On dit parfois que les murs ont des oreilles…mais peut-être ont-ils aussi des yeux…et une voix. Mais tout ceci, vous le savez déjà. Aux heures tardives, dans l’obscurité absolue, les murs se réveillent et vous chuchotent leurs secrets, les partageant par des cris, des gémissements et des mimiques des horreurs qu’ils renferment. Vous êtes un détective privé doté du talent unique de percer leurs mystères et de reconstituer ce qu’ils tentent de vous dire. Seul dans les ténèbres, vous écoutez leurs confessions. Tout au long de votre partie, vous serez amené à piocher des cartes pour apprendre ce que les murs, les sols, les interstices et les morts souhaitent vous dire et vous montrer. Prenez des notes, tentez de donner du sens à tout cela et élaborez vos conclusions dans un grand final dramatique ! Chaque session de jeu est unique et dure entre 15 et 60 minutes.
Pas de création de personnage, uniquement du deck de cartes à tirer qui se compose de (peut-être) deux Jokers, de 1 à 3 Piques (dépend si les Jokers sont là ou pas, c'est au hasard) et de 6 cartes des autres couleurs pour un total de 9. Donc, le jeu se joue en 9 tours.
Le premier tirage de carte (tour 1) détermine quel lieu vous allez visiter et propose deux accroches narratives.
Puis, à chaque autre tour, la carte déterminera quel bout de la bâtisse vous cause.
La dernière carte proposera une conclusion.
Le livre propose 5 tables: objets, adjectifs, salles modernes, salles fantaisies et une oui/non/et/mais, si on se retrouve à court ou si on aime bien le hasard.
[CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
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[CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
"The thing about changing the world... once you do it, the world's all different."
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Re: [CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
1 – Vieil Opéra
[9 de Carreau]
San Sebastian (ou Donostia, ne nous mettons pas les Basques à dos), 12 décembre, 14h00.
Je suis devant l'Opéra qu'un extravagant espagnol des années 1920 a construit pour son épouse. Non, elle n'était pas chanteuse et non, on n'est pas dans Citizen Kane. On ne peut pas dire qu'il a gracieusement passé les années. Situé sur un énorme rocher qui surmonte la Concha, la Nature y a repris ses droits. Car, et c'est pour cela que je suis ici, les héritiers ayants droit veulent savoir si le lieu est réellement hanté ou si ce n'est qu'une superstition. Il faut dire que c'est plutôt bien situé, il y a très certainement de l'argent à en tirer. Mais pas en l'état actuel. Un arbre décharné (bah oui, on est en hiver) traverse le deuxième étage et des vignes de la grosseur des bras de Chris Hemsworth on pratiquement entièrement colonisées toute la bâtisse. On pourrait penser que des jeunes ou des clodos soient passés par ici depuis le temps, mais rien de visible. Pas un tag pro-indépendance, pas une boite de fayots en conserve au milieu des hautes herbes couchées par le vent. Oui, il fait moche. Oui le soleil est caché par d'énormes nuages bien gris. Oui, l'endroit n'a pas besoin de ça pour paraître sinistre.
Je monte les 50 marches mangées par la mousse menant à la porte d'entrée vitrée qui est intacte. Très bel ouvrage. Ca n'a pas l'air de représenter quelque chose ou, si c'est le cas, je ne l'identifie pas. En tout cas, ce n'est pas par là que je vais entrer mais par la petite porte qui se trouve tout à gauche. Là encore, elle est ouvragée et intacte. Cette incongruité me met mal à l'aise vu le reste de l'édifice. La clef entre sans problème, tourne comme si la serrure était neuve et la porte s'ouvre sans un seul grincement. Je la coince avec la cale que j'ai apportée (ce n'est pas mon premier rodéo) et m'avance dans le lobby. Ça sent l'humidité iodée et les rongeurs vivants ou en décomposition. Un classique dans mon métier. L'intérieur est absolument silencieux, je n'entends même plus les bruits extérieurs comme le vent et la mer. Une bonne isolation pour les représentations ou j'essaye juste de me rassurer ?
[Quel est le nom du fantôme qui réside ici selon la légende ?]
Je suis ici pour savoir si Doña Maria Antonia Cortez de las Cerdas, dite La Cantatriz de Toda Euskadi, laisse traîner son esprit défunt depuis 50 ans dans ces lieux. Marrant qu'elle n'ai pas un seul patronyme basque... Elle est morte sur scène, subitement, au milieu du solo de l'autre tête d'affiche, Elaïa Apezetxea, bien plus jeune qu'elle. L’œuvre jouée était Goyescas d'Enrique Granados : 3 actes, des toreros, une fille populaire, une noble... Ça ne se termine pas super bien. Et en l'occurrence encore moins puisqu'il y a eu mort. Des rumeurs ont courues sur un possible empoisonnement, voire même un suicide, mais l'affaire a été classée comme mort naturelle. Mais depuis cette représentation, l'Opéra a périclité à une vitesse foudroyante. L'extravagant espagnol perdit toute sa fortune au Casino, sa femme l'a quitté pour un mexicain et au bout d'un an, fermeture définitive. Les deux ont eu des gosses qui ont eu des gosses et je suis là pour que tout le monde hérite tranquillement.
Puisqu'elle est morte sur scène, c'est par là que je me dirige. Les doubles portes molletonnées sont humides et le velours a pris cher. Mais elles s'ouvrent sans difficultés. Là aussi, cales avant de rentrer dans la salle de spectacle. Il y fait absolument noir, j'allume ma lampe-torche. La partie droite du plafond semble sur le point de s'écrouler, j'imagine que c'est là que l'arbre repose. Les sièges sont tous relevés. Les petites plaques de cuivre avec les numéros peinent à briller même éclairées directement. N'ayons pas peur des clichés, on pourrait avoir l'impression que l'endroit absorbe la lumière. J'éclaire les balcons : des chérubins aux ailes brisées, des moulures incomplètes, des fissures absolument partout. Je passe devant la fosse d'orchestre dont les pupitres sont encore debout. J'ai même le sentiment que tous sont encore présents.
[Quelque chose a été laissé sur scène, qu'est-ce que c'est?]
[Jet sur la table d'objet parce pas plus d'idée que ça. J'étais tombé sur Nécronomicon en premier alors j'ai inversé les chiffres]
Je monte enfin sur la scène et la lumière tombe directement sur une araignée.
Elle me renvoie un petit arc-en-ciel puisqu'elle est en cristal. Ou au moins en verre biseauté, j'en sais rien. Je suis Détective du Paranormal, pas orfèvre. Elle est grande comme la paume de ma main et des entrelacs dorées et argentés (encore une fois, ça peut être précieux ou pas, pas la moindre idée) agrémentent le cristal. En y faisant courir la lumière, on dirait que le tout bouge. J'ai toujours aimé les illusions d'optique. Mais on n'est pas pour faire joujou. J'ouvre ma sacoche (vous croyez que je les sors d'où les cales et la lampe?), prend un morceau de tissu et enveloppe bien précautionneusement l'araignée que je mets dans une boite. Oui, ma sacoche est plutôt lourde. Bon, il est temps d'écouter ce que cet Opéra à me dire. Me montrer une araignée est déjà assez significatif. Mais pour dire la vérité, même si ça avait été un papillon ou la photo d'un chiot trop mignon, ça prend toujours une tournure sinistre d'après mon expérience.
2 – Les plafonds
[4 de Trèfle]
[Le plafond déverse un torrent d'eau putride. Quelque chose de lourd se fracasse sur votre dos et tombe au sol.]
[L'objet est lourd mais pas plus gros que la tête. Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi a-t-il été stocké dans cette eau nauséabonde?]
Un craquement sinistre se fait entendre au-dessus de moi. J'éclaire et je vois que le plafond commence à céder. Toutes ces années à supporter l'arbre et c'est maintenant que ça se décide à se casser la gueule ? Je cours vers le lobby et, au son, je suis prêt à jurer qu'une crevasse me suit. Je sais pas ce que j'ai fait à Doña, mais elle n'est vraiment pas contente ! L'odeur d'eau stagnante est à la limite du supportable et je ne me souviens vraiment pas que cette salle était si longue ! De l'eau commence à couler de la fissure derrière moi lorsqu'un grand « Crac » éclate. Une boule de bowling (enfin j'imagine puisque c'est mon dos qui y a droit) me tombe dessus. Je me ramasse. De l'eau que même la fantôme de The Grudge trouverait dégueulasse accompagne tout ça et je me dépêche de me mettre hors de portée. On ne sait pas quelles saloperies il peut y avoir dedans : bestioles et/ou microbes. Je bascule la lumière en direction de la boule de bowling pour m’apercevoir que c'est un livre.
[Je n'ai pas rejeté les dés, mais le jeu veut un autre objet alors j'imagine que c'est un signe.]
Pas plus gros qu'un poche. Et cadenassé par une chaîne. Sauf que la chute a fait sauter le verrou. Même avec une chaîne, il n'y avait aucune chance que ça me fasse mal à ce point ! Malgré mon dégoût, je le ramasse dans la flaque qui commence à se former Effectivement, ce livre est dense. Je me relève et vais au lobby où je le pose sur le comptoir. J'installe la lampe afin de l'inspecter.
Le livre est très loin d'être sec et il pue comme un cadavre en décomposition depuis 2 semaines en Andalousie. Me demandez pas, j'ai testé pour vous. 1 étoile parce que je peux pas mettre 0. Ne recommande pas. Je défais les chaînes rouillées qui me salissent les mains (mes vaccins sont à jour) et regarde la couverture. C'est du cuir avec une surpiqûre mais il n'y a rien d'inscrit. Rien non plus sur le dos ni la quatrième. Le livre paraît intact malgré sa venu au monde via le liquide amniotique de l'Enfer. Mais comment peut il être si lourd ? J'ouvre le livre en tournant la couverture et, si les pages sont bien mouillées, tout est recouvert d'une écriture illisible et de croquis que je n'arrive pas à comprendre. Je tourne les pages lentement et c'est toujours le même charabia avec des dessins inintelligibles. Les pages sont lourdes, pourtant elles paraissent standard. Je remarque qu'en fait, plus il y a d'écritures/dessins sur la page, plus elle est lourde. Oui, définitivement surnaturel.
Je referme ce livre auquel je ne comprends rien lorsque je sens comme une piqûre à l'index gauche, là où j'ai touché le livre pour la dernière fois. Je saigne. La tâche de sang sur la couverture est comme absorbée. Dans un silence absolu, j'entends une autre respiration que la mienne. Là, devant moi. Sur le comptoir. C'est le livre.
Instinctivement, j'utilise les chaînes pour le ligoter. Un gémissement. Je repars dans la salle de spectacle où l'inondation s'est arrêtée et le dépose dans la flaque qui le submerge entièrement. Des bulles remontent à la surface. J'attends qu'elle redevienne inerte avant de repartir. Bon, j'imagine qu'on peut mettre « Sorcellerie » dans la liste avec « Poison ».
[9 de Carreau]
San Sebastian (ou Donostia, ne nous mettons pas les Basques à dos), 12 décembre, 14h00.
Je suis devant l'Opéra qu'un extravagant espagnol des années 1920 a construit pour son épouse. Non, elle n'était pas chanteuse et non, on n'est pas dans Citizen Kane. On ne peut pas dire qu'il a gracieusement passé les années. Situé sur un énorme rocher qui surmonte la Concha, la Nature y a repris ses droits. Car, et c'est pour cela que je suis ici, les héritiers ayants droit veulent savoir si le lieu est réellement hanté ou si ce n'est qu'une superstition. Il faut dire que c'est plutôt bien situé, il y a très certainement de l'argent à en tirer. Mais pas en l'état actuel. Un arbre décharné (bah oui, on est en hiver) traverse le deuxième étage et des vignes de la grosseur des bras de Chris Hemsworth on pratiquement entièrement colonisées toute la bâtisse. On pourrait penser que des jeunes ou des clodos soient passés par ici depuis le temps, mais rien de visible. Pas un tag pro-indépendance, pas une boite de fayots en conserve au milieu des hautes herbes couchées par le vent. Oui, il fait moche. Oui le soleil est caché par d'énormes nuages bien gris. Oui, l'endroit n'a pas besoin de ça pour paraître sinistre.
Je monte les 50 marches mangées par la mousse menant à la porte d'entrée vitrée qui est intacte. Très bel ouvrage. Ca n'a pas l'air de représenter quelque chose ou, si c'est le cas, je ne l'identifie pas. En tout cas, ce n'est pas par là que je vais entrer mais par la petite porte qui se trouve tout à gauche. Là encore, elle est ouvragée et intacte. Cette incongruité me met mal à l'aise vu le reste de l'édifice. La clef entre sans problème, tourne comme si la serrure était neuve et la porte s'ouvre sans un seul grincement. Je la coince avec la cale que j'ai apportée (ce n'est pas mon premier rodéo) et m'avance dans le lobby. Ça sent l'humidité iodée et les rongeurs vivants ou en décomposition. Un classique dans mon métier. L'intérieur est absolument silencieux, je n'entends même plus les bruits extérieurs comme le vent et la mer. Une bonne isolation pour les représentations ou j'essaye juste de me rassurer ?
[Quel est le nom du fantôme qui réside ici selon la légende ?]
Je suis ici pour savoir si Doña Maria Antonia Cortez de las Cerdas, dite La Cantatriz de Toda Euskadi, laisse traîner son esprit défunt depuis 50 ans dans ces lieux. Marrant qu'elle n'ai pas un seul patronyme basque... Elle est morte sur scène, subitement, au milieu du solo de l'autre tête d'affiche, Elaïa Apezetxea, bien plus jeune qu'elle. L’œuvre jouée était Goyescas d'Enrique Granados : 3 actes, des toreros, une fille populaire, une noble... Ça ne se termine pas super bien. Et en l'occurrence encore moins puisqu'il y a eu mort. Des rumeurs ont courues sur un possible empoisonnement, voire même un suicide, mais l'affaire a été classée comme mort naturelle. Mais depuis cette représentation, l'Opéra a périclité à une vitesse foudroyante. L'extravagant espagnol perdit toute sa fortune au Casino, sa femme l'a quitté pour un mexicain et au bout d'un an, fermeture définitive. Les deux ont eu des gosses qui ont eu des gosses et je suis là pour que tout le monde hérite tranquillement.
