-> Mon nom est Barland, je suis un rôdeur. Un type plutôt taciturne, amoureux des paysages de la nature, peu à l'aise en ville.
Jour 1 de l'an 715 (lundi), vers midi
-> Voici ta fiche, Barland :
Classe : Rôdeur
Caractéristiques : FOR 12 (+1), DEX 15 (+2), CON 13 (+1), INT 10 (+0), SAG 14 (+2), CHA 8 (-1)
Inventaire : un arc court et dix flèches, un couteau de chasse, vêtements de voyage en cuir souple, un sac à dos, une gourde, une corde de dix toises, un briquet à silex, des vivres pour quelques jours.
Bourse : 3 pièces d'argent, 5 pièces de cuivre.
Santé : indemne.
Un mot te suffira si tu veux réarranger tes caractéristiques plus tard — pas besoin de tout rejouer.
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Le vent tourne dans les frondaisons de la Forêt de Brétigue, chargé d'une odeur de terre humide et d'aiguilles de pin. Loin derrière toi, les toits de la baronnie de Vaucendre fument encore dans la brume du matin — tu leur as tourné le dos avec soulagement.
Tu longes la lisière, là où les grands chênes cèdent la place aux broussailles, quand un détail t'arrête : des herbes couchées, du sang sombre encore luisant sur une pierre. Quelques pas plus loin, un homme est étendu contre un tronc, une plaie mal en point au flanc, son manteau de voyageur déchiré. Il respire encore, difficilement, et quand tes bottes craquent sur les feuilles mortes, ses yeux s'ouvrent à demi.
« …vous… » souffle-t-il en te fixant, une main tremblante se tendant vers toi, « il faut… prévenir… »
Il retombe, à demi conscient. Que fais-tu ?
Je me penche vers lui, pour soutenir s tête et faciliter sa parole. du regard, j'estime la gravité et la cause de ses blessures.
"Prévenir ? Prévenir qui ? de quoi ?"
Jour 1 de l'an 715 (lundi), vers midi
Tu glisses un bras sous sa nuque pour le soulever légèrement. De près, la blessure se révèle plus clairement : ce ne sont pas les bords nets d'une lame, mais de longues déchirures parallèles, profondes — des griffes, et grandes. Rien qu'un loup ordinaire n'aurait pu laisser.
Une odeur âcre, presque animale, flotte encore autour de la plaie — quelque chose qui ne devrait pas rôder si près des champs.
L'homme cligne des yeux, reconnaît un visage humain penché sur lui, et sa main agrippe ton avant-bras avec une force inattendue.
« Vaucendre… » halète-t-il. « Le village… ça vient des bois, la nuit… ça a pris Thomas, le fils du meunier, avant-hier… on a cru à un loup, mais… »
Il tousse, du sang aux lèvres. Son autre main serre convulsivement un médaillon de voyage pendu à son cou.
« Les yeux… ça n'avait pas des yeux de bête… »
Il te regarde, suppliant, cherchant dans ton visage une promesse.
-> Les loups ne griffent pas, il mordent. Et ces marques ne ressemblent pas à des morsures. Je ne crois pas à un loup. Pas un loup naturel, en tous cas.
Je le rassure "OK l'ami, je vais te ramener et je transmets le message. Là, pour le moment essaie juste de garder ton sang, moi je vais te porter, ça ira ?"
Je regarde autour de moi : il se déplaçait à pied, sans matériel ? Il venait d'où ?
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), vers midi
En te penchant, tu remarques que Renaud n'avait ni bâton de portage ni ballot de marchandises sur lui — juste son manteau et ce médaillon. Un colporteur sans rien à vendre, ça n'existe pas. Les traces au sol le confirment : il venait du sentier qui mène droit à Vaucendre, en courant, léger, sans doute en fuite plutôt qu'en chemin de vente.
