souhaitez, puis revenir de l’autre côté. Ça vous dit quelque chose ? C’est le même principe que pour toutes les autres batteries (et hop, c'était un petit rappel des cours de chimie du lycée).
Le gros avantage ? Si vous voulez qu’une batterie à flux se décharge de manière constante pendant des périodes de plus en plus longues, il vous suffit de construire des réservoirs plus grands pour vos liquides. Les réservoirs sont bon marché et faciles à fabriquer, tandis que la pile, qui constitue la partie la plus coûteuse de la batterie gare exactement le même prix, quelle que soit la quantité de liquide qui la traverse. Cela contraste avec les batteries lithium-ion, pour lesquelles une décharge stable sur un plus grand nombre d’heures nécessite un nombre toujours plus important de cellules (coûteuses, riches en lithium et en oxyde de cobalt).
https://cen.acs.org/materials/energy-st ... ge/101/i25
Les militants pour le climat ont crié victoire après que la Banque d’Angleterre a annoncé qu’elle n’accepterait plus les obligations liées à l’une des industries les plus polluantes de la planète dans le cadre de ses principaux accords de prêt.
Cette interdiction, qui entrera en vigueur en octobre, marque un nouveau coup dur porté au charbon thermique, brûlé dans les centrales électriques pour produire de l’électricité, et qui est depuis longtemps dans le collimateur des militants écologistes.
La nouvelle politique de la Banque suggère que les obligations liées au charbon thermique présentent désormais un risque trop élevé pour figurer dans son bilan, car la transition internationale des combustibles fossiles polluants vers des énergies plus vertes pourrait finir par anéantir leur valeur.
« C’est un signal fort envoyé par une banque centrale, mais aussi au marché », a déclaré au Guardian Ellie McLaughlin, responsable senior des politiques et du plaidoyer au sein du collectif Positive Money.
C'est une des façons non-techniques de sortir des fossiles : les définancer. Leur faire perdre de la valeur d'échange au niveau boursier.
Alors que la demande ne cesse d’augmenter à tous les niveaux, la course est lancée pour réduire le gaspillage des ressources que nous extrayons.
Une équipe de scientifiques japonais estime aujourd’hui avoir trouvé un moyen de récupérer la majeure partie de la valeur des batteries destinées à la ferraille.
Selon les ingénieurs d’une usine de recyclage japonaise, environ 90 % du lithium contenu dans les batteries de véhicules électriques usagées peut être récupéré. Si ce procédé s’avère efficace à grande échelle, il pourrait révolutionner la façon dont ces batteries sont fabriquées et réutilisées dans les années à venir.
Pour mettre ce chiffre en perspective, le recyclage conventionnel permet généralement de récupérer moins de la moitié du lithium contenu dans une batterie usagée. Atteindre 90 % revient donc à presque doubler le rendement. Et ce procédé se résume à une simple substitution.
Au lieu d’utiliser de l’hydroxyde de sodium standard, l’équipe a réintroduit dans le processus de l’hydroxyde de lithium récupéré (une fine poudre blanche). Grâce à ce changement, les déchets de batterie boueux, appelés « masse noire », ont été transformés en lithium de haute pureté, suffisamment propre pour être directement intégré dans de nouvelles cellules de batterie.
De plus,les chercheurs estiment que ce procédé permet de réduire les émissions de carbone d’environ 40 %.
En 2025, pour la toute première fois, la part de l'électricité produite à partir de l'énergie éolienne et solaire a dépassé celle issue des énergies fossiles en Allemagne.
Au total, l’énergie éolienne et solaire ont produit 225 térawattheures (TWh) d’électricité – soit 44 % du total en 2025 –, contre seulement 217 TWh (43 %) provenant des énergies fossiles.
L'énergie solaire et l'éolien terrestre ont connu une croissance rapide dans le cadre de la stratégie allemande « Energiewende » au cours des deux dernières décennies, alors que le pays s'éloigne progressivement du charbon et du nucléaire.
(...)
L'Allemagne s'est fixé divers objectifs qui nécessitent un développement rapide de l'éolien et du solaire, notamment la réduction des émissions de l'ensemble de l'économie à zéro net d'ici 2045.
Le pays vise également à porter la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité à 80 % d’ici 2030 afin de parvenir à un système électrique « largement neutre sur le plan climatique » d’ici 2035.
Malgré le déclin rapide de la production d’électricité à partir du charbon en Allemagne, le pays reste bien plus dépendant du charbon que la plupart des autres pays européens. Il vise à décarboner entièrement son électricité une fois que l’énergie au charbon aura été progressivement supprimée, ce qui doit intervenir « au plus tard » en 2038.
Vaut la mention : Les véhicules électriques à batterie devancent les voitures à essence en Allemagne Lors d'une des récoltes des semaines précédentes, j'avais diffusé que le marché européen du véhicule électriques était en pleine accélération, et largement concurrentiel avec les thermiques.