Puisqu'elle est morte sur scène, c'est par là que je me dirige. Les doubles portes molletonnées sont humides et le velours a pris cher. Mais elles s'ouvrent sans difficultés. Là aussi, cales avant de rentrer dans la salle de spectacle. Il y fait absolument noir, j'allume ma lampe-torche. La partie droite du plafond semble sur le point de s'écrouler, j'imagine que c'est là que l'arbre repose. Les sièges sont tous relevés. Les petites plaques de cuivre avec les numéros peinent à briller même éclairées directement. N'ayons pas peur des clichés, on pourrait avoir l'impression que l'endroit absorbe la lumière. J'éclaire les balcons : des chérubins aux ailes brisées, des moulures incomplètes, des fissures absolument partout. Je passe devant la fosse d'orchestre dont les pupitres sont encore debout. J'ai même le sentiment que tous sont encore présents.
[Quelque chose a été laissé sur scène, qu'est-ce que c'est?]
[Jet sur la table d'objet parce pas plus d'idée que ça. J'étais tombé sur Nécronomicon en premier alors j'ai inversé les chiffres]
Je monte enfin sur la scène et la lumière tombe directement sur une araignée.
Elle me renvoie un petit arc-en-ciel puisqu'elle est en cristal. Ou au moins en verre biseauté, j'en sais rien. Je suis Détective du Paranormal, pas orfèvre. Elle est grande comme la paume de ma main et des entrelacs dorées et argentés (encore une fois, ça peut être précieux ou pas, pas la moindre idée) agrémentent le cristal. En y faisant courir la lumière, on dirait que le tout bouge. J'ai toujours aimé les illusions d'optique. Mais on n'est pas pour faire joujou. J'ouvre ma sacoche (vous croyez que je les sors d'où les cales et la lampe?), prend un morceau de tissu et enveloppe bien précautionneusement l'araignée que je mets dans une boite. Oui, ma sacoche est plutôt lourde. Bon, il est temps d'écouter ce que cet Opéra à me dire. Me montrer une araignée est déjà assez significatif. Mais pour dire la vérité, même si ça avait été un papillon ou la photo d'un chiot trop mignon, ça prend toujours une tournure sinistre d'après mon expérience.
2 – Les plafonds
[4 de Trèfle]
[Le plafond déverse un torrent d'eau putride. Quelque chose de lourd se fracasse sur votre dos et tombe au sol.]
[L'objet est lourd mais pas plus gros que la tête. Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi a-t-il été stocké dans cette eau nauséabonde?]
Un craquement sinistre se fait entendre au-dessus de moi. J'éclaire et je vois que le plafond commence à céder. Toutes ces années à supporter l'arbre et c'est maintenant que ça se décide à se casser la gueule ? Je cours vers le lobby et, au son, je suis prêt à jurer qu'une crevasse me suit. Je sais pas ce que j'ai fait à Doña, mais elle n'est vraiment pas contente ! L'odeur d'eau stagnante est à la limite du supportable et je ne me souviens vraiment pas que cette salle était si longue ! De l'eau commence à couler de la fissure derrière moi lorsqu'un grand « Crac » éclate. Une boule de bowling (enfin j'imagine puisque c'est mon dos qui y a droit) me tombe dessus. Je me ramasse. De l'eau que même la fantôme de The Grudge trouverait dégueulasse accompagne tout ça et je me dépêche de me mettre hors de portée. On ne sait pas quelles saloperies il peut y avoir dedans : bestioles et/ou microbes. Je bascule la lumière en direction de la boule de bowling pour m’apercevoir que c'est un livre.
[Je n'ai pas rejeté les dés, mais le jeu veut un autre objet alors j'imagine que c'est un signe.]
Pas plus gros qu'un poche. Et cadenassé par une chaîne. Sauf que la chute a fait sauter le verrou. Même avec une chaîne, il n'y avait aucune chance que ça me fasse mal à ce point ! Malgré mon dégoût, je le ramasse dans la flaque qui commence à se former Effectivement, ce livre est dense. Je me relève et vais au lobby où je le pose sur le comptoir. J'installe la lampe afin de l'inspecter.
Le livre est très loin d'être sec et il pue comme un cadavre en décomposition depuis 2 semaines en Andalousie. Me demandez pas, j'ai testé pour vous. 1 étoile parce que je peux pas mettre 0. Ne recommande pas. Je défais les chaînes rouillées qui me salissent les mains (mes vaccins sont à jour) et regarde la couverture. C'est du cuir avec une surpiqûre mais il n'y a rien d'inscrit. Rien non plus sur le dos ni la quatrième. Le livre paraît intact malgré sa venu au monde via le liquide amniotique de l'Enfer. Mais comment peut il être si lourd ? J'ouvre le livre en tournant la couverture et, si les pages sont bien mouillées, tout est recouvert d'une écriture illisible et de croquis que je n'arrive pas à comprendre. Je tourne les pages lentement et c'est toujours le même charabia avec des dessins inintelligibles. Les pages sont lourdes, pourtant elles paraissent standard. Je remarque qu'en fait, plus il y a d'écritures/dessins sur la page, plus elle est lourde. Oui, définitivement surnaturel.
Je referme ce livre auquel je ne comprends rien lorsque je sens comme une piqûre à l'index gauche, là où j'ai touché le livre pour la dernière fois. Je saigne. La tâche de sang sur la couverture est comme absorbée. Dans un silence absolu, j'entends une autre respiration que la mienne. Là, devant moi. Sur le comptoir. C'est le livre.
Instinctivement, j'utilise les chaînes pour le ligoter. Un gémissement. Je repars dans la salle de spectacle où l'inondation s'est arrêtée et le dépose dans la flaque qui le submerge entièrement. Des bulles remontent à la surface. J'attends qu'elle redevienne inerte avant de repartir. Bon, j'imagine qu'on peut mettre « Sorcellerie » dans la liste avec « Poison ».
"The thing about changing the world... once you do it, the world's all different."
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Re: [CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
3 – Les sol.
[5 de Carreau]
[Des lianes agressives, un champignon qui trône, une page à son sommet, une seule phrase visible]
[Quelle est cette phrase ?]
[Jet sur la table des pièces: Bibliothèque]
Bien, puisqu'on me propose un livre, autant aller à la partithèque qui, dans toute bonne institution, doit se trouver au sous-sol. La porte qui y mène est assez rapide à trouver, juste derrière le lobby. C'est pratique lorsque tout communique. Il y fait naturellement noir comme dans une mine et je descends les escaliers humides avec prudence éclairant mes pieds. Une forte odeur de fumier emplit mes narines. J'arrive à niveau. Le sol est en pierre mais attaqué massivement par les ronces les plus épaisses qu'il m'ait été donné de voir. Les épines sont bien épaisses, j'ai pas envie de trébucher là-dedans. Bientôt, faudra faire ce job en combinaison kevlar...
Un grincement puis une porte qui se rabat très violemment plus en avant à gauche. L'odeur se fait plus forte. Malgré mes précautions, je me suis coincé le pied dans une ronce mais je maintiens mon équilibre. Sauf qu'elle force alors que je ne bouge pas. J'essaye de me tenir aux murs mais je ne fais que me planter une épine dans la main gauche. Elle fait si mal que j'ai l'impression qu'elle a traversé la main ! Mais heureusement non. Sauf que la ronce s'emmêle dans mon bras, avec des épines qui déchirent ma veste et s'enfoncent dans ma chair. Puis je suis tiré d'un coup d'un seul et entraîné dans la pièce dont la porte s'est ouverte. C'est étable puissance 10 là-dedans mais c'est ma destination. J'aime pas ce que j'y vois : des papiers partout qui forment comme une arche en bas de laquelle se trouve un unique champignon noirâtre et visqueux (comme de bien entendu) grand d'un mètre vingt. Il est naturellement entouré de sa garde de ronces et je découvre que c'est moins douloureux si je suis le mouvement. On m'arrête devant le fungus des Enfers et je vois une page à la limite de la désintégration sur le dessus. La viscosité a presque rendu le tout illisible à part une phrase : « Esa chiquilla parece llevar en si màs sal ». Ce qui peu ou prou peut se traduire par « Cette gamine semble avoir en elle plus de sel. ». C'est pas que je veuille accuser qui que ce soit, mais l'odeur de la jeunette qui dézingue la vieille pour lui prendre sa place est presque aussi forte que celle du champignon.
Les ronces m'ont lâché. J'imagine que je saigne sous ma veste mais c'est pas dans ce lieu putride que je vais pouvoir me soigner. J'irais bien aux loges des artistes.
4 – Les murs
[Dame de Cœur]
[Un visage sur un mur, la bouche mange la surface, un trou, un parchemin. Dès que le parchemin est pris, le mur redevient normal]
[3 mots ont été écrits avec un liquide sombre et suintant. Quels sont-ils?]
Dans cet Opéra, les loges sont au second. Les escaliers sont raides et le tapis bouffé par l'humidité et les rongeurs. La lumière du jour blafard typique de la ville peine à traverser les fenêtres colorées et, mais je ne m'étonne plus vraiment, intactes. Tout comme les indications des différentes pièces. Toutes les portes sont fermées mais ont une petite plaque de cuivre indiquant sa fonction. Je laisse de côté le Camerino Principal pour le Camerino Uno. Comme toutes les autres portes, elle ne pose aucune difficulté et j'entre dans une pièce de belle taille qui correspond tout à fait à ce qu'on peut s'attendre à une loge d'actrice d'Opéra. Le mobilier est hors d'âge (et d'usage) mais il a dû être rupin pour l'époque. Comme je m'y attendais, il n'y reste rien de personnel. Mais je sais comment rendre les choses personnelles. Une petite oraison liturgique et le mur en face de moi ondule. Un visage déforme le papier peint décrépit. C'est visiblement une femme malgré la grossièreté de ses traits, mais impossible de fixer un âge. La bouche s'ouvre et se referme, mais aucun son n'en sort. D'ailleurs, c'est toujours aussi silencieux ici. Les dents s'attaquent à la pierre et un trou se forme. J'ai appris à rester stoïque depuis le temps et je ne suis pas plus affecté que cela. Puis elle me tire la langue. Ça, c'est nouveau. D'habitude, on passe direct aux injures et menaces, j'ai rarement le droit au traitement enfant de 5 ans. Mais en éclairant mieux, je vois que c'est un morceau de papier. Mieux, un morceau de parchemin. Très littéraire le fantôme ici. Je m'approche et le prends sans encombre. Le visage s'efface, le mur revient à son état originel. Enfin, pas originel originel, c'est toujours la version décrépie. Le parchemin est de très bonne qualité, je dirais que c'est du vélin. On n'est pas sur du fantôme pingre. Bon, par contre, il aurait pu faire un effort pour l'encre. On dirait le jus du champignon du sous-sol. Et c'est encore plus laconique : 3 mots.
[Jet sur la table des adjectifs : sinistre]
[Utilisation d'un générateur de mots]
Morgue.
[Jet sur la table des adjectifs : vaudou]
[Utilisation d'un générateur de mots]
Bokor.
[Jet sur la table des adjectifs : occulte]
[Utilisation d'un générateur de mots qui est visiblement fan de Mylène Farmer]
Égrégore.
Bokor me surprend réellement. Le Pays Basque n'est pas une terre spécialement vaudou surtout au vu de son histoire avec ses diverses sorcières et aquelarres. Est-ce que l'un des protagonistes est allé dans les Caraïbes ? Il n'y avait plus de colonies espagnoles dans le coin depuis la fin du XIXe siècle, mais ça n'empêche rien. Peut-être en apprendrais-je plus dans le bureau de l'extravagant hidalgo.
[5 de Carreau]
[Des lianes agressives, un champignon qui trône, une page à son sommet, une seule phrase visible]
[Quelle est cette phrase ?]
[Jet sur la table des pièces: Bibliothèque]
Bien, puisqu'on me propose un livre, autant aller à la partithèque qui, dans toute bonne institution, doit se trouver au sous-sol. La porte qui y mène est assez rapide à trouver, juste derrière le lobby. C'est pratique lorsque tout communique. Il y fait naturellement noir comme dans une mine et je descends les escaliers humides avec prudence éclairant mes pieds. Une forte odeur de fumier emplit mes narines. J'arrive à niveau. Le sol est en pierre mais attaqué massivement par les ronces les plus épaisses qu'il m'ait été donné de voir. Les épines sont bien épaisses, j'ai pas envie de trébucher là-dedans. Bientôt, faudra faire ce job en combinaison kevlar...
Un grincement puis une porte qui se rabat très violemment plus en avant à gauche. L'odeur se fait plus forte. Malgré mes précautions, je me suis coincé le pied dans une ronce mais je maintiens mon équilibre. Sauf qu'elle force alors que je ne bouge pas. J'essaye de me tenir aux murs mais je ne fais que me planter une épine dans la main gauche. Elle fait si mal que j'ai l'impression qu'elle a traversé la main ! Mais heureusement non. Sauf que la ronce s'emmêle dans mon bras, avec des épines qui déchirent ma veste et s'enfoncent dans ma chair. Puis je suis tiré d'un coup d'un seul et entraîné dans la pièce dont la porte s'est ouverte. C'est étable puissance 10 là-dedans mais c'est ma destination. J'aime pas ce que j'y vois : des papiers partout qui forment comme une arche en bas de laquelle se trouve un unique champignon noirâtre et visqueux (comme de bien entendu) grand d'un mètre vingt. Il est naturellement entouré de sa garde de ronces et je découvre que c'est moins douloureux si je suis le mouvement. On m'arrête devant le fungus des Enfers et je vois une page à la limite de la désintégration sur le dessus. La viscosité a presque rendu le tout illisible à part une phrase : « Esa chiquilla parece llevar en si màs sal ». Ce qui peu ou prou peut se traduire par « Cette gamine semble avoir en elle plus de sel. ». C'est pas que je veuille accuser qui que ce soit, mais l'odeur de la jeunette qui dézingue la vieille pour lui prendre sa place est presque aussi forte que celle du champignon.
Les ronces m'ont lâché. J'imagine que je saigne sous ma veste mais c'est pas dans ce lieu putride que je vais pouvoir me soigner. J'irais bien aux loges des artistes.
4 – Les murs
[Dame de Cœur]
[Un visage sur un mur, la bouche mange la surface, un trou, un parchemin. Dès que le parchemin est pris, le mur redevient normal]
[3 mots ont été écrits avec un liquide sombre et suintant. Quels sont-ils?]