Et à contre-sens de ses pas, une autre empreinte se dessine dans la terre meuble — large, aux doigts griffus, presque humaine dans sa forme générale mais bien trop grande pour l'être. Le sillage s'enfonce vers le cœur de la forêt, là où les chênes se font plus vieux et plus serrés, et où même toi, tu n'es encore jamais allé.
Renaud suit ton regard, comprend que tu as vu. « C'est pas... c'est pas une bête normale, hein... » murmure-t-il, la voix qui faiblit. Il se laisse aller un peu contre ton bras, épuisé, attendant que tu le soulèves pour le ramener au village.
-> Je le porte au village et le confie à la première bonne âme venue, avec ces explications précieuses "Il s'appelle Renaud, il a été attaqué dans la forêt. Je vais pister ce qui l'a attaqué. Et s'il demande après son médaillon, je le lui emprunte mais je le lui rendrai. Si je reviens."
Je prélève donc le médaillon, que je vais observer pendant ma marche retour vers le bois et le sentier.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
La traversée du village t'est aussi inconfortable que d'habitude — trop de regards, trop de bruit — mais tu ne t'attardes pas. Une femme au tablier maculé de farine sort en courant d'une maison en te voyant porter Renaud, pousse un cri qui alerte deux autres villageois. On te le prend des bras sans trop de questions ; tu lâches ton message d'une voix sèche : « Renaud. Attaqué dans les bois. Je vais pister ce qui l'a fait. » Puis tu tournes les talons avant que quiconque ne pense à te retenir avec des questions.
Le médaillon pèse dans ta paume, tiède encore de la chaleur du blessé.
En reprenant le sentier vers la lisière, tu l'examines à la marche. C'est un disque de bronze terni, de la facture commune des chapelles de village — un cerf cabré, gravé à même le métal, censé porter chance aux voyageurs sur les routes. Mais au dos, trois entailles fraîches et parallèles ont été grattées à la pointe d'un couteau, encore blanches dans le bronze noirci — trois lignes qui rappellent, presque trait pour trait, les griffures sur le flanc de Renaud.
Un signe qu'il a tracé lui-même, en fuyant ? Ou une marque qu'il a copiée sur autre chose ?
Tu atteins bientôt la lisière, là où les traces griffues s'enfoncent vers l'intérieur du bois.
-> Je sais que le piste une bête dangereuse, mais elle ne s'attend probablement pas à être elle-même traquée : je vais donc assez vite, pour remonter la piste griffue. De temps en temps, je surprend un lapin étourdi qui ne m'a pas entendu arriver, mais je le laisse bondir : je ne suis pas en chasse de ce genre-là, en ce moment. Je pense que la bête qui a attaqué Renaud semblait vouloir tuer, mais pas dévorer sa cible : encore quelque chose d'anormal.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
Tu avances vite, l'œil rivé aux marques griffues, sacrifiant la minutie à la vitesse — ça reste dans tes cordes. Un lapin détale sous un fourré sans que tu ne lui accordes un regard ; ce n'est pas ton gibier du jour.
La piste te mène plus profond que tu ne l'aurais cru, jusqu'à un point où tu tombes sur les restes d'un chevreuil, à demi éventré contre un tronc. Étrange : pas de traces de charognard, aucune chair emportée, aucune morsure pour se nourrir — juste des coups profonds et rageurs, comme si la bête avait frappé pour tuer, ou pour se faire les griffes, sans jamais chercher à manger sa proie. Confirmation de ton intuition : ce qui rôde ici ne chasse pas comme une bête.
La trace continue au-delà, et débouche bientôt sur une clairière que tu ne connais pas — trois pierres levées, moussues, dressées là depuis bien avant que Vaucendre n'existe. Les marques griffues passent entre elles, comme si la créature avait un rapport particulier à ce lieu.
Un silence pesant y règne, sans chant d'oiseau ni bourdonnement d'insecte.
Que fais-tu ?
