Cronos (Guillermo del Toro, 1993) : un antiquaire entre en possession d'un mystérieux objet en forme de scarabée et en déclenche involontairement le mécanisme, s'injectant alors un produit inconnu dans le sang. Dans le même temps, un riche homme d'affaires mourant et son neveu sont à la recherche de cet objet.
C'est le premier long métrage de Guillermo del Toro et la plupart de ses thèmes fétiches sont déjà là : la mort, le monstre humain et l'humain monstrueux, la transmission, l'enfance ou encore l'ambiance de conte de fée déviant. C'est également intéressant de revoir le film aujourd'hui et de réaliser que dès le début,
Frankenstein de Mary Shelley obsédait le cinéaste. Tout au long de sa carrière il y fera référence, pour enfin adapter directement le roman en 2025.
L'autre influence directe de
Cronos, c'est le mythe du vampire ; le personnage principal, sous l'effet de l'artefact, devient un buveur de sang ne vieillissant plus et ne supportant plus la lumière du soleil. Personnage principal incarné par l'acteur argentin Federico Luppi (qu'on retrouvera deux fois dans la filmographie de del Toro, dans
L'Échine du diable et
Le Labyrinthe de Pan. Le second protagoniste du film est Ron Perlman, lui aussi un futur habitué du réalisateur (
Blade 2,
Hellboy,
Hellboy 2,
Pacific Rim,
Nightmare Alley,
Pinocchio).
Mais sinon le film ? Il est pas mal, en alignant quand même plusieurs défauts de premier film. Je suis content de l'avoir revu mais la "valeur historique" m'a probablement plus intéressée que le contenu lui-même. Ça reste quand même plutôt solide et bien loin de certains premiers films ratés d'autres réalisateurs.
Pile ou face (Robert Enrico, 1980) : l'inspecteur Baroni enquête sur la mort d'une femme, qui a chuté de sa fenêtre. Il est persuadé que ce n'est pas un accident et que le mari est coupable. Il va donc tenter de le pousser à bout pour le faire avouer. Au même moment un affaire de trafic de drogue secoue la ville.
Oui je suis dans ma phase "polars français des années 80". Ayant revu il y a peu
Garde à vue de Claude Miller sorti un an plus tard, il était impossible de ne pas rapprocher les deux films. Un flic acharné qui est persuadé que Michel Serrault est un assassin, avec des dialogues de Michel Audiard ? La comparaison n'est vraiment pas à l'avantage de
Pile ou face, qui même sans ça est plutôt moyen. C'est pas mauvais attention, la confrontation entre le flic (Philippe Noiret) et le suspect (Michel Serrault) est très agréable à suivre, les deux acteurs étant excellents. Mais bon, l'intrigue secondaire sur le trafic de drogue prend bien trop de place sans être très intéressante, le twist final tombe à l'eau (je m'y attendais fortement au vu de certains dialogues plus tôt dans le film) et la relation entre Serrault et sa voisine manque de développement. Pour la petite histoire, la voisine en question est jouée par Dorothée, période Récré A2, qui s'en sort pas trop mal face aux deux stars.
Les Cinq Diables (Léa Mysius, 2022) : Vicky, huit ans, possède un don unique : elle a un odorat surdéveloppé et peut en plus reproduire tous les parfums avec des éléments du quotidien, qu'elle conserve ensuite dans des bocaux. Le jour ou Julia, la sœur de son père, revient dans la vie familiale, Vicky est fascinée par son odeur.
Ouais le résumé maison est moyen, mais c'est compliqué de pitcher ce film. Léa Mysius et moi, c'est une véritable histoire d'amour artistique. J'adore
Les Cinq Diables, que j'ai vu ici pour la troisième fois, et son premier long métrage
Ava. En tant que scénariste son travail me parle énormément également :
Les Fantômes d'Ismaël,
Les Olympiades,
Langue étrangère ou encore
Roubaix, une lumière.
Ici, à travers le don de Vicky, la réalisatrice nous propose une exploration des secrets de sa famille et du passé douloureux de la petite ville où se déroule l'intrigue. C'est une sorte de conte poétique dans lequel s'opposent le feu et l'eau, et aussi une très belle histoire d'amour(s). Bon sang je galère à décrire le truc, mais quand j'ai vu le film pour la première fois à sa sortie au cinéma je ne connaissais rien de l'intrigue et j'ai adoré me laisser surprendre et il me semble que c'est la meilleure chose à faire pour le découvrir.
Casting béton (Adèle Exarchopoulos, Daphné Patakia, Patrick Bouchitey, les découvertes Moustapha Mbengue, Swala Emati et Sally Dramé, un caméo de Noée Abita), ambiance géniale, gros coup de cœur.
Dans
Ava, la vue défaillante d'une adolescente était prétexte à raconter son passage à l'âge adulte et la relation compliquée avec sa mère, ici c'est l'odorat qui fait grandir Vicky, peut-être que dans son prochain film, prévu en 2026, Léa Mysius s'intéressera à un autre sens ?