Dans cet Opéra, les loges sont au second. Les escaliers sont raides et le tapis bouffé par l'humidité et les rongeurs. La lumière du jour blafard typique de la ville peine à traverser les fenêtres colorées et, mais je ne m'étonne plus vraiment, intactes. Tout comme les indications des différentes pièces. Toutes les portes sont fermées mais ont une petite plaque de cuivre indiquant sa fonction. Je laisse de côté le Camerino Principal pour le Camerino Uno. Comme toutes les autres portes, elle ne pose aucune difficulté et j'entre dans une pièce de belle taille qui correspond tout à fait à ce qu'on peut s'attendre à une loge d'actrice d'Opéra. Le mobilier est hors d'âge (et d'usage) mais il a dû être rupin pour l'époque. Comme je m'y attendais, il n'y reste rien de personnel. Mais je sais comment rendre les choses personnelles. Une petite oraison liturgique et le mur en face de moi ondule. Un visage déforme le papier peint décrépit. C'est visiblement une femme malgré la grossièreté de ses traits, mais impossible de fixer un âge. La bouche s'ouvre et se referme, mais aucun son n'en sort. D'ailleurs, c'est toujours aussi silencieux ici. Les dents s'attaquent à la pierre et un trou se forme. J'ai appris à rester stoïque depuis le temps et je ne suis pas plus affecté que cela. Puis elle me tire la langue. Ça, c'est nouveau. D'habitude, on passe direct aux injures et menaces, j'ai rarement le droit au traitement enfant de 5 ans. Mais en éclairant mieux, je vois que c'est un morceau de papier. Mieux, un morceau de parchemin. Très littéraire le fantôme ici. Je m'approche et le prends sans encombre. Le visage s'efface, le mur revient à son état originel. Enfin, pas originel originel, c'est toujours la version décrépie. Le parchemin est de très bonne qualité, je dirais que c'est du vélin. On n'est pas sur du fantôme pingre. Bon, par contre, il aurait pu faire un effort pour l'encre. On dirait le jus du champignon du sous-sol. Et c'est encore plus laconique : 3 mots.
[Jet sur la table des adjectifs : sinistre]
[Utilisation d'un générateur de mots]
Morgue.
[Jet sur la table des adjectifs : vaudou]
[Utilisation d'un générateur de mots]
Bokor.
[Jet sur la table des adjectifs : occulte]
[Utilisation d'un générateur de mots qui est visiblement fan de Mylène Farmer]
Égrégore.
Bokor me surprend réellement. Le Pays Basque n'est pas une terre spécialement vaudou surtout au vu de son histoire avec ses diverses sorcières et aquelarres. Est-ce que l'un des protagonistes est allé dans les Caraïbes ? Il n'y avait plus de colonies espagnoles dans le coin depuis la fin du XIXe siècle, mais ça n'empêche rien. Peut-être en apprendrais-je plus dans le bureau de l'extravagant hidalgo.
"The thing about changing the world... once you do it, the world's all different."
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Re: [CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
5 – Les interstices
[As de Pique]
[Sifflement strident, gaz nauséabond, brûlure intense aux poumons, le monde se transforme. Lignes qui relient tout dans l'éther profond, extrémités qui brillent lorsqu'elles se rejoignent. L'une d'elle reste sombre, tendre la main pour établir une connexion mais ramené de force dans la pièce.]
[Quelle était cette silhouette ? Décrivez-la. Elle vous est malheureusement familière. Pourquoi?]
La porte del Director y Directora s'ouvre aussi facilement que les autres. Le mobilier est à la limite de tomber en poussière, je pense même que le raie de lumière pèse un peu trop et que c'est pour ça qu'une des deux chaises devant le bureau vient de s'effondrer. Il y a plusieurs armoires avec « Archivos » sur une petite plaque de cuivre, c'est ce que je cherche. Le sol semble se dérober sous mes pieds lorsque je suis juste devant la première. Un long sifflement désagréable se fait entendre. En regardant mes pieds, je vois que le sol ne s'est pas dérobé sous mes pieds mais que j'ai marché sur une planche qui a actionné un truc. Un piège ici ? Le temps de me rendre compte tout ça, un gaz sort des fentes entre les lattes du plancher. Je préférai le champignon. Et pas parce qu'il ne s'attaquait pas à mes voies respiratoires ! Une sensation de brûlure me descend des narines jusqu'aux poumons en passant bien par tout les endroits possibles. Je suis en feu de l'intérieur.
Je ne sais pas si je suis tombé inconscient mais la pièce à complètement disparue autour de moi. J'ai le droit à de l'Art Contemporain à 100km du Guggenheim : des lignes tournoient autour de moi et font des feux d'artifices dès qu'elle se rejoignent. Devant moi se créé une version néon 80's d'une jungle tropicale. Une cérémonie a l'air de s'y dérouler. Il est bien illusoire d'essayer de reconnaître qui que ce soit mais je sais reconnaître un sacrifice humain lorsque j'en vois un. Dans cette débauche colorée, je vois une silhouette ténébreuse qui elle aussi assiste de loin au spectacle. Mais comment et pourquoi est-elle là ? Car je saurai la reconnaître entre toutes : mon arrière grand-mère maternelle, celle qui est morte lors de l'attaque de Guernica. Oui, je ne l'ai donc jamais connue de mon vivant, mais je la connais très bien de sa mort. La femme bourgeoise de Bilbao typique du début de la Guerre Civile, ce port altier, ce tailleur la faisant apparaître encore plus grande qu'elle ne l'était déjà, ce chapeau excentrique mais d'un goût exquis. Je ne fais plus attention au spectacle lumineux et je me dirige vers elle. Alors que je suis à portée de bras, je le tend mais je me retrouve projeté contre le bureau de la pièce.
Ma lampe-torche roule éclairant les vestiges d'un passé inaccessible. Que venait faire Bisabuela ici ? Que vient faire Bisabuela ici ? Dans la famille, il est dit qu'elle possédait d'étranges particularités. Aurait-elle quelque chose à faire avec ce qui s'est passé ici ? Aurait-elle eu un côté sombre ? Je ne me sens pas bien dans cette pièce et j'en sors rapidement.
6 – Les sols
[2 de Carreau]
[Bouches d'aération au sol crachent un air âcre qui chasse l'oxygène des poumons. Au moment d'ouvrir une fenêtre, la pression diminue]
[Quelle odeur le sol vous a-t-il fait sentir ? Vous regardez dans les conduits d'aération et quelque chose se trouve au fond. Que voyez-vous?]
Je me retrouve dans les toilettes pour Caballeros et rêve de pouvoir me passer un peu d'eau sur la figure. Mais vu la salubrité des liquides que j'ai croisés jusqu'ici, on va s'en passer. Au moins, il y a des fenêtres en hauteur et j'y vois à la lumière du jour. Enfin, ce qu'on peut appeler jour dans cette ville en hiver.
Un autre sifflement. Une fois, c'était pas amusant, deux fois, non merci. Je cours vers les-dites fenêtres (aux carreaux toujours intacts soit dit en passant) alors que l'air quitte une nouvelle fois mes poumons pour être remplacé par un parfum capiteux au possible. A peine ai-je touché à la fenêtre que tout s'arrête et que l'oxygène revient dans mes poumons.
Des volutes de parfum flottent encore et il n'a rien à faire ici. C'est un parfum de femme à base de Frangipanier, arbuste originaire, notamment, des Caraïbes. Et oui, ce qu'il peut être lourd... Bon, j'ai encore marché sur un truc où il fallait pas ?
Je me penche sur les aérations au sol et ne voit pas de mécanisme. Donc, si ce n'est pas ma faute, c'est que c'est un message. Merci, j'ai bien saisi maintenant qu'il y a un lien avec les îles et donc le vaudou. Mais toujours pas ce que ça vient faire en plein Euskadi. Par acquis de conscience le balaie les aérations de ma lampe et je tombe sur une colonie d'araignées de bonne taille qui se défile à son contact. Un frisson de répulsion me parcours et je fais semblant de ne pas percevoir que ma sacoche bouge. Non, je ne regarderai pas dans la boîte.
[As de Pique]
[Sifflement strident, gaz nauséabond, brûlure intense aux poumons, le monde se transforme. Lignes qui relient tout dans l'éther profond, extrémités qui brillent lorsqu'elles se rejoignent. L'une d'elle reste sombre, tendre la main pour établir une connexion mais ramené de force dans la pièce.]
[Quelle était cette silhouette ? Décrivez-la. Elle vous est malheureusement familière. Pourquoi?]
La porte del Director y Directora s'ouvre aussi facilement que les autres. Le mobilier est à la limite de tomber en poussière, je pense même que le raie de lumière pèse un peu trop et que c'est pour ça qu'une des deux chaises devant le bureau vient de s'effondrer. Il y a plusieurs armoires avec « Archivos » sur une petite plaque de cuivre, c'est ce que je cherche. Le sol semble se dérober sous mes pieds lorsque je suis juste devant la première. Un long sifflement désagréable se fait entendre. En regardant mes pieds, je vois que le sol ne s'est pas dérobé sous mes pieds mais que j'ai marché sur une planche qui a actionné un truc. Un piège ici ? Le temps de me rendre compte tout ça, un gaz sort des fentes entre les lattes du plancher. Je préférai le champignon. Et pas parce qu'il ne s'attaquait pas à mes voies respiratoires ! Une sensation de brûlure me descend des narines jusqu'aux poumons en passant bien par tout les endroits possibles. Je suis en feu de l'intérieur.
Je ne sais pas si je suis tombé inconscient mais la pièce à complètement disparue autour de moi. J'ai le droit à de l'Art Contemporain à 100km du Guggenheim : des lignes tournoient autour de moi et font des feux d'artifices dès qu'elle se rejoignent. Devant moi se créé une version néon 80's d'une jungle tropicale. Une cérémonie a l'air de s'y dérouler. Il est bien illusoire d'essayer de reconnaître qui que ce soit mais je sais reconnaître un sacrifice humain lorsque j'en vois un. Dans cette débauche colorée, je vois une silhouette ténébreuse qui elle aussi assiste de loin au spectacle. Mais comment et pourquoi est-elle là ? Car je saurai la reconnaître entre toutes : mon arrière grand-mère maternelle, celle qui est morte lors de l'attaque de Guernica. Oui, je ne l'ai donc jamais connue de mon vivant, mais je la connais très bien de sa mort. La femme bourgeoise de Bilbao typique du début de la Guerre Civile, ce port altier, ce tailleur la faisant apparaître encore plus grande qu'elle ne l'était déjà, ce chapeau excentrique mais d'un goût exquis. Je ne fais plus attention au spectacle lumineux et je me dirige vers elle. Alors que je suis à portée de bras, je le tend mais je me retrouve projeté contre le bureau de la pièce.
Ma lampe-torche roule éclairant les vestiges d'un passé inaccessible. Que venait faire Bisabuela ici ? Que vient faire Bisabuela ici ? Dans la famille, il est dit qu'elle possédait d'étranges particularités. Aurait-elle quelque chose à faire avec ce qui s'est passé ici ? Aurait-elle eu un côté sombre ? Je ne me sens pas bien dans cette pièce et j'en sors rapidement.
6 – Les sols
[2 de Carreau]
[Bouches d'aération au sol crachent un air âcre qui chasse l'oxygène des poumons. Au moment d'ouvrir une fenêtre, la pression diminue]
[Quelle odeur le sol vous a-t-il fait sentir ? Vous regardez dans les conduits d'aération et quelque chose se trouve au fond. Que voyez-vous?]
Je me retrouve dans les toilettes pour Caballeros et rêve de pouvoir me passer un peu d'eau sur la figure. Mais vu la salubrité des liquides que j'ai croisés jusqu'ici, on va s'en passer. Au moins, il y a des fenêtres en hauteur et j'y vois à la lumière du jour. Enfin, ce qu'on peut appeler jour dans cette ville en hiver.
Un autre sifflement. Une fois, c'était pas amusant, deux fois, non merci. Je cours vers les-dites fenêtres (aux carreaux toujours intacts soit dit en passant) alors que l'air quitte une nouvelle fois mes poumons pour être remplacé par un parfum capiteux au possible. A peine ai-je touché à la fenêtre que tout s'arrête et que l'oxygène revient dans mes poumons.
Des volutes de parfum flottent encore et il n'a rien à faire ici. C'est un parfum de femme à base de Frangipanier, arbuste originaire, notamment, des Caraïbes. Et oui, ce qu'il peut être lourd... Bon, j'ai encore marché sur un truc où il fallait pas ?
Je me penche sur les aérations au sol et ne voit pas de mécanisme. Donc, si ce n'est pas ma faute, c'est que c'est un message. Merci, j'ai bien saisi maintenant qu'il y a un lien avec les îles et donc le vaudou. Mais toujours pas ce que ça vient faire en plein Euskadi. Par acquis de conscience le balaie les aérations de ma lampe et je tombe sur une colonie d'araignées de bonne taille qui se défile à son contact. Un frisson de répulsion me parcours et je fais semblant de ne pas percevoir que ma sacoche bouge. Non, je ne regarderai pas dans la boîte.
"The thing about changing the world... once you do it, the world's all different."
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Re: [CR] JdR Solo - Quand les murs me parlent
7 – Les interstices
[Roi de Pique]
[Le plafond s'élève, prolongeant les murs pour devenir un temple à colonnades. Une pâle lumière entre, vent froid. Sommet du monde. Au centre du temple un autel avec un livre aux pages en relief.]
[La plupart des pages sont décomposées par le poids des années mais l'une demeure intacte au centre du livre. Que représente-t-elle ?]
Je me dirige vers ce qui était le Bar. S'il n'y a plus un verre ni une bouteille, le miroir qui me fait face est resté intact. Je ne m'essaierais pas à m’asseoir sur ce qu'il reste de tabourets et balaye le tout du regard. Pas grand-chose au final. Les colonnes qui entouraient ce qui devait être l'étagère à liqueurs sont kitsch à souhait : on dirait une chantilly Baroque dans un univers Art Nouveau. Un bruit de mortier. Les colonnes montent. Le plafond aussi. Bien trop haut car je ne le vois plus. Il caille, heureusement que je suis couvert. Mais le vent est désagréable. D'autre colonnes ont fait leur apparition autour de moi et un disque pâle trône dans ce qui ne peut être qu'un ciel. Je suis clairement en montagne et vu que j'ai du mal à respirer (pour le 3ème ou 4ème fois), j'imagine que je suis très haut. Peut-être même au sommet de monde. Mais duquel ? En me retournant, je vois un autel tout aussi ouvragé que les colonnes. Et, ô surprise !, un livre en son centre. Très littéraire comme fantôme. N'ayant pas d'autre chose à faire, j'approche de l'ouvrage. Il est en voie expresse de décomposition sauf sa page centrale. Chouette, c'est un pop-up. Une sorcière me regarde avidement tout en plongeant une longue cuillère dans un chaudron. La sorcière est âgée et ce regard me met mal à l'aise. Elle, elle semble se réjouir de ce qu'elle entreprend. Elle me fait un clin d’œil et je me retrouve au bar.
8 – Les murs
[7 de Cœur]
[Un tableau se transforme en visage laid d'un créature monstrueuse. « Aucun sauveur n'est jamais entré ici. Personne n'a jamais écouté nos appels. Trouvez votre réconfort ailleurs. Nous n'avons pas été oubliés, mais égarés ». Le tableau se brise au sol. Il y a quelque chose d'écrit au dos, dans une écriture précipitée.]