-> D'abord, écouter. Ecouter les bruits, les chants d'oiseaux, voire leur absence. On peut en déduire tant de choses. Ensuite, observer : profiter de l'espace dégagé de la clairière pour voir loin, jusque de l'autre côté, guetter les mouvements, les taches de couleurs, sans soi-même bouger, comme un prédateur à l'affut. Ensuite, si rien d'anormal, contourner la clairière, en restant en permanence sur la lisière, caché, du côté où les oiseuax étaient le plus bruyants : bruyants car non perturbés.
Enfin, le nez : D'où vient le vent, s'il y a vent ? Où va mon odeur ? En forêt le vent est rare.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
Tu t'immobilises à la lisière, dos à un tronc, et tu laisses le bois parler.
Rien. Pas un chant, pas un froissement d'aile, pas même le bourdonnement d'une mouche — et ce n'est pas circonscrit à la clairière : en tendant l'oreille plus loin, le silence semble s'étendre bien au-delà, comme si la vie elle-même avait reculé de cet endroit sur une bonne distance. Tu ne trouves nulle part cette bordure « bruyante » que tu espérais longer : les oiseaux ont déserté tout le secteur, pas seulement les abords des pierres.
Tu scrutes longuement l'espace dégagé, rien ne bouge, aucune tache de couleur suspecte entre les pierres moussues. Le vent, faible et hésitant sous la canopée, semble tourner sans direction franche — impossible de dire avec certitude s'il porte ton odeur vers la clairière ou l'inverse ; il y a trop peu d'air pour trancher.
Le silence complet ne te dit rien — ni que la voie est libre, ni qu'un danger t'observe. Juste que ce lieu, ou ce qui y vit, tient toute vie ordinaire à distance.
Le temps tourne, l'après-midi s'avance. Que fais-tu — tu approches les pierres directement, ou tu tentes le contournement à couvert malgré l'absence de repère sonore ?
-> Je contourne, par la droite (je suis gaucher). De cette façon mon bras armé est côté pierres.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
Tu glisses vers la droite, restant sous le couvert, ton bras armé toujours tourné vers les pierres. En progressant ainsi de biais, tu passes assez près de la première pierre levée pour distinguer sa surface moussue : sous le lichen gratté par endroits — griffé, justement — se devine une gravure ancienne, à demi effacée. Une silhouette dressée, cornes ou bois déployés, une main griffue tendue en dessous.
La même figure que sur le médaillon de Renaud. Presque trait pour trait.
En poursuivant ton arc de cercle, tu retrouves la piste griffue de l'autre côté de la clairière : elle ne s'arrête pas aux pierres, elle les traverse et redescend vers un repli rocheux, à une centaine de pas — un affleurement où la terre semble tassée par des allées et venues répétées. Des esquilles blanches jonchent le sol à l'entrée d'une faille sombre entre les roches.
Un antre. Et si la créature chasse la nuit, elle doit dormir quelque part le jour — peut-être là, en ce moment même.
Le soleil est encore haut, mais tu sais que l'après-midi ne durera pas éternellement. Qu'est-ce que tu fais — tu t'approches pour observer l'entrée de plus près, ou tu marques la position et recules pour revenir mieux préparé, à la nuit tombée par exemple ?
-> Je vais d'abord aller observer ces pierres de plus près, avant de m'intéresser à l'antre. Dont je vait marque soigneusement la position.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
Tu prends soin de fixer dans ta mémoire la position de l'antre — l'angle des rochers, la ligne des arbres, un chêne fendu par la foudre qui te servira de repère — avant de reporter ton attention sur les pierres.
De près, les trois monolithes sont plus travaillés que tu ne l'aurais cru pour un lieu si oublié. Sur le second, à demi caché sous la mousse, un motif similaire à celui du premier — la silhouette cornue — mais cette fois accompagnée de traits plus petits, presque des silhouettes humaines prosternées à ses pieds. Le troisième est trop rongé par le lichen pour qu'on y distingue grand-chose.
