Deimoss a écrit : ↑ven. févr. 27, 2026 5:07 pm
Pour ce qui est du vote extrémiste la raison est relativement bien connue et commence avec le rejet des groupes politiques classiques qui sont vus comme responsables de la situation dans laquelle les électeurs se trouvent, des groupes qui les ont méprisés, utilisés et recrachés ensuite comme de vieux chewing gum ce qui est effectivement le cas. si on rajoute à cela de la bonne désinformation des familles notamment par le jeu des moyens russes, très, très actifs en ex RDA (et globalement là où les populations sont en errance), on a la recette de l'augmentation du vote extrémiste. Et cela a fait le jeu des politiciens de droite comme de gauche qui se sont vu offrir là un lièvre avec pour doux nom "union républicaine" aka "moi ou le chaos" (avec en sous-titre "que j'ai plus qu'aider à faire naître et monter) avec malheureusement une bête qui échappe au contrôle de ceux qui se pensaient stupidement leurs maîtres.
Tout ceci est très vrai mais j'ai l'impression que, concernant la montée des extrêmes-droites, on n'a là qu'une partie du problème, et pas forcément la plus importante. Les raisons que vous citez (toi, Solaris, Rosco) sont tout à fait exactes mais ne sont que politiques et médiatiques. Je pense qu'il y a d'autres raisons plus profondes qui sont avant tout démographiques, économiques et culturelles.
- destruction des services publics dans les "périphéries" des pays (au sens que leur donne C. Guilluy) : la corrélation directe avec le vote d'extrême droite est documentée
- vieillissement de la population (les vieux votent plus que les jeunes, et ils votent plus à droite)
- sentiment d'abandon des classes populaires (abandon réel par les gauches depuis qu'elle sont passées du social au sociétal)
- capitalisme toujours plus agressif, avec la précarité, les bullshit jobs etc.
- sentiment de dépossession économique et culturelle des classes populaires/moyennes, en lien avec une immigration de plus en plus visible
- diminution des capacités énergétiques, et notamment d'acquisition de pétrole, qui crée une situation de décroissance subie (voir à ce sujet ce qu'en dit Jancovici : le pic de consommation de pétrole en Europe date de 2008) ; décroissance que, avec le développement des inégalités, nous ne voyons pas (encore) parce que nous sommes riches mais que les pauvres, eux, voient très bien
- et bien sûr, un avenir plutôt sombre : guerres, destruction de l'environnement, réchauffement climatique avec son lot de catastrophes. Une réaction possible est de plonger dans le déni et de voter pour un parti qui dit que ça n'existe pas.