[Quels mots sont écrits ? De quoi vous parlait le tableau?]
Je traverse une galerie de portraits qui mène aux balcons. Je ne reconnais absolument personne ce qui ne m'étonne guère. Malgré les différents états dans lesquels ils sont, on voit que c'est le même artiste et qu'il travaillait l'huile sur toile. C'est très très classique, très photo-réaliste. Des hommes et des femmes dont les noms ne sont plus visibles dans leurs petites plaques de cuivre. Je ne peux qu'imaginer que celle-ci est Doña ou encore celui-ci l'extravagant hidalgo. Curieusement, il y a un portrait de petit garçon. Il a été peint nous regardant la tête légèrement baissée et donc les yeux relevés. Il ne sourit pas, il a une expression on ne peut plus neutre. Il y a comme quelque chose de dessiné dans ses yeux. Je m'approche et ses yeux fondent, coulant sur ses joues. Puis, sa langue vient lécher l'humeur aqueuse qui dégouline. Toujours sans aucune émotion. Alors que des gouttes tombent de son menton, il dit :
« Ningun salavador entro nunca aqui. Nadie jamas escucho nuestros llantos. Buscar vuestro consuelo en otro lugar. Olvidados no, pero descuidados si. »
Voix enfantine neutre là aussi.
Le tableau tombe au sol, brisant le cadre. Le bruit est assourdissant dans ce silence sépulcral. Il est tombé à l'envers et quelqu'un a écrit rapidement au dos du tableau.
« Santa Maria, Madre eterna, perdona nuestros pecados. Nosotros, de saberlo y de callar. Ellas, de harcelo. ».
Bon, ce n'est donc pas un seul fantôme mais plusieurs. Et pour que j'en comprends, ce sont ceux d'enfants. Non nés, ajouterais-je. J'ai tellement pas envie de faire le lien avec ce qui m'a été montré dans le bureau del Director...
9 – Les morts
[Joker]
[Bruits de claquements, de gémissements étouffés par l'épaisseur des murs. Hurlement d'une litanie misérable. Une plinthe se détache, un trou, un os en tombe, silence.]
[Qu'a dit cette voix d'outre-tombe ? Pouvez-vous voir dans le trou ? Quel est l'os qu'elle vous a révélé ? Qu'est-ce qu'il a d'étrange?]
A peine me fais-je cette réflexion que tout l'édifice se met à claquer de partout. Les portes s'ouvrent et se ferment violemment, le vacarme est infernal. Tellement que je rate presque le plus important : des gémissements qui veulent s'échapper des murs. C'est comme si l'Opéra ne veut pas que j'entende ce qu'ils ont à dire. Les gémissements se font de plus en plus présents et l'Opéra semble céder. Cette fois, j'ai tout le loisir d'entendre. Mais pas par l'ouïe, tout passe par mes os. Histoires de noyés, de grattés, de battus... Comment est-ce même possible qu'il y en ai autant, l'Opéra n'ayant été ouvert qu'un bref moment ? Et pourtant, la litanie ne s'arrête pas. L'Opéra reprend des force et c'est à nouveau le concert de portes. Sur ma gauche, une plinthe se détache et ce qui ne peut être qu'un bout d'os va rouler sur la moquette moisie. Plus aucun bruit, je suis soulagé.
Le trou d'où l'os est tombé me fait face. Il est insondable. Il le restera. L'os est une phalange. Vu sa taille, un enfant. Il a été ouvragé : il a la forme d'une corneille.
[Vous n'avez jamais eu peur des murs. Ils veulent juste que leur histoire soit racontée. Rancune, peur et honte. Vous devez fuir mais la victime devient réelle, sa forme odieuse étant une version boursouflée de son ancienne vie. Elle vous parle.]
[Décrivez la victime. Que dit-elle ? Comment vous tentez de l'apaiser pour qu'elle vous laisse partir ? Accepte-t-elle vos mots ? Que se passe-t-il?]
Je ne pense pas que les héritiers vont tirer un bon prix de cet endroit. Je ne sais même pas s'il est possible de le purifier après tout ce qui s'est passé à l'intérieur. Car je n'ai pas le choix, je dois parler de ce qui s'est passé ici. Ça ne fera plaisir à absolument personne, mais c'est un devoir.
Je me prépare à partir lorsqu'en bas des escaliers se tient une femme relativement âgée, au maintien irréprochable, presque décharnée dans une longue robe de soirée faites de strass et de plumes. Sa tête est couverte d'un chapeau à bords courts où scintillent des perles. Je descends la première marche, un craquement d'os. Je descends la deuxième, un autre. A chaque fois, la silhouette de déforme. Il n'y a pas d'autre issue, donc je continue mon chemin jusqu'au premier palier. La silhouette a gagné un bon mètre et sa présence, malgré son horreur, est d'un magnétisme surnaturel. Elle est à ma hauteur.
« Je l'ai haïe dès le premier jour. Tous pensaient que c'était pour sa jeunesse. Moi aussi, au début. Mais je l'ai vue faire avec les hommes. Elle en a vite fait ses pantins, sa confrérie. Elle s'est accouplé à chacun et a eu des progénitures avec chacun. Oui, des progénitures ! Elle en gardait certains, d'autres non. J'ai dû m'occuper de ceux qu'elle gardait. Mais elle recommençait. J'ai supplié le Seigneur puis, sans réponse, je me suis mise aux rites locaux. Mais elle en avaient d'autres, de par delà les océans. Le dernier soir, je pensais pouvoir arrêter son cœur. Mais pour cela, il aurait fallu qu'elle en eusse un. Alors c'est le mien qui a été pris. Tu es un homme, tu lui appartiens. Tu ne dois pas quitter cet endroit car tu rejoindras ses troupes. »
« Doña, je comprends votre douleur et comme elle doit être grande. Sur tout de ce que j'ai de plus sacré, je vous promets de rétablir la vérité et de mettre fin aux actions de Elaïa si elle agit toujours. Même par delà la mort, je peux agir contre elle. »
[Jet de Oui ou Non : 6 – La réponse est Non]
« C'est la rejoindre que tu veux, je le sais. Tu es comme tous les autres. Par delà la mort, dis-tu. Je te prends au mot. »
Le lustre au-dessus de moi m'écrase.
FIN.
[Roi de Pique]
[Le plafond s'élève, prolongeant les murs pour devenir un temple à colonnades. Une pâle lumière entre, vent froid. Sommet du monde. Au centre du temple un autel avec un livre aux pages en relief.]
[La plupart des pages sont décomposées par le poids des années mais l'une demeure intacte au centre du livre. Que représente-t-elle ?]