Ce qui retient surtout ton regard : au pied de la pierre centrale, la terre est plus sombre, plus meuble que le reste du sol — récemment retournée, et pas par une racine ni un animal fouisseur. Quelqu'un, ou quelque chose, a creusé ici, et pas si longtemps.
Un enterrement ? Une cache ? Ou pire — une exhumation ?
Le silence de la clairière pèse toujours autant, aucun signe que tu ne sois pas seul. Creuses-tu pour voir ce qu'il y a sous cette terre remuée, ou laisses-tu cela de côté pour te concentrer sur l'antre repéré plus loin ?
-> Mon objectif est de pouvoir revenir au village avant la nuit tombée. Partant de ça, j'essaie, selon le temps restant, de creuser pour voir si quelque chose y a été enterré. Quand l'heure sera venue, je file vers le village pour les informer.
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), en début d'après-midi
Tu dégages la terre meuble avec précaution, prêt à repérer tout signe suspect avant d'y plonger les mains — un fil, une teinte anormale, une odeur âcre. Rien de tel : juste de la terre ordinaire, encore grasse d'avoir été récemment retournée.
À une main de profondeur, tes doigts rencontrent d'abord de petits os — des restes animaux, rongeurs et oiseaux, entassés comme une offrande plutôt qu'un repas. Puis, sous ces derniers, quelque chose de différent : un petit soulier de cuir, usé mais reconnaissable, taillé pour un pied d'enfant.
Pas de corps. Juste le soulier.
Ton cœur se serre un instant : ce n'est sans doute pas là que Thomas a fini — mais son passage par cet endroit, ou par les mains de ce qui l'a pris, ne fait maintenant plus aucun doute. Il pourrait encore être vivant, quelque part au-delà, dans cet antre que tu as repéré.
Le soleil a déjà glissé vers l'ouest pendant que tu creusais ; il te reste peut-être deux ou trois heures avant la tombée de la nuit — de quoi atteindre l'antre et revenir à Vaucendre, si tu ne t'attardes pas.
Le soulier serré dans ton poing, que décides-tu — un dernier passage rapide et prudent vers l'antre avant de rentrer, ou le retour immédiat au village pour rapporter ce que tu as trouvé ?
-> [Il ne reste plus de tours de jeu gratuits

, alors je finis là]
J'emporte le soulier, referme le trou, regarde encore une fois vers l'antre, mais file vers le village. Je dois leur parler de l'enfant enlevé, de la clairière, des traces de griffes, des oiseaux muets : Lycanthrope. Il faudra probablement une vingtaine de villageois avec des fourches et des torches pour en venir à bout, et pas à demi-accroupis dans un goulot de terre...
-> Jour 1 de l'an 715 (lundi), fin d'après-midi
Tu reboucles la fosse du mieux que tu peux, glisses le petit soulier contre ton flanc, et jettes un dernier regard vers la faille rocheuse au loin — patience. Pas aujourd'hui, pas seul.
La lumière décline déjà entre les branches quand tu reprends le sentier vers Vaucendre, le silence de la clairière restant longtemps accroché à tes pas.
Une chose t'obsède en marchant : des griffures qui ne mordent pas, une bête qui tue sans dévorer, des yeux qui n'étaient pas d'une bête, un silence qui vide toute la forêt alentour — tout pointe vers une seule vieille légende que tu connais, celle des loups-garous. Si tu as raison, ce ne sera pas l'affaire d'un rôdeur solitaire tapi dans un terrier : il faudra du monde, des torches, du fer, et le courage du village tout entier.
Tu arriveras à Vaucendre avec le jour finissant — le temps de convaincre des gens qui n'aiment déjà pas trop la forêt d'y retourner en nombre, cette fois pour affronter ce qui s'y cache.
(Fin de la session — à la prochaine pour l'arrivée au village et ce qu'il en sortira.)