Excuse-moi si ma remarque a pu paraître péremptoire, ce n'était pas mon intention. Et de toute façon ce n'était pas du tout un jugement de valeur. C'était juste une remarque sur mes goûts, accompagnée de digressions oiseuses
Mais en vrai, je m'amuse beaucoup à faire évoluer des personnages à D&D, et dans pleins d'autres systèmes ou settings qui s'y prêtent. Je ne considère pas du tout ça comme du "badwrongfun".
(longue digression sur mes goûts, à ignorer sauf pour qui a du temps à perdre
(*) Ma thèse sur ce sujet (mais on n'est pas du tout obligé d'être d'accord avec moi), c'est que les systèmes dérivés du BRP ne sont pas spécialement orientés Zero To Hero, ni même évolution mécanique des personnages en tant que fil rouge de la campagne, contrairement aux systèmes dérivés de D&D. Ça ne veut pas dire qu'ils ne fournissent pas des règles de progression, mais que ces règles font juste partie de la palette des "modules de simulation" du MJ (comme des règles de faim, d'empoisonnement, de gestion de forteresses, ou d'entrainement d'un compagnon animal), à utiliser quand le récit le demande mais ne constituant pas forcément un "contrat de contenu".
Tu prends un jeu comme l'AdC, il y a des règles de progression des compétences, mais en tant que joueur je n'ai jamais attendu avec impatience les augmentations du personnage ni fait de "plan de carrière". Les augmentations étaient trop espacées et trop peu significatives pour que ça ait une importance, à part sur des très très longues campagnes ; mes personnages avaient déjà une identité mécanique quasiment figée dès la création. Mais ça n'engendrait pas de frustration. Je ne m'asseyais pas à une table de Cthulhu pour faire progresser un personnage mécaniquement (psychologiquement, c'est autre chose !), ce n'était pas important, j'avais plein d'autres raisons de me réjouir du contenu de la partie.
Mais même à RuneQuest, où là j'étais plutôt MJ, et où la philosophie du jeu est plus orientée action, il m'est arrivé de faire créer des personnages avec des niveaux de compétence nettement plus élevés que ce que donnent les règles de création, puis de les faire peu progresser pendant la campagne (pour ça, on ne résolvait pas les croix en fin de séance, mais en fin de "chapitre", ou lors d'une ellipse narrative). Simplement parce que j'utilisais le système pour construire des protagonistes adaptés au scénario à jouer et que le thème de la partie n'était pas de builder des personnages d'une version moins à une version plus expérimentée, mais de résoudre un conflit, un mystère ou un problème. Ou d’acquérir du pouvoir "extérieur" (richesse, influence, artefacts).
Bref, désolé pour ce long blabla, mais c'est juste pour dire que l'amélioration des personnages n'est pas (de mon point de vue) une composante par défaut, sous-entendue si on ne la mentionne pas, qui créerait un manque à manier avec précaution si jamais on ne l'incluait pas. C'est une composante parmi d'autre et quand je m'installe à une table de jeu c'est beaucoup plus souvent pour découvrir un univers ou survivre à un scénario intéressant que pour développer les pouvoirs ou compétences d'un personnage. Mais je ne sais pas, si mon opinion est minoritaire ou majoritaire de nos jours, ou si elle l'a jamais été - c'est juste ma version du JdR et mon histoire