Je me dirige vers ce qui était le Bar. S'il n'y a plus un verre ni une bouteille, le miroir qui me fait face est resté intact. Je ne m'essaierais pas à m’asseoir sur ce qu'il reste de tabourets et balaye le tout du regard. Pas grand-chose au final. Les colonnes qui entouraient ce qui devait être l'étagère à liqueurs sont kitsch à souhait : on dirait une chantilly Baroque dans un univers Art Nouveau. Un bruit de mortier. Les colonnes montent. Le plafond aussi. Bien trop haut car je ne le vois plus. Il caille, heureusement que je suis couvert. Mais le vent est désagréable. D'autre colonnes ont fait leur apparition autour de moi et un disque pâle trône dans ce qui ne peut être qu'un ciel. Je suis clairement en montagne et vu que j'ai du mal à respirer (pour le 3ème ou 4ème fois), j'imagine que je suis très haut. Peut-être même au sommet de monde. Mais duquel ? En me retournant, je vois un autel tout aussi ouvragé que les colonnes. Et, ô surprise !, un livre en son centre. Très littéraire comme fantôme. N'ayant pas d'autre chose à faire, j'approche de l'ouvrage. Il est en voie expresse de décomposition sauf sa page centrale. Chouette, c'est un pop-up. Une sorcière me regarde avidement tout en plongeant une longue cuillère dans un chaudron. La sorcière est âgée et ce regard me met mal à l'aise. Elle, elle semble se réjouir de ce qu'elle entreprend. Elle me fait un clin d’œil et je me retrouve au bar.
8 – Les murs
[7 de Cœur]
[Un tableau se transforme en visage laid d'un créature monstrueuse. « Aucun sauveur n'est jamais entré ici. Personne n'a jamais écouté nos appels. Trouvez votre réconfort ailleurs. Nous n'avons pas été oubliés, mais égarés ». Le tableau se brise au sol. Il y a quelque chose d'écrit au dos, dans une écriture précipitée.]
[Quels mots sont écrits ? De quoi vous parlait le tableau?]
Je traverse une galerie de portraits qui mène aux balcons. Je ne reconnais absolument personne ce qui ne m'étonne guère. Malgré les différents états dans lesquels ils sont, on voit que c'est le même artiste et qu'il travaillait l'huile sur toile. C'est très très classique, très photo-réaliste. Des hommes et des femmes dont les noms ne sont plus visibles dans leurs petites plaques de cuivre. Je ne peux qu'imaginer que celle-ci est Doña ou encore celui-ci l'extravagant hidalgo. Curieusement, il y a un portrait de petit garçon. Il a été peint nous regardant la tête légèrement baissée et donc les yeux relevés. Il ne sourit pas, il a une expression on ne peut plus neutre. Il y a comme quelque chose de dessiné dans ses yeux. Je m'approche et ses yeux fondent, coulant sur ses joues. Puis, sa langue vient lécher l'humeur aqueuse qui dégouline. Toujours sans aucune émotion. Alors que des gouttes tombent de son menton, il dit :
« Ningun salavador entro nunca aqui. Nadie jamas escucho nuestros llantos. Buscar vuestro consuelo en otro lugar. Olvidados no, pero descuidados si. »
Voix enfantine neutre là aussi.
Le tableau tombe au sol, brisant le cadre. Le bruit est assourdissant dans ce silence sépulcral. Il est tombé à l'envers et quelqu'un a écrit rapidement au dos du tableau.
« Santa Maria, Madre eterna, perdona nuestros pecados. Nosotros, de saberlo y de callar. Ellas, de harcelo. ».
Bon, ce n'est donc pas un seul fantôme mais plusieurs. Et pour que j'en comprends, ce sont ceux d'enfants. Non nés, ajouterais-je. J'ai tellement pas envie de faire le lien avec ce qui m'a été montré dans le bureau del Director...
9 – Les morts
[Joker]
[Bruits de claquements, de gémissements étouffés par l'épaisseur des murs. Hurlement d'une litanie misérable. Une plinthe se détache, un trou, un os en tombe, silence.]
[Qu'a dit cette voix d'outre-tombe ? Pouvez-vous voir dans le trou ? Quel est l'os qu'elle vous a révélé ? Qu'est-ce qu'il a d'étrange?]
A peine me fais-je cette réflexion que tout l'édifice se met à claquer de partout. Les portes s'ouvrent et se ferment violemment, le vacarme est infernal. Tellement que je rate presque le plus important : des gémissements qui veulent s'échapper des murs. C'est comme si l'Opéra ne veut pas que j'entende ce qu'ils ont à dire. Les gémissements se font de plus en plus présents et l'Opéra semble céder. Cette fois, j'ai tout le loisir d'entendre. Mais pas par l'ouïe, tout passe par mes os. Histoires de noyés, de grattés, de battus... Comment est-ce même possible qu'il y en ai autant, l'Opéra n'ayant été ouvert qu'un bref moment ? Et pourtant, la litanie ne s'arrête pas. L'Opéra reprend des force et c'est à nouveau le concert de portes. Sur ma gauche, une plinthe se détache et ce qui ne peut être qu'un bout d'os va rouler sur la moquette moisie. Plus aucun bruit, je suis soulagé.
Le trou d'où l'os est tombé me fait face. Il est insondable. Il le restera. L'os est une phalange. Vu sa taille, un enfant. Il a été ouvragé : il a la forme d'une corneille.
[Vous n'avez jamais eu peur des murs. Ils veulent juste que leur histoire soit racontée. Rancune, peur et honte. Vous devez fuir mais la victime devient réelle, sa forme odieuse étant une version boursouflée de son ancienne vie. Elle vous parle.]
[Décrivez la victime. Que dit-elle ? Comment vous tentez de l'apaiser pour qu'elle vous laisse partir ? Accepte-t-elle vos mots ? Que se passe-t-il?]
Je ne pense pas que les héritiers vont tirer un bon prix de cet endroit. Je ne sais même pas s'il est possible de le purifier après tout ce qui s'est passé à l'intérieur. Car je n'ai pas le choix, je dois parler de ce qui s'est passé ici. Ça ne fera plaisir à absolument personne, mais c'est un devoir.
Je me prépare à partir lorsqu'en bas des escaliers se tient une femme relativement âgée, au maintien irréprochable, presque décharnée dans une longue robe de soirée faites de strass et de plumes. Sa tête est couverte d'un chapeau à bords courts où scintillent des perles. Je descends la première marche, un craquement d'os. Je descends la deuxième, un autre. A chaque fois, la silhouette de déforme. Il n'y a pas d'autre issue, donc je continue mon chemin jusqu'au premier palier. La silhouette a gagné un bon mètre et sa présence, malgré son horreur, est d'un magnétisme surnaturel. Elle est à ma hauteur.
« Je l'ai haïe dès le premier jour. Tous pensaient que c'était pour sa jeunesse. Moi aussi, au début. Mais je l'ai vue faire avec les hommes. Elle en a vite fait ses pantins, sa confrérie. Elle s'est accouplé à chacun et a eu des progénitures avec chacun. Oui, des progénitures ! Elle en gardait certains, d'autres non. J'ai dû m'occuper de ceux qu'elle gardait. Mais elle recommençait. J'ai supplié le Seigneur puis, sans réponse, je me suis mise aux rites locaux. Mais elle en avaient d'autres, de par delà les océans. Le dernier soir, je pensais pouvoir arrêter son cœur. Mais pour cela, il aurait fallu qu'elle en eusse un. Alors c'est le mien qui a été pris. Tu es un homme, tu lui appartiens. Tu ne dois pas quitter cet endroit car tu rejoindras ses troupes. »
« Doña, je comprends votre douleur et comme elle doit être grande. Sur tout de ce que j'ai de plus sacré, je vous promets de rétablir la vérité et de mettre fin aux actions de Elaïa si elle agit toujours. Même par delà la mort, je peux agir contre elle. »
[Jet de Oui ou Non : 6 – La réponse est Non]
« C'est la rejoindre que tu veux, je le sais. Tu es comme tous les autres. Par delà la mort, dis-tu. Je te prends au mot. »
Le lustre au-dessus de moi m'écrase.
FIN.
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