Citoyen de Genève, représentant des banques et dépositaire de la pensée neutraliste, voici Eusébio Caffarelli, dit « le Chanoine », entomologiste et esprit distingué. Son mysticisme, à la fois très hostile au rationalisme de saint Thomas et à l'orthodoxie mécaniste de la scolastique, le pousse parfois à des actions brutales que sa conscience réprouve. Mais le meilleur des hommes ne saurait être parfait.
Citoyen de Tolède, dépositaire des traditions de l'Inquisition et représentant des intérêts viticoles de la péninsule, voici Don Ramón de Villaverde, dit « le Toréador ».
Hispaniste, théologien et spécialiste des anciennes méthodes de confession, il consacre ses loisirs à l'étude comparative du flamenco et des techniques de persuasion.
Son catholicisme ardent, tempéré par une conception très personnelle du libre arbitre, l'amène parfois à confondre le péché avec le refus d'obtempérer. Il possède sur la conscience quelques exécutions dont il parle avec le détachement d'un homme qui n'a jamais douté de la nécessité des choses.
Car l'Espagnol est ainsi fait : lorsqu'il a raison, il a raison avec passion ; lorsqu'il a tort, il le fait avec conviction.
Citoyen de Florence, représentant des intérêts industriels lombards et dépositaire d'une importante tradition humaniste, voici le professeur Luigi Belladonna, dit « Machiavel ».
Historien de l'art, musicologue et spécialiste de la Renaissance, il est l'auteur d'un remarquable traité, aujourd'hui épuisé, intitulé De la diplomatie considérée comme un art mineur de la dissimulation.
Son goût immodéré pour les belles femmes, les beaux tableaux et les solutions définitives aux problèmes complexes le conduit parfois à des initiatives que sa conscience réprouve, mais que son sens esthétique justifie pleinement.
Il affirme volontiers que la violence est le dernier recours de l'homme civilisé. Il convient toutefois de préciser qu'il entend par là que l'homme civilisé doit toujours avoir recours à la violence en dernier.
Citoyen de Londres, représentant des intérêts de la City et dépositaire des traditions de l'Empire britannique, voici Sir Archibald Pembroke, dit « le Gentleman ».
Diplomate, orientaliste et amateur de cricket, il fut longtemps attaché aux services culturels de Sa Majesté, où il se distingua par une connaissance approfondie des civilisations étrangères et des usages de la bonne société.
Son flegme, acquis dans les meilleures écoles et perfectionné dans les clubs les plus fermés, lui permet d'accomplir les actes les plus regrettables avec une courtoisie qui force l'admiration. Il lui arrive cependant de perdre son calme lorsque les convenances sont gravement compromises.
Il considère la violence comme une regrettable nécessité, pourvu qu'elle soit exercée avec mesure, en costume trois-pièces et après le thé.
CLETCSOOFEF Level 1
Je ne suis pas vieux, je suis vintage et à jamais Sochalien !
Et sinon GNU ! :bierre: